L’ACTU

L’ACTU HEBDOMADAIRE DES ENR

L’Actu des ENR est une synthèse des actualités les plus marquantes de les filières énergies renouvelables en France, en Europe et à l’international. C’est le prolongement du magazine qui, en un coup d’œil, permet de ne rien manquer des principales informations économiques, politiques et technologiques du secteur.

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NOVEMBRE 2021

L’ESSENTIEL DES ENR DU MOIS DE NOVEMBRE

  • HYDROGÈNE – Station d’hydrogène vert dans le Vaucluse 25 novembre 2021

    Le 22 novembre s’est déroulée une conférence de presse à Monteux au cours de laquelle les représentants de la Communauté de communes Les Sorgues du Comtat (Vaucluse) et l’entreprise Hynoé ont présenté le projet de station d’hydrogène vert, qui devrait s’installer à Sorgue, l’une des cinq communes de l’intercommunalité. Il est prévu qu’elle fournisse jusqu’à 400 kg d’hydrogène vert par jour d’ici 2024, afin d’alimenter des poids lourds, bus, bennes à ordures et chariots-élévateur. L’hydrogène doit être produit par des électrolyseurs alimentés par de l’électricité photovoltaïque, provenant d’installations construites sur le territoire des Sorgues du Comtat. Les élus mettent en avant la diminution de la pollution atmosphérique comme les particules fines, mais également une réduction de la pollution sonore. La jeune société Hynoé, basée à Marseille qui compte 70 salariés pour un chiffres d’affaires de 15 millions d’euros, affirme vouloir investir 4 millions d’euros dans ce projet de station d’hydrogène vert.

  • CHALEUR RENOUVELABLE – Une chaufferie biomasse à Compiègne 25 novembre 2021

    Initiés en 2020, les travaux de construction de la chaufferie biomasse de Compiègne avancent à grand pas avec une mise en service prévue pour début 2022. Pour la rénovation de son réseau de chaleur, la Ville de Compiègne a mandaté Engie Solutions qui est chargé de construire une chaufferie biomasse d’une puissance de 14 MW alimentée par des bois de récupération issus de l’entretien des forêts ainsi que du bois de palettes (caisses, cagettes…) provenant d’un rayon inférieur à 100  kilomètres. À la mise en service, le réseau sera alimenté à 65 % par de la chaleur renouvelable issue de la biomasse. Le réseau de chaleur de Compiègne alimente 66 sous-stations, fournit chauffage et eau chaude sanitaire à 9 000 équivalents logements, dont 6 000 foyers sur un total de 16 kilomètres de réseau. Ce projet bénéficie du soutien de l’Ademe dans le cadre du Fonds Chaleur.

  • MÉTHANISATION – À Toulouse, les boues se transforment en biogaz 18 novembre 2021

    Le 15 novembre dernier, a été inaugurée l’unité de méthanisation de Ginestous-Garonne située à Toulouse. Construit sur le site de la station d’épuration de Ginestou, le méthaniseur est alimenté par les boues des eaux usées de la métropole toulousaine et le biogaz produit sera épuré et injecté sous forme de biométhane dans le réseau de GRDF. La production attendue est de 52 GWh annuels en augmentation progressive pour atteindre 61 GWh dans 15 ans. La mise en service de l’unité de méthanisation va par ailleurs permettre la fermeture de la plateforme de compostage des boues à l’origine de fortes nuisances olfactives et dénoncées depuis plusieurs années par les riverains. Près de 34 millions d’euros ont été investis dans ce projet, financé à 67% par Toulouse métropole, avec le soutien de la Région, de l’Ademe et de GRDF.

  • RÉSEAU DE CHALEUR ET DE FROID – Enquête annuelle du SNCU : peut mieux faire 18 novembre 2021

    Le Syndicat National du Chauffage Urbain (SNCU) a présenté le 9 novembre son enquête annuelle sur les réseaux de chaleur et de froid pour 2020. Il ressort que le chauffage par les 833  réseaux de chaleur du territoire a livré 25,4 TWh net sur l’année 2020  (contre 25,6 TWh en 2019) pour une production brute de 30,4 TWh, soit 5,65 millions de tonnes de CO2 évitées. Le taux d’énergie renouvelable et de récupération utilisé dans les réseaux de chaleur augmente peu (+1,1 %) et atteint 60,5 %, dont la majorité (28,3 %) provient d’unités de valorisation énergétique des déchets, et de biomasse (21,2 %). Avec un contenu carbone de 129 g/kWh en analyse de cycle de vie, l’Ademe estime le coût de la tonne équivalent CO2 évitée par les réseaux de chaleur à 37 €, soit un prix inférieur à ceux pour l’éolien, le photovoltaïque ou les pompes à chaleur. Les 33 réseaux de froid, puisant l’eau dans les rivières, en mer ou dans les nappes géothermiques, ont quant à eux livré 0,81 TWh en 2020 (contre 0,96 TWh en 2019) avec un contenu moyen de 11 gCO2 / kWh. La présidente du SNCU pointe les besoins de soutenir le développement de tels réseaux par des subventions ciblées ainsi que la sensibilisation des élus. L’Île-de-France est toujours de loin la première région en termes de réseaux de chaleur (115) et de froid (9), mais aussi celle avec un des plus forts taux d’énergie fossile (46 %). Au niveau national, le gaz représente plus d’un tiers de l’énergie utilisée, malgré des objectifs d’utilisation de la part de la biomasse, de la géothermie et des déchets dans le mix énergétique national devant encore tripler à l’horizon 2030.

  • HYDROÉLECTRICITÉ – Une centrale hydroélectrique à Vichy 10 novembre 2021

    La filiale d’EDF, SHEMA, vient d’annoncer le début des travaux de la nouvelle centrale hydrolélectrique de Vichy (Allier) qui fait partie des sites retenus par le ministère de la Transition écologique, dans le cadre d’un appel d’offre lancé en 2016. Le site, constitué de deux turbines sera construit sur la rivière Allier en aval du pont barrage avec l’intégration d’une nouvelle passe à poissons dans le cadre de la préservation de la faune piscicole. Selon la filiale d’EDF, la centrale, d’une puissance de 3,5 MW, produira de l’électricité pour la consommation de 7 600 personnes soit environ 30 % de la population de Vichy. La fin des travaux de l’ouvrage est prévue pour 2023.

  • HYDROGÈNE – Autoconsommation collective et stockage hydrogène 10 novembre 2021

    Précurseur au niveau européen, le quartier bas carbone Atlantech, situé dans l’agglomération rochelaise, est un site pilote dans les domaines de l’efficacité énergétique, de l’écoconstruction, du développement durable et de la mobilité douce. Parmi les différentes technologies développées, vient d’être inauguré un démonstrateur d’autoconsommation collective relié à un électrolyseur qui produit de l’hydrogène pour stocker le surplus d’électricité et alimenter des offres de mobilités décarbonées. Il s’agit d’une ombrière de parking équipée de 304 kW photovoltaïques, qui alimente à 100 % en autoconsommation quatre points de livraison : le bâtiment du pôle d’innovation Lab’In Tech ainsi que des bornes de recharge d’éclairage public et de véhicules électriques. Le système est relié à un électrolyseur de 138 kW, qui produira 3 tonnes d’hydrogène par an. L’objectif est d’explorer l’ensemble de la chaîne de valeur de la boucle énergétique et de comprendre comment le solaire et l’hydrogène peuvent s’associer et s’optimiser. Aujourd’hui stocké dans des bonbonnes, l’hydrogène sera disponible à la pompe dans les mois qui viennent pour des véhicules du site équipés : voiture, vélos, vélos cargo, etc. Ce premier démonstrateur a pour vocation d’être déployé sur l’ensemble du site Atlantech à travers une boucle à l’échelle de tout le quartier. Certains bâtiments étant parfois excédentaires en énergie et d’autres déficitaires, le mix des usages : bureaux, habitations, enseignement, services assurera un équilibre et optimisera la répartition de l’autoconsommation sur le site. Ainsi, la production photovoltaïque des habitations pourra alimenter les besoins des bureaux plus importants en semaine et l’inverse le week-end lorsque les habitants sont chez eux.

  • BIOCARBURANT – Bolloré Energy se lance dans les biocarburants 4 novembre 2021

    Depuis quelques semaines, Bolloré Energy, filiale du groupe Bolloré, commercialise un carburant 100 % biodiesel (B100), baptisé Koolza 100. Ce carburant alternatif est produit uniquement à partir de colza cultivé et transformé en France. Bolloré Energy vient ainsi concurrencer d’autres groupes déjà sur le marché comme Oleo100, filiale du groupe Avril, ou encore Altens avec cependant toujours l’épineux débat de l’utilisation de terres agricoles pour des besoins non alimentaires. Réservé à une clientèle de professionnels (transporteurs, industrie ferroviaire, etc.), le Koolza 100 est compatible avec la plupart des camions disponibles. « Ce nouveau produit constitue une alternative écologique au diesel fossile avec une autonomie équivalente. Il permet notamment de réduire les émissions de CO2 de 60 % et les émissions de particules fines de 80 % », annonce Bolloré Energy ajoutant « contrairement au produit fossile, il n’est pas classé comme un produit dangereux ou nocif pour l’environnement ». Dès 2022, plus de 30 % des livraisons du B100 par ses fournisseurs seront également effectués par des camions utilisant ce nouveau carburant avec l’objectif d’atteindre 100 % en 2023. Le Koolza 100 peut également trouver des débouchés dans le transport ferroviaire puisque Bolloré Energy le teste sur des trains entre Paris et Granville (Manche). Les quinze trains de cette ligne ont une motorisation bi-mode. La voie n’est en effet électrifiée que jusqu’à Dreux (Eure-et-Loir), obligeant ensuite à recourir au moteur diesel.

  • HYDROGÈNE – Hydrogène issu de la biomasse 4 novembre 2021

    Les Établissements Roussel, Haffner Energy et le groupe Thevenin & Ducrot annoncent le lancement du projet de production d’hydrogène à partir de biomasse, comprenant également une station multi énergie, un ensemble de véhicules lourds à hydrogène, et des tube-trailer (conteneurs spéciaux pour le stockage et le transport d’hydrogène). Ce projet se base sur la technologie HYNOCA,développée par Haffner Energy, qui exploitera de la biomasse locale (issue d’exploitation agricole, forestière et viticole) collectée et traitée par les Établissements Roussel, entreprise familiale spécialisée dans le bois énergie. Forte du dépôt de 14 familles de brevets, HYNOCA permettrait de produire et de distribuer localement, à partir d’un combustible très accessible, de l’hydrogène sans dépendance à l’électricité. La distribution aux clients s’effectuera grâce à une nouvelle station multi-énergie de Thevenin & Ducrot (copropriétaire de la marque AVIA). Cette station d’une capacité de 720 kg d’hydrogène vert par jour sera construite à Montmarault, dans l’Allier, pour une mise en service prévue en 2023. Il s’agit du premier projet du plan de Thevenin & Ducrot consistant à déployer une filière hydrogène sur aire de service et qui devrait être suivi d’un second de taille équivalente à Chamboeuf, en Côte-d’Or. Hors achat des véhicules, l’investissement total pour ces deux projets s’élève à près de 30 millions d’euros. Le projet est également cofinancé par Jean-Paul Fargheon, un tiers-investisseur privé désireux de participer à la création de la filière hydrogène.

OCTOBRE 2021

L’ESSENTIEL DES ENR DU MOIS DE OCTOBRE

  • ÉLECTRICITÉ VERTE – RTE dévoile ses scénarios 2050 28 octobre 2021

    Lundi 25 octobre, RTE, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité en France, a présenté les principaux résultats de son rapport « Futurs énergétiques 2050 » et c’est peu dire qu’ils étaient attendus. Lancé en 2019 à la demande du gouvernement, cet exercice prospectif dresse trois trajectoires d’évolution de la consommation électrique. Une trajectoire dite « de référence » mènerait la consommation nationale à 645 TWh en 2050, soit une augmentation de 35 % par rapport à aujourd’hui, une trajectoire  « sobriété » placerait la consommation à 555 TWh/an et une troisième alternative, baptisée « réindustrialisation profonde », se solderait par une consommation de 755 TWh/an. Les 6 scénarios de production électrique présentés lundi s’inscrivent dans la trajectoire de référence, les scénarios correspondant aux autres trajectoires devant être publiés d’ici mars prochain. Ils s’intègrent tous dans le cadre de la Stratégie nationale bas carbone (SNBC) adoptée en 2020. Chacun de ces scénarios permet ainsi non seulement de garantir la sécurité d’approvisionnement à tout moment, mais aussi d’atteindre la neutralité carbone en 2050. Deux familles de scénarios ont été développées. D’une part, les trois options « N » (N1, N2 et N03) prévoient le déploiement de nouveaux réacteurs nucléaires (de huit à quatorze selon les scénarios), ainsi que le prolongement jusqu’à soixante ans d’une partie du parc actuel (pour l’option N03). L’énergie nucléaire fournirait alors entre 25 % et 50 % de l’électricité produite en France, associée cependant à une part importante de renouvelables car ces technologies pèseraient entre 50 % et 75 % dans ces scénarios  « avec nucléaire ». L’autre famille est celle des options « M » qui décrivent un mix basé à 100 % sur les énergies renouvelables en 2050 (M0) ou 2060 (M1 et M23), avec des variantes dans leur mode de développement. Ainsi dans le scénario médian (M1), le photovoltaïque atteindrait 214 GW de capacité raccordée, dont 35 GW dans le secteur résidentiel. Cela reviendrait à équiper une maison sur deux en panneaux photovoltaïques en autoconsommation partielle. L’éolien terrestre se situerait à 59 GW, soit 3,5 fois plus qu’aujourd’hui, auquel devraient s’ajouter 45 GW d’éolien en mer (contre 0 GW aujourd’hui). Suivant les trois scénarios « M », en 2050, le solaire occuperait de 0,1 à 0,3 % du territoire et la France compterait de 14 000 à 35 000 éoliennes, contre environ 8 500 à l’heure actuelle. Enfin, pour chaque option, qui désigne donc un système électrique global en 2050, est estimé son coût complet à l’horizon 2060. Les résultats vont de 59 milliards d’euros par an (scénario N03 avec 50 % de nucléaire en 2050) à 80 milliards d’euros par an (scénario M1, avec 100 % d’énergies renouvelables en 2060). Selon RTE, cette différence de coût se justifie essentiellement par la restructuration du réseau électrique nécessaire au développement massif des énergies renouvelables et par les dispositifs de flexibilité destinés à pallier les variations de la production renouvelable. Mais en cas de dérive des délais et des coûts de construction de nouveaux réacteurs nucléaires, comme l’expérimente actuellement l’industrie nucléaire avec les EPR de première génération, le bilan économique serait équivalent pour les deux scénarios. Les nouveaux réacteurs nucléaires envisagés, EPR2 et les petits réacteurs modulaires (SMR), n’existent encore que sur le papier en France.Pour Xavier Piechaczyk, président du directoire de RTE, cet exercice doit contribuer à un débat « le plus éclairé et le plus documenté possible » mais il avance également qu’il y a désormais « urgence à choisir une orientation ». « Nous sommes dans une course contre la montre pour répondre à la crise climatique. Tous les scénarios nécessitent des investissements considérables sur lesquels il est temps de prendre une option ».

  • HYDROGÈNE – Air Liquide rachète H2V Normandy 28 octobre 2021

    Air Liquide a annoncé le 20 octobre le rachat de la société H2V Normandy à H2V Product, en portant sa participation à 100 %, contre 40 % auparavant. Rebaptisée Air Liquide Normand’Hy, la société porte un projet d’installation d’électrolyseurs situés dans la zone industrielle de Port-Jérôme (Seine-Maritime) devant entrer en service en 2025. Avec ses 200 MW de capacité, il fournira jusqu’à 28 000 tonnes d’hydrogène vert par an pour des applications industrielles et de mobilité lourde, et évitera ainsi 250 000 tonnes de CO2. La technologie d’électrolyseur retenue est celle des membranes échangeuses de protons (PEM). Ce projet est notamment qualifié pour le deuxième tour de l’appel à projets European Union Emissions Trading System (EU ETS) Innovation Fund 2020, et a été notifié par les autorités françaises à la Commission européenne dans le cadre de l’appel à Projet Important d’Intérêt Européen Commun (PIIEC) concernant l’hydrogène. D’ici 2030, Air Liquide prévoit de porter sa capacité de production d’hydrogène par électrolyse à 3 GW.

  • SCÉNARIO ÉNERGÉTIQUE – Le scénario NégaWatt nouveau est arrivé ! 21 octobre 2021

    Avant une publication officielle mardi 26 octobre, l’association d’experts indépendants NégaWatt vient de dévoiler les premiers éléments de son nouveau scénario à 2050. Plus qu’un simple exercice de projection énergétique, Negawatt propose à travers son travail un véritable projet de société qui couvre de nombreux aspects (énergie, économie, santé…). L’un de ses messages forts étant « Pas de transition écologique sans transition sociétale ». À partir d’une ligne de conduite basée sur deux objectifs, la neutralité carbone en France en 2050  (émissions « importées » incluses) et la réduction de 55 % des émissions de gaz à effet de serre au niveau européen d’ici à 2030, le scénario négaWatt conclut à la possibilité d’un mix énergétique reposant à 100 % sur des énergies renouvelables. Afin d’y parvenir, la première des conditions est une sobriété de la demande en divisant par deux la consommation d’énergie finale du pays en 2050 par rapport à aujourd’hui. Cela doit passer par une accélération de la rénovation énergétique des bâtiments et sur une évolution plus rapide des modes de mobilité. Côté production d’électricité, le scénario prévoit un parc reposant principalement sur l’éolien (pour 300 TWh de production annuelle en 2050), le photovoltaïque (160 TWh) et le biogaz (140 TWh). Il ne serait alors plus nécessaire de conserver un parc nucléaire. Aucun des 56  réacteurs actuellement en activité ne serait prolongé au-delà d’une durée de fonctionnement de cinquante ans, certains seraient arrêtés dès quarante ans et aucun nouveau réacteur ne serait mis en service. En complément du volet énergétique, le nouveau scénario propose deux autres volets analytiques : négaMat et Afterres 2050. Le premier porte sur l’évolution de la consommation des matériaux et des matières premières, le second est consacré à la transition agroalimentaire. Au-delà de la seule question du bilan énergétique français, une telle transition conduirait à éviter plus de 10 000 décès par an entre 2035 et 2050 liés à la pollution et permettrait de créer jusqu’à 300 000 emplois dans le secteur de la rénovation des bâtiments et 135 000 dans celui des énergies renouvelables.

  • GÉOTHERMIE – Récupérer la chaleur du bitume 21 octobre 2021

    Le CEA avait déjà approuvé l’idée de l’entreprise de travaux publics Eurovia, selon laquelle la chaleur estivale du bitume peut être valorisée énergétiquement, grâce au dispositif Power-Road. La chaleur est collectée grâce à un échangeur thermique, constitué de tubes dans lesquels circule un fluide caloporteur, disposé à l’horizontale et positionné sous la couche de roulement, n’entravant ainsi pas les autres usages de la route. Sur le salon lyonnais Pollutec, mercredi 13  octobre, la filiale de Vinci a présenté les résultats d’une seconde étude, réalisée quant à elle par le BRGM, et qui prouve que sa technologie Power Road peut utiliser le sous-sol comme solution de stockage intersaisonnier. « Pour rester dans une géothermie de minime importance, avec un cadre réglementaire simplifié, nous nous sommes appuyés sur un champ de sonde. En circuit fermé », rapporte Antoine Voirand, spécialiste de la géothermie et du stockage d’énergie au BRGM. L’énergie collectée sous le bitume peut en effet être envoyée et stockée dans le sous-sol grâce à des sondes géothermiques. Antoine Voirand a modélisé un bâtiment ayant besoin à la fois de chauffage et de rafraîchissement, avec une pompe à chaleur géothermique alimentée par ces sondes chauffées par l’énergie emmagasinée grâce à Power Road. Le coût global d’un tel système pourrait d’après ses calculs diminuer de 10  à 35 % sur vingt-cinq ans celui d’une installation sans stockage intersaisonnier. Notamment parce que le besoin de sondes dans le sol est moindre. De même que la consommation de gaz pour l’appoint. « Les technologies sont matures, ce sont des solutions de géothermie et des pompes à chaleur, souligne Sandrine Vergne, responsable du développement de cette offre chez Eurovia. L’innovation, c’est le captage de l’énergie solaire thermique de la chaussée. » D’ores et déjà testée en conditions réelles pour chauffer des bâtiments ou déneiger des routes, cette solution pourra, selon l’entreprise, être déployée sur quelques dizaines de mètres carrés dans un lotissement, comme sur des surfaces de plusieurs milliers de mètres carrés.

  • Solaire thermique – UNE CENTRALE SOLAIRE THERMIQUE À NARBONNE 21 octobre 2021

    Le fournisseur de chaleur renouvelable, Newheat, inaugure ce jeudi 21  octobre la centrale solaire thermique, Narbosol, qui alimentera le réseau de chaleur de la ville de Narbonne (Aude) avec une puissance de 2,8 MW et la réduction de 500 tonnes de CO2 par an. Avec 3 232 m2 de capteurs solaires, la centrale alimentera en chauffage et eau-chaude sanitaire plus de 900 logements, 7 écoles (4 élémentaires et 3  maternelles), 1 collège et d’autres bâtiments publics. Déjà équipée d’une chaudière biomasse, la ville de Narbonne poursuit sa transition énergétique, en passant de 64 % à plus de 70 % d’énergie issues des énergies renouvelables. Le projet Narbosol, financé et développé par Newheat est lauréat de l’Appel à Projet « Grandes Installations Solaires Thermiques » du Fonds Chaleur de l’Ademe, il est également soutenu par la Région Occitanie à hauteur de 100 000 € dans le cadre de son plan de soutien au développement des énergies renouvelables.

  • MOBILITÉ DURABLE – Borne ultra-rapide en Bretagne 14 octobre 2021

    Vendredi 22 octobre à Vezin-le-Coquet (Ille-et-Vilaine) sera inaugurée la première station de recharge d’un futur réseau national de bornes ultra-rapides. L’évènement se fera en présence de Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, de Jean-Baptiste Djebbari, ministre délégué en charge des Transports et de Jean-Louis Borloo, président de la Fondation Énergies pour le Monde. Développé par le groupe NW, ce nouveau modèle de stations est innovant puisqu’il associe un système de stockage d’énergie basé sur des batteries (reposant sur la technologie JBox) à une borne de recharge ultra-rapide, baptisée IECharge. Sa puissance de charge maximale est de 320 kW, soit 16 fois plus rapide que celle des points de charge habituels. La partie batterie permet d’équilibrer le réseau électrique en se chargeant lorsque la production est trop importante tout en réinjectant l’électricité lorsque la consommation atteint un pic. Cette station d’un nouveau genre est la première d’un réseau qui devrait à terme représenter 600 unités dans les 24 prochains mois en France tout en proposant un prix de la charge 40 % inférieur à celui des autres stations ultra-rapides. Ce projet, qui est une étape dans la transition énergétique des transports (cf baromètre EurObserv’ER), a été retenu par la fondation Solar Impulse de Bertrand Piccard qui a labellisé plus de 1 000 solutions identifiées comme propres, rentables et ayant un impact positif sur l’environnement et la qualité de vie.

  • BIOGAZ – Green Gas Viry, méthanisation en Haute-Savoie 14 octobre 2021

    Portée par sept agriculteurs associés, l’unité de méthanisation de Green Gas Viry (Haute Savoie) sera inaugurée le 22 octobre prochain. Ce projet a été totalement imaginé et monté par un collectif d’agriculteurs qui en assurera l’exploitation au travers d’un contrat de 15 ans pour l’injection de biométhane sur le réseau GRDF. L’opération s’inscrit dans la politique énergétique des collectivités du Genevois français et a reçu le soutien de la Communauté de communes du Genevois, du Pôle métropolitain et de la Région Auvergne-Rhône-Alpes. Le méthaniseur produira du biogaz uniquement à partir de matière végétale (fumier de bovin et lisier pour 86 %) issue d’une collecte circonscrite dans un rayon de 10 km autour de l’unité. La production annuelle sera de 4 500 MWh, soit l’équivalent des besoins annuels de 900 foyers. Le digestat, sous-produit de la méthanisation, sera ensuite utilisé en tant que fertilisant naturel pour les champs alentour.

  • CHALEUR RENOUVELABLE – Une chaufferie biomasse à Blagnac 14 octobre 2021

    La chaufferie biomasse de Blagnac située à six kilomètres de Toulouse a été inaugurée le 6 octobre dernier. Construite par Veolia, le site alimente le réseau de chaleur d’une partie de la ville, dont l’aéroport, les logements collectifs du quartier des Cèdres, le collège Guillaumet et la piscine des Ramiers. Les plaquettes forestières utilisées sont issues de forêts certifiées, situées à moins de 100 kilomètres de Blagnac. Cette nouvelle chaufferie s’inscrit dans un projet de rénovation du réseau de chaleur de la ville, initié, en 2017, par Toulouse Métropole et baptisé Blagnac Énergies Vertes. Le réseau de chaleur de Blagnac, créé en 1976 est alimenté par le puits géothermique du Ritouret grâce à une nappe se situant à 1 500 mètres de profondeur avec une eau à 58°C. Le réseau s’étale sur 4 km avec 37 postes de livraison. Avec la mise en service de la chaudière biomasse, la part des énergies renouvelables de l’ensemble du réseau de chaleur de la ville est désormais de 74 %.

  • HYDROGÈNE – De l’hydrogène renouvelable en Vendée 7 octobre 2021

    Un an après la pose de la première pierre, le producteur nantais d’hydrogène renouvelable, Lhyfe, a inauguré le jeudi 30 septembre son unité de production située sur le port du Bec à Bouin dans le département de la Vendée. L’électricité produite par les huit éoliennes situées à proximité du site alimente désormais un électrolyseur qui délivre aujourd’hui 300 kg d’hydrogène vert par jour pour passer à une tonne dans les mois à venir. La production alimentera quatre stations-services situées dans l’Ouest de la France dont celle de La Roche-sur-Yon qui sera opérationnelle dans les prochains jours. Une cinquantaine de véhicules lourds, bus, bennes à ordures ménagères pourront rouler à l’hydrogène renouvelable dans les départements de la Loire-Atlantique, de la Sarthe, de la Vendée d’abord, puis dans d’autres départements, notamment via le projet Vallée Hydrogène Grand Ouest (VHyGO).

  • STOCKAGE ZNI – Une centrale électrique flexible et bas carbone en Guyane 7 octobre 2021

    La société d’investissement Meridiam, Hydrogène de France (HdF) et la Société anonyme de la raffinerie des Antilles (SARA) viennent d’annoncer le lancement du chantier de la centrale électrique de l’Ouest Guyanais (CEOG) sur la commune de Mana. A partir de source solaire, cette centrale couplée à du stockage hydrogène et à des batteries fournira de l’électricité sans interruption pour l’équivalent de 10 000 foyers (50  GWh par an), pour un coût inférieur aux autres centrales du territoire fonctionnant au diesel. De jour (de 8h à 20h) le complexe disposera de 10 MW de capacité, et de 3 MW la nuit. Sa capacité de stockage s’élèvera à 128 MWh et elle permettra d’éviter 39 000 tonnes de CO2 dans l’atmosphère par an. Représentant un investissement total de 170 millions d’euros, ce projet débutera le 30  septembre pour une mise en service prévue en avril 2024. Pendant les 25  années de son fonctionnement CEOG devrait générer un chiffre d’affaires de 17 millions d’euros auprès d’entreprises locales. Le projet se situe sur une parcelle de 140 hectares louée par l’Office national des forêts, incluant 62 hectares de forêt humide que les porteurs de projet s’engagent à préserver et protéger.

SEPTEMBRE 2021

L’ESSENTIEL DES ENR DU MOIS DE SEPTEMBRE

Voir actus
  • SOLAIRE THERMIQUE – Une centrale solaire thermique à la malterie d’Issoudun 30 septembre 2021

    La malterie Boortmalt d’Issoudun, la société d’investissement Kyotherm, spécialisée dans la production de chaleur renouvelable, et l’Ademe annoncent la mise en service de centrale solaire thermique de la malterie d’Issoudun située dans l’Indre, en région Centre-Val de Loire. D’une surface de 14  252 m2, la centrale produira 8,5 GWh de chaleur par an, soit 10 % des besoins du site et évitera le rejet de 2 100 tonnes de CO2, soit l’équivalent des émissions annuelles de 1 050 véhicules thermiques. Le mix énergétique de la malterie d’Issoudun est désormais composé de 50 % de gaz, 15 % de cogénération, 25 % de biomasse et 10 % de solaire thermique. Le projet a été développé et financé par Kyotherm, pour un montant de 6 millions d’euros et a été subventionné à hauteur de 3  millions d’euros par l’Ademe.

  • MÉTHANISATION – Projets de méthanisation dans les régions : suivez le guide ! 30 septembre 2021

    Dans le but d’accompagner les régions dans le développement de leur politique de méthanisation, le Cler-Réseau pour la transition énergétique vient de mettre en ligne un guide intitulé “Les clés d’une méthanisation durable”. Réalisé en partenariat avec GRDF et Solagro, acteur historique de l’agro-écologie, ce document pratique s’adresse aux élus, aux techniciens des Conseils régionaux ainsi qu’à tous les acteurs et partenaires de la filière. Le guide contient sept fiches thématiques comprenant des analyses et des pistes d’actions tout en interrogeant le secteur sur ses nouveaux enjeux comme l’appropriation locale des projets, l’amélioration des pratiques, le soutien à l’innovation ou encore la formation aux métiers de la méthanisation. Disponible en libre téléchargement sur le site de l’association, cet ouvrage est le premier opus d’une nouvelle collection baptisée “Les Régions en action” et qui devrait s’étoffer dans les mois à venir.

  • CHALEUR RENOUVELABLE – Le Grand Reims veut un réseau à 90 % renouvelable 23 septembre 2021

    La communauté urbaine du Grand Reims vient d’annoncer un partenariat avec Engie Solutions (filiale du groupe Engie) afin de l’accompagner dans sa stratégie de performance environnementale. L’objectif fixé est d’atteindre une part de 90 % d’énergies renouvelables et de récupération d’ici 2022 dans le mix énergétique du réseau urbain de chaud et froid de la communauté urbaine. Pour ce faire, le projet ambitionne de remplacer définitivement l’utilisation du charbon dans le réseau par de la biomasse à hauteur de 35 %. L’économie circulaire est favorisée par l’utilisation de bois issu de la région, provenant de déchetteries, de démolitions ou de récupération d’industries et de commerces. Cette transition énergétique porterait de 17 000 à 22 000  l’équivalents-logements qui seront alimentés par le réseau urbain à partir d’énergie thermique verte. Créée en 2017, la communauté urbaine du Grand Reims rassemble 300 000 habitants répartis sur 143 communes.

  • BIOMÉTHANE – Une unité de méthanisation en Seine-et-Marne 23 septembre 2021

    CVE et Île-de-France Énergies ont inauguré le 16 septembre dernier, l’unité de méthanisation Equimeth, située sur la commune de Moret-Loing-et-Orvanne en Seine-et-Marne. En service après 12 mois de travaux, cette unité traitera les biodéchets issus de la restauration, de l’agroalimentaire et de l’agriculture émis dans un rayon de 60 kilomètres autour du site. 25 000 tonnes de biodéchets seront valorisées par an et 250 Nm3 de biométhane injectés par heure dans le réseau de GRDF, soit l’équivalent de la consommation en gaz de 4 000 foyers. Le biométhane produit alimentera les communes de Moret-Loing-et-Orvanne, Saint-Mammès, Thomery, Champagne-sur-Seine, Avon et Fontainebleau, à hauteur de 15 % de la consommation en gaz des habitants. Ce projet de 12 millions d’euros a reçu le soutien financier de la Région Île-de-France, de l’Ademe et du Fonds européen FESI-FEDER.

  • GÉOTHERMIE – Le Grand Genève inspecte son sous-sol 17 septembre 2021

    Les Services industriels de Genève (SIG) ont lancé, lundi 13 septembre, une vaste campagne de prospection géothermique. Leur ambition : localiser précisément une ressource qui pourrait couvrir 20 % des besoins de chaleur du canton d’ici 2035. Les mesures dureront six semaines et s’étendront sur 12 000 parcelles des deux côtés de la frontière : sur la communauté de communes du Genevois, l’agglomération d’Annemasse et le Pays de Gex en ce qui concerne la France. Elles privilégieront les zones suffisamment denses pour justifier le forage de puits pour alimenter les réseaux de chaleur. Cette campagne cherche d’abord des poches d’eau dont la température et le débit peuvent être suffisamment élevés dans les couches géologiques du Jurassique et du Crétacé. Elle identifiera aussi d’éventuelles fragilités qui pourraient provoquer des risques sismiques. Pour effectuer ses mesures, les SIG s’appuient sur des camions dits “vibreurs” ou “à chute de poids”. Tous les vingt à cinquante mètres, ils captent des données qui permettront d’établir une cartographie du sous-sol en trois dimensions (en complément d’autres informations récoltées entre 2014 et 2020). À noter que dans un pays où la géothermie n’a pas toujours eu bonne presse, l’établissement autonome de droit public et la collectivité ont multiplié les communications en direction des riverains, à la fois pour expliquer la manière dont les mesures seront effectuées, et pour justifier la nécessité de s’appuyer sur l’énergie locale et renouvelable qu’est la géothermie, en complément d’autres ressources comme le bois et l’énergie captée dans le lac Léman. Les SIG se donnent cinq ans pour déployer leurs premiers réseaux géothermiques.

  • CHALEUR RENOUVELABLE – Retard du déploiement des réseaux de chaleur renouvelable 17 septembre 2021

    Le chauffage urbain produit à partir d’énergies renouvelables, est « une contribution efficace à la transition énergétique qui reste insuffisamment exploitée » en France, déplore la Cour des comptes dans un rapport publié le 7  septembre. En 2015, la loi a fixé comme objectif pour la France de multiplier par cinq entre 2012 et 2030 la quantité de chaleur et de froid renouvelables, et vise à cet horizon une production de chaleur renouvelable représentant 3,4 millions de tonnes d’équivalent pétrole (Mtep). Or, la consommation de chaleur renouvelable par les réseaux est passée de 0,68 à 1,21 Mtep entre 2012 et 2019, une croissance annuelle de 10 % insuffisante. Le rapport analyse la manière dont les pouvoirs publics, État et collectivités territoriales, mettent en œuvre l’objectif national de développement des réseaux de chaleur dans un contexte de politiques d’économie d’énergie. En raison du poids des investissements nécessaires, 80 % des réseaux de chaleur font l’objet d’une délégation de service public (DSP). Or la Cour relève plusieurs cas de contrôles “lacunaires” de la part des collectivités. Le rapport appelle aussi à plus de transparence sur les données économiques, notamment le prix de vente de la chaleur de la part des exploitants de réseau, qui les rendent peu accessibles. Enfin, le soutien public au chauffage urbain pourrait être renforcé. Le taux réduit de TVA (5,5 %) sur les réseaux alimentés par des énergies renouvelables, l’un des principaux leviers pour leur développement, représente une dépense fiscale somme toute assez légère de 67 millions d’euros par an. « Si elle peut présenter un risque d’incompatibilité avec la réglementation européenne, cette mesure est cependant efficace et incitative pour le développement des énergies renouvelables » conclut la Cour.

  • ÉLECTRICITÉ RENOUVELABLE – Google choisit Engie pour décarboner 80 % de son activité en Allemagne 9 septembre 2021

    Un nouvel accord entre Engie et Google vient de se conclure en vue d’une décarbonation de l’activité du groupe américain en Allemagne. Dans ce partenariat, Engie élaborera et négociera un portefeuille énergétique afin de fournir à son client une électricité renouvelable issue d’énergie solaire ou éolienne pour alimenter ses centres de données et plateformes cloud. Au total, Engie fournira à Google 140 MW d’électricité renouvelable pendant 3 ans. L’énergéticien s’appuiera soit sur la construction de nouveaux parcs, soit sur des actifs déjà existants. Il proposera également une offre de services de gestion de l’énergie, notamment en matière de fourniture résiduelle, d’équilibrage ou de gestion de réseau. Cet accord s’intègre dans le programme  « Carbon-Free Energy » que Google s’est fixé à l’horizon 2030. Pour y arriver, le groupe américain entend déjà décarboner 80 % de ses opérations allemandes d’ici 2022. Ce partenariat entre les deux groupes n’est cependant pas une première. En 2019, Google et Engie avaient signé un premier contrat d’achat d’électricité en Belgique pour cinq ans, prévoyant la fourniture d’énergie renouvelable à partir d’un projet éolien offshore. L’énergéticien français a également remporté un contrat similaire aux Pays-Bas.

  • ÉLECTRICITÉ RENOUVELABLE – Ikea se lance dans l’électricité verte 9 septembre 2021

    Le géant de l’ameublement et de la décoration vient d’annoncer la mise sur le marché de son offre d’électricité verte en Suède. Cette offre est le fruit d’un partenariat avec le fabricant de modules photovoltaïques, Svea Solar, qui équipe déjà les kits solaires vendus par le groupe aux particuliers. L’électricité proposée proviendra exclusivement de parcs solaires ou éoliens basés en Suède et l’offre sera vendue sous forme d’un abonnement mensuel fixe, auquel s’ajoutera un prix variable en fonction de la consommation. Avec cette initiative, le Suédois poursuit sa transition énergétique en indiquant qu’actuellement la consommation énergétique de ses 456 magasins répartis dans le monde, bureaux, entrepôts et usines est couverte à 51 % par des sources renouvelables.

  • HYDROÉLECTRICITÉ – Le barrage de la Renaissance est prêt à démarrer sa production 2 septembre 2021

    Le 19 juillet le gouvernement éthiopien a annoncé le succès d’une opération de remplissage du réservoir du Grand Barrage de la renaissance. Ce barrage d’une contenance totale de 74 milliards de mètres cubes était en phase de construction depuis l’année 2011, et est enfin prêt à entrer en service. Cette première phase de remplissage a permis de stocker 4,9 milliards de m3, et la seconde augmentera ce volume de 13,5 milliards de m3 supplémentaires. Les deux premières turbines du projet devraient atteindre une capacité de 750 MW, augmentant ainsi de 20 % la puissance installée du pays. À terme, il représentera une puissance de plus de 5 GW. Situé sur la partie du Nil qui traverse l’Éthiopie, ce projet est source de tension avec l’Égypte et le Soudan, en aval, depuis de nombreuses années. En effet, l’Égypte revendique un droit sur le Nil basé sur deux traités de 1929 et 1959, mais l’Éthiopie n’en étant pas partie prenante affirme ne pas être tenue par leurs dispositions. Le Soudan, quant à lui, semble plus ouvert à la négociation et serait prêt à acheter à l’Éthiopie une part de l’électricité produite.

  • HYDROLIEN – Une méga hydrolienne en Écosse 2 septembre 2021

    L’hydrolienne géante de 2 MW, « O2 », développée par l’entreprise écossaise Orbital Marine Power vient de démarrer sa production d’électricité à destination du réseau des Orcades, un archipel situé au nord de l’Écosse. Ancrée sur le site de Fall of Warness du European Marine Energy Centre (EMEC), cette hydrolienne de 74 mètres de long à forme d’avion flottant et pesant 680  tonnes est composée de deux énormes hélices bipales immergées, d’un diamètre de 10 mètres chacune fixées au bout de bras articulés de 18  mètres. La durée d’exploitation sera de 15  ans et, selon le constructeur, cette hydrolienne pourra fournir de l’électricité pour environ 2 000 foyers par an. Le projet O2 a été financé grâce au programme de recherche et d’innovation Horizon 2020 de l’Union européenne dans le cadre du projet FloTEC et par le Fonds européen de développement régional à travers le programme Interreg North West Europe dans le cadre du projet ITEG.

  • ÉNERGIES RENOUVELABLES – Loi climat et résilience : quelles mesures pour les renouvelables ? 2 septembre 2021

    Très attendue et scrutée, le texte de la loi « portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets » a été voté par l’Assemblée Nationale et le Sénat le 20 juillet. Suite à la saisine du Conseil constitutionnel par plus de 60 députés, elle a ensuite été partiellement censurée le 13 août. Il s’agit de quatorze points retoqués pour leur absence de lien avec l’article auquel ils sont rattachés. Censé agir sur tous les secteurs de la société française, ce texte apporte notamment de la nouveauté pour celui des énergies renouvelables, en particulier via les articles 82 à 102 du chapitre « Favoriser les énergies renouvelables ». Deux d’entre eux font partie de ceux censurés : le 84, qui définissait le cadre dans lequel le porteur d’un projet éolien devait mettre en œuvre des mesures de compensation en cas de gêne occasionnée par des installations éoliennes pour le Ministère de la Défense, et le 102 stipulant la possibilité d’autorisation en zone de friche pour les panneaux photovoltaïques après autorisation de la Commission Départementale de la nature, de paysages et des sites (CDNPS). Comme d’autres mesures emblématiques du texte, notons l’article 83 qui ajoute à la PPE des objectifs régionaux qui devront être pris en compte dans l’élaboration des SRADDET. Traduisant le concept de « communauté énergétique » de la Commission européenne, il inclut également des dispositions pour donner le droit aux citoyens, collectivités et entreprises de développer, produire, stocker, consommer et revendre leur énergie renouvelable produite localement.

JUILLET 2021

L’ESSENTIEL DES ENR DU MOIS DE JUILLET

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  • ÉNERGIES RENOUVELABLES – Les chiffres clés 2020 29 juillet 2021

    Le service des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique (SDES) vient de publier son nouvel opus sur les chiffres clés des énergies renouvelables. Celles-ci représentent à fin 2020 19,1 % de la consommation finale brute d’énergie en France, soit près de 2 points de plus qu’en 2019 mais aussi près de 4 points de moins que l’objectif pour 2020 fixé par la directive 2009/28 et transcrit dans la législation nationale. L’accroissement rapide de cette part entre 2019 et 2020 est à interpréter avec prudence étant donné qu’il est avant tout dû à la baisse de la consommation énergétique dans l’industrie et surtout dans les transports, en lien avec les confinements en début et fin d’année et la limitation des déplacements. La contribution des énergies renouvelables en valeur absolue a toutefois augmenté de 4 TWh d’énergie primaire (passant de 318 à 322 TWh entre 2019 et 2020). Les secteurs de l’éolien, du photovoltaïque, de l’hydraulique et du biogaz sont ceux qui ont connu les croissances les plus importantes (non corrigées des variations saisonnières).

  • GÉOTHERMIE – Début de forage à Rueil-Malmaison 29 juillet 2021

    Le vendredi 23 juillet à 8h30 du matin, la société GéoRueil et son partenaire Engie Solutions ont annoncé le lancement des opérations de forage sur la commune de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine). Ces travaux concernent deux puits de géothermie à 1 500 mètres de profondeur, qui permettront de capter une eau à 62 degrés et fournir de la chaleur au futur réseau urbain de la ville. Les travaux de forage, volontairement débutés en été afin de réduire les nuisances auprès des riverains, se dérouleront jusqu’à mi-octobre et seront suivis par la construction du bâtiment de l’unité géothermique, pour une mise en service prévue à l’été 2022. Cette opération permettra d’éviter l’émission de 21 000  tonnes de CO2 par an, soit l’équivalent de 11 600 véhicules en circulation pour un investissement total de 71 millions d’euros. Le projet de géothermie et la construction du réseau de chaleur bénéficient du soutien de l’Ademe et de la Région Île-de-France à hauteur de 25,4  millions d’euros, dont 19,82 millions venant de l’Ademe et 5,5 millions de la Région Île-de-France

  • GÉOTHERMIE – Géothermie pour du lithium zéro carbone 22 juillet 2021

    Le 20 juillet, le fabricant de batterie lithium-ion LG Energy Solutions (LGES) annonçait avoir conclu un accord avec le fournisseur allemand de lithium Vulcan Energy Resources. À compter de 2025, ce dernier livrera 5  000 tonnes d’hydroxyde de lithium à LGES et 10 000 tonnes par an dès l’année suivante. Vulcan indique pour sa part qu’en 2025, ses cinq unités de production pourront livrer 40 000 tonnes par an d’équivalent de carbonate de lithium (tonnes LCE). De quoi produire un million de voitures électriques par an. L’entreprise extraira le lithium de gisements salins (saumure) souterrains situés dans la haute vallée du Rhin, en Allemagne, en recourant à la géothermie. Les forages géothermiques permettront d’extraire la saumure à haute température (165  °C), pour produire à la fois de l’électricité et de la chaleur renouvelables, et du lithium par un procédé d’extraction directe, avant de la réinjecter dans le sous-sol. Cinq unités géothermiques sont prévues. Les deux premières d’une capacité de 8 MW et 14 MW, et les trois suivantes de 17 MW chacune. Selon Vulcan, son procédé de production n’émet aucune tonne de CO2, contre 5 tonnes de CO2 par tonne d’hydroxyde de lithium pour le procédé de production par évaporation et 15 tonnes de CO2 pour l’extraction minière de lithium. La consommation d’eau ne serait que de 80 m3 par tonne produite pour son procédé, contre respectivement 469 m3 et 170 m3 pour les deux autres manières d’obtenir le lithium.

  • BOIS – Appareils de chauffage au bois : le marché résiste 22 juillet 2021

    Observ’ER (l’Observatoire des énergies renouvelables) vient de publier une étude qualitative sur le marché français des appareils de chauffage domestique au bois. Basé sur une dizaine d’entretiens auprès de professionnels du secteur, ce travail analyse leur ressenti face aux évolutions récentes de leur filière sur les 18 derniers mois. Ce volet complète celui sur les ventes et les prix mis en ligne en mars dernier (voir Actu du 16 mars). Évidemment il a été grandement question de la pandémie Covid et malgré des chiffres de marché en baisse, la grande majorité des personnes interrogées ont le sentiment d’avoir tiré leur épingle du jeu lors de cette année très particulière. La gestion des stocks a été difficile mais les entreprises ont su adapter leur mode d’organisation et surtout de communication avec leurs clients. D’ailleurs, bon nombre avancent que les aménagements réalisés en 2020  face aux contraintes de la crise sanitaire ont été ensuite conservés car ils amènent de la flexibilité. En revanche, le canal des ventes par internet reste à un niveau très faible (1 % des ventes) et la grande majorité des fabricants interrogés disent ne pas envisager de développer leurs ventes par ce biais. L’achat d’un appareil bois reste très souvent associé aux conseils d’un professionnel. Cependant, il est possible qu’avec la prolongation de la crise Covid en 2021, les habitudes évoluent et que ce segment prenne plus d’ampleur à moyen terme. Par ailleurs, le secteur est serein face à la mise en place de la future réglementation environnementale du bâtiment neuf (la RE2020) car le marché du neuf représente moins de 15 % des ventes. Enfin sur l’évolution des prix de vente, si 2020 a été très calme, des augmentations sensibles ont été observées depuis début 2021, notamment du fait de l’approvisionnement en matières premières. Les prix pourraient connaître plusieurs augmentations sur l’ensemble de l’année.

  • NEUTRALITÉ CLIMATIQUE – Paré pour 55 ! 13 juillet 2021

    La Commission européenne a publié au Journal officiel de l’Union européenne le 9 juillet dernier un règlement établissant “le cadre requis pour la réduction irréversible et progressive des émissions anthropiques de gaz à effet de serre”. L’objectif de neutralité climatique ainsi adopté confirme que les émissions nettes de gaz à effet de serre doivent être ramenées à 0 d’ici à 2050 au plus tard, avec même l’ambition d’atteindre des émissions négatives par la suite. Un objectif intermédiaire est fixé pour 2030 qui entérine l’accord des leaders européens l’an dernier : l’Union devra avoir réduit ses émissions nettes d’au moins 55% par rapport aux niveaux de 1990. La contribution des puits de carbone est plafonnée de façon à garantir une transformation durable des secteurs à l’origine des émissions.Ce règlement est contraignant dans toutes ses dispositions, directement applicable dans l’ordre juridique des États membres et s’impose à tous les sujets de droit : particuliers, personnes morales, Etats, institutions. En vue d’atteindre cet objectif de 55% de réduction des émissions, la Commission européenne doit dévoiler demain 14 juillet un paquet législatif colossal intitulé “Fit for 55” et portant sur le transport, l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables, le marché du carbone…

  • BIOMASSE – Coup dur pour la transition énergétique 13 juillet 2021

    Malgré la promesse faite par le Président de la République qui s’engageait à fermer toutes les centrales électriques à charbon sur le territoire afin de lutter contre le changement climatique, l’exploitation de celle de Cordemais (Loire-Atlantique) de 1200 MW devrait être prolongée au-delà de 2022. Dans un communiqué du 8 juillet, EDF, propriétaire de la centrale a annoncé l’arrêt de son projet Ecocombust, qui consistait à adapter la centrale de Cordemais au combustible bois déchet, et à produire sur site des granulés. L’énergéticien invoque une problématique économique car le prix final de l’électricité produite ne serait pas assez attractif pour ses clients, notamment dans un cadre d’envolée récente des prix des matières premières. EDF renonce également du fait du retrait de son principal partenaire industriel, Suez, qui aurait retardé la mise en service à 2024. Les employés et syndicats, ainsi que plusieurs élus ayant soutenu le projet, regrettent cette décision qui est vécue comme un échec majeur dans le cadre de la transition énergétique.

  • MÉTHANISATION – L’état des lieux de la méthanisation en France est disponible sur le site SINOE 8 juillet 2021

    Géré par l’Ademe, SINOE est un outil d’analyse principalement destiné aux collectivités territoriales afin de les aider à optimiser leur politique de gestion des déchets ménagers et à améliorer leur service. SINOE dispose notamment d’une base de données consolidée qui repose sur un historique unique de plus de 10 ans d’information sur la gestion des déchets ménagers et assimilés en France. Pour accompagner la filière, SINOE a mis en ligne un document présentant en détail un état des lieux du parc des installations de méthanisation en France, réalisé en partenariat avec Observ’ER. Il est présenté suivant les différents types d’unités (à la ferme, centralisées, à partir de déchets ménagers, de stations d’épuration et de déchets industriels) avec des indicateurs de puissance installée, d’énergie produite et des cartographies illustrant le déploiement des sites sur l’ensemble du territoire métropolitain. Cet état des lieux se base sur la dernière mise à jour de l’outil SINOE qui présente un panorama au 1er janvier 2021. A cette date la France comptait 1 018 installations opérationnelles dont la majorité (660  sites, soit 65 %) sont des unités à la ferme. Au niveau des types de valorisation, c’est la cogénération qui prédomine (production concomitante d’électricité et de chaleur) avec 63 % des cas devant l’injection de biométhane dans les réseaux gaz (19 %) et la production de chaleur seule (18 %).

  • GÉOTHERMIE – Jeux olympiques : la géothermie sera de la partie 8 juillet 2021

    Dernière ligne droite pour les organisateurs japonais des Jeux olympiques 2021. La France anticipe et prépare l’échéance 2024. Parmi les installations en construction, une centrale géothermique d’une puissance de 2,8 MW qui alimentera en chaud et en froid le futur village des athlètes. Ainsi que la tour et la zone d’activité dite Pleyel (dans la commune de Saint-Denis). Le tout via une extension du réseau de chaleur du Syndicat mixte des réseaux d’énergie calorifique (Smirec), le deuxième réseau de chauffage urbain d’Île-de-France. Cette nouvelle infrastructure utilisera une énergie à 68 % renouvelable. « Trois puits de production de 115 m3/h ont été forés. Ils récupèrent une eau à 14  degrés dans le Lutétien, à 60 mètres de profondeur », témoigne Elodie Delemazure, cheffe de projets chez Engie Solutions, le délégataire de service public du réseau. Les deux derniers des sept puits de réinjection seront opérationnels à la fin du mois. De même que le puits de secours. Pas de mauvaise surprise à ce stade. Même s’il faut attendre que les travaux soient terminés pour tester tous les puits en même temps. Et savoir avec certitude que les débits restent ceux qui ont été imaginés au départ. (Quand ce n’est pas le cas, il est parfois nécessaire de délaisser la géothermie de surface et de trouver un plan B : une chaufferie biomasse ou un forage jusqu’au Dogger par exemple… avec une équation économique qui impose de raccorder un nombre plus conséquent de bâtiments). Les puits terminés, viendra le temps de la construction de la centrale, des raccordements et la mise en service, le tout devant s’étaler sur 2022-23. Cent-vingt sous-stations parsèmeront alors les dix kilomètres de réseau. Des thermofrigopompes élèveront la température en hiver (65 degrés au départ, 45° à l’arrivée) et l’abaisseront en période estivale (5° au départ. 12° à l’arrivée). Ces températures ne correspondent pas aux autres branches du réseau du Smirec créées pour certaines en 1950 et qui transportent pour l’une de l’eau chaude, pour l’autre de la vapeur. Elles sont en revanche parfaitement adaptées aux technologies de diffusion de calories plus contemporaines. En l’occurrence aux besoins des 600 000 m 2 de planchers chauffants créés en même temps que l’extension de réseau.

  • ÉNERGIE MARINE – 1,5 milliard d’investissement et près de 5 000 emplois, la filière française se structure 1 juillet 2021

    Mardi 22 juin, à l’occasion des septièmes assises nationales des énergies marines renouvelables (EMR), l’Observatoire des énergies de la mer a présenté les principales conclusions de son rapport 2021 sur le secteur. Avec la mise en chantier en 2019 du parc éolien de Saint-Nazaire et de ceux de Fécamp et Saint-Brieuc en 2020, le secteur change d’échelle et entre de plain pied dans la construction d’une filière industrielle française. Plusieurs chiffres attestent en effet d’un réel décollage du secteur comme notamment le bond spectaculaire des investissements réalisés en 2020. Avec la construction des parcs cités plus haut, les sommes investies l’an passées ont atteint 1,5 milliard d’euros, soit 40 % des 3,6 milliards investis en France depuis 2007. L’an passé, le chiffre d’affaires du secteur a été estimé à 833 millions d’euros et pour la première fois, la majorité de l’activité des prestataires et fournisseurs de la chaîne de valeur a été réalisée grâce au marché domestique (71 %). Enfin côté emplois, après avoir dépassé le seuil des 3  000 emplois en 2019, les créations de postes se sont accélérées pour s’établir à 4 859 emplois en équivalent temps plein, soit une hausse annuelle de 59 %. Au niveau des territoires, une région sort du lot : les Pays de la Loire qui concentrent 53 % du chiffre d’affaires des prestataires et fournisseurs nationaux ainsi que 33 % des emplois du secteur.

  • SE FORMER AUX ÉNERGIES RENOUVELABLES – Le futur campus des énergies renouvelables a trouvé son architecte 1 juillet 2021

    L’agence perpignanaise ArchiConcept vient d’être désignée pour la réalisation du futur campus dédié aux énergies renouvelables qui sera situé dans la zone Tecnosud de Perpignan (Occitanie). A la rentrée 2023, le site accueillera l’école d’ingénieur Sup’EnR, qui forme des étudiants au génie énergétique et aux énergies renouvelables (diplôme d’ingénieur, licence et master). L’objectif est de regrouper sur un seul campus, des plateformes de recherche, des conférences, des colloques et d’associer ces formations au pôle de compétitivité DERBI qui a pour mission de développer, au niveau régional, national et international, l’innovation, la recherche, la formation, le transfert de technologie, le développement et la création d’entreprises dans le domaine des énergies renouvelables appliquées au bâtiment et à l’industrie. Le futur bâtiment de 4 000 m2  (Bepos) sera équipé de panneaux solaires en toiture et d’ombrières de parking. Une pompe à chaleur géothermique par sondes verticales couvrira les besoins du site en chaleur et rafraîchissement.

JUIN 2021

L’ESSENTIEL DES ENR DU MOIS DE JUIN

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  • HYDROGÈNE – Projets industriels en préparation 24 juin 2021

    Le groupe franco-belge spécialisé dans les systèmes de stockage d’énergie John Cockerill annonce vouloir implanter une gigafactory d’équipements de production d’hydrogène bas carbone sur son site d’Aspach-Michelbach dans le Haut-Rhin. Le site serait doté d’ici 2022 d’une annexe lui permettant de produire jusqu’à 200 MW d’électrolyseurs annuellement. John Cockerill souhaite également commercialiser d’autres solutions permettant la production et le stockage d’hydrogène vert, basé sur le savoir-faire français et européen. En effet, l’entreprise prévoit la création de 400 emplois en Europe dont 250 emplois directs en France. Allié à d’autres sites européens, comme celui de Seraing en Belgique, le site envisage de progressivement augmenter sa capacité de production jusqu’à 1 GW à l’horizon 2030. L’entreprise McPhy spécialisée dans les électrolyseurs et stations de recharge hydrogène annonce elle aussi vouloir développer des capacités de production. Situé à Grenoble, ce nouveau site industriel devrait multiplier par sept les capacités actuelles de production de station de McPhy (soit près de 150 stations annuellement), en créant plus de 100 emplois directs. Il rassemblera dès 2022 les équipes, actuellement à La Motte-Fanjas et à Grenoble, sur ce site de 4 000 m². Ce changement d’échelle et de site pourrait permettre de fortement diminuer les coûts de production et les délais de livraison d’après McPhy. Ces stations seront destinées à la recharge de tous types de véhicule.

  • ÉNERGIE HOULOMOTRICE – La Bretagne à l’avant-garde des énergies marines 24 juin 2021

    L’entreprise spécialisée dans l’énergie houlomotrice Seabased va installer une centrale de 10 MW en Bretagne. La région, qui soutient ce projet via Bretagne Ocean Power, souhaite montrer que la Bretagne est une région avant-gardiste en ce qui concerne ce type de technologie marine. Bretagne Ocean Power a été créé dans ce but, et coordonne l’action de tous les acteurs économiques impliqués dans le développement des énergies marines en Bretagne. Pour ses systèmes électroniques Seabased a déjà travaillé avec l’entreprise bretonne ENAG, spécialisée dans les systèmes de conversion d’énergie en milieu hostile. Fort de ces divers partenariats, Seabased développe une centrale houlomotrice pilote de 2 MW dans la baie d’Audierne qui évoluera jusqu’à une puissance de 10 MW. Il s’agit d’un système de bouées à la surface de l’océan qui soulèvent l’arbre d’un générateur linéaire grâce au mouvement des vagues. Ce générateur constitué d’aimants, appelé Wave Energy Converter (WEC), est posé sur le fond marin. L’électricité produite par de nombreux systèmes bouée-générateurs est ensuite transportée sur le fond marin jusqu’à une sous-station avant de rejoindre le réseau électrique.

  • CHALEUR RENOUVELABLE – États Généraux de la Chaleur Solaire 17 juin 2021

    Mardi 15 juin se sont déroulés les 8e États généraux de la chaleur solaire, un évènement co-organisé par Enerplan et Atlansun. Les échanges ont rassemblé un large panel d’industriels ou d’institutions engagés dans cette technologie. Ils ont été l’occasion de faire le bilan d’un secteur trop souvent oublié et parent pauvre de la transition énergétique du pays. Outre l’orientation positive du marché en 2020 et pour les premiers mois de 2021, les États généraux ont été l’occasion de rappeler la pertinence des réalisations solaires thermiques, qui constituent des solutions à des applications très variées. Il a ainsi été question de la dynamique des chauffe-eaux solaires individuels et des systèmes solaires combinés qui, après une année 2020 encourageante, connaissent une très forte progression en 2021. Dans le neuf, le positionnement du solaire thermique dans la prochaine RE2020 semble intéressant même si tous les détails de la prochaine réglementation ne sont pas encore connus. Autre sujet débattu, la place de la chaleur solaire dans les opérations du Fonds chaleur. Si les contrats d’objectifs territoriaux ou patrimoniaux ont permis ces dernières années de faire émerger plusieurs projets intéressants, il reste du chemin à parcourir pour que cette technologie puisse faire mieux que la cinquantaine de réalisations aidées en 2020 pour environ 4 % du budget total du dispositif. La concurrence avec le gaz fossile mais également avec les autres technologies renouvelables sont des obstacles difficiles pour un secteur souvent mal connu des acteurs du bâtiment. Pour l’avenir, les demandes des professionnels au gouvernement portent sur trois axes : le maintien des aides actuelles (notamment MaPrimeRénov qui semble donner de l’air au secteur depuis début 2020), la simplification des démarches administratives et enfin davantage de communication et d’information.

  • SOLAIRE THERMIQUE – Le marché français reprend des couleurs
 17 juin 2021

    Les chiffres 2020 du marché solaire thermique pour les applications individuelles viennent d’être publiés par Observ’ER. Dans son étude annuelle, l’observatoire évalue à 22 530 m2 les surfaces de capteurs solaires thermiques vendues en 2020 en Métropole pour des applications de chauffe-eaux solaires individuels ou de systèmes solaires combinés (eau chaude sanitaire plus chauffage). Ce chiffre marque une croissance de 8 % par rapport à 2019. Si le secteur reste à un niveau d’activité très bas comparé à ce qu’il était il y a une dizaine d’années (près de 130 000 m2 en 2011), les industriels ont tout de même le sentiment qu’une nouvelle dynamique peut s’enclencher. Les efforts faits sur les prix, qui sont restés très stables au cours des dernières années alors que celui des énergies fossiles a augmenté, commencent à porter leurs fruits. Dans le même temps, le développement des qualifications RGE (reconnu garant de l’environnement), acquises par les installateurs, a joué pleinement son rôle de tiers de confiance auprès des particuliers. Enfin, la mise en place en 2020 du dispositif gouvernemental MaPrimeRénov’, qui propose des aides réellement incitatives, a également participé aux bons résultats de 2020. Du côté des territoires d’Outre-mer, le marché présente un visage beaucoup plus dynamique avec 90 545 m2 recensés l’an passé. Dans ces régions, la loi de transition énergétique pour la croissance verte a mis particulièrement l’accent sur la précarité énergétique en multipliant par trois la valeur des CEE provenant d’opérations réalisées chez des ménages en situation de précarité énergétique par rapport aux CEE hexagonaux. Le chauffe-eau solaire individuel est souvent l’équipement choisi dans le cadre de ce dispositif.

  • HYDROLIEN – 17,5 MW dans le Cotentin 11 juin 2021

    Le concepteur et fabricant français d’hydroliennes marines HydroQuest vient d’annoncer un partenariat avec Qair Marine, pour développer une centrale hydrolienne constituée de sept machines de 2,5 MW chacune, soit 17,5 MW. Leur association se matérialise par la création de la société́ « FloWatt, les hydroliennes du Raz Blanchard », dont l’ambition est de permettre un déploiement à l’échelle commerciale de l’énergie hydrolienne en mer d’ici à 2030. Situé sur la concession du Raz Blanchard, cédée par EDF Renouvelables et localisée à la pointe nord-ouest de la presqu’île du Cotentin, le futur site va s’appuyer notamment sur les retours d’expérience du projet OceanQuest, l’hydrolienne marine immergée depuis 2019 à Paimpol-Bréhat. Pour ce nouveau projet, HydroQuest a conçu une nouvelle turbine à double axe vertical plus légère, dont la puissance nominale passera de 1 MW à 2,5  MW. La mise en service de FloWatt est prévue pour 2025, sous réserve du soutien du programme d’Investissement d’Avenir, opéré́ par l’Ademe, avec un démarrage de la construction des hydroliennes à partir de 2023. La ferme pilote sera exploitée sur une durée de 20 ans et produira 40  millions de kWh/an, soit l’équivalent de la consommation de 20 000  habitants. L’ensemble de la gestion du projet sera effectué en France, de la fabrication des machines à leur maintenance en passant par les travaux de raccordement électriques.

  • GÉOTHERMIE – Une filière à fort potentiel 11 juin 2021

    Le 2 juin, le Conseil Européen de l’Énergie Géothermique (EGEC) a publié son rapport annuel : European Geothermal Market Report 2020. D’après ce dernier, 2020 a marqué une fin tourmentée de la décennie, mais également un regain d’intérêt pour l’énergie géothermique. En effet fin 2020, l’Europe au sens large, incluant jusqu’à la Turquie, comptait 3,5 GW de production électrique issus de géothermie, répartis en 139  centrales. La Turquie, premier pays avec 1 688 MW installés, est le seul à avoir entamé un nouveau projet en 2020. Le nombre de réseaux de chaleur et de froid urbains alimentés par la géothermie s’élève quant à lui au nombre de 350, avec plus de 232 nouveaux projets en cours, malgré les impacts de la crise sanitaire. À l’image de l’Islande qui exploite 2 632 MW de géothermie profonde, de nombreux pays ont dévoilé leur volonté de développer fortement cette énergie, afin de décarboner leurs besoins de chaleur et de froid. Avec plus de 2,1 millions d’équipement en fonctionnement, l’EGEC souligne que le marché des pompes à chaleur géothermiques, bien qu’il soit en croissance, reste très localisé dans certains pays, notamment scandinaves. Afin de soutenir la filière, l’EGEC appelle les pouvoirs publics à la soutenir via des subventions à l’achat et aux forages, à mettre en place des prix pour le carbone plus incitatif, à financer la recherche, et à simplifier les démarches administratives pour l’autorisation des projets.

  • HYDROGÈNE RENOUVELABLE – Le Nantais Lhyfe à la conquête du Danemark 4 juin 2021

    Lhyfe, entreprise nantaise spécialisée dans l’hydrogène renouvelable, a été choisie pour faire partie du nouveau parc industriel danois « GreenLab », l’une des premières zones d’essai énergétique officielles et réglementaires en Europe. Lhyfe et ses partenaires y installeront un site équipé de 24 MW d’électrolyse pour une production d’environ 8 tonnes d’hydrogène renouvelable par jour. Cet hydrogène alimentera une production de méthanol utilisé pour la mobilité́ et les industriels du site, ainsi que pour la mobilité des usagers des alentours. La première phase du projet, qui comprend environ 12 MW, devrait être installée fin 2022. Le Français fait également partie du consortium du projet GreenHyScale, qui prépare un accord de subvention auprès de l’Agence exécutive européenne pour le climat, les infrastructures et l’environnement (CINEA) en réponse à l’appel de financement Green Deal de l’Union Européenne. GreenHyScale consiste en un projet de démonstration d’un électrolyseur d’une puissance minimale de 100 MW, utilisant la nouvelle génération d’électrolyseur alcalin multi-MW fournie par le Danois Green Hydrogen Systems. L’unité, dont la mise en service est prévue courant 2024, fournira environ 30 tonnes d’hydrogène renouvelable par jour. Le montant de la subvention s’élève à 30 millions d’euros.

  • HYDROÉLECTRICITÉ – La Haute-Savoie s’offre une nouvelle centrale hydroélectrique 4 juin 2021

    La mairie de Saint-Gervais-les-Bains (Haute-Savoie) annonce que les travaux de la centrale hydroélectrique qui turbinera les eaux du torrent de Miage débuteront après l’été 2021. La construction se déroulera en trois temps  : la prise d’eau sur le torrent de Miage, une conduite forcée et un bâtiment usine qui sera fondu dans un environnement boisé à flanc de montagne pour une meilleure réduction de l’impact visuel. Pour l’acheminement des matériaux, la commune a opté pour un transport par câble téléphérique appelé « blondin », une solution technique respectueuse de l’environnement, qui évite des rotations d’engins motorisés. Un bail de 60 ans a été signé entre la commune et la SARL CH Miage (filiale du groupe Quadran) qui sera en charge de la construction et de l’exploitation de la centrale dont la puissance est estimée à 3  190 kW. La mise en service est annoncée pour 2023.

MAI 2021

L’ESSENTIEL DES ENR DU MOIS DE MAI

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  • HYDROÉLÉCTRICITÉ – Afrique centrale : projet de barrage sur la rivière Dja 28 mai 2021

    Le géant de la construction China Gezhouba Group Corporation (CGGC) se voit confier la construction du futur barrage de Chollet par les gouvernements camerounais et congolais. Ce projet vise à construire une centrale électrique de 600 MW sur la rivière Dja, aussi appelée rivière Ngoko, marquant la frontière entre le Cameroun et la République du Congo. Avec 108 mètres de hauteur, le barrage créera une chute de 85 m pour produire de l’électricité à destination du Cameroun et du Congo, mais ces derniers envisagent également d’en fournir à leurs voisins du Gabon et de la République centrafricaine. Ce projet de 700 millions de dollars (600 M€), notamment soutenu par la Banque africaine de développement (BAD), sera mené en trois étapes, à savoir études, construction puis mise en service par la CGGC, mais pour l’heure aucun planning ni potentiel exploitant n’a été dévoilé.

  • HYDROGÈNE – Dijon passe à l’hydrogène vert 28 mai 2021

    Dijon Métropole a annoncé le mercredi 19 mai le démarrage de la construction de sa première station de production d’hydrogène renouvelable qui sera située au nord de la ville. Ce site s’intègre au projet Smart Energhy, une coentreprise créée par Dijon Métropole et Rougeot Energie, et sera capable de produire jusqu’à 440 kilos d’hydrogène afin d’alimenter d’ici 2030, 44 bennes à ordures ménagères et 180 bus. L’électrolyseur sera alimenté par une électricité d’origine renouvelable issue de la combustion de déchets et d’une centrale solaire de 12 hectares pour une mise en service début 2022. Un projet de 100 millions d’euros au total, dont 20 % pour la construction des stations de production d’hydrogène et 80 % pour le renouvellement des bennes et des bus à hydrogène. Les investisseurs sont l’Ademe, la Région Bourgogne Franche Comté et l’Europe. Un second site de production, également situé au nord de Dijon, aura une capacité initiale de 880 kg/jour avec une mise en service prévue en 2023.

  • HYDROLIEN – Deux nouvelles hydroliennes dans le Morbihan 20 mai 2021

    Selon l’AFP, la société Morbihan Hydro Énergies, détenue à 51% par le fabricant d’hydroliennes Sabella, vient d’annoncer un projet d’immersion de deux hyroliennes dans le golfe du Morbihan. Ce projet est en phase d’instruction et fera l’objet d’une enquête publique dès cet été. Les deux hydroliennes de 14 mètres de haut et de 3,5 mètres de diamètres pour une puissance de 250 kW chacune seront fournies par Sabella et immergées à 20 mètres de profondeur dans le courant de la Jument, le plus fort du golfe du Morbihan. Le projet, d’un coût total de 8,5 millions d’euros est financé à hauteur de 65 % par le Fonds européen de développement régional (FEDER) dans le cadre du projet Interreg Tiger qui promeut les énergies marines renouvelables. Le lancement opérationnel est programmé pour le second semestre 2022.

  • CHALEUR RENOUVELABLE – Paris s’offre une nouvelle boucle d’eau chaude 20 mai 2021

    La Compagnie parisienne de chauffage urbain (CPCU) et Paris et Métropole aménagement (P&Ma) annoncent la signature d’une convention pour la réalisation des travaux d’alimentation en chaleur renouvelable du nouvel écoquartier Saint-Vincent-de-Paul dans le 14e arrondissement de Paris. Les 59 000 m² de bâtiments neufs ou réhabilités seront chauffés via une boucle d’eau chaude qui valorise l’énergie calorifique de l’eau non potable de la ville de Paris. L’eau non potable de Paris, puisée dans la Seine et dans le canal de l’Ourcq possède son propre réseau et sert principalement au nettoyage des rues, au bon fonctionnement des égouts ou à l’arrosage des espaces verts. Cette nouvelle boucle à basse température de 450 mètres de long connectera tous les bâtiments à qui elle fournira une eau à 65°C, température parfaitement adaptée à leur haute performance énergétique. La boucle sera aussi connectée au réseau principal de la CPCU via deux échangeurs vapeur-eau en cas de besoin. Le projet est financé par P&Ma et CPCU, les adaptations nécessaires du réseau d’eau non potable par Eau de Paris, soit un investissement d’1,7 million d’euros.

  • MATÉRIAUX – L’AIE publie un rapport sur les matériaux critiques de la transition énergétique 12 mai 2021

    L’AIE a publié un rapport pour alerter sur la demande croissante de certains matériaux nécessaires aux développements de technologies renouvelables et de l’électrification des usages comme la voiture électrique. En effet dans « The Role of Critical Minerals in Clean Energy Transitions » l’agence fournit un travail prospectif afin d’identifier les besoins en matériaux suivants différents scénarios de développement des technologies vertes. Ainsi elle propose plusieurs mesures pour contrer un certain nombre de risques identifiés, comme le fait que certains minéraux restent aujourd’hui exclusivement produits par un petit nombre de pays. Elle invite donc les gouvernements à investir dans des chaînes d’approvisionnement variées pour réduire les dépendances vis à vis de certains pays en situation de quasi-monopole. Il faut également promouvoir les nouvelles technologies à tous niveaux de la chaîne de valeur, afin de garantir une utilisation optimale des matériaux, d’un point de vue économique et environnemental. Le recyclage devra jouer un rôle majeur afin de réduire les besoins en matériaux bruts, grâce à des méthodes de collectes innovantes, et à des efforts de R&D sur les nouvelles technologies de valorisation des matériaux usagés. Les décideurs devraient également mettre en place un cadre propice à la transparence du marché, leur permettant, en cas de perturbations comme c’est le cas durant la crise sanitaire actuelle, de réguler rapidement et efficacement les chaînes d’approvisionnement. Enfin, l’AIE insiste sur le besoin de renforcer les normes environnementales et sociales relatives à l’extraction, la transformation et le transport des matériaux critiques de façon à maximiser les avantages environnementaux de la transition énergétique et à encourager le développement de nouveaux acteurs.

  • BIOÉNERGIES – Durabilité des bioénergies 12 mai 2021

    La consultation publique pour le projet de décret bioénergies lancée le 27 avril dernier se poursuivra jusqu’au 18 mai. Il s’agit de transposer au niveau national le volet durabilité des bioénergies de la directive européenne relative à la promotion de l’utilisation de l’énergie produite à partir de sources renouvelables. Pour rappel, une première directive (RED I) adoptée en 2009 avait conduit à mettre en place des exigences de durabilité et de réduction de gaz à effet de serre (GES) pour les biocarburants et biocombustibles. En 2018, RED II soumettait aux mêmes exigences les filières de production de chaleur, gaz ou électricité à partir de combustibles issus de biomasse. Ainsi l’ordonnance de mars 2021 (n° 2021-235) vise à transposer RED II au niveau national, en soumettant toutes les installations de bioénergies (au-dessus d’un seuil de puissance) aux exigences de durabilité et de réduction de GES, ainsi que d’efficacité énergétique au niveau de la production électrique. Ces installations devront notamment respecter un certain nombre de critères pour pouvoir compter sur de futures aides publiques, ce qui devra être certifié par des organismes de contrôle indépendant. La transposition sanctuarise également des terres de riche biodiversité ou présentant un important stockage de carbone.

  • ÉNERGIE MARÉMOTRICE – Une unité de 2 MW aux Orcades 7 mai 2021

    Le fabricant de roulements mécaniques suédois SKF a annoncé le 28 avril l’installation d’une nouvelle turbine marémotrice au sein du Centre Européen pour l’énergie marine (EMEC), basé dans les Îles Orcades, en Écosse. Développé par l’entreprise écossaise Orbital Marine Power, avec l’aide des technologies de SKF, ce projet consiste en une unité de 2 MW électriques : l’Orbital O2. Comme l’énergie du soleil et du vent, celle de la Lune peut être exploitée via les forces qu’elle exerce sur les marées, pour actionner un alternateur, et donc produire du courant électrique. L’Orbital O2 mesure 72 mètres de long et possède 2  rotors bipales de 20 mètres de diamètre chacun, entraînés par les courants marins. Le potentiel de cette technologie est « colossal », selon SKF. La Commission européenne prévoit 40 GW d’énergies marines en service d’ici 2050, incluant l’énergie marémotrice, hydrolienne, houlomotrice, le photovoltaïque flottant et la production de carburants à partir d’algues.

  • CHALEUR RENOUVELABLE – Le Havre prolonge son réseau de chaleur 7 mai 2021

    La communauté urbaine Le Havre Seine Métropole annonce l’extension de son réseau de chaleur renouvelable et missionne la société de distribution de chaleur de Mont-Gaillard (SDCMG), filiale d’Engie Solutions pour la réalisation des travaux. Construit en 1972, le réseau est composé de 97 sous-stations et 16  kilomètres de canalisations. Il alimente aujourd’hui en chaleur et eau chaude sanitaire plus de 6 000 équivalents logements (bailleurs, bureaux, bâtiments publics, etc.) situés dans les quartiers de Mont Gaillard, du Grand Hameau de Montcalm Capuchet et de Mare Rouge. En 2013, le réseau a été rénové avec l’acquisition d’une chaudière biomasse de 12 MW qui a permis d’offrir des tarifs plus compétitifs aux clients et d’avoir une couverture à 60 % issue d’énergies locales et renouvelables. Le nouveau projet prévoit 5 kilomètres de réseau additionnels, soit 2 500 équivalents logements supplémentaires, dont 15  000 m² de bâtiments tertiaires des quartiers Points Cardinaux et Bléville. Les travaux débuteront dès juillet 2021 pour une mise en service en février 2022.

AVRIL 2021

L’ESSENTIEL DES ENR DU MOIS DE AVRIL

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  • CHALEUR RENOUVELABLE – Fonds Chaleur : bilan en demi-teinte 30 avril 2021

    Malgré le poids des chiffres, la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR) tire un bilan en demi-teinte du Fonds Chaleur pour 2020. Le fonds a pourtant engagé 350 millions d’euros l’an passé au travers de plus de 600 projets aidés et annonce un portefeuille de 477 M€ en 2021. Si l’intérêt de cet outil, unique en Europe dans sa forme et son envergure, n’est plus à démontrer, la Fédération tient à nuancer ces résultats notamment sur la question du développement de nouveaux réseaux de chaleur. En la matière, les projets concernent principalement en des extensions de réseaux existants et non des créations. Le verdissement et l’extension des réseaux existants, s’ils sont des leviers essentiels, ne sont pas suffisants pour atteindre les objectifs de développement de la filière, qui exige de créer de nouveaux réseaux. Ainsi, seuls 60 % de l’objectif de 2020 (par rapport à la trajectoire de la loi de programmation) a été atteint. La FNCCR regrette qu’il n’y ait pas eu une montée en puissance des objectifs Grenelle. Alors qu’il faudrait créer 8 TWh d’installations en chaleur renouvelable par an, la dynamique actuelle oscille entre 3 et 3,5 TWh/an. Les réseaux de chaleur étant en quasi-totalité publics, il appartient donc aux collectivités d’investir. Après une année 2020 marquée par des élections municipales, 2021 va être une année pleine pour les élus qui vont pouvoir plus aisément penser leurs futurs projets autour des énergies renouvelables thermiques et des réseaux de chaleur. Ces derniers apportent aux territoires des moyens de maîtriser le coût des factures pour les abonnés. Ainsi, la FNCCR compte renforcer son action dans ce domaine en direction des élus, avec notamment un nouveau cycle de formation et un guide, qui leur seront dédiés.

  • CHAUFFAGE AU BOIS – Réduire les pollutions du chauffage au bois 30 avril 2021

    Le 14 avril, le ministère de la Transition écologique a dévoilé son plan d’action pour le chauffage au bois domestique et le soumet à la consultation du public. Son objectif est de réduire de 50 % les émissions de polluants, la pollution atmosphérique étant responsable de 40 000 morts par an rien qu’en France d’après Santé Publique France. En 2018, le chauffage domestique au bois était responsable de 43 % des émissions de PM 2,5 et plus de 50 % de celles de PM 1,0 cancérigènes du fait d’un parc comprenant de nombreux appareils anciens. Afin de réduire l’impact sanitaire, les appareils utilisés doivent respecter un certain nombre de critères, être correctement dimensionnés et entretenus, utiliser du combustible sec, et privilégier les techniques d’allumage par le haut. Ce plan d’action vise à atteindre l’objectif de la loi Climat et Résilience de baisse de 50 % des émissions de particules fines, votée par les députés le 13 avril. Il s’organise autour de six axes prioritaires : sensibiliser le grand public en rendant obligatoire sur le nouveau diagnostic de performance énergétique l’affichage de la vétusté de l’appareil ; renforcer les politiques d’accompagnement pour le renouvellement des vieux appareils au bois ; faire évoluer les normes sur les nouveaux appareils ; créer un label pour favoriser l’utilisation de combustibles de haute qualité ; communiquer sur l’impact sanitaire de la combustion du bois, mais également encadrer l’utilisation du chauffage au bois dans les zones les plus touchées par la pollution atmosphérique. Rappelons que la France a été condamnée par la justice européenne pour manquement aux obligations issues de la directive sur la qualité de l’air. Avec le plan d’action pour la mobilité propre, celui sur le chauffage au bois devrait contribuer à améliorer la situation.

  • HYDROGÈNE – Allemagne : l’hydrogène vert remplace le LNG 22 avril 2021

    Le 14 avril, le géant allemand de l’énergie Uniper a annoncé la création d’un hub hydrogène à Wilhelmshaven, en Basse-Saxe, en lieu et place du terminal de gaz naturel liquéfié (LNG) envisagé jusque-là. Une étude de marché avait en effet montré en octobre 2020 que les perspectives de long terme pour l’usage du LNG en Allemagne ne permettaient pas de rentabiliser ce terminal. Dénommé Green Wilhelmshaven, le nouveau projet est en cours d’étude de faisabilité, et prévoit la construction d’un terminal d’importation d’ammoniac (NH3) équipé d’un craqueur d’ammoniac pour produire du dihydrogène (H2). Cet ammoniac vert sera produit à partir de sources renouvelables. Le hub comprendra également un électrolyseur de 410 MW. À eux deux, ils devraient pouvoir fournir 295 000 tonnes d’hydrogène annuellement, soit 10 % de la demande allemande estimée en 2030, grâce à un futur réseau de gaz dédié. Le futur hub devrait être livré après 2025. Cet hydrogène est essentiel pour les objectifs de neutralité carbone de l’Allemagne. En effet, s’ils sont issus de sources d’énergies bas-carbone, les procédés de power-to-gas pourraient permettre de réduire sensiblement l’impact carbone de l’industrie, acier et chimie ciment notamment, et des transports longue distance (aérien, maritime, etc.). Dans la fabrication de l’acier, cet hydrogène servira par exemple à la réduction du minerai de fer en remplacement partiel du charbon aujourd’hui majoritairement utilisé, et extrêmement polluant.

  • BIOCARBURANTS – De l’huile de cuisson pour les avions 22 avril 2021

    Le groupe Total annonce le démarrage de la production de biocarburants aériens dans ses bioraffineries de La Mède (Bouches-du-Rhône) et d’Oudalle (Seine-Maritime). Ces biocarburants sont élaborés uniquement à partir de déchets et résidus issus de graisses animales et d’huiles de cuisson usagées sans recours aux huiles végétales. Avec la création de cette nouvelle production dédiée, le pétrolier répond à la forte demande du secteur aéronautique qui recherche des alternatives au kérosène fossile afin de réduire son empreinte carbone. L’objectif est aussi une mise aux normes avec la législation française qui prévoit un mandat d’incorporation de 1 % de biocarburants aériens dès 2022, puis un objectif de 2 % à horizon 2025 et de 5 % à horizon 2030. Les aéroports français pourront disposer de ce biocarburant dès la fin avril 2021.

  • Énergies renouvelables – Les PAC aérothermiques se maintiennent en 2020 21 avril 2021

    Observ’ER vient de mettre en ligne son étude sur le marché 2020 des pompes à chaleur (PAC) dans le secteur du résidentiel (jusqu’à 30 kW). Pour les équipements aérothermiques, l’activité a été bonne puisque les ventes ont progressé de 10 % en un an (900 700 unités contre 815 400 en 2019). Avec 729 680 unités écoulées, le segment des PAC air/air est le premier sur le marché des systèmes de chauffage central individuel en France, loin devant les chaudières gaz ou fioul à condensation (510 000 ventes à elles deux). Cette croissance a surtout été portée par le marché de la rénovation car la construction de maisons neuves a été en retrait l’an passé. De leur côté, les pompes à chaleur air/eau font une année étale par rapport à 2019 (170 390 unités) alors que pour les chauffe-eau thermodynamiques c’est un recul des ventes qui a été enregistré en 2020 (109 500 unités contre 118 380 en 2019). Ce tassement est le premier depuis l’introduction de ce type d’appareils sur le marché français il y a une dizaine d’années. Enfin, pour les pompes à chaleur géothermiques, l’activité a été en baisse de 13,5 % pour s’établir à 3 005 appareils écoulés. Si les ventes se sont stabilisées depuis 2016 entre 3 000 et 3 500 unités annuelles, le secteur reste à un niveau faible qui le cantonne à un marché de niche.

  • ENERGIES RENOUVELABLES – Arabie Saoudite : une révolution verte pour 2030 16 avril 2021

    Lors de la 11ème session de l’Assemblée générale de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), les délégataires d’Arabie Saoudite ont annoncé leur volonté de couvrir 50 % de leurs besoins en électricité à l’aide d’énergies renouvelables d’ici à 2030, le reste étant fourni par le gaz. C’est une révolution pour un pays où en 2019 le gaz représentait 65 % du mix électrique, le reste étant couvert par le pétrole. Ce projet est un immense défi dans un royaume où beaucoup reste à faire en termes d’infrastructure et d’organisation des filières renouvelables, de localisation des technologies, de réglementation ou de développement des ressources humaines. L’un des piliers de cette révolution verte devra être l’étroite collaboration entre institutions universitaires et scientifiques afin d’identifier les meilleures politiques de promotion des renouvelables. Le pays entend également réduire ses émissions de CO2 et prévoit de mettre en œuvre des projets sur les technologies d’hydrocarbures propres pour éliminer plus de 130 millions de tonnes de CO2 (MtCO2), toujours à l’horizon 2030, contre 582 MtCO2 émises en 2019. Les émissions de carbone liées au secteur énergétique de l’Arabie saoudite ont bondi de 5 % par an entre 1990 et 2015, puis sont restées stables avant de diminuer en 2018. Le pays compte les émissions par habitant parmi les plus élevées au monde, atteignant 17 tCO2 par habitant en 2019 (trois fois plus qu’un français), en faisant le 7ème émetteur mondial par habitant.

  • CAPACITÉ ÉLECTRIQUE MONDIALE – Record d’installations dans le monde en 2020 9 avril 2021

    L’agence internationale des énergies renouvelables (IRENA) a publié son rapport annuel Renewable Capacity Statistics 2021 ce début avril, concernant la progression des énergies renouvelables destinées à la production d’électricité dans le monde. La principale information à retenir est le record d’installation en 2020 malgré la pandémie de la covid-19. En effet plus de 260 GW de capacité renouvelable ont été installés, soit près de 50 % de plus que le précédent record de 2019, pour atteindre 2,8 TW au total. Ainsi parmi les nouvelles centrales électriques installées en 2020, les renouvelables représentent plus de 80 % des capacités, dont 91 % rien que pour le photovoltaïque (127 GW) et l’éolien (111 GW) majoritairement en Chine et aux États-Unis. L’hydroélectricité croît de 12 GW en Chine et de 2,5 GW en Turquie. La capacité de production à partir de bioénergie augmente quant à elle de seulement 2,5 GW, et la géothermie de moins de 200 MW. La capacité d’électricité renouvelable hors réseaux a augmenté de 365 MW en 2020 pour atteindre 10,6 GW. La part des renouvelables dans la capacité électrique mondiale monte ainsi à 36,6 %, notamment grâce au démantèlement de centrales fossiles. Ces chiffres montrent une certaine résilience du marché des énergies renouvelables électriques au niveau mondial. La part des énergies renouvelables dans les capacités électriques mondiales s’établissait déjà à 34,6 % en 2019, selon l’Agence internationale de l’énergie

  • GÉOTHERMIE – La conquête de l’ouest 9 avril 2021

    En créant la société GéoRueil avec Engie solutions, Rueil-Malmaison veut montrer que la géothermie profonde n’est pas réservée à l’est parisien. Les travaux de forage de la coentreprise démarreront au printemps pour capter d’ici la fin de l’année une ressource de 61 degrés localisée à une profondeur de 1500 mètres (au Dogger). Objectif : une mise en service à l’été 2022  d’une centrale de 11,3 MW qui alimentera durant 28 ans un réseau de chauffage urbain de 11 000 équivalents-logement. « Dans un premier temps, nous avions la volonté de nous appuyer sur une part conséquente d’énergies renouvelables pour notre nouvel écoquartier, rapporte Monique Bouteille, maire adjointe en charge de l’urbanisme de la commune des Hauts-de-Seine. Un travail avec l’Ademe nous a montré que le potentiel géothermique nous permettait d’aller bien au-delà de ses 2 400  logements. » Plutôt que de déléguer la construction et l’exploitation de l’installation et comme le permet désormais la loi de Transition énergétique de 2015, Rueil-Malmaison a pris 11,5 % des participations de GéoRueil. Suffisamment pour avoir un regard sur son activité et participer aux choix. Pas trop car « la gestion fine d’un réseau de chaleur est complexe et l’investissement global trop conséquent », poursuit l’élue. Le seul forage coûtera 18,5 millions d’euros. La note du réseau s’élèvera quant à elle à 65 M€.

  • CHALEUR RENOUVELABLE – Givors se chauffe à la biomasse 7 avril 2021

    La société de services énergétiques Idex, annonce la mise en service de la chaufferie biomasse du réseau de chaleur de Givors, au sud de Lyon. Depuis 1970, la chaufferie des Vernes de Givors produit de l’énergie sous forme d’eau chaude à partir de gaz et de fioul. En 2017, la Métropole de Lyon missionne Idex afin de faire évoluer son bouquet énergétique qui va passer à 55 % au biogaz et 45 % au gaz. En 2021, la transition du réseau de chauffage de la commune s’accélère et passe de 3 à 9 kilomètres avec l’installation d’une chaudière bois et d’un récupérateur de chaleur des fumées couplé à une pompe à chaleur (PAC). Le mix énergétique de la commune est désormais le suivant : 65 % chaudière bois + 14 % fumées bois et PAC + 21 % gaz naturel, soit du chauffage pour 2 700 équivalents logements et une baisse de la facture de près de 14 % par rapport à l’année dernière pour les consommateurs. Coût total de l’investissement, 11 millions d’euros, dont 3,5 millions d’euros subventionnés par l’Ademe.

  • HYDROGÈNE – La Région Bretagne à l’avant-garde 7 avril 2021

    À la suite d’un premier appel à projets lancé en 2020, qui a sélectionné 5 projets de production d’hydrogène renouvelable, la Région Bretagne a lancé un second appel à projet le 1er  mars dont la date limite de dépôt des dossiers est fixée au 31 mai 2021. Il s’agira de 4 à 5 nouvelles boucles d’hydrogène renouvelable, qui comprendront une phase d’études préalables, dotée d’un budget régional de 200 000 €, puis de 3 millions d’euros pour la phase de réalisation. La Région incite les investisseurs à mettre l’équivalent d’1 % du coût total dans des actions de préservation de la biodiversité. Les profils des cinq premiers projets sélectionnés en 2020 sont divers. Porté par le Syndicat départemental d’énergie du Finistère, Molène stockage H2, consiste à stocker l’énergie électrique photovoltaïque sous forme d’hydrogène par électrolyse de l’eau afin de décarboner le réseau insulaire de l’Île de Molène. Brest potentiel H2 est quant à lui un projet qui vise à évaluer le potentiel technico-économique du port et de l’unité de traitement des déchets de Brest. Situé à Briec, Ecosystème H2 vise à valoriser l’électricité produite par l’incinérateur des déchets du pays de Quimper pour produire de l’hydrogène par électrolyse. Hydrogène Morbihan consiste à développer un réseau de distribution autour de Vannes avec des stations de recharge pour véhicule en s’appuyant sur le site d’électrolyse renouvelable HyGO Vannes, prévu pour 2021. Un autre Ecosystème H2, cette fois situé près de la Roche aux Fées, cherche à étudier la possibilité de création d’un réseau d’hydrogène vert pour alimenter un train, une flotte d’utilitaires et de poids lourds ainsi que de l’injection sur le réseau de gaz.

MARS 2021

L’ESSENTIEL DES ENR DU MOIS DE MARS

Voir actus
  • AIDE AU DÉVELOPPEMENT – Un geste généreux d’Altawest au profit de la Fondation Énergies pour le Monde 26 mars 2021

    À l’occasion de ses 10 ans, l’équipementier et prestataire de services pour les marchés de l’énergie Altawest s’est engagé auprès de la Fondation Énergiespour le Monde, en particulier en contribuant au soutien de son projet BOREALE. Le projet BOREALE a pour objectif de procéder à l’électrification de sept localités rurales du sud de Madagascar grâce à des technologies de production d’énergie renouvelable. L’installation de centrales photovoltaïques d’une puissance de 7 à 12 kWc dans les régions d’Androy et d’Anosy permettra à 900 abonnés d’avoir un accès fiable et durable à l’électricité. Grâce à la production d’électricité verte, environ 6 000 bénéficiaires directs, et 20 000 bénéficiaires indirects, pourront accéder à davantage de confort domestique et à des conditions sanitaires améliorées, ainsi que développer de nouvelles activités. Altawest est venu accompagner le projet BOREALE à hauteur de 20 000 euros et le geste est d’autant plus altruiste que ce sont les employés de l’entreprise qui ont préféré remplacer le cadeau que l’entreprise faisait à chacun par un don à une ONG.

  • CHAUFFAGE AU BOIS – Mauvaise année 2020 pour les appareils de chauffage domestique au bois 26 mars 2021

    L’étude de l’Observatoire des énergies renouvelables (Observ’ER) intitulée Suivi du marché français des appareils de chauffage domestique au bois a été mise en ligne mercredi 24 mars et les résultats pour le marché 2020 ne sont pas bons. Dans son ensemble, le marché a enregistré un volume de 314 865 unités vendues soit 61 775 pièces de moins qu’en 2019. Segment phare, les ventes de poêles sont passées de 282 640 unités en 2019 à 237 550 (- 16 %). Pour les foyers et inserts, l’activité a chuté de 71 010 à 56 240 pièces (- 20,8 %) et pour les cuisinières, segment de niche, les ventes ont été en retrait de près de 25 % (4 340 en 2019 contre 3 275 en 2020). Évidemment, la crise sanitaire et économique a pesé lourdement dans ces mauvais résultats. Mais le marché était en perte de vitesse depuis plusieurs années. Autre phénomène très handicapant, l’extrême douceur de l’hiver 2019-2020 classé premier des hivers les plus chauds depuis un siècle. Principale illustration des difficultés du marché en 2020, les poêles automatiques à granulés enregistrent le plus gros recul de leur histoire avec près de 19 % de ventes en moins par rapport à 2019. Le coup est rude pour ce segment qui représente à lui seul 41 % des ventes d’appareils indépendants de chauffage au bois (poêles, foyers fermés, inserts et cuisinières). Dans ce constat sombre, seules les chaudières automatiques arrivent à tirer leur épingle du jeu avec une légère hausse de 2,4 % de leur activité (14 800 unités contre 14 460 en 2019).

  • 

CHALEUR RENOUVELABLE
 – Paris : nouvelle boucle de chaleur 19 mars 2021

    La Compagnie parisienne de chauffage urbain (CPCU) et Espaces Ferroviaires, filiale du groupe SNCF en charge de la réhabilitation d’anciens sites ferroviaires, signent une convention pour la mise en place d’un réseau de chaleur qui alimentera le futur écoquartier Hébert, entre la porte de la Chapelle et la porte d’Aubervilliers, dans le 18e arrondissement. Situé sur des terrains délaissés par la SNCF, ce programme prévoit la construction de 800 logements, 400 000 m2 de bureaux, 10 000 m² de locaux dédiés aux commerces, une crèche de 800 m2 et un square de 4 000 m2. Via un réseau de 450 mètres de long, la CPCU fournira chauffage et eau chaude, issus à 53,5 % de la valorisation de déchets (incinération) de ses centres de traitements situés en Île-de-France. Les travaux d’aménagement doivent débuter en 2022 pour une livraison en 2024.

  • CHALEUR BIOMASSE
 – Projets industriels de chaleur biomasse 19 mars 2021

    Six mois après la mise en place du plan gouvernemental “France Relance” en faveur de la décarbonation de l’industrie, Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, a présenté les 17 premiers lauréats du dispositif chaleur biomasse. Ces projets, qui représentent 130 millions d’euros d’investissements, permettront de réduire les émissions industrielles de gaz à effet de serre à hauteur de 332 000 tonnes de CO2 par an. Ces opérations bénéficieront d’une aide à l’investissement de 44 millions d’euros et d’un soutien au fonctionnement de 83 millions d’euros. Parmi les lauréats, on peut citer l’entreprise Kronenbourg, dans le Grand Est, avec son projet de mise en place d’un brûleur biomasse sur la chaudière gaz existante. La nouvelle installation effacera complètement le gaz du site grâce à un mix composé à 90 % de granulés de bois locaux et 10 % de biogaz issu du traitement des effluents du site. Depuis décembre 2020, le plan “France Relance” a permis de soutenir 49 projets pour la décarbonation de l’industrie française (que ce soit en chaleur biomasse ou en efficacité énergétique), soit 596 millions d’euros d’investissements. Fort de ce succès, le gouvernement a annoncé reconduire l’appel à projets concernant la production de chaleur biomasse, notamment ceux de conversion de chaudières existantes qui utilisent des combustibles fossiles vers des chaudières biomasse. De nouveaux lauréats seront annoncés en avril.

  • COMMUNAUTÉ ÉNERGÉTIQUE – Quels profils pour les membres ?
 11 mars 2021

    L’association de promotion de l’énergie éolienne World Wind Energy Association (WWEA) a publié les résultats d’une enquête concernant les communautés énergétiques en Allemagne et au Japon. Issue d’une collaboration entre la WWEA, l’association régionale pour les énergies renouvelables en Rhénanie-du-Nord-Westphalie (LEE NRW) et la Japan Community Power Association, cette étude de deux ans visait à mettre en lumière la répartition des genres au sein des 50 communautés d’énergies sondées. En Rhénanie-du-Nord-Westphalie, la proportion de femmes parmi les actionnaires est de 29 %, possédant 27 % des parts. Au Japon, ce pourcentage est également sous la barre des 30 %. Dans la moitié des structures japonaises, ce chiffre est inférieur à 10 %. Dans les deux pays, il semble que la proportion de femmes augmente avec la taille des communautés, et en Allemagne cette proportion est plus importante pour le photovoltaïque que pour les projets purement éoliens. Les femmes semblent également sous représentées au sein des directions, notamment au Japon où la moitié des structures n’ont aucune femme à des postes de management. La seconde partie de l’enquête montre que les profils types des membres des communautés d’énergie sont des hommes blancs retraités avec un capital social et culturel élevé. Au contraire, les personnes issues de l’immigration ou ayant des faibles revenus sont sous-représentées.

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SOLAIRE THERMIQUE – Un guide technique appliqué aux piscines collectives
 11 mars 2021

    Un groupe d’experts de la communauté SOCOL piloté par Philippe Papillon (du bureau d’études En Butinant l’Énergie) vient de réaliser un nouveau guide technique consacré à la production de chaleur solaire pour les piscines collectives. Ces équipements sont généralement ceux qui pèsent le plus lourd dans le budget “énergie” des collectivités en représentant en moyenne un peu plus de 10 % de leurs consommations énergétiques, ce qui correspond à 60 kWh/an (l’équivalent d’une quarantaine de douches) et près de 5 € par habitant. Or, le Fonds chaleur n’inclut pas les opérations solaires thermiques appliquées à ce secteur alors que la technologie constitue une solution performante et adaptée pour tous les besoins des différents types de piscines. Ce guide technique s’intéresse à plusieurs typologies de piscines (plein air à utilisation estivale, couverte « 4 saisons », bain nordique), à leurs besoins thermiques (ECS, bassins) et aux différentes technologies solaires adaptées aux différents usages (capteurs, systèmes). Comme c’est la tradition dans les ouvrages SOCOL, des schémas sont proposés pour chaque cas de figure, accompagnés d’éléments de dimensionnement et de points de vigilance. Le guide est en libre téléchargement sur le site de la communauté.

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SOLAIRE THERMIQUE – Un guide technique appliqué aux piscines collectives
 11 mars 2021

    Un groupe d’experts de la communauté SOCOL piloté par Philippe Papillon (du bureau d’études En Butinant l’Énergie) vient de réaliser un nouveau guide technique consacré à la production de chaleur solaire pour les piscines collectives. Ces équipements sont généralement ceux qui pèsent le plus lourd dans le budget “énergie” des collectivités en représentant en moyenne un peu plus de 10 % de leurs consommations énergétiques, ce qui correspond à 60 kWh/an (l’équivalent d’une quarantaine de douches) et près de 5 € par habitant. Or, le Fonds chaleur n’inclut pas les opérations solaires thermiques appliquées à ce secteur alors que la technologie constitue une solution performante et adaptée pour tous les besoins des différents types de piscines. Ce guide technique s’intéresse à plusieurs typologies de piscines (plein air à utilisation estivale, couverte « 4 saisons », bain nordique), à leurs besoins thermiques (ECS, bassins) et aux différentes technologies solaires adaptées aux différents usages (capteurs, systèmes). Comme c’est la tradition dans les ouvrages SOCOL, des schémas sont proposés pour chaque cas de figure, accompagnés d’éléments de dimensionnement et de points de vigilance. Le guide est en libre téléchargement sur le site de la communauté.

  • SOLAIRE THERMIQUE – 
Genève se chauffe au solaire 5 mars 2021

    Le 25 février dernier a été inaugurée la centrale solaire thermique SIG SolarCAD II située à Le Lignon sur le site des services industriels de Genève (SIG), un établissement public du canton de Genève (Suisse), chargé de la distribution de l’eau potable, du gaz, de l’électricité et de la chaleur urbaine sur l’ensemble du canton. D’une surface de 800 m2, la centrale produira de la chaleur qui sera injectée dans le réseau du canton de Genève auquel 60 000 ménages sont rattachés. L’installation fournira aussi l’équivalent de près de 70 % des besoins en eau chaude sanitaire du site des SIG au Lignon, qui accueillent 1 200 collaborateurs. Les panneaux, équipés de capteurs sous-vide fabriqués par la société genevoise TVP Solar, permettraient de produire davantage d’énergie en hiver que des panneaux classiques et à une température plus élevée, y compris par mauvais temps. Un tiers de la production de chaleur serait réalisé sur les 6 mois les plus frais de l’année. SolarCAD II est la deuxième centrale solaire thermique réalisée sur le site du Lignon. Elle succède à SolarCAD implantée de 1985 à 2000. Cette première installation avait déjà démontré la faisabilité technique de la production solaire reliée au réseau de chaleur.

  • ÉNERGIE MARINE – Digue à énergie positive 5 mars 2021

    Le Groupe Legendre s’associe avec Geps techno et l’Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la Mer (Ifremer) pour un projet de digue littorale productrice d’électricité. Spécialisée dans la construction et l’énergie, l’entreprise bretonne s’appuie sur sa filiale de recherche & développement Ingénova pour ce projet innovant. Prénommé Dikwe, ce projet entamé il y a deux ans consiste en un ouvrage de protection intégrant un système houlomoteur à volets oscillants dont la première phase de test réalisé à Brest dans le laboratoire de l’Ifremer s’est révélé concluante. Lauréat du Blue Challenge 2020 organisé par le Pôle Mer Bretagne Atlantique, il est soutenu par l’Ademe ainsi que les Régions Bretagne et Pays de la Loire. L’objectif est d’associer protection du littoral et production d’électricité tout en contrôlant son impact sur l’environnement. La prochaine étape, fin 2021, vise à des essais en mer d’un prototype à échelle réduite, qui, si les résultats sont probants, permettra d’entamer la construction de l’ouvrage réel prévu à l’horizon 2024.

  • HYDROGENE VERT – Le soutien à l’hydrogène se précise 1 mars 2021

    L’ordonnance définissant le cadre de soutien et de la traçabilité de l’hydrogène vert a été publiée au Journal Officiel le 18 février, au lendemain de sa présentation au Conseil des ministres. Prise en application de la loi Énergie-Climat de 2019, l’ordonnance censée définir les règles pour l’hydrogène produit à partir d’énergie renouvelable et bas-carbone (nucléaire, et fossile avec capture de carbone) a fait l’objet d’une consultation publique début 2021. Pour s’inscrire dans la Stratégie nationale pour le développement de l’hydrogène décarboné en France, elle propose différents régimes suivant les types de production d’hydrogène, notamment basés sur leur impact carbone. Pour ce faire, un organisme indépendant sera chargé de gérer le système de garanties d’origines et de traçabilité, à l’instar du modèle pour les garanties d’origines de l’électricité. L’ordonnance définit également les conditions de mise en place d’un mécanisme de soutien public pour les filières de production par électrolyse issue d’électricité renouvelable et bas-carbone. Elle détaille également des dispositions relatives à l’injection sur les réseaux de distribution ou de transport de gaz naturel, dont les gestionnaires devront assurer la continuité de service et la sécurité du réseau. Un système de garanties d’origine pour le gaz injecté sur le réseau de gaz naturel est proposée, auquel sera également éligible l’hydrogène vert. Le Conseil d’État complètera ces annonces avec un décret, puis publiera un second décret pour son application. La semaine précédente, 30 industriels européens de l’énergie avait lancé le programme « HyDeal Ambition », visant à installer 95 GW de solaire et de 67 GW d’électrolyseurs en Europe à l’horizon 2030, pour atteindre un coût compétitif de l’hydrogène de 1,5 €/kg.

  • HYDROELECTRICITE – Victoire pour la petite hydraulique 1 mars 2021

    Le Conseil d’État a annulé l’article 1er du décret du 3 août 2019 relatif au durcissement de la notion d’obstacle à la continuité écologique pour les systèmes de production hydroélectrique. Ce décret interdisait tout ouvrage de plus de 50 cm de hauteur sur un cours d’eau classé sur la liste* des cours d’eau en très bon état écologique, jouant un rôle de réservoir biologique. Il interdisait également ceux dont la prise d’eau ne restituait à l’aval que le débit minimum biologique une majeure partie de l’année, et prohibait toute remise en état de barrage ne faisant actuellement pas obstacle à la continuité écologique. Ce décret avait été attaqué par le cabinet Cassini Avocats pour le compte de France Hydro Électricité, de la Fédération Française des Associations de Sauvegarde des Moulins (FFAM), de la Fédération des Moulins de France (FDMF), de l’Association des Riverains de France (ARF) et d’Hydrauxois. Ces organisations considéraient en effet que le texte condamnait une majeure partie du potentiel de développement de l’hydroélectricité. Le Conseil d’État a finalement invalidé certains points avancés par le gouvernement. Il statue notamment que la limite de 50 cm de hauteur ne peut être retenue, que le débit minimum est précisément défini pour garantir la vie, la circulation et la reproduction de la faune halieutique. Cette décision est sans recours et d’application immédiate, ainsi les dispositions de l’article R 214-109 du Code de l’Environnement ne font plus effet, les décisions administratives fondées sur celui-ci sont illégales. Il est ainsi à nouveau possible de déposer une demande d’autorisation environnementale pour les ouvrages sur les cours d’eau classés dans la liste en question, dans le respect de la continuité écologique appréciée au cas par cas. * Liste 1 au titre de l’article L 214-17 du Code de l’environnement : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000033034927/.

FéVRIER 2021

L’ESSENTIEL DES ENR DU MOIS DE FéVRIER

Voir actus
  • CHALEUR RENOUVELABLE – Châlon-en-Champagne s’offre un réseau de chaleur 19 février 2021

    La ville de Châlons-en-Champagne (Marne), Engie Solutions et la Société Champenoise d’Énergie (SCE) signent un contrat pour la construction d’un réseau de chaleur de récupération, dont les travaux débuteront dès cet été. Issue à 70 % de l’incinération de déchets ménagers non-recyclables de l’unité de valorisation énergétique (UVE) de La Veule (située à 10 kilomètres de Châlon-en-Champagne), la chaleur produite alimentera 10 000 équivalents logements soit une réduction des émissions de CO2 de 17 000 tonnes par an pour le territoire châlonnais. Long de 32 kilomètres, ce nouveau réseau disposera de 131 sous-stations interconnectées et approvisionnera ses premiers clients fin 2022. Les nouveaux abonnés auront également la possibilité de compléter le mix énergétique du réseau par 30 % de biométhane agricole d’origine locale pour du chauffage 100 % renouvelable.

  • MÉTHANISATION – Inquiétudes à Corcoué-sur-Logne 19 février 2021

    Le 13 février se sont réunis des riverains ainsi que des élus afin de manifester contre l’installation d’une unité de méthanisation à Corcoué-sur-Logne (Loire-Atlantique) porté par le Danois Nature Energy et la coopérative d’Herbauges. Ce projet prévoit entre autres de traiter 548 000 tonnes d’effluents d’élevages et 132 000 tonnes de cultures intermédiaires pièges à nitrate (CIPAN) par an avec l’engagement des 230 exploitations agricoles. Situé le long de la Départementale 65, il permettrait l’injection sur le réseau de gaz de Machecoul de 26 millions de Nm3 de biométhane par an. Cependant, des inquiétudes ont émergé de la part des riverains qui dénoncent notamment “85 rotations de véhicules par jour” pour transporter les matières valorisables jusqu’à l’usine. La coordination rurale des Pays de la Loire (CRPL) alerte également sur le risque que certains exploitants abandonnent les cultures alimentaires pour se spécialiser dans les cultures énergétiques pour alimenter les méthaniseurs, bien que seules des cultures intermédiaires soient évoquées. En outre, la réglementation française interdit d’introduire plus de 15 % de cultures principales (cultures énergétiques remplaçant une culture alimentaire), en moyenne annuelle, dans un méthaniseur. Toutefois, aucun projet de cette envergure n’a jamais été développé en France, c’est pourquoi le maire de Corcoué-sur-Logne, avec d’autres élus et la Confédération paysanne ont demandé un moratoire sur la méthanisation ainsi qu’un débat public pour identifier les risques sur le foncier, la concurrence avec les cultures alimentaires, ainsi que les risques environnementaux. Pour des projets de cette taille, les études d’impact sont de toute façon obligatoires.

  • CHALEUR RENOUVELABLE – Châlon-en-Champagne s’offre un réseau de chaleur 19 février 2021

    La ville de Châlons-en-Champagne (Marne), Engie Solutions et la Société Champenoise d’Énergie (SCE) signent un contrat pour la construction d’un réseau de chaleur de récupération, dont les travaux débuteront dès cet été. Issue à 70 % de l’incinération de déchets ménagers non-recyclables de l’unité de valorisation énergétique (UVE) de La Veule (située à 10 kilomètres de Châlon-en-Champagne), la chaleur produite alimentera 10 000 équivalents logements soit une réduction des émissions de CO2 de 17 000 tonnes par an pour le territoire châlonnais. Long de 32 kilomètres, ce nouveau réseau disposera de 131 sous-stations interconnectées et approvisionnera ses premiers clients fin 2022. Les nouveaux abonnés auront également la possibilité de compléter le mix énergétique du réseau par 30 % de biométhane agricole d’origine locale pour du chauffage 100 % renouvelable.

  • MÉTHANISATION – Inquiétudes à Corcoué-sur-Logne 19 février 2021

    Le 13 février se sont réunis des riverains ainsi que des élus afin de manifester contre l’installation d’une unité de méthanisation à Corcoué-sur-Logne (Loire-Atlantique) porté par le Danois Nature Energy et la coopérative d’Herbauges. Ce projet prévoit entre autres de traiter 548 000 tonnes d’effluents d’élevages et 132 000 tonnes de cultures intermédiaires pièges à nitrate (CIPAN) par an avec l’engagement des 230 exploitations agricoles. Situé le long de la Départementale 65, il permettrait l’injection sur le réseau de gaz de Machecoul de 26 millions de Nm3 de biométhane par an. Cependant, des inquiétudes ont émergé de la part des riverains qui dénoncent notamment “85 rotations de véhicules par jour” pour transporter les matières valorisables jusqu’à l’usine. La coordination rurale des Pays de la Loire (CRPL) alerte également sur le risque que certains exploitants abandonnent les cultures alimentaires pour se spécialiser dans les cultures énergétiques pour alimenter les méthaniseurs, bien que seules des cultures intermédiaires soient évoquées. En outre, la réglementation française interdit d’introduire plus de 15 % de cultures principales (cultures énergétiques remplaçant une culture alimentaire), en moyenne annuelle, dans un méthaniseur. Toutefois, aucun projet de cette envergure n’a jamais été développé en France, c’est pourquoi le maire de Corcoué-sur-Logne, avec d’autres élus et la Confédération paysanne ont demandé un moratoire sur la méthanisation ainsi qu’un débat public pour identifier les risques sur le foncier, la concurrence avec les cultures alimentaires, ainsi que les risques environnementaux. Pour des projets de cette taille, les études d’impact sont de toute façon obligatoires.

  • CHAUFFAGE – 
 HARP, nouvel outil destiné à la rénovation
 11 février 2021

    Le 9 février, Solar Heat Europe a annoncé la sortie du nouvel outil en ligne du projet pour la Planification de la rénovation des systèmes de chauffage (HARP), pour aider les consommateurs dans la rénovation de leur système de chauffage. L’HARP est un projet mis en œuvre en France, en Allemagne, en Espagne, en Italie et au Portugal et financé par l’Union européenne (UE) dans le cadre du programme Horizon 2020. Il vise à encourager les consommateurs à remplacer leur ancien système de chauffage énergivore. En effet, d’après l’HARP, parmi les 126 millions de chauffages centraux que compte l’UE, plus de 60 % ont un score inférieur ou égal à C sur l’échelle de l’étiquette énergie, alors que leurs propriétaires n’en sont pas toujours conscients. Ce nouvel outil fournira aux usagers une réponse personnalisée grâce à son simulateur en ligne, un panorama des solutions existantes avec leurs bénéfices propres, un guide pour trouver des professionnels compétents pour déposer leur ancien système et installer le nouveau, ainsi que le panel des aides financières disponibles. Il permettra donc d’accompagner les propriétaires de systèmes inefficaces tout au long de leur projet de remplacement pour réduire les émissions de gaz à effet de serre issues de la chaleur domestique.

  • 
HYDROGÈNE
 – Air Liquide et Siemens s’associent
 11 février 2021

    Le Français Air Liquide et l’Allemand Siemens Energy ont signé un protocole d’accord afin d’unir leurs expertises dans la technologie de l’électrolyse à membrane échangeuse de protons (PEM). Leur objectif est triple : la création de projets à grande échelle avec leurs clients dans la filière hydrogène, la fabrication d’électrolyseurs en Europe, et la recherche et le développement pour la prochaine génération d’électrolyseurs. Ils souhaitent demander des financements dans le cadre du Green New Deal et du programme Projet Important d’Intérêt Européen Commun (IPCEI), ainsi qu’à la France et l’Allemagne pour rapidement démarrer ces activités. Air Liquide est actuellement engagé dans le projet H2V Normandie, qui vise à construire une usine d’électrolyse de 200 MW, alimentée par de l’électricité verte, dans la zone industrielle de Port-Jérôme, sur la commune de Saint-Jean-de-Folleville entre Le Havre et Rouen. Les deux partenaires ont déjà identifié d’autres opportunités en France, en Allemagne, mais aussi dans d’autres pays européens, dans le but de créer un écosystème autour de ces technologies, et en particulier de l’électrolyse.

  • RÉSEAUX DE CHALEUR
 – Valorisation d’énergie fatale au CERN 4 février 2021

    Le 27 janvier se sont réunis acteurs politiques et de la recherche du territoire franco-valdo-genevois dans le cadre de l’officialisation du projet de réseau d’énergie mis en œuvre par la SPL Territoire d’Innovation. Il s’agit d’un réseau intelligent de chaleur basse température qui valorisera la chaleur fatale émise par l’accélérateur de particules Grand collisionneur de hadrons (LHC) de l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN). Devant être maintenu à une température de -271°C, il rejette énormément de chaleur vers l’environnement, et la valoriser réduira ainsi l’impact carbone du refroidissement du LHC (voir le Journal des énergies renouvelables hors-série 2020 “La Climatisation Renouvelable“). Il permettra de fournir une énergie composée à 55 % de chaleur de récupération à 20 000 consommateurs, à un prix inférieur à celui proposé aujourd’hui sur la commune française de Ferney-Voltaire (Suisse). L’ensemble du réseau est cofinancé à hauteur de 11 millions d’euros par l’Ademe et la Banque des Territoires, et représente un “cap en matière de coopération transfrontalière”. Il vise à utiliser plusieurs sources d’énergies, comme l’énergie fatale du LHC et des bâtiments connectés, en association avec des pompes à chaleur, ainsi que des systèmes de sondes géothermiques qui serviront à stocker la chaleur ou le froid suivant les saisons.

  • 
SOLAIRE THERMIQUE
 – Nouvelle centrale au service de l’industrie 4 février 2021

    Le Français Newheat, basé à Bordeaux et spécialisé dans la production de chaleur renouvelable, annonce la signature d’un contrat avec Lacto Sérum France, filiale du groupe Lactalis (leader mondial des produits laitiers), pour la construction d’une centrale solaire thermique au sol de 15 000 m2 sur le site de Fromeréville-les-Vallons près de Verdun (Meuse). D’une puissance d’environ 13 MW, la centrale alimentera en chaleur la toute nouvelle tour de séchage qui sert à élaborer la poudre de lactosérum (petit lait). Ce projet, sélectionné et soutenu financièrement par l’Ademe dans le cadre de l’appel à projets “Grandes installations solaires thermiques” du Fonds Chaleur, recevra également le soutien financier du Groupement d’Intérêt Public Objectif Meuse ainsi qu’une aide de la Région Grand Est via son programme Climaxion, piloté en partenariat avec l’Ademe. Cette nouvelle centrale permettra à l’usine de réduire sa consommation de gaz et de réduire ses émissions de CO2 de 2 000 tonnes par an. Les travaux débuteront dès cet été pour une mise en service au premier trimestre 2022. En juin 2019, Newheat avait mis en service une centrale similaire sur le site des papeteries Condat (Dordogne).

JANVIER 2021

L’ESSENTIEL DES ENR DU MOIS DE JANVIER

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  • HYDROGÈNE
 – Total et Engie, associés dans l’hydrogène vert
 28 janvier 2021

    Le 13 janvier, Total et Engie ont annoncé un accord de coopération pour concevoir, développer, construire et exploiter une unité de production d’hydrogène vert. Baptisé Masshylia, le projet sera localisé sur le site de la raffinerie de la Mède de Total à Châteauneuf-les-Martigues (Bouches-du-Rhône). Un électrolyseur de 40 MW sera alimenté par des fermes solaires d’une capacité globale de plus de 100 MW pour une capacité de production de 5  tonnes d’hydrogène par jour. Cette production, entièrement d’origine renouvelable, pourra couvrir les besoins du processus de production de biocarburants de la raffinerie et permettra d’éviter 15 000 tonnes d’émissions de CO2 par an. La mise en chantier est prévue en 2022 pour un début de production en 2024 sous réserve de la mise en place de soutiens financiers et de l’obtention des autorisations publiques nécessaires. Le projet Masshylia est porté par plusieurs acteurs locaux (région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur, Métropole Aix-Marseille-Provence, pôle de compétitivité Capenergies). À terme, les deux partenaires envisagent de dupliquer ce type de réalisations pour des sites ayant des capacités de production de 15 tonnes d’hydrogène renouvelable par jour.

  • MIX ÉLECTRIQUE À 2050 – 
Les conditions du 100 % renouvelable 28 janvier 2021

    Le 100 % d’électricité renouvelable est techniquement possible, assurent le Réseau de Transport d’Électricité (RTE) et l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE). Dans un rapport commun publié le 27 janvier, ils décrivent quatre conditions strictes et cumulatives que les politiques publiques doivent prendre en compte afin de s’orienter vers un mix électrique à forte proportion d’énergies renouvelables, jusqu’à 100 %, à l’horizon 2050. Cette étude marque une étape importante, qui s’insère dans un programme de travail plus vaste visant à élaborer et à comparer des scénarios de transformation à long terme du système électrique français, pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Le premier point rappelle qu’il existe aujourd’hui un consensus scientifique sur la réalité de solutions technologiques permettant de maintenir la stabilité du système électrique sans production conventionnelle. Seul un système basé trop fortement sur du photovoltaïque pourrait rencontrer des problèmes de sûreté, qui restent encore à évaluer. Le deuxième point insiste sur l’importance de la flexibilité (pilotage de la demande, stockage à grande échelle ou bon développement des interconnexions transfrontalières des réseaux) pour garantir la sécurité d’alimentation électrique. Des actions dans ces domaines sont donc à entreprendre en parallèle au développement d’un système principalement porté par des énergies renouvelables. Le troisième point appelle à une révision du cadre réglementaire définissant les responsabilités d’équilibrage et la constitution des réserves opérationnelles. Il relève aussi l’importance du souci d’amélioration continue des méthodes de prévision de la production renouvelable variable. Enfin, la dernière condition porte sur l’effort substantiel à consacrer au développement des réseaux d’électricité à compter de 2030, tant au niveau du transport que de la distribution. À l’occasion de la présentation du rapport, Xavier Piechaczyk, président du directoire de RTE a déclaré : « La France s’est engagée dans la neutralité carbone pour 2050. Tous les scénarios nationaux envisagent à cette échéance davantage d’électricité décarbonée et des volumes importants de renouvelables. Pour se diriger vers un mix à très fortes parts d’énergies variables, bien qu’il n’y ait aucune barrière technique infranchissable a priori, il faut regarder les faits scientifiques, techniques et industriels : il reste beaucoup de sujets à résoudre. Le rapport suggère une méthode et des feuilles de route pour traiter ces enjeux. » Des études complémentaires, présentées à l’automne, évalueront le coût économique, l’empreinte environnementale et l’impact sur le mode de vie des français, selon différents scenarii, conclut RTE.

  • BIOMÉTHANE – Accélérer les investissements dans le réseau 22 janvier 2021

    Le 14 janvier, un décret a été publié au Journal officiel pour relever le plafond annuel du dispositif d’aide au renforcement des réseaux de distribution de gaz naturel pour le raccordement des installations de production de biométhane. Initialement, les gestionnaires de réseau de gaz, comme GRDF ou GRTgaz, se sont vu imposer un plafond correspondant à 0,4 % des recettes annuelles des tarifs d’utilisation du réseau ATRD et ATRT (Accès des Tiers aux Réseaux de Distribution et de Transport de gaz naturel). Le décret n° 2021-28 du 14 janvier porte ce chiffre à 2 %. Cette décision devrait permettre d’accélérer le développement de la production de biométhane, afin d’atteindre les objectifs de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Celle-ci prévoit 14 à 22  TWh de biométhane injecté dans le réseau de gaz en 2028, pour une production totale de biogaz (incluant la cogénération) de 24 à 32 TWh PCS.

  • RE2020
 – Le lobby du gaz se mobilise
 22 janvier 2021

    Un collectif composé d’acteurs de la filière gaz a lancé une pétition adressée notamment à la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili “pour une nouvelle RE2020 multi-énergies”. La Réglementation environnementale 2020 (RE2020) est la nouvelle réglementation encadrant la construction neuve, succédant à la réglementation thermique 2012  (RT2012). Elle fixe de nouvelles règles concernant les usages énergétiques et l’enveloppe du neuf individuel et collectif. Ce collectif gazier estime qu’elle représente un danger pour les filières du gaz, car elle favoriserait certains systèmes fonctionnant à l’électricité comme les PAC, notamment pour les usages de chauffage. Les chaudières à gaz sont dorénavant en revanche considérées trop polluantes, car contraires aux ambitions climatiques françaises et seront donc bannies des constructions neuves d’ici l’été 2021. Le collectif demande de laisser le choix de l’énergie utilisée aux citoyens plutôt que d’interdire, afin d’assurer la pérennité de la filière gazière représentant 130 000 emplois en France. Concernant le poids des constructions neuves dans les consommations de gaz en France, rappelons qu’elles représentent chaque année environ 1,1 % des logements au total. De plus, d’après les diagnostics de performance énergétique (DPE) un logement moyen en France consomme 250 kWh/m²/an contre 50 kWh/m²/an pour le neuf afin de respecter la précédente réglementation (RT2012). Le collectif s’oppose également à cette RE2020 au motif de soutenir le gaz renouvelable. Mais, d’après GRTgaz, le gaz commercialisé en France était en 2019 à 99,74 % non-renouvelable et l’objectif national ne vise pas à additionner la consommation de gaz renouvelable au gaz fossile actuellement consommé, mais bien à s’y substituer, en commençant par les logements existants.

 La filière gaz, par le biais du biométhane et de l’hydrogène, a donc bien son rôle à jouer dans la transition énergétique.

  • ÉNERGIES RENOUVELABLES ÉLECTRIQUES
 – Un rythme de raccordement insuffisant en 2020 14 janvier 2021

    En partenariat avec l’Ademe et la FNCCR, Observ’ER a publié le 11 janvier dernier la onzième édition de son baromètre des énergies renouvelables électriques en France. L’ouvrage présente en détail, et par région, l’actualité des huit principales filières de production d’énergie renouvelable électrique sur les 12 derniers mois afin d’éclairer les territoires sur leur trajectoire en matière de transition énergétique. Parmi l’ensemble des informations de l’ouvrage, deux peuvent être mises en avant. Le rythme de progression du parc électrique renouvelable s’avère une nouvelle fois trop lent en 2020. Si la crise du Covid a joué un rôle, les professionnels interrogés par Observ’ER pointent surtout les sempiternelles lourdeurs administratives, les restrictions d’accès au foncier en raison des servitudes aéronautiques militaires ou civiles mais aussi la montée de difficultés d’acceptabilité des nouvelles installations par les populations locales. Autre résultat du baromètre, l’analyse des objectifs renouvelables électriques des nouveaux schémas régionaux d’aménagement (SRADDET) montre que si de belles ambitions sont affichées (notamment dans le photovoltaïque) il n’en demeure pas moins une interrogation sur la capacité des territoires à réaliser leurs objectifs. La croissance des filières reste en effet encore largement pilotée par les appels d’offres de la Commission de régulation de l’énergie.

  • CONVENTION CITOYENNE – Un projet de loi décevant 14 janvier 2021

    Sous la pression du mouvement des Gilets jaunes, le président de la République avait annoncé en 2019 la création de la Convention Citoyenne pour le Climat afin de donner davantage de légitimité à son action climatique et d’offrir des visions nouvelles pour appuyer la politique du gouvernement, critiquée par la population. Après neuf mois de travail, les 150 citoyennes et citoyens représentatifs de la population et tirés au sort, ont élaboré 149  propositions que le Président avait promis à l’été 2020 de reprendre “sans filtre” en les transmettant au Parlement ou aux Français par référendum. Malgré cela, la plupart des propositions ont été retoquées ou abandonnées au fil du temps, au grand regret des garants et des participants de la Convention, ainsi que de nombreux acteurs politiques ou économiques concernés. Le 9 janvier 2021, le gouvernement a enfin dévoilé le “projet de loi portant lutte contre le dérèglement climatique et le renforcement de la résilience face à ses effets”, inspiré des propositions de la Convention. De nombreux acteurs comme Reporterre, le Réseau Action Climat ou encore Alternatives économiques estiment que ce projet de loi n’est pas à la hauteur des enjeux climatiques. Par exemple, l’article 4 prévoit d’encadrer la publicité sur certaines énergies fossiles, mais ne remet pas en cause les subventions publiques dont elles bénéficient et ne propose toujours pas d’augmenter la fiscalité carbone. L’article 21 souhaite décliner la PPE au niveau régional, alors que cette obligation existe déjà au niveau des SRADDET. L’article 23  vise à abaisser le seuil de 1 000 m² à 500 m² pour l’obligation d’installation de système de production d’énergie renouvelable (ou de toiture végétalisée) sur les surfaces commerciales et les entrepôts, mais cette obligation ne concerne toujours qu’une partie infinitésimale du parc des bâtiments en France. Le texte sera discuté en Conseil des ministres à la mi-février et au parlement fin mars 2021.

  • BIOMASSE – La Réunion se convertit à la biomasse
 8 janvier 2021

    Suite à une décision de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), le producteur français d’énergie renouvelable, Albioma, annonce la fin du charbon de sa centrale de Bois-Rouge sur l’Île de La Réunion pour une conversion 100 % biomasse. Les travaux débuteront dès 2021 en privilégiant les gisements locaux de biomasse disponibles (bagasse, bois forestier, bois d’élagage, etc.), complétés par des granulés de bois importés issus de forêts certifiées type FSC et PEFC, pour une conversion total prévue en 2023. Selon l’énergéticien, cette transformation fera passer la part des renouvelable du mix énergétique de La Réunion de 35 % à 51 % et permettra de réduire les émissions de gaz à effet de serre d’environ 640 000 tonnes équivalent CO2 par an. Albioma poursuit par ailleurs sa stratégie de développement en annonçant le 25 décembre dernier, la mise en service industrielle de sa centrale 100 % bagasse Vale do Paraná, située dans la ville de Suzanápolis dans l’État de São Paulo. Avec ce site, le Français, confirme son implantation au Brésil où il possède déjà trois unités similaires.

  • 
BIOMÉTHANE
 – La pyrogazéification passe à la vitesse supérieure 8 janvier 2021

    Engie annonce que la plateforme de recherche et développement semi-industrielle, Gaya, vient de franchir une étape dans la production de biométhane à partir de combustibles solides de récupération (CSR). Situé à Saint-Fons (Rhône), ce projet a été initié en 2010 par Engie et cofinancé par l’Ademe pour un investissement total de 66 millions d’euros. Gaya est aussi un projet collaboratif réunissant onze partenaires français et européens dont, Tenerrdis, qui a labellisé le dispositif. La première phase du programme a axé ses recherches sur la pyrogazéification à partir de biomasse sèche (bois, paille, co-produits d’industrie du bois, etc.). Ces produits, chauffés en l’absence d’oxygène, produisent un gaz de synthèse qui sera ensuite épuré. Pour la deuxième phase du projet, Engie, annonce que la production de gaz renouvelable à partir de CSR, en l’absence de filières de recyclage dédiées, est aussi effective. Le passage au stade industriel se fera au Havre avec la construction d’une première unité de production à partir de 2023. Le projet, baptisé “Salamandre”, devrait permettre dès 2026  de produire jusqu’à 150 GWh de gaz renouvelable.

DéCEMBRE 2020

L’ESSENTIEL DES ENR DU MOIS DE DéCEMBRE

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  • GÉOTHERMIE – 
Le secteur tremble en Alsace 21 décembre 2020

    Les deux décisions sont tombées coup sur coup. D’abord l’arrêt définitif du forage de Vendenheim lundi 7 décembre. Ensuite la suspension par la préfète du Bas-Rhin des autres projets de géothermie profonde du département mercredi 9 décembre. En cause : le séisme de trop ressenti quelques jours plus tôt à proximité d’un puits injecteur. Magnitude : 3,59. Cet épisode a définitivement mis à mal la théorie selon laquelle les tremblements apparus depuis le début du chantier devaient être liés à d’autres causes. À plusieurs reprises, l’entreprise Fonroche avait estimé qu’il était “impossible” que des travaux de fracturation aient de telles conséquences… Une appréciation qu’elle a finalement accepté de revoir. Vendredi 11 décembre, elle a annoncé traiter 300 dossiers d’habitants victimes de potentiels dégâts matériels suite à ces tremblements de terre. Dans la filière, c’est évidemment la soupe à la grimace. En particulier parce que ce projet de Vendenheim s’annonçait prometteur. À partir de 2021, il devait permettre de produire à la fois de l’électricité (avec une puissance de 10 MW) et de la chaleur (40 MW). L’installation semblait par ailleurs en mesure d’alimenter l’industrie du lithium à hauteur de 30 voire 40 % de la demande française. Pour autant, pas question de jeter le bébé avec l’eau du bain. « Le contexte de ce projet était très spécifique, rappelle Aurélie Lehericy, présidente du Syndicat national du chauffage urbain (SNCU). Avec des failles et donc un risque de sismicité, ce qui n’est pas le cas avec la géothermie utilisée par les réseaux de chaleur qui s’appuie sur des nappes, notamment au Dogger ». Rien à voir a fortiori avec les opérations de géothermie de surface. Même les installations de type de Vendenheim ne doivent pas être enterrées trop vite, ajoute-t-on à l’Association française des professionnels de la géothermie (AFPG). «  Des sites en exploitation dans le bassin rhénan existent déjà depuis plusieurs années en France (Rittershoffen, Soultz-Sous-Forêts) et en Allemagne (Landau, Insheim) », a rappelé l’association au lendemain de la crise alsacienne. Reste que les riverains de telles installations pourraient, eux, avoir du mal à se laisser convaincre. À l’AFPG, un groupe de travail pour « tirer toutes les leçons de ce qui s’est passé », et travailler sur la question de l’acceptabilité sociale des projets a été créé. En Alsace, une enquête administrative a parallèlement été diligentée par la préfète. Ses conclusions sont attendues à la fin du mois (O.D.).

  • SOLAIRE THERMIQUE – 
Le marché du collectif passé au scanner
 21 décembre 2020

    Observ’ER vient de mettre en ligne son étude annuelle du suivi du secteur solaire thermique dans ses applications collectives ou pour des opérations de grandes tailles. Le document, disponible en libre accès, présente un état des lieux complet de la filière à travers des indicateurs de marché, et également d’une approche qualitative basée sur une dizaine d’entretiens menés auprès d’acteurs du marché (bureaux d’études, industriels, associations) afin qu’ils livrent les tendances concernant leur activité au cours de l’année 2019 et du premier semestre 2020. Du côté des opérations solaires thermiques collectives, l’humeur reste à la morosité avec un marché nettement en baisse par rapport à 2018 (- 34 %) et qui ne semble pas regagner de la vigueur en 2020. Les professionnels du monde du bâtiment continuent de se détourner de cette technologie. Si certains restent échaudés par des contre-références passées, la majorité ne se sent pas suffisamment incitée par la réglementation (RT 2012 et la future RE 2020) ou les aides financières (le Fonds chaleur) pour investir dans le solaire thermique. Concernant les opérations de très grande taille, comme l’installation de la Papeterie de Condat-sur-Vézère (4 210 m2) mise en service en 2019, la dynamique est plus positive. Les appels d’offres organisés par l’Ademe ont permis de faire émerger de beaux projets. L’enjeu est désormais d’enclencher un mouvement qui doit prendre de l’ampleur pour attirer davantage d’industriels ou d’agriculteurs. L’alimentation des serres par l’énergie solaire thermique est par exemple un domaine prometteur.

  • HOULOMOTEUR – 
EuropeWave pour soutenir la filière 10 décembre 2020

    L’Ocean Energy Europe Conference & Exhibition qui s’est déroulée du 1er au 4 décembre a été l’occasion pour l’Écosse et le Pays Basque d’annoncer le projet EuropeWave de 20 millions d’euros, dans lequel ces territoires collaboreront sur 5 ans dans le but de promouvoir l’énergie des vagues, dite houlomotrice. Tous deux engagés dans un processus de décarbonisation de l’économie, ils souhaitent devenir leaders dans ce secteur émergent en aidant l’Europe à atteindre l’objectif d’énergie marine de 100 MW pour 2025 et de 1 GW pour 2030. EuropeWave vise à repérer et évaluer les technologies en développement et à sélectionner les plus prometteuses en termes techniques et économiques pour les tester sous forme de démonstrateurs dans les eaux écossaises et basques. Pour le ministre de l’énergie écossais, il s’agit d’une opportunité pour continuer à travailler avec ses partenaires de l’Union européenne en France et en Espagne notamment.

  • BIOGAZ – La Normandie s’offre une nouvelle unité de biométhanisation
 10 décembre 2020

    Le groupe allemand Weltec, spécialiste de la construction et de l’exploitation d’installations de biogaz et de biométhane vient d’annoncer la mise en service de l’unité de biométhanisation de Vire en Normandie. Ce projet de 11 millions d’euros, réalisé en partenariat avec Agripower France, un regroupement d’une quarantaine d’exploitations agricoles locales, permettra de traiter environ 70 000 tonnes de substrats qui seront transformés en biogaz et en biométhane. Les 200 tonnes d’intrants quotidiens provenant d’un rayon de sept kilomètres sont issues d’effluents animaux comme le fumier de bovins, les lisiers de porcs et de rebuts d’abattoirs. Cette unité innove aussi en utilisant la chaleur fatale d’une usine spécialisée dans la fabrication d’aliments pour animaux domestiques située à 500 mètres : les deux sites ont été reliés par une conduite d’eau chaude. Avec ce système, les intrants sont chauffés à 70°C et il n’est pratiquement pas nécessaire de réchauffer les trois digesteurs, les matières entrantes étant déjà à la température requise pour la digestion anaérobie. L’unité de Vire injecte environ 270 m³ de gaz vert par heure dans le réseau public et sont ainsi directement disponibles au niveau national comme source d’énergie ou carburant alternatif.

  • 
GÉOTHERMIE – 
Chaleur très bas carbone
 4 décembre 2020

    Quarante fois moins d’émissions de CO2 que le gaz. Trois fois moins que la biomasse. L’analyse de cycle de vie (ACV) de la chaleur consommée par la société alsacienne Roquette montre un avantage net à la centrale géothermique de Rittershoffen qui lui fournit 25 % de ses besoins (contre 50 % pour le bois et 25 % pour le gaz). Selon une étude présentée mercredi 18 novembre, un kilowattheure produit grâce aux calories du sol génère précisément 5,9 kg de CO2, dont la moitié liée à la consommation d’électricité, des pompes de production notamment, durant la phase exploitation. « Pour chaque installation, le chiffre dépend donc du mix du pays », insiste Mélanie Douziech, assistante de recherche à Mines ParisTech et co-autrice de l’étude. L’ACV s’intéresse à d’autres paramètres environnementaux et le bilan des radiations ionisantes, qui évaluent l’impact des déchets radioactifs issus de l’électricité d’origine nucléaire, donne a contrario l’avantage au bois et au gaz, du fait du mix électrique français. N’émettant pas à l’usage de particules fines, la géothermie reprend l’avantage en revanche sur le gaz ou même la biomasse quand on parle d’impact sur la santé humaine ou sur la toxicité des eaux. 
Ces résultats ont un double intérêt pour les spécialistes de la géothermie profonde : d’abord, donner des arguments aux développeurs qui ont parfois du mal à vendre les vertus de leur technologie. Ensuite, optimiser certains choix. À Rittershoffen toujours, le forage effectué par un équipement diesel pèse assez lourd sur le bilan CO2 global. Choisir une foreuse électrique n’aurait donc rien eu d’anecdotique. Au-delà de ces conclusions, cette étude est un test du nouvel outil d’ACV simplifié développé dans le cadre du projet européen Géoenvi, « avec des académies et des exploitants, car son but est de prendre en compte des données réelles, par exemple sur les quantités de ciment ou d’acier nécessaire », insiste Guillaume Ravier, ingénieur d’études et développement chez ES-géothermie, qui a lui aussi contribué à ces travaux. Une utilisation généralisée des lignes directrices de cet outil simplifié va donner des gages de sérieux à des analyses que chacun faisait jusqu’alors avec ses propres choix méthodologiques. Les industriels et les réseaux de chaleur ayant souvent plusieurs sources d’énergie, l’intégration de la distribution de la chaleur n’a ainsi pas été retenue dans les calculs. Plusieurs unités fonctionnelles ont parallèlement été définies, comme la durée de vie de l’installation, estimée dans l’ACV à trente ans.

  • 

CONFÉRENCE EN LIGNE – 
Forum EnerGaïa 2020 – 
9 et 10 décembre 4 décembre 2020

    Événement annuel dédié aux professionnels de la filière des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique, le Forum EnerGaïa 2020 a dû être annulé cette année en raison de la pandémie. Une partie du programme des conférences prévues aura cependant lieu sous format digital les 9 et 10 décembre prochain. Le premier jour, la conférence plénière d’ouverture accueillera des personnalités de premier plan, telle la sociologue et philosophe Dominique Méda, pour méditer sur le sujet de la matinée “Accélérer la transition, pour une société plus résiliente”. L’après-midi, les Assises Régionales de l’Énergie se focaliseront sur la façon de rendre la rénovation accessible à tous, et les outils développés par la Région pour le faire. Le lendemain, le 10  décembre, deux grands sujets sont au programme. Le matin sera dédié à l’éolien offshore flottant et à la préparation des acteurs aux prochains appels d’offres pour des fermes flottantes commerciales. L’après-midi sera consacré à l’émergence de la nouvelle industrie de l’hydrogène, en faisant intervenir plusieurs industriels de la chaîne de valeur. Partenaire de l’événement, Le Journal du Photovoltaïque a préparé une édition spéciale EnerGaïa, gratuite et téléchargeable ici. L’an prochain, le Forum EnerGaïa se tiendra les 8 et 9 décembre 2021 au Parc des Expositions de Montpellier.

NOVEMBRE 2020

L’ESSENTIEL DES ENR DU MOIS DE NOVEMBRE

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  • RE2020 – Fin du gaz dans le neuf 26 novembre 2020

    Le 24 novembre, le ministère de la Transition écologique a détaillé les grandes lignes de la future Réglementation Environnementale 2020 (RE2020), et a notamment annoncé la fin du gaz dans les nouveaux logements individuels. La nouvelle RE2020 est depuis de nombreux mois le théâtre d’une bataille entre gaziers et électriciens, et cette annonce semble avoir tranché en défaveur du gaz. Pour l’habitat individuel, le gaz sera banni des constructions neuves, dès l’été 2021. Nous savions déjà que la RE2020 comprendrait un nouveau critère sur les émissions de gaz à effet de serre. Aujourd’hui, nous savons que la limite sera de 4 kg de CO2 par m² et par an, dès son entrée en vigueur à l’été 2021, éliminant de facto le gaz. Pour les logements collectifs, l’objectif à terme est le même, mais les contraintes seront progressives avec une limite d’émission de gaz à effet de serre fixée 14 kg de CO2/m²/an entre 2021 et 2024. Critiqué sur le risque de voir ressurgir le chauffage à résistance électrique, le gouvernement répond vouloir limiter son recours, car « s’il est peu coûteux à installer, ce mode de chauffage est cher à l’usage et pèse plus fortement sur le réseau électrique au plus fort de l’hiver ». Heureusement pour le secteur du bâtiment, les mesures concernant les émissions associées à la phase de construction seront appliquées progressivement pour lui permettre de s’approprier les nouvelles techniques, notamment l’ossature bois et les matériaux biosourcés. Autre information importante, le confort d’été est pris en compte dans la construction des logements, grâce à un critère intégrant les périodes de canicule.

  • POMPES À CHALEUR – 40 millions de pompes à chaleur en Europe 26 novembre 2020

    Le programme européen des baromètres EurObserv’ER vient de livrer son dernier opus consacré à la filière des pompes à chaleur. Portée à la fois par une volonté politique forte de certains États membres de décarboner leur production de chaleur, et également par une demande accrue de confort d’été pour faire face aux vagues répétées de surchauffes estivales, le marché des pompes à chaleur de l’Union européenne a écoulé près de 3,9 millions d’unités en 2019. Dans ce total, les équipements aérothermiques représentent plus de 97 % des ventes (3 792 855 unités sur un marché de 3 886 530), mais pour la première fois depuis longtemps la filière géothermique affiche un taux de croissance important (8 %). Lancées à grande échelle, il y a une quinzaine d’années, les pompes à chaleur représentent aujourd’hui un parc évalué à 40 millions d’unités pour une production d’énergie renouvelable de 12,7 millions de tonnes équivalent pétrole (tep), soit environ 12 % du total de la chaleur et du refroidissement renouvelable au sein de l’UE. De plus en plus de pays membres utilisent les pompes à chaleur, notamment les technologies aérothermiques, comme principal équipement de chauffage pour les logements neufs. Un chemin que prend d’ailleurs la France avec plus de 815 000 pompes à chaleur aérothermiques vendues en 2019. L’annonce toute récente de la fin du chauffage au gaz dans les logements individuels neufs dès 2021 devrait encore renforcer ce marché.

  • GÉOTHERMIE
 – Les Pyrénées s’organisent 19 novembre 2020

    Mi-parcours pour Pixil. Contrairement à ce que son nom semble indiquer, « the Pyrenees Imaging eXperience : an InternationaL network » n’est pas une initiative anglophone, mais un projet de recherche franco-espagnol. Des deux côtés de la frontière, des entreprises locales et des scientifiques testent ensemble de nouveaux outils de modélisation du sous-sol basés sur l’imagerie géophysique afin de faciliter l’émergence de projets de géothermie profonde. Financé à 65 % par des fonds européens dans le cadre du programme Interreg (pour un investissement total de 1,3 M€), ce travail présente un double objectif. Il doit permettre de valoriser le potentiel du sous-sol pyrénéen et de valider des modèles innovants qui pourront être utilisés ailleurs pour limiter les risques de forage. En particulier dans les milieux complexes ou cachés que les spécialistes de la géothermie hésitent à investir, par peur d’un échec. « L’enjeu pour nos adhérents sera de s’approprier ces outils pour leurs propres recherches », souligne Emmanuelle Robins, responsable de projets du pôle de compétitivité Avenia, basé à Pau, qui est l’une des parties prenantes de Pixil. Les six partenaires du programme apportent chacun leurs compétences en géophysique, en mathématiques ou en informatique, à l’instar du Barcelona Supercomputing Center qui coordonne le réseau. Crise sanitaire oblige, son épilogue programmé à l’automne 2021 est finalement attendu en avril 2022.

  • STOCKAGE – Méga centre de stockage en Guyane 19 novembre 2020

    Le Français Voltalia, producteur et revendeur d’électricité renouvelable vient d’annoncer la mise en service de la centrale de stockage de Mana située dans l’Ouest guyanais. D’une capacité de 10 MW et 13,6 MWh, cette nouvelle station vient compléter l’unité de stockage de Toco, inaugurée en 2019 et adossée à la centrale solaire de Savane des Pères, détenue par Voltalia et la Banque des Territoires. Le centre de stockage de Mana se décompose en deux parties : une première unité qui sera pilotée par EDF et chargera les batteries pendant les heures creuses pour les décharger aux heures de pointe, lorsque le coût de production est plus élevé. La seconde, permettra une injection rapide d’électricité pour une meilleure continuité de l’approvisionnement en cas de problèmes sur le réseau. Les deux unités de stockage ont été construites et assemblées à Quimper (Bretagne) avant d’être transportées en Guyane, où la société bretonne Entech SE a réalisé la mise en service. Elle s’occupera d’une partie de la maintenance et de l’exploitation. Principal lauréat d’un appel à projets de la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE) en 2018, le projet Mana bénéficie de contrats de rémunération d’une durée de 10 ans et dispose du soutien du Fonds Européen pour le Développement Régional (FEDER).

  • HYDROGÈNE VERT
 – Centre européen de l’hydrogène vert 13 novembre 2020

    EIT InnoEnergy, premier réseau européen pour l’innovation et l’entrepreneuriat dans l’énergie durable, a inauguré le 4 novembre le Centre européen d’accélération de l’hydrogène vert (EGHAC). L’EGHAC gérera plusieurs axes de travail, dont la promotion et la co-création de projets industriels, l’établissement de connexions avec d’autres chaînes de valeur industrielles et énergétiques, l’accélération du développement technologique, la stimulation de croissance du marché ou l’amélioration de l’acceptation sociétale de ce nouveau vecteur. Pour les prochains mois, l’une de ses principales priorités sera de réduire l’écart de prix entre les technologies émettrices de carbone et l’hydrogène vert. « Le Green Deal de l’Union européenne est le point de départ idéal pour le Centre européen d’accélération de l’hydrogène vert. S’appuyant sur l’élan politique, le centre utilisera l’hydrogène vert comme moteur de la décarbonation en profondeur de l’industrie européenne. Dans ce contexte, il créera un pipeline de projets pionniers à grande échelle, lancera une nouvelle génération de partenariats public-privé et accélèrera la vitesse de livraison de méga à gigawatts », a annoncé Ann Mettler, directrice principale de Breakthrough Energy. EIT InnoEnergy estime que le secteur de l’hydrogène vert devrait représenter un marché de l’ordre de 100 milliards d’euros d’ici 2025 et générer un demi-million d’emplois directs et indirects.

  • 

PHOTOVOLTAÏQUE ET BIOMASSE – 
Kourou passe aux énergies renouvelables
 13 novembre 2020

    L’Agence spatiale européenne (ESA) et le Centre national d’études spatiales (CNES) annoncent un plan de transition énergétique, photovoltaïque et biomasse, sur le site du centre spatial guyanais situé à Kourou en Guyane. Cette zone de 700 kilomètres carrés, comprend un centre de contrôle, trois ensembles de lancements opérationnels (plus un autre en construction pour Ariane 6), ainsi que des usines de production d’ergols (carburants de propulsion). Le projet prévoit la construction d’une centrale solaire de 10 MW et deux unités de biomasse en cogénération pour alimenter la climatisation des bâtiments. « Cette combinaison pourrait permettre d’économiser environ 50 GWh par an, réduisant ainsi l’empreinte carbone d’environ 45 000 tonnes d’équivalent dioxyde de carbone », selon Teddy Peponnet, responsable ESA du projet de transition énergies renouvelables au Centre Spatial Guyanais (CSG). Ce plan vise à produire 90 % de l’énergie consommée par le Port spatial d’ici la fin 2025. La mise en service des installations est prévue début 2023.

  • BIOMASSE
 – En Guyane, la biomasse en passe de remplacer le fioul 5 novembre 2020

    La ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, en concertation avec Rodolphe Alexandre, président de la Collectivité territoriale de Guyane a décidé de réorienter le projet du Larivot, devant remplacer la centrale électrique au fioul de Dégrad-des-Cannes. La centrale de Dégrad-des-Cannes, pilier du système électrique guyanais, mise en service en 1982, a dépassé sa durée de fonctionnement initiale et devra impérativement cesser son activité en 2023 car non-conforme aux nouvelles normes réglementaires d’émissions de CO2. La centrale du Larivot, initialement prévue pour marcher au fioul, va finalement être alimentée par des biocarburants dès sa mise en service, a confirmé la  la préfecture de Guyane lundi 26 octobre. Le nouveau projet, inscrit dans la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie de Guyane, validée par décret le 30 mars 2017, sera situé près du port de Larivot (Cayenne) et sera alimenté par de la biomasse liquide (issue de colza) couplée à du photovoltaïque. Des essais avec biomasse liquide ont été concluants à la centrale de Jarry en Guadeloupe en juillet 2020. Selon Frédéric Maillard, président d’EDF Production Électrique Insulaire, filiale du Groupe EDF, « Les filières d’approvisionnement en biomasse liquide, les plus pertinentes d’un point de vue environnemental et social, seront sélectionnées en totale conformité avec les directives européennes (réglementation RED 2 notamment). Toutes les filières non-éthiques comme l’huile de palme, ainsi que les OGM seront exclues. » Toujours selon Frédéric Maillard, 300 personnes seront en moyenne nécessaires, chaque jour, pendant les trois ans de la construction et 100 emplois durables sur la durée de vie de la centrale.

  • THALASSOTHERMIE
 – Monaco signe un contrat de concession pour deux projets
 5 novembre 2020

    Pierre Dartou, le nouveau chef du gouvernement de la Principauté de Monaco et Thomas Battaglione, directeur général de la SMEG (Société Monégasque de l’électricité et du gaz) viennent de signer un traité de concession des boucles thalassothermiques du Larvotto et de La Condamine. Ces ouvrages, actuellement en cours de réalisation, seront exploités sur une durée de 30 ans par le groupement SMEG, SOGET et MES. Monaco s’est fixé comme objectif de réduire de 50 % ses émissions de CO2 en 2030 et a interdit l’utilisation de fioul pour la production de chaleur à compter du 1er janvier 2022. Ces projets permettront d’après la SMEG de produire 35 GWh par an d’énergie décarbonée, soit une économie de 6  925 tonnes de CO2 Le réseau sera connecté à 3 500 logements, majoritairement des immeubles et fournira à la fois chauffage et eau chaude sanitaire, mais également rafraîchissement grâce à des pompes à chaleur réversibles. La surface raccordée représente 7 % de la surface utile totale des bâtiments de Monaco, soit 200 000 m2. La ville était déjà précurseuse dans l’utilisation de pompes à chaleur sur son littoral avec l’installation en 1963 d’un système sur eau de mer pour chauffer une piscine.

  • THALASSOTHERMIE
 – Monaco signe un contrat de concession pour deux projets
 5 novembre 2020

    Pierre Dartou, le nouveau chef du gouvernement de la Principauté de Monaco et Thomas Battaglione, directeur général de la SMEG (Société Monégasque de l’électricité et du gaz) viennent de signer un traité de concession des boucles thalassothermiques du Larvotto et de La Condamine. Ces ouvrages, actuellement en cours de réalisation, seront exploités sur une durée de 30 ans par le groupement SMEG, SOGET et MES. Monaco s’est fixé comme objectif de réduire de 50 % ses émissions de CO2 en 2030 et a interdit l’utilisation de fioul pour la production de chaleur à compter du 1er janvier 2022. Ces projets permettront d’après la SMEG de produire 35 GWh par an d’énergie décarbonée, soit une économie de 6  925 tonnes de CO2 Le réseau sera connecté à 3 500 logements, majoritairement des immeubles et fournira à la fois chauffage et eau chaude sanitaire, mais également rafraîchissement grâce à des pompes à chaleur réversibles. La surface raccordée représente 7 % de la surface utile totale des bâtiments de Monaco, soit 200 000 m2. La ville était déjà précurseuse dans l’utilisation de pompes à chaleur sur son littoral avec l’installation en 1963 d’un système sur eau de mer pour chauffer une piscine.

  • BIOMASSE
 – En Guyane, la biomasse en passe de remplacer le fioul 5 novembre 2020

    La ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, en concertation avec Rodolphe Alexandre, président de la Collectivité territoriale de Guyane a décidé de réorienter le projet du Larivot, devant remplacer la centrale électrique au fioul de Dégrad-des-Cannes. La centrale de Dégrad-des-Cannes, pilier du système électrique guyanais, mise en service en 1982, a dépassé sa durée de fonctionnement initiale et devra impérativement cesser son activité en 2023 car non-conforme aux nouvelles normes réglementaires d’émissions de CO2. La centrale du Larivot, initialement prévue pour marcher au fioul, va finalement être alimentée par des biocarburants dès sa mise en service, a confirmé la  la préfecture de Guyane lundi 26 octobre. Le nouveau projet, inscrit dans la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie de Guyane, validée par décret le 30 mars 2017, sera situé près du port de Larivot (Cayenne) et sera alimenté par de la biomasse liquide (issue de colza) couplée à du photovoltaïque. Des essais avec biomasse liquide ont été concluants à la centrale de Jarry en Guadeloupe en juillet 2020. Selon Frédéric Maillard, président d’EDF Production Électrique Insulaire, filiale du Groupe EDF, « Les filières d’approvisionnement en biomasse liquide, les plus pertinentes d’un point de vue environnemental et social, seront sélectionnées en totale conformité avec les directives européennes (réglementation RED 2 notamment). Toutes les filières non-éthiques comme l’huile de palme, ainsi que les OGM seront exclues. » Toujours selon Frédéric Maillard, 300 personnes seront en moyenne nécessaires, chaque jour, pendant les trois ans de la construction et 100 emplois durables sur la durée de vie de la centrale.

OCTOBRE 2020

L’ESSENTIEL DES ENR DU MOIS DE OCTOBRE

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  • CHALEUR RENOUVELABLE
 – Valence se chauffe à la biomasse 29 octobre 2020

    La ville de Valence (Drôme) vient d’inaugurer sa première chaufferie biomasse pour alimenter son réseau de chaleur urbain qui fonctionnait à partir d’énergies fossiles (chaufferie gaz et cogénération gaz) depuis 1967. Cette mise en service intervient dans le cadre d’un contrat de délégation de service public, confié à Énergie Verte de Valence (groupe Coriance) en charge de l’exploitation, du développement et de la gestion du réseau de chaleur. C’est en 2017 que les travaux d’adaptation ont débuté : passage en basse pression du réseau, rénovation complète des 10 900 mètres linéaires du réseau de chaleur existant, construction de 24 sous-stations supplémentaires et mise en place de la chaufferie biomasse située rue de la Forêt et alimentée grâce aux ressources en bois du département. La puissance totale installée de la chaufferie est de 43 MW. Elle consommera, à terme, jusqu’à 20 000 tonnes de déchets de bois (bois-énergie) par an. Douze camions par semaine approvisionneront le site. Ce nouveau réseau couvrira les besoins en chauffage et eau chaude sanitaire de 7 500 équivalents-logements et permettra d’éviter les émissions de plus de 12 000 tonnes de CO2 chaque année pour un investissement total de 24,5 M€, dont une partie, 5,6 M€, est financée par l’Ademe Auvergne-Rhône-Alpes.

  • BIOCARBURANTS – Nouveau distributeur de carburants alternatifs 29 octobre 2020

    La société française, Enens, spécialisée dans la distribution de carburants et de combustibles, vient de créer Altens, une filiale dédiée à la production et la distribution de carburants alternatifs. Le Parlement européen ayant adopté un nouveau règlement imposant aux poids lourds de réduire leurs émissions de CO2 de 30 % d’ici à 2030 (par rapport aux niveaux de 2019), les carburants alternatifs cherchent à se positionner dans le paysage de la mobilité décarbonée, notamment dans le transport routier de marchandises, dans les bus et les engins liés au BTP et à l’agriculture. La gamme de ce nouvel acteur est élaborée à partir de matières premières issues de filières locales : colza (produit localement), huiles alimentaires recyclées (récupérées notamment auprès des restaurants) et résidus viniques (filière viticole). L’usine de transformation est située à Poitiers et les cuves de stockage sur le port de La Pallice à La Rochelle. Les carburants alternatifs produits par Altens sont destinés exclusivement aux professionnels, car ils nécessitent une capacité de stockage dont ne disposent pas les particuliers.

  • SOLAIRE THERMIQUE – La plus grande centrale française dédiée à un réseau de chaleur 22 octobre 2020

    La Française de l’Énergies (LFDE) a annoncé la mise en service de la première centrale solaire thermique de Moselle (qu’elle détient à 51 % via la société Cellcius), en partenariat avec la régie municipale de Creutzwald, Énes (49 %). Connectée au réseau de chaleur urbain, elle est composée de 5 300 m2 de surface utile de panneaux, qui produiront 2 610 MWh par an (estimation), de quoi réduire de 560 tonnes les émissions d’équivalent CO2 par an. Ce projet bénéficie d’une aide de l’Ademe de 1,3 million d’euros, conditionnée à la mise en service d’une centrale biomasse de 3,5 GW qui assurera la part croissante des besoins du réseau, prévue en 2021. LFDE est une entreprise locale spécialisée dans la récupération de gaz présent dans les charbons et anciennes mines, qui approvisionne également en électricité verte et en chaleur ses partenaires locaux comme Énes. Vous retrouverez l’article détaillé du projet de Creutzwald dans le numéro 253 du Journal des Énergies renouvelables, disponible fin octobre.

  • CHALEUR ET FROID RENOUVELABLES – Les acteurs du secteur tirent le signal d’alarme 22 octobre 2020

    Un an après la présentation par la ministre de la Transition écologique et solidaire de l’époque de 25 actions pour développer les réseaux de chaleur et de froid renouvelables, les principaux acteurs de la filière tirent un bilan alarmiste de la situation. Le message est simple : sans un soutien réaffirmé et renforcé de l’État, ces 25 actions ne permettront pas, à elles seules, de soutenir la compétitivité de la filière, qui est aujourd’hui en difficulté. En effet, le fort décrochage du prix des énergies fossiles (plus de 30 %) a très fortement dégradé la compétitivité économique des énergies renouvelables. Cette situation est par ailleurs accentuée par les orientations de la future réglementation environnementale (RE 2020) et du décret tertiaire envisagées par le gouvernement, très défavorables aux réseaux de chaleur et de froid. Sur le terrain, les conséquences ont été un retour des donneurs d’ordres du secteur tertiaire aux énergies fossiles et à des installations de froid autonomes, qui aggravent les impacts des îlots de chaleur urbains. Les professionnels du secteur appellent solennellement les pouvoirs publics à prendre des mesures fortes et plus volontaristes, comme notamment la mise en place de mécanismes de soutien complémentaires à la chaleur et au froid renouvelables. Ils demandent également une révision urgente des orientations de la future “RE 2020” et du projet de Diagnostic de Performance Énergétique (DPE).

  • SOLAIRE THERMIQUE – La plus grande centrale française dédiée à un réseau de chaleur 22 octobre 2020

    La Française de l’Énergies (LFDE) a annoncé la mise en service de la première centrale solaire thermique de Moselle (qu’elle détient à 51 % via la société Cellcius), en partenariat avec la régie municipale de Creutzwald, Énes (49 %). Connectée au réseau de chaleur urbain, elle est composée de 5 300 m2 de surface utile de panneaux, qui produiront 2 610 MWh par an (estimation), de quoi réduire de 560 tonnes les émissions d’équivalent CO2 par an. Ce projet bénéficie d’une aide de l’Ademe de 1,3 million d’euros, conditionnée à la mise en service d’une centrale biomasse de 3,5 GW qui assurera la part croissante des besoins du réseau, prévue en 2021. LFDE est une entreprise locale spécialisée dans la récupération de gaz présent dans les charbons et anciennes mines, qui approvisionne également en électricité verte et en chaleur ses partenaires locaux comme Énes. Vous retrouverez l’article détaillé du projet de Creutzwald dans le numéro 253 du Journal des Énergies renouvelables, disponible fin octobre.

  • GÉOTHERMIE – La production de froid, un atout pour réduire les coûts 16 octobre 2020

    L’Association française des professionnels de la géothermie (AFPG) publie une étude sur les coûts de la géothermie de surface. Cinq ans après une première édition, la filière veut rappeler les atouts d’une technique de production de chaud et de froid souvent oubliée dans le spectre des énergies renouvelables, car elle demande des investissements importants. La géothermie n’a pourtant pas à rougir face à l’option gaz si l’on évalue non plus la mise de départ, mais le prix du kilowattheure sur la durée de vie de l’installation. Suivant les modèles et les technologies, les courbes de coûts peuvent par exemple se croiser après trois ou dix ans de fonctionnement en ce qui concerne les ménages. Estimant que jouer la concurrence entre énergies renouvelables n’est pas un pari gagnant, l’AFPG se refuse en revanche à se comparer aux options solaire ou biomasse. La géothermie a, il est vrai d’autres arguments à faire valoir. Les vagues de chaleur se multipliant, « c’est le rafraîchissement qui permet désormais de se démarquer », insiste Virginie Schmidlé-Bloch, secrétaire générale de l’AFPG. Dans le détail, le guide s’efforce de distiller les conseils en matière d’installation. Il différencie trois segments de marché (particuliers, collectif et tertiaire) et quatre solutions technologiques. « Les captages horizontaux ne sont pas adaptés au collectif et sauf quand la ressource est avérée, la géothermie sur aquifère n’est pas pour les particuliers, illustre Virginie Schmidlé-Bloch. Les sondes sont en revanche pertinentes quel que soit le segment de marché ». A noter que l’association vient aussi de publier un guide méthodologique à destination des bureaux d’études appelés à s’interroger sur l’option géothermie.

  • HYDROÉLECTRICITÉ – 
La centrale de Romanche-Gavet est enfin en service
 16 octobre 2020

    La centrale hydroélectrique de Romanche-Gavet (Isère) vient d’être inaugurée après dix ans de travaux. Commandé par EDF et construit par VINCI Construction France, ce nouvel ouvrage vient remplacer six centrales et cinq barrages anciens par un nouveau barrage et une nouvelle centrale. L’installation, entièrement souterraine, au cœur de la montagne, permet d’augmenter de 40 % la production d’hydroélectricité sur le même tronçon de rivière (La Romanche). D’une puissance de 97 MW, la centrale hydraulique de Gavet produira 560 GWh/an, l’équivalent de la consommation électrique des habitants des villes de Grenoble et Chambéry cumulés soit 230 000 habitants. Le chantier de construction représente un investissement de 400 millions d’euros pour le Groupe EDF. 94 % des investissements ont été réalisés auprès d’entreprises françaises, dont 28 % sont situées en Auvergne-Rhône-Alpes. Au plus fort du chantier, 306 personnes ont travaillé simultanément et 74 emplois d’insertion ont été créés. Mais suite au différend opposant la France et l’Union européenne, qui souhaite que les concessions d’EDF arrivant à expiration soient ouvertes à la concurrence, l’ensemble des autres projets hydroélectriques français sont au point mort depuis plusieurs années. Les acteurs de la filière espèrent voir aboutir les prochaines négociations avec Bruxelles. Un déblocage nécessaire à la fois pour la relance économique et la transition énergétique.

  • RECHERCHE – Nouveau centre de recherche dédié aux gaz verts 8 octobre 2020

    Fin septembre, Engie a inauguré le Engie Lab Crigen, un centre de recherche et d’innovation sur le gaz et les énergies renouvelables. Basé à Stains (Seine-Saint-Denis) le laboratoire est désormais l’un des principaux centres de R&D d’Engie dans sa stratégie de transition énergétique. Son budget de fonctionnement est de 40 millions d’euros par an et il emploie deux cents personnes, en grande majorité des chercheurs, de 11 nationalités différentes. Dix équipes couvrent l’ensemble des domaines de recherche. Trois, absorbant à elles seules 45 % du budget, se consacrent aux gaz verts et plus particulièrement à l’ensemble de la chaîne de valeur de l’hydrogène renouvelable. Trois autres sont centrées sur l’activité B to B et trois encore sur des technologies nécessaires pour réussir la transition énergétique comme l’intelligence artificielle pour la maintenance prédictive ou les protocoles d’utilisation de drones ou de robots pour la sécurisation de sites. Une dernière équipe se focalise, entre autres, sur la réduction de l’impact des installations énergétiques, un thème englobant notamment l’impact sur la biodiversité.

  • PUBLICITÉ – Une campagne 100 % renouvelable 8 octobre 2020

    Le Syndicat des énergies renouvelables (SER) avec le soutien de l’Ademe et de la FNCCR vient de lancer une campagne de publicité en faveur des énergies renouvelables, intitulée #CestLeBonSens. Prévue pour une durée de deux mois, cette campagne présente 21 contenus qui seront diffusés sur les réseaux sociaux, mêlant des formats vidéo (film manifeste, interviews d’experts), formats d’interpellations (visuels, GIF) et formats d’engagements (quiz, sondages) sur Instagram, Twitter, LinkedIn et Facebook. Cette action vise à informer et sensibiliser les Français aux énergies renouvelables en démontrant qu’elles sont un levier clé pour répondre à l’urgence climatique à laquelle nous faisons face, aussi bien individuellement que collectivement, précise le SER. En 2019, les énergies renouvelables représentaient 17,2 % de la consommation finale brute d’énergie du pays. Dans le cadre de sa politique de transition énergétique, la France s’est fixé l’objectif de porter cette part à 32 % d’ici 2030. « Les énergies renouvelables, c’est le bon sens ! », tel est le slogan de cette nouvelle campagne.

  • EMPLOI – 11,5 millions d’emplois dans le monde en 2019 2 octobre 2020

    L’IRENA, vient de publier son rapport annuel sur l’emploi dans les énergies renouvelables « Renewable Energy and Jobs – Annual Review 2019 ». Les chiffres sont en progression par rapport à l’édition précédente puisque les technologies renouvelables représenteraient environ 11,5 millions d’emplois dans le monde en 2019, contre 11 millions en 2018. Sans surprise, avec 3,9 millions d’emplois le secteur du photovoltaïque serait le premier pourvoyeur avec 33 % de la main-d’œuvre mondiale de la branche. En terme de progression nette, les biocarburants sont ceux qui affichent la meilleure performance. Poussés par une croissance de la production de 2 % pour l’éthanol et de 13 % pour le biodiesel en 2019, les emplois dans les biocarburants dans le monde ont atteint le chiffre de 2,5 millions. De son côté, l’éolien emploierait 1,2 million de personnes, dont 21% sont des femmes. Au delà des chiffres, le rapport milite pour un renforcement de la base de compétences nécessaire pour soutenir la transition énergétique mondiale. Il rappelle l’enjeu des formations professionnelles et avance des arguments pour une utilisation accrue des technologies de l’information et des communications pour l’apprentissage à distance. Le rapport est en libre téléchargement sur le site de l’agence.

  • CLIMATISATION RENOUVELABLE
 – Marseille passe à la géothermie marine 2 octobre 2020

    Engie Solutions annonce les travaux de raccordement du centre commercial marseillais « Les Terrasses du Port » au réseau de géothermie marine Thassalia pour une durée de 10 ans. La géothermie marine consiste à exploiter la différence de température entre l’eau chaude de surface et l’eau froide des fonds marins, pompées grâce à des canalisations. Sur la côte, des échangeurs et des pompes à chaleur permettent de produire, selon les besoins, du chaud ou du froid. L’eau est ensuite acheminée vers les bâtiments pour les chauffer ou les climatiser. L’énergie extraite servira à chauffer ou climatiser le centre commercial, un bâtiment de 63 000 m2, via un réseau d’eau chaude (60°C) et un réseau d’eau glacée (5°C). Projet référent en matière d’énergie renouvelable du fait de la récupération d’environ 70 % des thermies/frigories de la mer, Thassalia affiche un coefficient d’efficacité énergétique extrêmement élevé par rapport à un parc équivalent qui serait équipé d’installations autonomes de chauffage/climatisation. Le bilan est de 70 % de réduction des gaz à effet de serre, à quoi s’ajoute une réduction de 40 % de la consommation d’électricité. Les travaux de raccordement devraient s’achever dans le courant du premier trimestre 2021. L’ensemble du projet bénéficie d’un soutien du Fonds Chaleur de l’Ademe à hauteur de 3,3 millions d’euros.

SEPTEMBRE 2020

L’ESSENTIEL DES ENR DU MOIS DE SEPTEMBRE

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  • SOLAIRE THERMIQUE – Marché stable en France métropolitaine en 2019 25 septembre 2020

    L’étude annuelle d’Observ’ER sur le marché 2019 des équipements individuels solaires thermiques vient d’être mis en libre téléchargement sur le site d’Observ’ER. Ce travail indique un volume de 20 795 m2 de capteurs solaires thermiques vendus l’an passé en France métropolitaine. Le chiffre est certes faible, mais il marque une quasi-stagnation par rapport à 2018 (+2 %, 20 440 m2). L’année 2019 est ainsi la première année à ne pas enregistrer de baisse des ventes au cours de la dernière décennie. La nouveauté observée vient essentiellement du fait que les ventes des CESI (chauffe-eaux solaires individuels) n’ont pas diminué comparées à celles de 2018. Concernant les systèmes solaires combinés (chauffage + eau chaude), la faible augmentation des surfaces vendues (+1 %) est dans la lignée de ce qui était observé depuis 2017. Cependant, malgré cette pause dans la chute de l’activité, le secteur métropolitain reste précaire, et cela, en dépit des aides à l’investissement disponibles dans la rénovation qui peuvent se révéler très incitatives (voir l’Actu de la semaine dernière). Dans les territoires d’Outre-mer, le solaire thermique reste à des niveaux autrement plus importants (73 625 m2) même si le secteur enregistre un recul de 21 % comparé à 2018.

  • PARUTION – Rafraîchissement urbain et confort d’été 25 septembre 2020

    Guillaume Perrin, chef du service chaleur et froid à la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR), vient de publier un ouvrage intitulé Rafraîchissement urbain et confort d’été – Lutter contre les canicules. Avec la récurrence des canicules dans l’hexagone, les records de chaleur ne cessent de se multiplier et d’après les projections du GIEC (groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), le phénomène va s’accentuer dans les années à venir. La ville, avec sa densité, est en première ligne avec la formation d’îlots de chaleur. La ville stocke plus de chaleur que la campagne. Ceci est principalement dû aux propriétés des matériaux qui composent les bâtiments, les voies de circulation et les infrastructures. Leur comportement par rapport au rayonnement et à la chaleur est différent de celui de la terre nue ou végétalisée. Pourtant, des solutions existent et peuvent être mises en place sur le court et le long terme. Matériaux, trames vertes et bleues, architecture bioclimatique ou réseaux de froid urbain, cet ouvrage vise à donner les clés d’action pour les villes et les acteurs privés du territoire souhaitant agir dans le domaine du confort d’été et de la lutte contre les canicules. 176 pages – Éditions Dunod

  • HYDROÉLECTRICITÉ – Une nouvelle centrale en Savoie 25 septembre 2020

    Akuo, producteur indépendant français d’énergie renouvelable, vient d’inaugurer la centrale hydroélectrique Aqua Bella. Située sur la rivière Arc, sur les communes d’Aiguebelle et de Randens en Savoie, la centrale est dite de basse chute (5 mètres) “au fil de l’eau”. La spécificité du barrage est d’être gonflable, ce qui permet de maintenir le niveau du plan d’eau. En période de crues, le barrage se dégonfle, laissant ainsi passer l’eau et autres solides. Équipée de 4 turbines, la centrale a une capacité de 2,2 MW et permet d’alimenter 4 820 foyers en électricité. L’originalité du projet a été son ouverture aux riverains via une plateforme de financement participatif (AkuoCoop) qui a permis de récolter 300 000 euros. Méthanor, société spécialisée dans le financement et l’exploitation de projets d’énergies renouvelables, a aussi investi 956 000 euros dans ce projet aux côtés d’Akuo Energy et a fait l’acquisition de 11 % du capital de la centrale, sachant que le coût du financement total s’élève à 12,85 M€.

  • UE – Un objectif de réduction des GES plus ambitieux pour 2030 ?
 
 18 septembre 2020

    Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a proposé dans son premier discours sur l’état de l’Union, ce mercredi 16 septembre, de porter à 55 % la réduction des émissions de gaz à effet de serre de l’Union européenne d’ici 2030, contre un objectif de -40 % seulement auparavant. Il s’agit d’un « objectif ambitieux, réalisable et bénéfique pour l’Europe », a assuré Ursula von der Leyen. « Les émissions ont déjà baissé de 25 % depuis 1990, tandis que notre économie a connu une croissance de plus de 60 %. Et maintenant, nous avons davantage de technologie, d’expertise, etc. » L’objectif 2050 est l’un des marqueurs du “Green Deal”, le pacte vert européen qu’Ursula von der Leyen défend comme le projet phare de sa présidence. Elle a indiqué que 30 % du plan de relance de 750 milliards seront consacrés à la réalisation des objectifs du “Green Deal”. Ursula von der Leyen répond ainsi à de nombreuses pressions pour intensifier l’effort. Ainsi l’appel lancé par le groupe des investisseurs institutionnels sur le changement climatique (IIGCC), qui compte plus de 250 membres, pour la plupart des fonds de pension et des gestionnaires d’actifs. Ces investisseurs, qui gèrent plus de 33000 milliards d’euros d’actifs, ont appelé à relever de 40 % actuellement à au moins 55 % l’objectif 2030. La déclaration conjointe estime qu’il s’agit là du « niveau minimum d’ambition nécessaire pour atteindre la neutralité carbone en 2050 ». Les eurodéputés de la commission Environnement avaient plaidé eux pour -60 % et les grandes ONG environnementales pour au moins -65 %. Ces dernières se récrient donc, de façon plus ou moins véhémente, devant l’insuffisance du réajustement. « 55 % c’est du travail à moitié fait, qui nous condamne à l’effondrement climatique » peut-on ainsi lire sur le compte Twitter Greenpeace EU qui dénonce également l’inclusion des émissions absorbées par les puits de carbone dans ces objectifs.

  • L’ANALYSE D’OBSERV’ER – Des équipements financés à 100 % pour les revenus les plus faibles

 18 septembre 2020

    Suite à l’annonce du plan de relance national et son volet écologique, la ministre déléguée au Logement, Emmanuelle Wargon, a apporté des précisions sur la réforme de l’aide “MaPrimeRénov”, outil phare de l’aide à la transition énergétique pour les particuliers en France. Un nouveau barème des aides est actuellement en réflexion pour une mise en action prévue à partir du 1er octobre 2020. La ministre a, par ailleurs, assuré que les critères environnementaux seraient davantage pris en compte, ce qui devrait mettre en valeur les équipements “énergie renouvelable” par rapport à ceux utilisant des énergies fossiles. Cependant, sans même attendre la revalorisation annoncée, le corpus des aides à l’investissement des particuliers dans les EnR est d’ores et déjà ambitieux dans les niveaux proposés, mais cette information ne semble pas encore suffisamment connue du grand public. Ainsi “MaPrimeRénov”, qui peut se cumuler à d’autres aides comme les certificats d’économie d’énergie (CEE) ou des primes régionales ou locales, a été relativement peu utilisé depuis sa mise en place au 1er janvier 2020.
 Après 9 mois d’existence, alors que le gouvernement attendait plus de 200 000 dossiers, seulement 90 000 ont été déposés auprès de l’Anah, qui gère le dispositif. La crise sanitaire et économique du début d’année n’a pas poussé les particuliers à investir, pourtant, dans plusieurs cas de figure d’investissement EnR, les niveaux d’aides disponibles sont réellement attractifs. Pour illustrer ce point, Observ’ER a utilisé le simulateur d’aide mis à disposition sur le site du réseau FAIRE. Étant donné la multitude des aides régionales ou locales pouvant exister, les simulations ont porté sur des opérations localisées dans deux villes : Évry (Île-de-France) et Orléans (Centre-Val de Loire). Ainsi, l’association de “MaPrimeRénov”, dans sa version actuelle, aux CEE et parfois complétée par des aides “Action Logement”, permet une aide à l’investissement oscillant entre 88 % et 100 % pour des équipements EnR tels qu’une pompe à chaleur eau/eau, un chauffe-eau solaire individuel, un système solaire combiné ou un poêle à bois. Ces taux portent sur une simulation pour un foyer de 4 personnes appartenant à la tranche de revenus la plus basse (moins de 30 572 € hors Région Île-de-France et moins de 42 381 € en Île-de-France). Pour la tranche intermédiaire, ces niveaux d’aide évoluent entre 24 et 51 %. Soit des niveaux nettement supérieurs à ce que proposait la mesure de crédit d’impôt dans des cas similaires. De plus, pour la partie de l’investissement qui n’est pas aidée, les particuliers peuvent se tourner vers l’éco-prêt à taux zéro (Éco-PTZ) qui permet de financer des travaux de rénovation énergétique des logements. Les tranches de revenus les plus élevées sont également concernées, mais avec des niveaux d’aides très faibles (de l’ordre de 2 à 4 %). Bien sûr, dans tous les cas de figure, les aides ne sont possibles que si les équipements ont été installés par un professionnel qualifié RGE. Aussi, au-delà de la revalorisation annoncée, l’enjeu pour les professionnels des secteurs des énergies renouvelables est de faire connaître ces dispositifs qui, s’ils se distinguent par les niveaux des aides proposés, peuvent en revanche se révéler complexes à solliciter.

  • GÉOTHERMIE – L’Alec Bordeaux fait la promotion d’outils auprès des acteurs de la filière 11 septembre 2020

    L’Agence locale de l’énergie et du climat de la métropole bordelaise fait partie d’un réseau de 500 agences européennes, et soutient des projets européens visant à partager les bonnes pratiques auprès des acteurs de la transition énergétique. Dans ce cadre, elle est partenaire du projet Interreg atlantic area – GeoAtlantic, auprès d’agences espagnole, portugaise, irlandaise et britannique. Le guide Geo Atlantic édité en ligne est composé de plusieurs plateformes d’informations différentes selon le profil des acteurs concernés, élus locaux, porteurs de projet, professionnels et artisans, ainsi que les particuliers. Il se décline suivant différentes thématiques : montage de projets, retours d’expériences d’experts, documents de formations techniques et d’accompagnement administratif… Ce projet s’inscrit dans le cadre de l’objectif de l’UE d’atteindre au moins 27 % d’énergie renouvelable d’ici 2030 et fait le pari que cela impliquera d’énormes changements au niveau des communes et des métropoles.

  • HYDROGÈNE – Un plan de plus de 7 Md€ 11 septembre 2020

    La ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, et le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, ont présenté la stratégie hydrogène nationale qui devrait mobiliser 7,2 Md€ d’ici à 2030 sur les 100 milliards d’euros du plan de relance annoncé. « La France a la conviction que l’hydrogène décarboné sera l’une des grandes révolutions de notre siècle : pour la décarbonation du secteur industriel, pour développer et déployer des solutions de mobilité sans émission, pour stocker l’énergie et apporter des réponses complémentaires à l’intermittence des énergies renouvelables », a expliqué la ministre de la Transition écologique. Les trois piliers de cette stratégie seront le soutien aux projets nationaux dans le but de faire émerger une offre française, la mise en place de mécanismes de soutien à une large production d’hydrogène et soutenir l’industrialisation sur le territoire. La recherche et l’innovation sur des composants clés comme les réservoirs ou les piles à combustible feront l’objet d’une attention particulière, car la France entend jouer un rôle de premier plan sur l’ensemble de la chaîne d’activité, et cela, au niveau international. Toutes les valorisations sont concernées puisque le plan hydrogène français couvre aussi bien les solutions de stockages énergétiques, mais également les solutions de mobilité sur route, sur mer ou dans le domaine de l’aviation. Sur le plan économique, le développement de cette filière pourrait créer, selon le ministère, de 50 000 à 100 000 emplois d’ici 2030.

  • MÉTHANISATION – État des lieux du parc des installations de méthanisation en France 4 septembre 2020

    Géré par l’Ademe, SINOE est un outil d’analyse principalement destiné aux collectivités territoriales afin de les aider à optimiser leur politique de gestion des déchets ménagers et à améliorer leur service. SINOE dispose notamment d’une base de données consolidée qui repose sur un historique unique de 10 ans d’informations sur la gestion des déchets ménagers et assimilés en France. Pour accompagner la filière, SINOE a mis en ligne un document présentant en détail un état des lieux du parc des installations de méthanisation en France, réalisé en partenariat avec Observ’ER. Il est présenté suivant les différents types d’unités (à la ferme, centralisées, à partir de déchets ménagers, de stations d’épuration et de déchets industriels) avec des indicateurs de puissance installée, d’énergie produite et des cartographies illustrant le déploiement des sites sur l’ensemble du territoire métropolitain. Cet état des lieux se base sur la dernière mise à jour de l’outil SINOE qui présente un panorama au 1er janvier 2020.

  • POMPES À CHALEUR – Très forte hausse des PAC aérothermiques en 2019 4 septembre 2020

    Observ’ER vient de mettre en ligne son étude sur le marché 2019 des pompes à chaleur dans le secteur du résidentiel (jusqu’à 30 kW). L’un des principaux faits marquants est la forte progression des ventes des équipements aérothermiques (+38 % pour un total de 815 400 unités) et notamment des PAC de type air/eau qui ont enregistré un bond de 80 % par rapport à 2018 avec 168 530 unités. Ce segment a été très fortement porté par la mesure “Coup de Pouce Chauffage” mise en place en janvier 2019. Autre point à souligner, avec plus de 646 000 unités vendues en 2019, les PAC air/air sont pour la première fois les équipements les plus vendus dans le champ des systèmes de chauffage central individuels (45 % des ventes en 2019). Jusqu’alors, les chaudières à condensation gaz et fioul étaient les premiers équipements diffusés. Côté géothermie, les ventes de pompes à chaleur sont en légère hausse (+3 % pour 3 300 unités). Sur cette technologie, les ventes ne sont plus en recul depuis 2016, mais le marché reste à un niveau très faible.

JUILLET 2020

L’ESSENTIEL DES ENR DU MOIS DE JUILLET

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  • ETATS-UNIS – Joe Biden dévoile ses ambitions pour le climat 17 juillet 2020

    Candidat du Parti démocrate à la présidentielle américaine, Joe Biden a dévoilé mardi 14 juillet un ensemble d’actions en faveur du climat qu’il compte mettre en œuvre s’il est élu. D’ici 2035, il souhaite que le secteur électrique soit 100 % décarboné en sortant des centrales à charbon et à gaz, et en déployant les énergies renouvelables électriques ainsi que le stockage à grande échelle. Pour cela, il compte investir 2 000 milliards de dollars dans un vaste plan de transition, largement inspiré par l’aile gauche du parti, qu’il veut orienter en premier lieu vers les communautés les plus « blessées historiquement ». Il promet, par ailleurs, que les Etats-Unis reprendront leur place dans la course contre le dérèglement climatique, abandonnée selon lui par Donald Trump. Rapidement critiqué par les Républicains, Biden est accusé de vouloir tuer le secteur américain de l’énergie, aujourd’hui majoritairement dépendant des énergies fossiles, et donc de menacer l’économie tout entière. On lui reproche également de rester flou sur les moyens de financement de son plan, et d’avoir passé sous silence la question de la taxe carbone, instrument largement préconisé parmi les économistes de l’énergie.

  • EUROPE – Le stockage doit décarboner le secteur électrique 17 juillet 2020

    556 députés européens ont adopté le 10 juillet le rapport présentant leur stratégie en matière de stockage de l’énergie, jugé majeur dans la réalisation des objectifs de décarbonation de l’UE. Si les technologies de stockage par stations hydraulique de pompage sont déjà bien connues et largement utilisées, le rapport invite les députés à davantage s’intéresser aux batteries chimiques de nouvelles générations, au stockage thermique et à l’hydrogène. En effet, le Parlement demande aux Etats membres de lever les obstacles réglementaires qui pourraient freiner le développement de ces technologies. La recherche sur la production d’hydrogène vert est largement plébiscitée pour réduire ses coûts, afin de créer une véritable filière industrielle à moyen terme. Le rapport demande également à la Commission d’évaluer la possibilité d’adaptation des infrastructures gazières à ce nouveau vecteur énergétique. La crise sanitaire a permis de mettre en lumière certaines limites des modèles mondialisés très dépendants de chaînes d’approvisionnement lointaines, c’est pourquoi le Parlement souhaite continuer les efforts visant à produire des équipements énergétiques, et notamment des batteries, dans l’espace européen en réduisant les importations de matière première à l’extraction polluante. La Commission estime que pour atteindre l’objectif de décarbonation fixé à 2050, l’UE devra stocker six fois plus d’électricité qu’actuellement, et ce, dans un contexte où les solutions par pompages les plus simples sont déjà quasiment saturées.

  • HYDROÉLECTRICITÉ – Un projet de centrale hydroélectrique à Alfortville 17 juillet 2020

    Jusqu’au 29 juillet, va se tenir une enquête publique relative au projet d’installation d’une centrale hydroélectrique à Alfortville (commune située à 3 km au sud-est de Paris, dans le département du Val-de-Marne), sur la rive droite du barrage du Port-à-l’Anglais. Développée par JMB Hydro (filiale de Total Quadran) avec Voies navigables de France (VNF), la centrale sera composée de trois turbines Kaplan pour une production annuelle de 12,5 gigawatt/heure d’électricité qui seront injectées directement dans le réseau. Le chantier estimé à 8,5 millions d’euros et devrait durer 13 mois pour un coût d’exploitation qui devrait avoisiner les 363 000 euros par an. Aurélie Ingrand, désignée commissaire enquêteur par le Tribunal administratif de Melun, tiendra plusieurs permanences dans les mairies d’Alfortville et de Vitry-sur-Seine jusqu’au 29 juillet.

  • STOCKAGE – La Côte-d’Or accueille un site de stockage expérimental 8 juillet 2020

    Dans le cadre du projet “Ringo” initié par RTE (Réseau de Transport d’Électricité), le site de Vingeanne situé en Côte-d’Or vient de réceptionner les premiers containers destinés au stockage des énergies renouvelables produites localement. La production d’énergies renouvelables (éolien et solaire) a augmenté de 21 % entre 2018 et 2019 en Bourgogne-Franche-Comté. Ce dispositif inédit permettra de tester le stockage des surplus ponctuels de production des énergies renouvelables et leur déstockage pour un investissement de 24 millions d’euros. Développées par le groupe Nidec Asi, les batteries utilisées sont de type Lithium ion à forte densité énergétique et pourront stocker l’équivalent de la production de 5 éoliennes soit la consommation de 10 000 foyers. L’expérimentation débutera en juin 2021 pour un lancement officiel prévu pour 2024. Deux autres sites expérimentaux verront le jour en Haute-Vienne et dans les Hautes-Alpes.

  • ALLEMAGNE – Des conditions météorologiques propices à l’électricité renouvelable au cours du premier semestre 2020 8 juillet 2020

    L’institut Fraunhofer ISE a publié un communiqué de presse le 1er juillet présentant les chiffres de la production d’électricité en Allemagne sur la première moitié de l’année 2020. Avec 55,8 % de l’électricité produite, les énergies renouvelables électriques ont atteint un nouveau record. Le solaire et l’éolien, principaux contributeurs, ont produit 102,9 TWh, contre 92,3 TWh sur la même période en 2019. La production solaire a connu une croissance de 11,2 % grâce à des conditions d’ensoleillement excellentes d’avril à juin, l’éolien croît également de 11,7 % et a même atteint le seuil des 45 % de la production totale au mois de février. En revanche, la biomasse a peu évolué et la production hydroélectrique a chuté de 9 %. Au total, 136,1 TWh ont été produits à partir de solaire, éolien, hydroélectricité ou biomasse mi-2020. La production à partir de gaz a augmenté de 13,9 % au détriment des centrales à charbon de houille dont la production a diminué de 46 % et celles de lignite de 36,3 %. Ces changements sont principalement dus à l’augmentation des prix des quotas du système ETS, passés à 21,92 €/t-CO2. Enfin, sur la même période, la production d’origine nucléaire a diminué de 12,9 %.

  • CHALEUR – Facebook alimente en chaleur la 3e plus grande ville du Danemark 8 juillet 2020

    Facebook annonce que son data center situé au Danemark alimentera en chaleur la ville d’Odense située au sud du pays. Ce centre de données, mis en service en septembre dernier, a été conçu pour intégrer un réseau de récupération de chaleur qui sera distribuée via le système de chauffage urbain de la ville. L’objectif est de récupérer et de distribuer 100 000 MWh d’énergie par an pour alimenter 6 900 foyers en chauffage. Le data center d’Odense est alimenté à 100 % par de l’énergie renouvelable, à travers un accord d’achat d’énergie avec trois fermes éoliennes nordiques. Le géant Américain vient d’investir 416 millions de dollars dans le projet Prospero Solar, une ferme solaire située au Texas qui aura une capacité de 300 MW. Avec ces différents projets, Facebook confirme sa volonté d’intégrer les énergies renouvelables dans son business model.

  • CONVENTION CITOYENNE POUR LE CLIMAT – Enerplan réagit aux 148 propositions 2 juillet 2020

    Le syndicat du solaire Enerplan a publié le 1er juillet un communiqué de presse pour réagir aux 148 mesures proposées par la Convention citoyenne pour le climat. Dans le domaine du photovoltaïque, le syndicat soutient évidemment la mesure 11.2.2 de hausse du plafond du guichet tarifaire, ainsi que la mesure 11.1.2 visant à relever le seuil d’obligation de permis de construire et d’évaluation environnementale à 500 kW afin de faciliter la mise en œuvre des projets de petites tailles. Les citoyens ont également proposé la mise en place d’un guichet unique rassemblant les différents interlocuteurs techniques et administratifs via la proposition 11.2.6, ne nécessitant théoriquement pas de traduction juridique. Ceci montre une volonté d’accélération des démarches d’après Enerplan qui se félicite également de la proposition 11.3 portant sur l’autoconsommation, le partage de chaleur et d’électricité localement produite entre bâtiments. Le syndicat regrette cependant que les discussions relatives au CITE, notamment sur l’élargissement de son éligibilité, soient repoussées à l’automne. Le président d’Enerplan, Daniel Bour, invite le président de la République à reprendre sans filtre, comme prévu, et au plus vite, les propositions de la Convention.

  • MÉTHANISATION – Des propositions pour la filière 2 juillet 2020

    L’association France gaz renouvelables, chargée de promouvoir le gaz renouvelable dans le paysage énergétique français, vient de publier quatre propositions pour soutenir le plan de relance post-Covid-19 : libérer les capacités de production ; permettre plus d’investissement en faveur du raccordement ; autoriser le mécanisme Méthaneuf dans les programmes de construction de logements neufs ; soutenir la compétitivité et l’innovation en faveur des objectifs de transition énergétique et d’économie circulaire. L’association annonce la parution prochaine, en janvier 2021, d’une étude consacrée aux externalités positives de la méthanisation sur les territoires. Quatre grands thèmes (gaz à effet de serre, eau, déchets, résilience des exploitations agricoles) seront ainsi passés au crible des groupes de travail de l’association et les résultats validés par un comité scientifique indépendant.

  • HYDROGÈNE – Des trains à hydrogène vert en Italie 2 juillet 2020

    Alstom SA, constructeur français d’infrastructures de transport et le groupe gazier italien Snam ont conclu un accord sur 5 ans pour le développement de trains à hydrogène renouvelable en Italie. Alstom fabriquera et assurera la maintenance des trains, neufs ou convertis à l’hydrogène et Snam construira les infrastructures nécessaires pour produire et transporter l’hydrogène qui sera produit à partir d’énergies renouvelables. L’objectif est de disposer des installations nécessaires pour construire les trains ainsi que les infrastructures associées d’ici début 2021. Alstom, qui a déjà développé un train à hydrogène en Allemagne, le Coradia iLint (mis en service en 2018), poursuit son expansion dans le secteur. Selon Marco Alvera, directeur général de Snam, « L’hydrogène produit à partir d’énergies renouvelables deviendra compétitif par rapport aux combustibles fossiles dans quelques années et jouera un rôle clé dans la transition énergétique, en particulier dans l’industrie, le chauffage et les transports. »

JUIN 2020

L’ESSENTIEL DES ENR DU MOIS DE JUIN

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  • HYDROGÈNE – La Région Auvergne-Rhône-Alpes mise sur la mobilité hydrogène 25 juin 2020

    L’entreprise drômoise McPhy, spécialisée dans les équipements de production, stockage et distribution d’hydrogène vert, remporte l’appel d’offres lancé par la joint-venture public-privé Hympulsion (Engie, Michelin et Crédit agricole) dans le cadre du projet Zero Emission Valley. Initié par la Région Auvergne-Rhône-Alpes, ce programme pionnier en France et en Europe prévoit le déploiement d’ici fin 2023 de 20 stations hydrogène et d’une flotte de 1 200 véhicules à pile à combustible zéro-émission. Les 15 électrolyseurs de technologie alcaline seront alimentés par de l’électricité d’origine renouvelable locale : hydraulique, photovoltaïque et éolien. Ce projet mobilise près de 52 M€ sur 10 ans dont 15 M€ financés par la Région Auvergne-Rhône-Alpes, 14,4 M€ par l’Ademe et 10,1 M€ de fonds du programme européen CEF Transport.

  • RELANCE – L’AIE et le FMI publient leur plan d’action 25 juin 2020

    Le 18 juin l’AIE a publié un rapport en coopération avec le FMI pour partager des recommandations sur les politiques publiques et privées de l’énergie à mettre en œuvre afin de construire un futur plus résilient et de réduire notre impact sur l’environnement. Le Sustainable Recovery Plan contient une série d’actions pour les années 2021-2023 visant à relancer l’économie tout en améliorant les systèmes énergétiques. Il permettrait d’atteindre une croissance moyenne de 1,1 % en créant 9 millions d’emplois par an et de réduire de 4,5 milliards de tonnes eqCO2 les gaz à effet de serre émis annuellement d’ici à 2023. Les actions auraient également des impacts positifs sur la santé et amèneraient une réduction des émissions de polluants dans l’atmosphère à hauteur de 5 %, l’accès à des cuisinières propres à plus de 420 millions de personnes ainsi qu’à l’électricité à 270 millions de personnes. L’AIE estime le montant des investissements nécessaires à 1 000 milliards d’US$ par an ce qui ne représente que 0,7 % du PIB mondial.

  • IRENA – Un rapport pour mettre la transition énergétique au cœur des politiques de relance économique 25 juin 2020

    Faisant écho au travail de l’AIE et son Sustainable Recovery Plan, l’Agence internationale des énergies renouvelables (IRENA), vient de publier un rapport intitulé Post-COVID recovery: An agenda for resilience, development and equality. Ce document présente un ensemble de recommandations aux gouvernements dans la conduite de leurs investissements et de leurs politiques de relance économique post-COVID-19. Au centre de ce travail, le rôle des énergies renouvelables dans l’atteinte d’un système entièrement décarboné d’ici 2050. Pour l’agence internationale, le doublement des investissements de transition énergétique actuels, pour les porter à 4 500 milliards de dollars annuels au cours des trois prochaines années, fournirait un stimulant efficace aux investissements du secteur privé qui pourraient être multipliés par 3 ou 4. Les retombées économiques avancées par le rapport sont une augmentation du PIB mondial de 1,3 % et la création de 19 millions d’emplois supplémentaires. Chaque million de dollars investi dans les énergies renouvelables créerait trois fois plus d’emplois que dans les combustibles fossiles.  Le rapport passe au crible tous les domaines énergétiques et ne se cantonne pas à la seule production d’électricité. Les besoins de chauffage et de refroidissement sont également traités, tout comme les nouvelles mobilités, le stockage de l’énergie, les investissements dans les infrastructures (les réseaux) ou les actions de maîtrise de l’énergie.

  • HYDROGÈNE – De l’hydrogène vert à l’aéroport de Toulouse 18 juin 2020

    L’aéroport Toulouse-Blagnac, l’Agence régionale énergie climat d’Occitanie et Hydrogène France (Engie Solutions) viennent de signer une convention cadre pour la réalisation d’une station de production et de distribution d’hydrogène vert sur le site aéroportuaire de Toulouse-Blagnac. Intitulé Hyport, ce projet prévoit l’installation d’un électrolyseur de technologie alcaline alimenté par de l’électricité d’origine renouvelable locale : hydraulique (barrages pyrénéens), photovoltaïque et éolien. Cette station, dont la construction démarrera cette année, assurera la fourniture d’hydrogène vert au service non seulement de la mobilité (bus destinés à assurer le transport des passagers entre l’aérogare et les avions, véhicules utilitaires légers, flottes captives, etc.) mais aussi des applications aéronautiques et industrielles. Le projet toulousain Hyport a reçu le soutien de la Région Occitanie, de l’Ademe et de l’Europe à travers le programme JIVE2 (Joint Initiative for hydrogen Vehicles across Europe).

  • RGE – Qualit’EnR lance la qualification QualiPV 0 à 250 kWc 18 juin 2020

    L’association Qualit’EnR œuvre pour la formation et la qualification des entreprises d’installation de production d’énergie renouvelable. Qualit’EnR lance une nouvelle qualification pour le solaire photovoltaïque qui couvrira les installations de panneaux photovoltaïques jusqu’à 250 kWc, QualiPV 0 à 250 kWc. Celle ci répond aux exigences du référentiel « Reconnu garant de l’environnement » (GRE) et permet aux installations réalisées par des installateurs qualifiés de bénéficier du tarif d’achat ou de la prime d’autoconsommation si elles y sont éligibles. Jusque là, QualiPV module Élec ne couvrait que les installations jusqu’à 36 kWc. Maintenant, les installateurs qui réalisent également de grandes toitures pourront demander uniquement la qualification 0 à 250 kWc. Ceux qui ne réalisent que des installations de petite taille devront garder la 0-36 kWc, car ils ne pourront se faire auditer sur une installation de puissance supérieure à 36 kWc, ce qui est nécessaire pour valider la qualification.

  • BILAN REN21 – Les progrès dans les renouvelables toujours trop limités au secteur électrique 18 juin 2020

    Le think tank spécialisé dans les énergies renouvelables REN21 a sorti son rapport annuel le 16 juin faisant le bilan des énergies renouvelables dans le monde et proposant des recommandations afin de surmonter les obstacles auxquels font face les secteurs du transport et du chauffage. En effet, des progrès impressionnants ont été réalisés ces 5 dernières années, mais toujours limités au secteur de l’électricité. La part des énergies renouvelables dans la consommation totale n’est passée que de 9,6 % en 2013 à 11 % en 2018. Si l’électricité renouvelable représente un quart de la production mondiale, dans le chauffage et le refroidissement, le renouvelable ne représente que 10 % du total, et seulement 3 % dans les transports. D’autre part, REN21 explique que ces progrès sont notamment dus à des politiques publiques initiées il y a des années, très favorables dans le secteur de l’électricité, mais que les obstacles rencontrés il y a 10 ans sont toujours les mêmes pour les secteurs du chauffage et refroidissement et des transports. Ces secteurs ont plus que jamais besoin du soutien de politiques publiques efficaces afin de créer les conditions propices à leur développement, indispensable à la lutte contre le changement climatique.

  • HYDROGÈNE – Une première mondiale en Haute-Vienne 11 juin 2020

    Engie Solutions, Siemens Gas and Power, Centrax, Arttic, le Centre aérospatial allemand (DLR) et quatre universités européennes annoncent le lancement du projet Hyflexpower. Déployé à Saillat-sur-Vienne (Haute-Vienne) sur le site de Smurfit Kappa, une entreprise spécialisée dans la fabrication de papier recyclé, ce programme a pour objectif la mise en service du démonstrateur industriel « power-to-X-to-power » qui intégrera une turbine à gaz fonctionnant à l’hydrogène vert. La preuve que l’hydrogène renouvelable peut servir de moyen flexible de stockage de l’électricité excédentaire, le stockage des productions variables d’origine renouvelable étant l’un des principaux enjeux de la transition énergétique. Ce projet européen a été initié dans le cadre du programme-cadre pour la recherche et l’innovation Horizon 2020 et sera étalé sur quatre ans. Le budget total est de 15,2 millions d’euros, dont 10,5 millions sont financés par l’Union européenne. Après une phase de transition où la turbine fonctionnera sur un mix gaz naturel et hydrogène, l’objectif final est d’atteindre une exploitation 100 % à l’hydrogène en 2023.

  • RELANCE – Le SER dévoile ses propositions 11 juin 2020

    Le 9 juin était organisé par le Syndicat des énergies renouvelables (SER) une conférence de presse en ligne sur le thème de la relance post-Covid, à l’occasion de la publication de son rapport “Les énergies renouvelables : un levier de la relance économique”. Ce dernier dévoile les propositions, filière par filière, qu’il considère nécessaires afin de permettre une relance cohérente avec les objectifs nationaux. Parmi celles présentées, la fiscalité carbone reste l’une des plus emblématiques, avec notamment une redistribution à destination des ménages et des collectivités nécessaire afin de faciliter l’abandon des énergies fossiles au niveau local. Le syndicat prône également une simplification et une accélération des délais d’autorisation et des appels d’offres, d’autant plus utiles dans un contexte de prise de retard due à la crise sanitaire. Il met également au premier plan le besoin de soutenir l’industrie nationale par la préservation des outils de production et du rythme des appels d’offres. Le SER appelle par ailleurs à une accélération du développement des réseaux de gaz renouvelable via l’augmentation des plafonds d’investissement pour les gestionnaires de réseaux dans le cadre du droit à l’injection, et ce jusqu’en 2023 au moins. Le rapport fait l’inventaire, filière par filière, des préconisations du SER, ainsi que de celles spécifiques aux territoires ultra-marins, dont les problématiques sont très spécifiques.

  • MARCHÉ – La géothermie en attente de politiques volontaristes 11 juin 2020

    L’association européenne de la géothermie, l’EGEC, a publié le 8 juin son rapport sur le marché européen au sens large (incluant l’Islande et la Turquie) de l’année 2019. Le marché de la géothermie se développe rapidement selon l’EGEC, en particulier son versant électrique, mais est très sensible aux politiques de soutien mises en place. À fin 2019, on dénombrait 130 centrales géothermiques électriques, 36 projets en développement et 124 projets en cours de planification, pour un total de 3.3 GWe. Ces chiffres indiquent que le nombre de centrales géothermiques en opération, qui fonctionnent en base, pourrait doubler dans les 5 à 8 prochaines années. L’Europe est un des principaux marchés de la géothermie sur réseaux de chaleur et de froid. En 2019, 5,5 GWth ont été installés dans 25 pays et de nombreux projets lancés par rapport à 2018. Le marché de la pompe à chaleur géothermique, à quant à lui, franchi le cap des 2 millions de PAC en opération, avec la Suède qui en comptabilise à elle seule plus de 600 000, montrant ainsi l’importance des politiques en place pour développer les énergies renouvelables plutôt que conventionnelles. Selon l’EGEC, la géothermie a besoin, pour continuer sa croissance, d’un cadre stable de soutien, de systèmes d’assurances adaptés, du développement d’une réelle politique de R&D, d’un prix du carbone et de la fin du soutien aux énergies fossiles, gaz compris.

  • ENR ET JURISPRUDENCE – Multiplication par 7 des décisions de justice sur des projets EnR depuis 2000 4 juin 2020

    Selon l’Observatoire des transitions environnementales et sociétales publié par le cabinet De Gaulle Fleurance & Associés, le nombre de décisions de justice rendues sur des actions relatives à des sources d’énergie renouvelable a été multiplié par 7 entre 2000 et 2019. Cette évolution est d’une part alimentée par le fort développement des projets EnR sur le territoire mais également par le durcissement des groupes d’opposants qui ont radicalisé leur approche en déposant systématiquement des recours pour toute nouvelle opération. Dans l’éolien, sans surprise, les recours sont les plus nombreux avec 141 décisions de justice disponibles en 2019, contre 13 en 2000. C’est toutefois nettement moins que le pic de 507 décisions atteint en 2013. Sur 74 recours étudiés plus précisément par le cabinet d’avocats depuis 2015, environ 50 ont été introduits par des opposants aux projets, le plus souvent réunis sous la forme d’associations. La plupart des recours concernaient les permis de construire et les autorisations ICPE, aujourd’hui remplacés par les autorisations uniques. Dans deux cas sur trois, les juridictions se prononcent en faveur des projets. Le photovoltaïque donne également lieu à de nombreux recours avec 144 décisions de justice disponibles concernant une autorisation de projet en 2019, contre 10 en 2000. Le pic a été atteint en 2015 avec 231 décisions de justice. « Les décisions apparaissent moins clémentes avec les projets photovoltaïques puisque près d’une décision sur deux leur est défavorable », indique le rapport sur la base d’une analyse de plus d’une cinquantaine de recours sur les 5 dernières années.

  • TERRITOIRES – Des propositions pour relancer le dynamisme économique local 4 juin 2020

    Face aux répercutions économiques liées à la crise sanitaire Covid-19, la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR) vient d’annoncer une série de 14 propositions. Parmi ces préconisations on peut retenir : mobiliser un financement exceptionnel du CAS-FACE (fonds d’électrification rurale) et sécuriser les réseaux de distribution d’électricité, soutenir la filière du biométhane, créer de nouvelles infrastructures de mobilité propre, adapter les procédures de validation et de soutien des projets d’énergie renouvelable, s’engager dans l’efficacité et la rénovation énergétiques. La FNCCR plaide pour un plan national de travaux de proximité, portés par les collectivités, qui seront créateurs d’emplois et de dynamisme local, dans la période incertaine qui s’ouvre. « Nous souhaitons que l’État puisse agir en libérant les initiatives locales vertueuses : création d’infrastructures essentielles, au service de tous, soutien à des entreprises en difficulté, création d’emplois, offre de nouveaux services… »

  • CONSULTATION PUBLIQUE – Transposition du paquet européen « une énergie propre pour tous les européens » 4 juin 2020

    Le Ministère de la Transition écologique et solidaire (MTES) a lancé une consultation publique, ouverte du 1er au 26 juin, portant sur les projets d’ordonnance et de décrets relatifs à l’énergie et au climat, en transposition du paquet européen « une énergie propre pour tous les européens ». Les dispositions concernent l’information sur les systèmes de chauffage collectifs, d’eau chaude et de froid, le droit à la déconnexion d’un réseau de chaleur, le périmètre de contrôle des systèmes thermodynamiques ainsi que les systèmes de régulation des flux d’énergie. Elles rendent notamment obligatoire la diffusion d’informations, à destination des occupants d’immeubles, sur leur consommation de chaleur et les charges associées, créent l’obligation d’inspecter les systèmes thermodynamiques de plus de 70 kW, et de proposer l’entretien de ceux de moins de 70 kW, ce qui représente un gisement grandissant d’économie d’énergie d’après le MTES.

MAI 2020

L’ESSENTIEL DES ENR DU MOIS DE MAI

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  • STRATÉGIE DE RELANCE – Les projets locaux nettement plus rentables que les projets privés 28 mai 2020

    Face à la crise liée au Covid-19, les gouvernements préparent des plans de relance économique et envisagent de redéployer les activités essentielles au niveau local. Or, les projets d’énergies renouvelables représentent non seulement une activité essentielle pour la résilience économique des territoires, mais permettent également une implication des acteurs locaux – citoyens, coopératives, communes, petites et moyennes entreprises -, avec des retombées financières très importantes. Une étude allemande récente a démontré qu’un projet énergétique porté par des acteurs locaux est en moyenne bien plus rentable pour un territoire qu’un projet porté par un acteur privé extérieur. Ce travail, réalisé par l’Institut des technologies de l’énergie décentralisée (IdE) et l’université de Kassel, s’est basé sur des données réelles de parcs éoliens. Les résultats font valoir que pour un projet de 21 MW (7 éoliennes de 3 MW), une opération portée par des acteurs locaux génère 8 fois plus de retombées financières pour le territoire (58 millions €, contre 7 millions € pour le projet “externe”. La richesse générée par le parc circule entre les acteurs locaux et permet de nouvelles activités et profits par « effet multiplicateur », engendrant ainsi un cercle local vertueux. Pour mémoire une étude similaire réalisée par Energie Partagée avait démontré la même tendance.

  • GREEN DEAL – De l’hydrogène dans le plan de relance européen ? Oui mais renouvelable ! 28 mai 2020

    Le 25 mai, huit entreprises (Akuo Energy, BayWa r.e., EDP, Enel, Iberdrola, MHI Vestas, Ørsted et Vestas ) ainsi que les organisations professionnelles européennes du solaire et de l’éolien, SolarPower Europe et WindEurope, ont lancé la campagne « Pour l’hydrogène renouvelable ». Il s’agit d’un mouvement rappelant le rôle incontournable des énergies renouvelables dans le cadre d’une relance économique durable en ligne avec le Green Deal européen. Les signataires ont appelé la Commission européenne à faire le choix de l’électrification directe des besoins énergétiques pour décarboner le transport et le chauffage. Eolien et photovoltaïque joueront un rôle de premier plan dans cette montée en puissance du vecteur électricité. Mais tous les usages ne sont pas électrifiables : industrie lourde, fret routier et maritime, aviation dépendent actuellement de ressources fossiles, et notamment du gaz. L’hydrogène permet de répondre aux besoins de ces secteurs. Lorsqu’il est produit en Europe par électrolyse et électricité 100 % renouvelable, il est propre et permet de renforcer la sécurité énergétique de l’Europe. C’est pour les signataires de l’appel, le seul moyen d’arriver à une décarbonation totale des besoins énergétiques de l’Europe.

  • BOIS – La Cour des comptes communique sur le bilan de la filière 28 mai 2020

    Le 25 mai, la Cour des comptes a publié le rapport sur la Structuration de la filière forêt-bois, ses performances économiques et environnementales. En réponse à la demande du Parlement, il a été établi pour faire un bilan de la filière bois en France, aussi bien en sa qualité de matière première agricole et industrielle, que de source de séquestration du carbone mais aussi d’énergie renouvelable, afin de préserver les ressources et donc les filières qui en dépendent, et d’améliorer la cohérence des politiques publiques au plus près des territoires et des citoyens. Entre autres, la Cour des comptes préconise la création d’un fond d’aide au repeuplement forestier confié à un opérateur public et regroupant tous les financements existants et l’amélioration de l’information immobilière et environnementale. Elle recommande aussi d’étendre au secteur forestier l’expérimentation de paiements pour services environnementaux, en cours dans les secteurs de l’agriculture, et prévu par le plan biodiversité du MTES. Elle met également en avant la nécessité pour la filière de davantage se coordonner notamment en rapprochant les réseaux du Centre National de la Propriété Forestière des chambres d’agriculture.

  • RÉSEAU ÉLECTRIQUE – Première carte RTE des contraintes sur son réseau 26 mai 2020

    RTE vient de mettre en ligne sur son site une première carte des estimations prévisionnelles des congestions résiduelles à un horizon de temps de trois à cinq ans. Cette publication fait suite à une demande de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) qui avait sollicité les gestionnaires de réseau pour identifier des points de congestion et ainsi permettre aux acteurs de proposer des solutions de flexibilité, et notamment de stockage, d’écrêtement de production ou d’effacement. Cette carte recense les ouvrages sous contraintes (lignes aériennes, lignes souterraines ou transformateurs), les postes électriques les mieux situés pour gérer chaque contrainte de manière efficace, la puissance maximale à limiter et l’énergie associée. Ces données traduisent le besoin prospectif de flexibilité – modulation de production, consommation, stockage ou autre – sur le réseau, en fonction des saisons et des projections de production EnR des centrales locales. RTE met ainsi à disposition les données permettant aux acteurs d’analyser leur intérêt à contribuer à la gestion des contraintes sur le réseau de transport, grâce à leur flexibilité. Cette démarche facilite l’émergence d’alternatives tierces aux limitations de production. A terme, la carte couvrira l’ensemble des régions continentales (donc hors Corse) mais actuellement la première région détaillée est celle des Hauts-de-France. En octobre 2020, les résultats sur la région Nouvelle-Aquitaine devraient être disponibles. Viendront ensuite en 2021, Grand Est, Auvergne-Rhône Alpes, Bourgogne Franche-Comté, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Occitanie et Centre – Val de Loire. Les contraintes sur les autres schémas (Île-de-France, Normandie, Bretagne, Pays de la Loire) seront disponibles après 2022.

  • BIOKÉROSÈNE – Des déchets transformés en carburant 26 mai 2020

    Malgré la crise sanitaire liée au Covid-19, British Airways et Shell viennent d’engager 1,1 millions d’euros supplémentaires dans le programme Altalto. Développé par la société britannique Velocys, spécialiste des carburants durables, ce projet prévoit la construction d’une usine de biocarburant issu de déchets ménagers solides afin de les transformer en carburant d’aviation propre. Elle permettrait de valoriser plus de 500 000 tonnes/an de déchets non recyclables destinés à la décharge ou à l’incinération. La technologie, développée par Velocys prévoit une réduction de 70 % des émissions de gaz à effet de serre avec une amélioration de la qualité de l’air due à la disparition des rejets d’oxyde de soufre. Ce projet ambitieux aura aussi l’avantage d’améliorer l’approvisionnement en carburant du Royaume-Uni, qui importe actuellement plus de 70 % de ses carburants d’aviation. Velocys prévoit la création d’un centaine d’emplois liés à la construction et à l’exploitation de la future usine.

  • RAPPORT AIE – L’impact du Covid-19 sur les marchés de l’électricité renouvelable 26 mai 2020

    D’après l’AIE, 2020 donnera lieu à l’installation d’un moins grand volume de capacités renouvelables électriques qu’en 2019, et c’est la première fois que ces marchés ne sont pas à la hausse d’une année sur l’autre, principalement du fait de la crise du Covid-19. Malgré cela, ces secteurs ont montré une forte résilience et les projets retardés devraient se rattraper en 2021. Concrètement, cette année, 13 % de capacités en moins seront mises en service par rapport à 2019, soit 167 GW de nouvelles capacités seulement d’après le rapport Renewable Market Update publié le 20 mai. Cela correspondra toujours à une croissance de 6 % des capacités renouvelables installées dans le monde à la fin de l’année 2020, soit davantage que la capacité totale installée en Europe et Amérique du nord combinées. Beaucoup de projets faisaient déjà face à des difficultés de financement, d’intégration sur le réseau et à des incertitudes politiques lorsque la crise sanitaire est survenue. Cependant elle est également l’occasion pour de nombreux gouvernements de repenser la relance via un soutien accru aux technologies renouvelables. L’AIE insiste sur le fait que l’impact du Covid-19 va bien au-delà du secteur électrique, et que la transition vers une société décarbonée doit se faire dans le reste de l’économie également, comme le transport et la chaleur. La production de chaleur renouvelable est également prévue à la baisse en 2020, et la chute récente des prix du pétrole et du gaz risque de heurter la compétitivité des sources d’énergie renouvelables en l’absence de politiques publiques de soutien supplémentaires.

  • ALLEMAGNE – La « vallée de la mort » pour les centrales lignites 14 mai 2020

    Selon une récente étude de l’organisme allemand Oeko Institut, le secteur des centrales électriques allemandes au lignite serait entré dans une zone qualifiée de « vallée de la mort ». La lourde chute des prix de référence de l’électricité en Allemagne (- 18% en 2020 pour atteindre environ 36,50 € / MWh) a conduit à une surabondance de charbon et de gaz dans le pays. « Aux prix actuels de l’électricité et du carbone, les usines de lignite ayant une efficacité moyenne de 35 % n’ont aucune chance de couvrir leurs coûts de personnel et principaux coûts d’entretien », a déclaré Felix Matthes, responsable de la recherche énergétique et climatique à Oeko Institut. À ce niveau, les opérateurs chercheraient davantage à mettre hors service les centrales électriques plutôt que de se voir imposer des modifications majeures de la part d’une future réglementation ou des syndicats. Ce constat s’applique essentiellement aux centrales construites ou modernisées avant 1995 mais concerne également de plus en plus des sites plus récents construits après 1995. Les opérateurs seraient tentés de fermer ces centrales si leurs marges tombaient en dessous d’un seuil de 6 € / MWh. Une loi de sortie du charbon pour l’Allemagne doit être mis en consultation publique à la fin du mois de mai. L’un des principaux enjeux sera d’accompagner financièrement le secteur à la fermeture des sites.

  • LAOS – Vers un 6e mégaprojet de centrale hydroélectrique ? 14 mai 2020

    Le 11 Mai, la Commission du Mékong a annoncé la volonté du Laos d’entreprendre le processus de consultation préalable pour son 6e projet de centrale hydroélectrique, la centrale Sanakham de 684 MW. Situé à 2 km en amont de la frontière avec la Thaïlande, la centrale au fil de l’eau mesurera 350 m de long et 58 m de hauteur, et comptera 12 turbines de 57 MW chacune. Le gouvernement du Laos a fourni un ensemble d’études techniques, dont une analyse d’impact environnementale et de la pêche sur les membres de la Commission du Mékong, le Cambodge, la Thaïlande et le Vietnam. Le projet estimé à 2 milliard de $ est prévu pour débuter en 2020, pour une mise en service en 2028, afin d’exporter la majorité de l’énergie produite vers la Thaïlande. Le projet nécessitera l’accord de la Commission, qui est notamment préoccupée par le destin des communautés vivant sur les rives du fleuve, sujet clivant mis en avant par de nombreuses ONG. La consultation devrait durer au moins 6 mois.

  • ÉTUDE – Le biométhane poursuit sa croissance 14 mai 2020

    Sia Partners vient de publier mardi 12 mai son cinquième observatoire du biométhane en France. La filière se porte bien et le nombre d’unités installées connait une forte croissance depuis la mise en place des tarifs d’achat en 2011. Avec 47 unités de méthanisation raccordées en 2019, soit une hausse de 62 % par rapport à 2018, la filière française est considérée comme la plus dynamique d’Europe. Une croissance qui devait se poursuivre en 2020 avec une perspective de 200 unités raccordées aux réseaux d’ici la fin de l’année. Mais la crise sanitaire liée au Covid-19 aura un impact direct sur la filière : ralentissement des chantiers, révision des financements, études à l’arrêt… Pour limiter ces effets le gouvernement annonce deux principales mesures : des délais supplémentaires octroyés aux projets en cours pour réaliser leur mise en service ainsi qu’une suspension des contrats d’achat pour les producteurs en difficulté.

  • ÉTUDE 7 mai 2020

    Face à la crise économique liée au Covid-19, l’Oxford Review of Economic Policy vient de publier une étude sur les potentialités de différents types de politiques de relance face au double objectif de relancer l’économie et d’intensifier la lutte contre le réchauffement climatique. Le prix Nobel Joseph Stiglitz et Lord Nicholas Stern de la London School of Economics sont co-auteurs du rapport ; l’auteur principal est le professeur Cameron Hepburn de la Smith School of Enterprise and the Environment de l’université d’Oxford. Ils ont interrogé en avril dernier 231 fonctionnaires des finances, des banquiers centraux et des experts sur les cinq continents quant à différentes politiques de relance. En combinant les réponses, les auteurs relèvent cinq points économiquement et climatiquement efficaces : investir dans des infrastructures d’énergies renouvelables et de capture et stockage de carbone ; dans l’efficacité énergétique des bâtiments ; dans l’éducation et la formation pour répondre au chômage immédiat ; dans la régénération et la résilience des écosystèmes (en particulier l’agriculture raisonnée) et dans la recherche et développement “propre”. Selon Cameron Hepburn, « Quand on investit dans les énergies renouvelables, cela génère à court terme plus d’emplois, précisément quand on en a besoin, et permet à long terme de disposer d’énergie à un coût très limité. ». Les auteurs évaluent à six mois la période de temps qu’il reste pour prendre les bonnes décisions et mettre l’économie sur la route d’une décroissance durable des émissions de gaz à effet de serre.

  • POMPES À CHALEUR – Chiffres de marché 2019 7 mai 2020

    Observ’ER vient de mettre en ligne son étude sur le marché 2019 des pompes à chaleur dans le secteur du résidentiel (jusqu’à 30 kW). Avec 815 400 PAC air/air et air/eau vendues, auxquelles s’ajoutent 118 380 chauffe-eau thermodynamiques (CET), les technologies aérothermiques progressent de 34 % et réalisent une très belle année. Pour les pompes à chaleur de type air/eau, le marché a été très fortement porté par la mesure Coup de Pouce Chauffage mise en place en janvier 2019. Destinée à accélérer le remplacement des chaudières les plus anciennes, et donc les plus polluantes, cette mesure propose aux particuliers des aides pour l’achat de différents équipements de chauffage dont les chaudières biomasse, les systèmes solaires ou les PAC eau/eau ou air/eau. Parmi l’ensemble des options possibles, les pompes à chaleur air/eau sont les principales bénéficiaires de cette mesure. A la différence des autres technologies, elles bénéficient d’un réseau commercial très bien implanté en France et elles sont familières à un grand nombre d’installateurs. Le résultat a été une croissance de 80 % de leurs ventes en 2019. Les pompes à chaleur air/air restent les plus diffusées avec une activité portée à la fois par le remplacement d’anciens systèmes de chauffage électrique et par l’équipement de logements neufs. En 2018 et 2019, ce segment a également profité de deux périodes estivales très chaudes, comportant parfois des épisodes de canicules comme en 2019, ce qui a eu un effet direct sur les ventes, puisqu’elles peuvent être utilisées en mode climatisation. Pour les pompes à chaleur géothermiques, le bilan est inverse car les ventes restent à un niveau désespérément bas (3 300 pièces). Le contexte général du segment reste inchangé : une technologie très mal connue du grand public et des équipements chers à l’achat qui dissuadent la grande majorité des particuliers d’envisager plus avant ces solutions qui ont pourtant un très bon rendement énergétique.

  • ASIE PACIFIQUE – Lutte contre la précarité énergétique et mesures pour dépasser la crise sanitaire vont de pair 7 mai 2020

    Dans un communiqué de presse du 6 mai l’IRENA a annoncé avec l’ESCAP (United Nations Economic and Social Commission for Asia and the Pacific) vouloir préparer l’après-crise afin de fournir de l’énergie renouvelable aux systèmes de santé et à l’économie. Les propositions concerneront à la fois les problématiques court-terme de gestion de crise et les sujets de moyen et long termes pour soutenir l’économie et confirmer l’amélioration sanitaire. La région abrite la moitié de la population mondiale et est particulièrement dépendante des énergies fossiles. De plus, l’ESCAP affirme que 200 millions de personnes vivent sans accès à l’électricité et 1,2 milliard ne disposent pas d’appareils de cuisson neutres pour la santé. La secrétaire exécutif de l’ESCAP Armida Alisjahbana a énoncé le besoin pour les différentes parties prenantes d’adopter la devise « no more business as usual » afin d’inclure davantage de soutenabilité sociale et environnementale dans leurs décisions stratégiques. Avec les baisses budgétaires, les États risquent de délaisser l’accès à l’énergie à court terme dans les régions les plus pauvres et rurales, ce qui pourrait sévèrement impacter leur capacité de réaction pour aider les patients atteints du covid-19 (transport et réfrigération des vaccins). Pour y arriver, les solutions décentralisées de production d’électricité comme le PV seraient plus simples et rapides à mettre en place, et celles pour la cuisson propre pourraient limiter le dangereux cocktail covid-particules fines. C’est également une question d’indépendance énergétique pour ces États, qui, sur les moyen et long termes, pourraient trouver dans les énergies renouvelables,  des solutions accessibles pour combattre la précarité énergétique et le changement climatique et créer des emplois locaux.

AVRIL 2020

L’ESSENTIEL DES ENR DU MOIS DE AVRIL

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  • GOOGLE – Outil d’optimisation de la demande d’énergie 30 avril 2020

    Le 22 avril, à l’occasion de la Journée de la Terre, Google a présenté son nouvel outil de d’optimisation énergétique actuellement testé dans ses data centers. Développé sous le nom de « plateforme intelligente de calcul carbone » il s’agit d’un outil capable d’optimiser la consommation énergétique suivant les meilleures heures de production d’électricité renouvelable. En effet, l’outil permet de prévoir les tâches que doivent effectuer les data centers, ainsi que d’anticiper les pics de production solaire et éolienne journaliers et, ainsi de créer un nouvel emploi du temps afin de synchroniser les tâches énergivores avec ces moments. Sans que cela n’affecte l’utilisation des services comme Maps ou Youtube fonctionnant tout au long de la journée, il permet de décaler les missions les moins urgentes dans le planning, comme les mises à jour de base de données Google Translate. L’entreprise prévoit à terme de déployer ce système dans tous ses sites, et devrait publier une étude détaillée courant 2020.

  • BILAN ENR EUROPÉEN – Webinaire sur les résultats du 19e baromètre annuel EurObserv’ER 30 avril 2020

    Jeudi 23 avril s’est tenu un webinaire entièrement dédié aux résultats de la 19e édition de l’État des énergies renouvelables en Europe, une publication réalisée chaque année par le consortium EurObserv’ER et disponible en ligne depuis fin février. Cet ouvrage de référence présente le bilan du développement énergétique, économique et technique de l’ensemble des technologies renouvelables au sein de chacun des pays membres de l’Union européenne. Animé par l’allemand RENAC, en charge de la communication au sein du consortium, le webinaire a été l’occasion de revenir sur les principaux résultats des différents chapitres du bilan. Observ’ER, leader du consortium, a ouvert la session avec les indicateurs énergétiques et notamment la situation de l’Union européenne vis-à-vis des objectifs de pénétration des filières renouvelables dans son bilan énergétique. Le néerlandais TNO Energy for Transition a présenté les volets emplois et chiffres d’affaires, ainsi qu’un point sur les coûts moyens des différentes technologies EnR et sur les consommations d’énergies fossiles évitées par le développement des énergies renouvelables. Franckfurt School of Finance and Management s’est chargé des indicateurs de suivi des investissements dans les technologies renouvelables. Enfin, le Fraunhofer Institut a passé en revue les principaux enseignements des chapitres dédiés à l’innovation et la compétitivité ainsi qu’à la flexibilité des réseaux électriques pour l’intégration des nouvelles puissances renouvelables. La dernière partie de la session en ligne a été l’occasion pour l’équipe du consortium de répondre aux questions des participants. Les baromètres EurObserv’ER sont issus d’un programme financé par la Commission européenne et complété par l’ADEME pour la traduction en français des livrables. La vidéo du webinaire dans son intégralité est disponible à partir du site des baromètres.

  • HYDROGÈNE – Deux projets pour la mobilité zéro-émission 30 avril 2020

    Le groupe français McPhy, spécialiste des équipements de production, de stockage et de distribution d’hydrogène vient d’être sélectionné pour accompagner deux projets dans la mobilité zéro-émission. Le premier projet prévu en Centre-Val de Loire a pour objectif de convertir les surplus d’électricité renouvelable (éolien et photovoltaïque) en gaz vert. L’hydrogène produit permettra de répondre aux besoins de mobilité grâce à une station de recharge dédiée qui sera installée en fin d’année. Situé dans la Région Grand Ouest, le second projet a pour objectif de recharger des véhicules légers et lourds dédiés au transport de personnes. La phase test débutée mi-mars a été conduite avec succès. La technologie utilisée a aussi été sélectionnée pour équiper de nombreux projets, notamment à Paris et à Rouen ainsi que dans le cadre du projet « EAS-HyMob » en Normandie.

  • HYDROGÈNE – Des navires propulsés à l’hydrogène 23 avril 2020

    Le groupe helvético-suédois ABB annonce la signature d’un accord avec l’entreprise bordelaise Hydrogène de France (HDF), spécialiste des technologies de l’hydrogène. Ce partenariat prévoit l’assemblage et la production de piles à combustible de forte puissance (supérieure à 1 MW) destinées à l’alimentation des navires de haute mer. Les piles à combustible transforment l’énergie chimique de l’hydrogène en électricité par une réaction électrochimique. Avec l’utilisation d’énergies renouvelables pour produire de l’hydrogène, toute la chaîne énergétique peut être propre. Le transport maritime étant responsable d’environ 2,5 % du total des émissions de gaz à effet de serre dans le monde, la pression s’accroît pour que l’industrie maritime passe à des sources d’énergie plus durables. « Avec la demande sans cesse croissante de solutions permettant un transport maritime durable et responsable, nous sommes convaincus que les piles à combustible joueront un rôle important pour aider l’industrie maritime à atteindre les objectifs de réduction du CO2 », a déclaré Juha Koskela, directeur général d’ABB Marine & Ports. La production sera assurée par Hydrogène de France à Bordeaux.

  • PERSPECTIVES 2050 – Vers une planification basée sur l’économie bas-carbone ? 23 avril 2020

    Dans un communiqué de presse daté du 20 avril, l’IRENA (International Renewable Energy Agency) présente les perspectives développées pour atteindre les objectifs climatiques dans son rapport « Global Renewables Outlook : Energy transformation 2050 ». D’après lui, les investissements nécessaires à une stratégie de décarbonisation pourraient être de l’ordre de 130 000 mds de $ mais engendreraient des bénéfices socio-économiques considérables. La transformation du système énergétique pourrait accroitre le PIB mondial de 98 000 milliards de $ par rapport aux scénarios actuels, faisant passer le nombre d’emplois dans les énergies renouvelables à 45 millions, dans l’efficacité énergétique à 21 millions et dans la flexibilité à 15 millions. Le Directeur général de l’IRENA appelle les gouvernements à « aligner les efforts de récupération à court terme sur les objectifs à moyen et long terme de l’Accord de Paris et du Programme de développement durable des Nations Unies » afin de construire une économie plus résiliente et durable. L’objectif du rapport est de proposer des stratégies afin de réduire d’au moins 70 % les émissions à l’horizon 2050. Si elles diffèrent selon les régions du monde, elles se basent sur des solutions renouvelables atteignant environ 75 % du mix énergétique, ainsi qu’une électrification d’au moins 50% des besoins comme le chauffage et les transports. Cependant les gains au niveau des emplois ne seraient pas répartis équitablement suivant les différentes zones économiques. C’est pourquoi les perspectives de l’IRENA mettent en garde les gouvernements contre leur manque d’ambition, et de coordination aux niveaux international, régional et national, pour notamment soutenir les communautés les plus vulnérables.

  • CLIMAT – Il n’y a plus de temps à perdre ! 23 avril 2020

    Jean Jouzel, climatologue du CESE et plusieurs autres personnalités signent une tribune sur @LaCroix qui rappelle que « La crise profonde que nous traversons actuellement ne doit pas nous faire oublier les enjeux du changement climatique ». La France est un très mauvais élève de la transition énergétique et est aujourd’hui le deuxième pays le plus en retard en matière de développement des EnR par rapport aux objectifs 2020. Ses émissions de CO2 baissent très peu malgré des objectifs ambitieux à 2050 qui équivalent à diviser par 6 nos émissions. Le climatologue constate que les mesures prises concrètement sont bien insuffisantes et pointe notamment la baisse de la Contribution climat énergie (CCE). Dans le même temps, les objectifs annoncés pour notre feuille de route climatique sont les mêmes que ceux d’avant la baisse de la CCE, qui devait avoir un rôle très incitatif sur les entreprises… Les mesures de soutien économiques prises dans le cadre de la crise du coronavirus doivent absolument servir d’accélérateur pour « reconfigurer notre économie » et tenter de rattraper le retard pris. Les gouvernants ont un atout gagnant en main, c’est le moment d’en faire usage.

  • WEBINAIRE – L’état des énergies renouvelables en Europe 15 avril 2020

    EurObserv’ER vous invite à découvrir, le 23 avril 2020 à 11h, les points clés de son rapport annuel récemment paru. Dans ce webinaire d’une heure, vous découvrirez où l’Union européenne se situe par rapport à ses objectifs 2020, quels secteurs énergies renouvelables sont les plus créateurs d’emplois et quels pays en profitent davantage, quelles sont les tendances d’investissement à l’oeuvre dans ces secteurs… Le webinaire dévoilera combien de tonnes de CO2 ont été évitées grâce à l’usage des énergies renouvelables en Europe et quel est le niveau de flexibilité des systèmes électriques des différents pays. Pour vous inscrire cliquez ici. Vous pouvez aussi télécharger librement le rapport ici.

  • EUROPE – Union sacrée pour une relance verte européenne 15 avril 2020

    Dans une tribune publiée dans Le Monde daté du 14 avril, Pascal Canfin, président de la commission Environnement du Parlement européen appelle à une « alliance européenne pour une relance verte » post-crise sanitaire liée au Covid-19. Les quelque 180 signataires indiquent notamment que « L’alliance s’engage à proposer les solutions d’investissement nécessaires, et alignées avec les engagements pour le climat, pour relancer l’économie après la crise. Si nous relançons l’économie dans la mauvaise direction, nous irons encore plus vite dans le mur de la crise climatique. » Parmi les signataires on compte 79 eurodéputés des groupes du Parlement européen Renew Europe, 37 patrons et hauts responsables d’entreprise, 28 associations d’entreprises, 11 ministres européens, 7 ONG et 6 think tanks. Cette tribune a été aussi publiée dans sept quotidiens européens.

  • STOCKAGE – L’IRENA publie un guide méthodologique pour l’évaluation des projets de stockage 15 avril 2020

    L’IRENA (l’agence internationale des énergies renouvelables) a publié en mars son rapport Electricity Storage Valuation Framework. Divisé en trois parties, il s’adresse à la fois aux décideurs, aux régulateurs et aux experts techniques. La méthode proposée pour évaluer la valeur économique du stockage se décline en 5 phases, allant de l’identification des solutions techniques les plus pertinentes à l’évaluation de la viabilité des projets. Par exemple, les batteries fournissent une réponse rapide à des signaux et les STEPs du stockage plus long terme de gros volume en période creuse. L’objectif du rapport est d’offrir les clés pour une meilleure intégration des énergies renouvelable électriques, notamment solaires et éoliennes, grâce à une meilleure compréhension de la valeur offerte par les moyens de stockage par rapport à d’autres techniques de flexibilité. Le rapport se conclut par l’analyse de 8 types de cas concrets, illustrés par de nombreux exemples en services aujourd’hui à travers le monde.

  • RAPPORT IRENA – Les EnR ont représenté les trois quarts de la puissance électrique installée dans le monde en 2019 8 avril 2020

    Selon un rapport publié par l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), le secteur des énergies renouvelables a ajouté 176 gigawatts (GW) de capacités nouvelles de production dans le monde en 2019. Si ce chiffre est légèrement inférieur à celui qui avait été enregistré en 2018 (179 GW), le fait marquant est que les technologies renouvelables ont représenté 72 % de l’ensemble des nouvelles capacités installées en 2019 sur le globe et cela pour toutes les filières confondues (fossiles et nucléaire inclus). Jamais depuis 2012, première année où les capacités électriques renouvelables annuellement installées ont été supérieures à celles des énergies fossiles, la domination des technologies renouvelables n’a été aussi prégnante. Ainsi l’an passé leur rythme de progression a été 2,6 fois supérieur à celui des énergies fossiles. Sans surprise, l’éolien et le photovoltaïque sont les principaux moteurs de cette dynamique avec à eux seuls 90 % des 176 GW mis en place en 2019. Ainsi, l’énergie solaire a ajouté 98 GW, dont 60 % en Asie, et l’énergie éolienne a progressé de près de 60 GW, tirée par la croissance en Chine (26 GW) et aux États-Unis (9 GW). Les technologies renouvelables ont représenté au moins 70 % de l’expansion totale de la capacité électrique dans presque toutes les régions du monde hormis en Afrique et au Moyen-Orient, où elles représentaient respectivement 52 % et 26 % des ajouts nets. Ces ajouts ont porté la part renouvelable de toute la capacité électrique mondiale à 34,7 %, contre 33,3 % fin 2018. « Bien que la trajectoire soit positive, il faut en faire plus pour mettre l’énergie mondiale sur la voie du développement durable et de l’atténuation du climat – qui offrent tous deux des avantages économiques importants », a déclaré le directeur général de l’IRENA, Francesco La Camera. « En cette période difficile, nous voyons l’importance de renforcer la résilience de nos économies. Dans ce qui doit être une décennie d’action, des politiques volontaristes sont nécessaires pour augmenter les investissements et accélérer l’adoption des énergies renouvelables. »

  • GÉOTHERMIE – Appel pour un marché européen de la chaleur 8 avril 2020

    Dans une lettre adressée à la Présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen, publiée le 7 Avril, l’EGEC (European Geothermal Energy Council) appelle à la création d’un marché européen de la chaleur à l’image de ceux existants pour l’électricité ou le gaz. L’EGEC est une organisation à but non lucratif comptant plus de 120 membres issus de l’industrie de la géothermie, qui promeut l’information et le développement de l’énergie géothermique. D’après l’association, l’existence de marchés pour l’électricité et le gaz les avantagerait aux dépends de la chaleur, et notamment la chaleur renouvelable. La moitié de la consommation d’énergie en Europe passe par la chaleur, et 80 % de celle-ci vient des énergies fossiles, qui ne sont actuellement pas soumises à un prix du carbone uniformisé. De plus, les énergies fossiles bénéficient de subventions directes et indirectes, incompatibles avec l’accord de Paris, et les objectifs européens. Ainsi les solutions de chauffage et de refroidissement renouvelables peinent à se développer dans la plupart des États membres. Le secrétaire général de l’EGEC appelle donc à soutenir la chaleur renouvelable par la création d’un marché européen de la chaleur, par une législation appropriée et l’institutionnalisation d’un opérateur de réseau de chaleur qui serait chargé de gérer des infrastructures dédiées aux sources de chaleur renouvelables. Une façon également de sortir par le haut de la crise économique actuelle en investissant dans des énergies peu carbonées et créatrices d’emplois.

  • CHALEUR – Un réseau de chaleur à Champs-sur-Marne 8 avril 2020

    Après trois mois de chantier en plein cœur de la cité Descartes de Champs-sur-Marne (Seine-et-Marne), la phase de forage vient de s’achever. La communauté d’agglomération Paris-Vallée de la Marne (CAPVM) et son délégataire de service public GéoMarne (filiale locale du Groupe Engie), annoncent la réalisation de deux forages déviés de 1 900 mètres dans le Dogger (nappe d’eau souterraine où la température de l’eau se situe entre 50 et 95 °C). D’ici quelques semaines, un réseau de chaleur alimenté à 82 % par la géothermie sera effectif et permettra d’alimenter une dizaine de quartiers de Champs-sur-Marne et de Noisiel, soit environ 10 000 équivalent logements, et de faire fonctionner le futur centre aquatique. Cette réalisation représente un investissement de 40 millions d’euros. La Région Ile-de-France accompagne ce projet à hauteur de 4 millions d’euros et l’Ademe, 6 millions. La fin du chantier marque également la clôture de la collecte de financement participatif. Les citoyens locaux et plus largement, les Franciliens, avaient la possibilité de prendre part au projet grâce à un dispositif ouvert sur la plateforme Lumo. Cette collecte a atteint début février la somme d’un million d’euros.

  • CONFINEMENT – Avant goût de la transition énergétique en Belgique 2 avril 2020

    Le confinement impose un ralentissement économique d’ampleur, et par conséquent une réduction de la consommation globale d’énergie. L’APERe (Association pour la Promotion des Energies Renouvelables) rapporte qu’en Belgique, la consommation a diminué de 10% par rapport à une année classique sur la même période. Ce chiffre résulte d’une réduction de 15% de la consommation des entreprises, compensée pour partie par l’augmentation de celle des ménages. Le 28 mars de 9h à 17h, plus de la moitié de la consommation d’électricité en Belgique était fournie par des sources renouvelables. Le solaire représentait 33 %, l’éolien 28 % et la biomasse 3%. Bien que la météo ait été particulièrement propice, l’APERe explique qu’en diminuant notre consommation, il est possible d’intégrer davantage de renouvelables dans le mix. C’est ce que vise la Transition énergétique : une plus grande sobriété énergétique afin de couvrir notre consommation d’énergie par des sources renouvelables. Sur les marchés cependant, les prix négatifs lors de certaines périodes creuses nous invitent à repenser l’organisation du système électrique centralisé afin de pouvoir intégrer la flexibilité de la demande et de l’offre. L’APERe rappelle également que « le confinement ne perturbe pas le fonctionnement de nos installations renouvelables, contrairement aux centrales fossiles et nucléaires qui doivent actuellement – comme d’autres secteurs d’activité – fonctionner avec un personnel réduit, ce qui pose d’importantes questions de sécurité ».

  • ENTREPRISES – La Banque des Territoires entre au capital de Terres d’Énergie 2 avril 2020

    Terres d’Énergie, producteur indépendant d’énergies renouvelables et le Crédit Agricole Pyrénées Gascogne annoncent la signature d’un « partenariat stratégique » avec la Banque des Territoires qui investira 90 millions d’euros dans la société. A ce jour, Terres d’Énergie détient 821 installations solaires en toitures, 28 centrales solaires au sol et 2 parcs éoliens, pour une capacité installée cumulée de 488 MW, principalement en Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur et en Occitanie. “Nous sommes ravis d’accueillir la Banque des Territoires au capital de Terres d’Énergie, pour accélérer la croissance de la deuxième plateforme d’énergie solaire en France”, déclare Nicolas Jeuffrain, président et co-fondateur de Terres d’Énergie. Avec ce partenariat, la Banque des Territoires réitère sa volonté d’accompagner les acteurs indépendants de la filière énergies renouvelables. Il faut rappeler que fin 2019, la Banque des Territoires est également entrée au capital, à hauteur de 50 %, de la société CNR Solaire 1, filiale de la Compagnie nationale du Rhône, et d’un portefeuille de projets éoliens et photovoltaïques de Total Quadran d’une capacité de 143 MW. La Banque des Territoires dispose désormais d’un portefeuille de parcs éoliens et solaires de plus de 4 GW.

  • COMMISSION EUROPÉENNE – Faites connaître vos priorités climat 2 avril 2020

    La Commission européenne lance une grande consultation citoyenne sur les objectifs climat de la politique européenne à 2030. Le Green Deal européen a pour but de faire de l’Europe le premier continent neutre en matière de climat en 2050. Ceci implique d’augmenter les objectifs de réduction d’émission de gaz à effet de serre d’ici à 2030 à au moins 50 %, voire 55 % par rapport au niveau de 1990. Un tel objectif permettrait de rythmer davantage la progression nécessaire atteindre la neutralité climat en 2050. La consultation cherche à rassembler vos avis sur le niveau d’ambition que doivent afficher les politiques européennes en matière d’énergie et de climat et les actions à mettre en place dans les différents secteurs. Elle a également pour objet de récolter des informations, trajectoires, études et recommandations pertinentes en matière de réduction de gaz à effet de serre. Pour participer, remplissez le questionnaire en ligne avant le 23 juin 2020.

MARS 2020

L’ESSENTIEL DES ENR DU MOIS DE MARS

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  • MARCHÉ CHAUFFAGE BOIS 2019 – Explosion des ventes de chaudières dans un marché globalement stable 27 mars 2020

    Observ’ER vient de mettre en ligne son étude annuelle sur le marché des appareils de chauffage domestique au bois. Le rapport est librement téléchargeable à partir du site de l’association. Dans son ensemble, les ventes ont été stables, enregistrant un très léger recul en 2019 par rapport à l’année précédente (376 640 pièces contre 378 980 un an auparavant). Ces résultats ont été impactés par un nouvel hiver aux températures très douces, phénomène qui traditionnellement n’incite pas les ménages à engager des dépenses pour changer leur système de chauffage. Par ailleurs, l’annonce de la fin du crédit d’impôt dans son ancienne version au 31 décembre 2019 n’a pas suffisamment poussé les particuliers à avancer leurs achats avant la mise en place d’un nouveau dispositif en 2020. Si l’on se penche plus en détail sur la dynamique de chaque segment, les poêles à granulés, qui représentent 95 % des ventes d’appareils indépendants automatiques (poêles, inserts, foyers fermés ou cuisinières) ont reculé de 2 % soit 149 510 pièces écoulées contre 152 960 en 2018. Ce recul sur le segment phare est le premier observé depuis 2014 et le second au cours des 11 dernières années. La bonne nouvelle est venue du segment des chaudières avec une augmentation générale de 53,7 % des ventes. Cependant, cette progression est uniquement due aux appareils automatiques à granulés qui ont plus que doublé leurs ventes par rapport à 2018 (14 190 contre 6 900). Cette très forte croissance vient de la mise en place de l’offre Coup de Pouce Chauffage en début d’année 2019. Orientée vers le remplacement des chaudières les plus anciennes et les plus polluantes (notamment au fioul), l’offre propose des aides modulables suivant les niveaux de revenus des particuliers et qui peuvent atteindre 4 000 euros pour l’achat d’une chaudière biomasse performante.

  • PERSPECTIVES – 20% de la demande mondiale en gaz pourraient être couverts par le biogaz et le biométhane 27 mars 2020

    Le nouveau rapport que l’AIE vient de publier sur le biogaz et le biométhane indique que le monde n’utilise qu’une petite fraction du potentiel de production de biogaz. Les sociétés modernes produisent des quantités croissantes de déchets organiques – résidus agricoles, déchets agroalimentaires et déjections animales – qui peuvent être utilisés pour produire du biogaz et du biométhane. Le biogaz peut fournir électricité et chaleur de façon locale et peut constituer un combustible pour la cuisine. Sa transformation en biométhane le rend aussi pratique que le gaz naturel, sans les émissions nettes de CO2 qui lui sont associées. L’utilisation de davantage de ressources locales organiques pour fournir de l’énergie permet également de poursuivre les objectifs de l’économie circulaire, dans laquelle les ressources doivent être réutilisées sous forme de cycle vertueux. Toutes les régions du monde ont les moyens de produire du biogaz et / ou du biométhane et les ressources en déchets organiques devraient augmenter de 40% d’ici à 2040, selon le rapport de l’AIE. Les meilleures perspectives se trouvent dans la région Asie-Pacifique où la consommation et les imports de gaz naturel ont augmenté rapidement ces dernières années. Les potentiels sont également intéressants en Amérique du Nord et de Sud, en Europe et en Afrique.

  • FINANCE DURABLE – Le think-tank 2° Investing Initiative publie une série de rapports 27 mars 2020

    Dans un article publié le 24 mars 2° Investing Initiative présente les résultats de 4 études portant sur les particuliers consommateurs de produits financiers. Avec un premier rapport annuel datant de 2013, 2DII est un think-tank qui promeut la prise en compte des risques climatiques dans les stratégies d’investissement et la régulation européenne. Cette série d’études a pour objectif de guider les décideurs politiques pour l’élaboration du Sustainable Finance Action Plan dans le cadre du Green New Deal. Les deux tiers des répondants français et allemands affirment vouloir investir leur argent de manière responsable, et 43% des répondants indiquent que leur objectif principal serait d’influencer l’économie réelle pour qu’elle prenne davantage en compte l’environnement. D’autre part, l’une des études montre que des phénomènes de greenwashing sont partout présents, même dans les produits financiers dits « socialement responsables ». Parmi les 52% des 230 fonds analysés communiquant sur leurs impacts, 99% feraient des déclarations ambiguës et floues sur les bénéfices environnementaux apportés par leur portefeuille. D’après les réponses d’un sondage du dernier des rapports, 85% des Européens seraient prêts à agir, par le biais de leurs choix financiers, en faveur de l’environnement, des problématiques sociales et éthiques. Il existe un Ecolabel destiné à évaluer la nature plus ou moins soutenable des produits financiers sur la base de leurs impacts environnementaux, dont une seconde version est en cours de discussion. Son analyse par 2DII montre qu’elle est construite sur des critères qui ne peuvent être mesurés dans le cadre des législations actuelles. En conclusion, le 2DII recommande de créer un cadre réglementaire permettant d’évaluer les preuves des impacts environnementaux des stratégies d’investissements et de développer des recommandations régulant les assertions du secteur de la finance quant aux impacts environnementaux que ses produits pourraient avoir ainsi que les informations qui doivent être délivrées aux clients investisseurs.

  • STOCKAGE – Total se lance dans un projet de stockage par batterie 19 mars 2020

    Le groupe Total vient d’annoncer la construction d’un site de stockage d’énergie par batteries à Mardyck dans l’enceinte de l’établissement des Flandres, situé dans la zone portuaire de Dunkerque. Avec un investissement de 15 millions d’euros, ce projet utilisera une solution de stockage lithium-ion avec 11 conteneurs de 2,3 MWh chacun, fabriqués par Saft, filiale de Total spécialiste des batteries pour l’industrie. Opérationnel d’ici la fin de l’année ce programme permettra de réguler les fréquences et la variabilité de production propres aux énergies renouvelables mais aussi de stabiliser le réseau. Total ambitionne 25 GW de capacité de production installée en électricité renouvelable (photovoltaïque et éolien) d’ici 2025.

  • COMMISSION EUROPÉENNE – 980 millions d’euros pour les infrastructures énergétiques propres 19 mars 2020

    Dans le cadre du Green Deal voulu par la Présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, la Commission a annoncé le 13 mars dernier que les projets européens d’infrastructures énergétiques transfrontalières bénéficieront de 980millions d’euros grâce au programme Connecting Europe Facility (CEF). L’appel à projets est ouvert jusqu’au 27 mai 2020, et concerne ceux qui remplissent déjà un certain nombre de critères leur permettant d’être considérés comme des Projets d’Intérêt Commun (PCIs). Ils doivent impacter au moins deux États membres, accroître la compétitivité du secteur énergétique, améliorer la sécurité d’approvisionnement de l’Europe et contribuer aux objectifs de développement durable. Dans un second temps, ils seront analysés plus finement sur des critères de maturité, de solidarité et de caractère innovant. La liste des PCIs est mise à jour tous les deux ans, la dernière, datant d’octobre 2019 entrera en vigueur le 31 mars 2020. Par exemple, le financement des projets d’interconnexion transfrontalière pourrait permettre de davantage tirer parti de productions renouvelables variables, comme ceux entre la France et le Royaume-Uni. Cependant les changements de statut juridique à la suite du Brexit pourraient compliquer les démarches, ou changer les critères de sélection.

  • IDÉES FAUSSES – Tordre le cou aux idées reçues sur les énergies renouvelables 19 mars 2020

    L’association NegaWatt et Solagro avec le soutien de l’Ademe proposent un site regroupant une série d’articles destinés à contrer les idées reçues circulant sur les énergies renouvelables. Ils balaient des sujets qui vont de l’occupation des terres par les centrales photovoltaïques à la possibilité de cohabitation entre les éoliennes et l’avifaune en passant par l’étude de l’impact de l’éolien en terme d’artificialisation des terres. Un site très utile pour démonter les contre vérités qui circulent notamment sur les réseaux sociaux. Pour rappel, Observ’ER avait déjà consacré en 2019 un hors série entier du Journal de l’Éolien sur la question des rumeurs propagées sur ce secteur et a mis en ligne une série de données et informations très factuelles sur le site du même magazine (rubrique tout sur l’éolien) dans lesquelles puiser pour monter un argumentaire renseigné.

  • UNION EUROPÉENNE – Vers une industrie européenne neutre pour le climat? 12 mars 2020

    La commission européenne a publié hier sa nouvelle stratégie industrielle pour l’Europe, qui doit constituer l’un des socles pour parvenir à une économie neutre sur le plan climatique d’ici à 2050. S’il est indiqué que « la réduction des émissions dans l’industrie dépendra d’un principe de primauté de l’efficacité énergétique et d’un approvisionnement sûr et suffisant en énergie à faible teneur en carbone à des prix compétitifs », le document manque de rappeler que les énergies renouvelables dans leur ensemble doivent constituer la première ambition de cette décarbonation du secteur énergétique et en particulier électrique. Le seul secteur des EnR qui appelle une réflexion industrielle en propre est celui des énergies renouvelables en mer, qui se verront consacrer un document stratégique centré notamment sur les chaines d’approvisionnement sur lesquelles le développement de ces énergies repose. La Commission soutient à juste titre le recours à tous les vecteurs d’énergie et annonce qu’une attention particulière sera consacrée à l’hydrogène propre dans le cadre d’une réflexion sur l’intégration des secteurs. Enfin, est annoncée également l’élaboration d’une stratégie globale pour une mobilité durable et intelligente qui visera à pérenniser l’avance technologique de « l’industrie européenne de la mobilité ». Attendons maintenant des textes plus précis !

  • MAINTENANCE – Des drones pour l’inspection de lignes à haute-tension 12 mars 2020

    Dans un communiqué de presse du 10 mars, Drone Volt annonce avoir conclu un protocole d’entente avec Hydro-Québec, plus grand producteur d’électricité du Canada et l’un des principaux exploitants de centrales hydroélectriques au monde. Ce protocole vise à convenir de l’utilisation exclusive d’un type de drone destiné à l’inspection des lignes haute-tension d’Hydro-Québec, capable de mesures très précises, tout en maintenant des lignes sous tension. L’objectif est de diminuer les coûts de ces inspections et le risque pour les techniciens, et d’éviter les traditionnelles interventions par hélicoptère. Créée en 2011 et basée à Villepinte (Seine-Saint-Denis), Drone Volt est une entreprise spécialisée dans les drones civils et l’intelligence artificielle. Elle fournit à ses clients des solutions clé en main et des formations au pilotage de drones, notamment des administrations comme le ministère des Armées et des industriels comme Engie. L’entreprise française commercialise également des gammes de drones pour le nettoyage de panneaux solaires en toiture. L’utilisation de drones dans le monde de l’énergie se développe, témoin EDF qui les utilise pour la surveillance de son parc hydroélectrique.

  • IRENA – Lancement de la plateforme d’investissement climatique 12 mars 2020

    Le 5 mars dernier, l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), en collaboration avec ses partenaires Sustainable Energy for All (SEforALL), le PNUD et le Fonds vert pour le climat, a lancé une plateforme d’investissement climatique. L’objectif de cette action est d’augmenter le flux de capitaux vers les pays en développement et d’initier de nouveaux projets basés sur des énergies renouvelables. “Alors que l’Agence adopte une approche plus orientée vers l’action, aider les pays en développement à accéder au financement nécessaire pour atteindre leurs objectifs en matière d’énergies renouvelables, tout en soutenant des résultats sociaux et économiques, est une priorité claire”, a déclaré le directeur général de l’IRENA, Francesco La Camera. Pour soutenir la mise en œuvre de la plateforme d’investissement climatique, l’IRENA organisera une série de forums régionaux conçus pour mettre en relation les promoteurs de projets enregistrés, les gouvernements et les partenaires financiers. Ces forums seront organisés autour de 14 clusters régionaux permettant d’adapter les activités aux besoins spécifiques des pays. Ces clusters sont construits autour de cinq sous-régions en Afrique, quatre en Asie et deux en Amérique latine ainsi que des clusters spécifiques pour les Caraïbes, les îles du Pacifique et l’Europe du Sud-Est. Les porteurs de projets sont encouragés à enregistrer leurs projets sur la page Web dédiée sous le cluster régional correspondant.

  • BILAN CO2 RTE – Le secteur électrique de moins en moins émetteur 5 mars 2020

    Le 20 février, RTE a publié une note de précision sur les bilans CO2 du parc électrique français. Elle porte sur le bilan CO2 associé au secteur, et non à l’évaluation économique des différents leviers d’action. D’après cette note, l’électricité française produite en 2019 est majoritairement décarbonnée : 484 TWh (379 TWh nucléaires, 60 TWh hydrauliques, 45 TWh éoliens et solaires) contre 42 TWh provenant des centrales fossiles. Les émissions du secteur électrique ont diminué ces dernières années pour atteindre 19 millions de tonnes de CO2, et la France est toujours l’un des pays européens avec le contenu carbone de l’électricité le plus faible. A titre de comparaison le secteur électrique en Allemagne émet 270 millions de tonnes, et l’Italie 90 millions. RTE affirme que les énergies renouvelables se sont bien substituées, au cours des années récentes, aux énergies fossiles et non au nucléaire. La production nucléaire a stagné à 63 GW entre 2005 et 2019, et la légère baisse de production est due aux travaux de « grand carénage » d’EDF. L’augmentation de production renouvelable se traduit donc par une réduction des moyens fossiles (5 millions de tonnes de CO2 en France et 17 millions en Europe grâce aux interconnexions électriques). On peut ajouter que l’un des chapitres de la dernière édition de l’État des énergies renouvelables en Europe, publié par EurObserv’ER aborde cette thématique. Ainsi pour l’année 2018, on évalue à 351,3 millions de tep les volumes d’énergies fossiles auxquels se sont substitués des énergies renouvelables pour des besoins électriques, ou de transport.

  • HYDROGÈNE – Le navire Energy Observer reprend son odyssée 5 mars 2020

    Mardi, Energy Observer, le premier bateau autonome à hydrogène a quitté le port de Saint-Malo. Direction le Maroc ou les Canaries selon les conditions météo, le navire mettra ensuite le cap sur Saint-Barthélemy. L’hydrogène à bord d’Energy Observer est produit par électrolyse d’eau de mer dessalinisée par osmose, puis traitée pour être utilisée par un électrolyseur embarqué. Pour cette expédition, une nouvelle pile à combustible fournie par Toyota, permettra de restituer aux moteurs de l’électricité à partir de l’hydrogène stocké. Autre amélioration, les panneaux solaires qui ont été étendu portant la surface totales à 202 m² pour une puissance cumulée de 34 KW. Pour 2020, l’équipage s’est fixé pour objectif de parcourir 37 000 km, presque la circonférence de la terre. La traversée du canal de Panama permettra de rejoindre Hawaï et enfin Tokyo, du 24 juillet au 9 août pour les Jeux Olympiques.

  • DÉBAT PUBLIC ÉOLIEN EN MER – Premier atelier samedi 7 mars 5 mars 2020

    Dans le cadre des débats organisés par la Commission nationale du débat public (CNDP) sur le futur appel d’offres de l’État pour construire un nouveau parc éolien d’une puissance de 1 GW (soit 300 km2 d’emprise) au large des côtes normandes. Le premier atelier d’échanges avec le public aura lieu le samedi 7 mars de 14h à 17h au port du Havre. En petit groupe, les citoyens sont invités à donner leur avis et leurs recommandations sur la localisation des futures machines dans la macrozone préalablement identifiée et qui s’étend de Cherbourg au Tréport. Le débat devra également identifier, au sein de cette même zone de 10 500 km2, d’autres zones de projets potentiels qui seront lancés à partir de 2023.

FéVRIER 2020

L’ESSENTIEL DES ENR DU MOIS DE FéVRIER

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  • CROWDFUNDING – L’environnement et les énergies renouvelables en 2e position 26 février 2020

    Mazars, organisme international spécialisé dans l’audit, et l’association Financement participatif France (FPF) viennent de publier le baromètre des plateformes de financement alternatif et participatif (crowdfunding) en France. 2019 est annoncé comme une année record avec + 56 % de fonds collectés pour atteindre 629 millions d’euros. L’environnement et les énergies renouvelables, avec 92,2 millions d’euros, arrivent en deuxième position des investissements derrière l’immobilier. Cet excellent chiffre vient corroborer les indicateurs du 6e baromètre de l’Ademe, qui révèle que 52 % des Français sont favorables aux énergies renouvelables. Le financement participatif poursuit donc sa croissance et n’est plus un phénomène de mode. En cinq ans il est devenu une source de financement non négligeable pour les porteurs de projets.

  • BILAN ÉLECTRIQUE FRANÇAIS – RTE annonce une nouvelle baisse de la consommation 26 février 2020

    Avec 473 TWh, 2019 a été l’année qui a affiché la plus faible consommation française d’électricité depuis 10 ans. Le chiffre représente une baisse de 0,5 % par rapport à 2018 (corrigée de l’aléa météorologique). La production électrique sur le territoire a été également en baisse de 2 % par rapport à 2018, soit 537,7 TWh. La France reste cependant le plus grand exportateur européen avec un flux de 84 TWh exportés à ses frontières contre 28,3 TWh importés. Dans le détail, l’énergie charbonnière a diminué de 71,9 % pour des raisons d’orientation de politique énergétique du pays (confirmées par la PPE), celle d’origine nucléaire de 3,5 % pour des problèmes de disponibilité de certaines centrales et l’hydroélectricité de 12,1 % pour cause de sécheresse accrue. En revanche, l’énergie éolienne a connu une hausse de 21,3 % et le solaire photovoltaïque 7,8 %. Ces évolutions du mix productif électrique 2019 ont conduit à une baisse des émissions de CO2 de 6 % par rapport à l’année précédente. RTE n’indique pas l’impact de ces évolutions sur les émissions de CO2 induites par nos importations d’énergie en provenance de pays où le mix est davantage carboné. En 2019 RTE a investi 1 456 M€ pour sécuriser et adapter le réseau aux nouveaux besoins du mix, notamment avec des interconnexions avec l’Italie (Savoie-Piémont) et l’Angleterre (IFA 2), ainsi que les travaux d’Avelin-Gavrelle pour la sécurité d’alimentation des Hauts-de-France. C’est également l’année de lancement des travaux de raccordement du parc éolien en mer de Saint-Nazaire. Au total, 128 km de lignes aériennes ont été supprimées au profit de 213 km de lignes souterraines. Le réseau du transporteur national compte désormais 105 942 kilomètres de lignes électriques.

  • TRANSITION ÉNERGÉTIQUE – L’État veut montrer l’exemple 26 février 2020

    Premier propriétaire immobilier de France avec 99 millions de mètres carrés, l’État entend montrer l’exemple dans l’application du décret tertiaire issu de la loi Elan, caractérisé par des objectifs drastiques de réduction de consommation énergétique dans des délais courts. C’est ainsi qu’à la suite du Conseil de Défense écologique du 12 février et dans le cadre de la stratégie pour des services publics éco-responsables, la Direction de l’immobilier de l’État et la Direction de l’Habitat, de l’Urbanisme et des Paysages lancent un deuxième appel à projets auprès des services de l’Etat pour financer des travaux “à gains rapides” présentant un temps de retour sur investissement (RSI) court grâce aux économies d’énergie réalisées. Un premier appel à projets avait été lancé en 2018 dans le cadre du Grand plan d’investissement. Il avait permis de financer pour 1 milliard d’euros, 39 projets de rénovation ou de reconstruction des cités administratives et finançant principalement des travaux concourant à la performance énergétique. Les travaux ciblés doivent correspondre à des actions “simples, immédiates et économes” permettant de réaliser facilement des économies d’énergie à moindre coût, tout en prenant en compte le confort des occupants. Ces projets doivent permettre de mettre en avant une démarche “Services publics eco-responsables” avec des objectifs ambitieux de réduction de 2/3 de la facture énergétique et de 50 % de l’émission des gaz à effet de serre. De plus, leur mise en œuvre devra s’accompagner d’une information auprès des occupants, afin de les associer à la démarche. Les actions présentant un temps de retour sur investissement entre 1 et 5 ans sont privilégiées. Le plafond est fixé à 10 ans.

  • ENQUÊTE – 94 % des Français favorables aux renouvelables 19 février 2020

    Pour sa 6e édition, le baromètre de l’Ademe révèle que 52 % des Français pensent qu’il serait possible, d’ici une vingtaine d’année, de produire quasiment toute l’énergie nécessaire au pays à partir d’énergies renouvelables et 64 % déclarent qu’ils seraient prêts à payer plus cher pour passer d’une énergie classique à une énergie renouvelable. « L’augmentation moyenne consentie atteint près de 12 %, un record depuis 2014 », assure l’agence dans un communiquédu 11 février. La production d’EnR à domicile fait des émules. Ainsi, 68 % des Français, + 2 points, seraient prêts à payer un peu plus cher pour produire eux-mêmes leur propre électricité. La production locale d’énergies renouvelables a également le vent en poupe : 86 % des sondés plébiscitent la production locale d’EnR même si elle coûtait un peu plus cher, 57 % (+3 points) seraient prêts à participer personnellement au financement de ce type de projet en y plaçant une partie de leur argent et 31 % (+ 3 points) pourraient même y investir plus de 500 euros. Toutefois, le baromètre révèle que les Français ont une très mauvaise connaissance de l’existence de ce type de projets : seuls 8 % des Français savent si de tels projets existent dans leur région. Enfin, le baromètre révèle que les attitudes hostiles à l’implantation d’installations d’EnR (syndrome « Pas dans mon jardin ») déclarées par l’ensemble de la population sont également minoritaires et/ou en régression.

  • FRANCE – Un outil pour suivre les consommations énergétiques étatiques 19 février 2020

    Le gouvernement a annoncé que l’État se dotait d’un outil de suivi de ses consommations de gaz, d’électricité, d’eau, de fioul, de chauffage urbain. « L’objectif est de mieux gérer son énergie et piloter son parc Immobilier », expliquent Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire, Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics et Emmanuelle Wargon, secrétaire d’État auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire dans un communiqué commun en date du 14 février. Cet outil (OSFI, pour Outil de suivi des fluides interministériel), développé avec l’entreprise française Deepki, « permet de dresser une cartographie des consommations énergétiques du parc immobilier et ainsi d’être un véritable outil d’aide à la décision. » Il permet de : détecter une anomalie sur facture ; optimiser son contrat ; analyser les consommations via des courbes de charges ; de prendre les décisions d’investissements les plus judicieuses visant à réduire les consommations énergétiques. Le déploiement d’OSFI fait partie d’une série de mesures pour réduire les consommations énergétiques et émissions de Co2 des bâtiments publics. Tout comme, notamment, l’éradication du chauffage au fioul d’ici 2029, l’interdiction dès 2020 de l’achat de nouveaux systèmes de chauffage au fioul et la mise en open data dès maintenant des diagnostics de performance énergétique (DPE) des bâtiments publics.

  • BIOGAZ – La FNCCR regrette un manque d’ambition 19 février 2020

    La Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR) a réagi le 19 février à la consultation publique de la stratégie nationale bas carbone (SNBC) et de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Si l’organisme rassemblant des collectivités territoriales spécialisées dans les services publics locaux en réseau salue « une approche conciliant compétitivité et dynamique d’emplois créés et développés dans les territoires grâce à la transition énergétique », le ton change à propos du biogaz. Ainsi, la FNCCR demande de renforcer la place du biogaz et soutenir financièrement son développement. La fédération « regrette une cible de production de biogaz trop modeste, à l’horizon 2023 : 6 TWh injectés contre 8 TWh inscrits dans la précédente PPE (2016). Cette réduction va ainsi à contre-courant de l’accélération du développement de la filière constatée en 2019. Par ailleurs, la FNCCR regrette le manque d’ambition concernant l’objectif de gaz renouvelable dans la consommation de gaz en 2030, fixée à seulement 7 %, loin des ambitions initiales de 10 %. » Et d’ajouter, « il paraît nécessaire de limiter les appels d’offres à des productions élevées (supérieures à 30 GWh annuels) et de sanctuariser des volumes de production en guichet ouvert pour faciliter l’industrialisation et la baisse des coûts. Dans le même temps, il semble indispensable de mettre en place des outils pour faciliter le développement des projets (analyse des gisements au niveau départemental, aide à la faisabilité, aides spécifiques pour le gaz porté…). »

  • GÉOTHERMIE – Bordeaux métropole passe au plan B 12 février 2020

    Le verdict est tombé. En quête d’une ressource géothermale à 70 degrés dans un réservoir du jurassique, Plaine de Garonne Énergies a dû accepter l’échec de son forage à 1 600 mètres. « On a trouvé une eau à un débit de 240 litres/heure alors qu’on en attendait 200 à 300 m³ selon les projections du BRGM », lance Christophe Raymond. Intervenant à l’occasion d’un atelier des Assises européennes de la transition énergétique organisées fin janvier, le directeur de cette filiale de Cofely Engie et de Storengy semble déçu, mais pas abattu. Et pour cause : ce cas de figure avait été anticipé par le délégataire et son autorité concédante Bordeaux Métropole. « On s’est lancés car l’Ademe a accepté de couvrir le risque pris par cette exploration à hauteur de 90 % des coûts », confie Christian Guillaume, chef du service production et distribution d’énergie de la collectivité. « Lors de notre consultation, nous avons demandé aux entreprises d’imaginer différents scénarios. Avec un plan B pour que quoi qu’il arrive, on puisse créer un réseau de chaleur et un tarif compétitif ». Sur la rive droite de la Garonne, le forage a de fait repris pour remonter jusqu’à une nappe du Crétacé dont la température est plus faible (45 degrés), mais dont l’existence ne fait pas de doute. Si les choses se passent désormais comme prévu, l’installation géothermique développera une puissance de 7 MW de chaleur (contre 16 prévus initialement) et le complément sera apporté par une chaufferie biomasse dont le bâtiment avait été préconstruit avant de lancer les forages. Celui-ci aurait été affecté à un autre usage en cas de succès… Mais être prévoyant s’avère parfois utile.

  • HYDROGÈNE – Valorisation d’hydrogène fatal par pile à combustible 12 février 2020

    Le projet ClearGen permet de produire de l’électricité à partir de l’hydrogène coproduit par la SARA (Société Anonyme de la Raffinerie des Antilles) dans sa raffinerie de Martinique. Porté par HDF Energy (Hydrogène de France Energy), en partenariat avec la SARA, le laboratoire ICMCB/CNRS, Ballard Power Systems Europe et JEMA, ce projet a pour but d’exploiter de manière industrielle de l’hydrogène pour produire de l’électricité avec une pile à combustible de grande puissance (1 MW). Financé à hauteur de 10 millions d’euros conjointement par le FCH JU (Fuel Cells and Hydrogen Joint Undertaking) de l’Union Européenne et la SARA, il consiste en la récupération de l’hydrogène non valorisé et initialement brûlé en torchère, pour produire de l’électricité. Celle-ci est vendue sur le réseau martiniquais à EDF SEI à travers un contrat d’achat de 15 ans. Le succès de l’intégration de cette technologie dans un contexte industriel très complexe et règlementé qu’est celui d’une raffinerie SEVESO ouvre un champ de possibilités pour la valorisation des sous produits issus des industries chimiques et pétrolières à grande échelle, notamment aux membres du consortium européen. HDF Energy a par ailleurs annoncé, le 10 décembre dernier, la construction à Bordeaux de la première usine de fabrication de piles à combustible de forte puissance, qui permettront de multiplier les projets de type ClearGen.

  • BIOGAZ – Un nouveau fonds de développement 12 février 2020

    Jeudi 6 février, Eiffel Investment Group, la Banque des Territoires, GRTgaz, Société Générale Assurances et Ademe Investissement ont annoncé le lancement du fonds Eiffel Gaz Vert. Doté de 115 M€, cet outil est destiné à soutenir le développement de 50 à 100 unités de méthanisation en France et en Europe au moyen de prises de participation minoritaires, apports en capital ou quasi-capital. L’un de ses objectifs est notamment d’aider les projets à passer la phase délicate de construction de l’unité de méthanisation avant qu’elle n’entre en production et que des financements de long-terme ne prennent le relais. En proposant un financement minoritaire, le fonds préserve ainsi le contrôle des industriels et agriculteurs sur leurs projets, tout en leur permettant d’allouer leurs fonds propres vers davantage d’opérations. Le nouvel outil est rapidement entré en activité puisqu’un premier projet a été engagé à hauteur de 8 M€. Il s’agit d’une opération située dans le Doubs et portée par Naskeo. La Banque Européenne d’Investissement et ProBTP étudient la possibilité d’entrer dans le fonds Eiffel Gaz Vert, ce qui pourrait alors porter son budget à 200 M€.

  • ENR ÉLECTRIQUES – Une croissance en deçà des attentes 5 février 2020

    En partenariat avec l’Ademe et la FNCCR, Observ’ER a publié le 30 janvier dernier la dixième édition de son Baromètre des énergies renouvelables électriques en France. L’ouvrage présente en détail, et par région, l’actualité des 9 principales filières de production d’énergie renouvelable électrique sur les 12 derniers mois, afin d’éclairer les territoires sur leur trajectoires en matière de transition énergétique. En légère hausse, les filières les plus dynamiques que sont l’éolien et le solaire photovoltaïque, ont vu leurs puissances installées progresser respectivement de 1,5 GW et presque 1,2 GW au cours de l’année écoulée. Ainsi la production électrique renouvelable de la France aura couvert l’équivalent de 23 % de l’énergie électrique nationale consommé et ce malgré un secteur hydroélectrique dont le niveau de production a été particulièrement en raison d’une année 2019 particulièrement sèche. Cependant, la progression des puissances installées a été en deçà des attentes notamment pour l’éolien et le PV qui auraient dû croître d’au moins 2 GW chacun, et maintenir ce rythme dans les années à venir, pour rester dans la feuille de route des objectifs 2023 de la dernière programmation pluriannuelle de l’énergie.

  • BÂTIMENT – Un collectif mobilisé pour le SPPEH 5 février 2020

    Les réseaux Amorce, Cler Réseau pour la transition énergétique, Flame et FNCAUE ont annoncé, dans un communiqué du 1er février leur mobilisation « pour un service public de la rénovation énergétique (SPPEH) à la hauteur des enjeux. » Ces réseaux veulent « pérenniser les structures d’accompagnement, les généraliser à tous les territoires et développer leurs missions pour atteindre les objectifs quantitatifs tout en garantissant la qualité et l’efficacité des rénovations grâce à un conseil objectif et indépendant des intérêts commerciaux. Le SPPEH doit être un service de proximité offert à tous les citoyens, et adapté aux différentes situations des ménages. » Le collectif fustige le choix de l’État de se désengager du financement du SPPEH pour le faire reposer sur les certificats d’économie d’énergie (CEE), via le programme SARE (Service d’Accompagnement pour la Rénovation Énergétique, et sur les collectivités). « Ce choix risque de fragiliser l’écosystème de la rénovation », prévient-il, ajoutant que « le SPPEH ne peut pas se limiter au programme SARE. » Les 4 réseaux demandent donc « un cadre plus adapté et un financement pérenne pour le SPPEH en utilisant par exemple une partie de la contribution climat énergie pour financer les politiques de rénovation et plus largement de transition énergétique portées par les collectivités. »

  • ÉOLIEN – Siemens Gamesa devient plus Siemens que Gamesa 5 février 2020

    L’allemand Siemens a annoncé le 4 février le rachat pour 1,1 milliard d’euros à l’espagnol Iberdrola de la participation de 8,1 % qu’il détient dans sa filiale d’éoliennes Siemens Gamesa, issue de la fusion en 2017 de l’espagnol Gamesa et de la division énergie éolienne de Siemens. Une fois l’opération bouclée, Siemens détiendra quelque 67 % de la Siemens Gamesa. Il n’entend pas lancer d’offre sur le reste du capital, a-t-il précisé dans un communiqué. « Siemens et Iberdrola ont reconnu depuis longtemps la nécessité d’une consolidation » dans le secteur des énergies renouvelables, et « ont fait un premier pas dans cette direction », explique Joe Kaeser, patron du groupe, cité dans ce même communiqué.

JANVIER 2020

L’ESSENTIEL DES ENR DU MOIS DE JANVIER

Voir actus
  • ÉTUDE – Le coût des renouvelables « poursuit sa baisse rapide » 29 janvier 2020

    L’Ademe a publié une mise à jour de son étude de 2017 sur les coûts des énergies renouvelables en France. Photovoltaïque, éolien terrestre et en mer, hydrolien, petite hydroélectricité, géothermie profonde de haute énergie, bois énergie, solaire thermique individuel, pompes à chaleur individuelles, biomasse collective, solaire thermique, géothermie, cogénération biogaz, injection de biogaz, l’étude détaille les principaux paramètres régissant les coûts de production de ces différentes énergies et l’évolution de ces coûts. Pour certaines filières, une comparaison internationale est réalisée pour les coûts actuels. Enfin, le stockage de l’électricité et les coûts de production des technologies solaires en zone non interconnectée (ZNI) sont également dans le scope de l’étude. « Globalement, l’étude constate que le coût des énergies renouvelables poursuit sa baisse rapide. Des filières comme le photovoltaïque, l’éolien terrestre, le bois énergie, atteignent aujourd’hui, pour une partie significative des installations, des coûts inférieurs à ceux des technologies conventionnelles », explique l’Ademe. « Dans ce contexte, les soutiens publics au MWh se réduisent significativement, mais leur rôle assurantiel reste important pour permettre l’accès à des financements à bas coût. » Chez les particuliers, le développement des solutions d’énergies renouvelables « nécessite le maintien des aides publiques. En effet, même les solutions les plus effiicaces (bois énergie et géothermie), peinent à se développer à cause de barrières freinant le passage à l’action (le coût de l’investissement initial est particulièrement élevé) », relève l’étude.

  • CHALEUR – 3 appels à projets pour l’industrie 29 janvier 2020

    L’Ademe a annoncé le lancement de trois appels à projets à destination des entreprises pour soutenir la production de chaleur renouvelable, à partir de biomasse, d’énergie solaire ou de combustibles solides de récupération (CSR). Ces appels à projets s’inscrivent dans le cadre du Fonds chaleur et du Fonds économie circulaire. Les entreprises peuvent candidater à un ou plusieurs de ces appels à projets avant le 14 mai 2020. L’appel à projets « Biomasse Chaleur Industrie Agriculture et Tertiaire » permet aux entreprises d’être soutenues pour financer les installations de production de chaleur à partir de biomasse ayant une production annuelle supérieure à 12 000 MWh. L’appel à projets « Energie CSR » permet aux entreprises d’être soutenues pour le développement d’unités permettant la valorisation de combustibles solides de récupération (CSR). Enfin, L’appel à projets « Grandes surfaces solaire thermique » permet aux entreprises d’être soutenues pour financer les installations de production de chaleur moyenne température (< 110° C) à partir d’énergie solaire.

  • EUROPE – La France parmi les plus en retard sur ses objectifs renouvelables 29 janvier 2020

    Encore loin de son objectif d’atteindre une part d’énergies renouvelables de 20 % de sa consommation finale d’énergie en 2020, l’Union européenne a vu cette part progresser à 18 % en 2018, contre 17,5 % un an plus tôt, explique l’office européen de statistiques dans un communiqué publié le 23 janvier. Si les Pays-Bas (7,4 %), Malte (8 %), Luxembourg (9,1 %) et la Belgique (9,4 %) sont les pays avec la plus faible part d’énergies renouvelables dans leur consommation, la France (16,6 %) est l’un des pays les plus en retard, respectivement à 6,4 points de pourcentage de son objectif. Les Pays-Bas, l’Irlande, le Royaume-Uni et la Slovénie viennent ensuite au classement des pays éloignés de leurs objectifs. Douze États sur 28 (le Royaume-Uni quittera l’UE à la fin du mois) ont en revanche déjà atteint ou dépassé leurs objectifs nationaux pour 2020. La Suède reste de loin le champion des énergies renouvelables dans l’UE, avec plus de la moitié (54,6 %) de son énergie issue de sources renouvelables. Viennent ensuite la Finlande (41,2 %), la Lettonie (40,3 %), le Danemark (36,1 %) et l’Autriche (33,4 %).

  • RE 2020 – L’utile rappel du SER 22 janvier 2020

    Le Syndicat des énergies renouvelables (SER) « rappelle le rôle majeur des équipements de production d’énergie renouvelable pour permettre de remplir les objectifs de neutralité carbone », dans un communiqué diffusé le 17 janvier. Cette annonce est intervenu après le début des simulations qui déterminernt les critères principaux de la future règlementation environnementale des bâtiments neufs (RE 2020) qui entrera en vigueur le 1er janvier 2021. Pour mener à bien ces simulations, le gouvernement a arrêté 2 paramètres de calcul : le facteur d’émission de CO2 de l’électricité utilisée pour le chauffage, qui voit sa valeur actualisée à 79 g/kWh, et un coefficient de conversion entre énergie primaire et énergie finale de l’électricité de 2,3 (contre 2,58 jusqu’ici). Pour le SER, 3 leviers importants doivent désormais, être priorisés. « Un niveau d’isolation et de conception bioclimatique efficient, avec un niveau de BBio référence exigeant pour mieux intégrer la récupération des apports gratuits internes et solaires pour réellement décarboner le secteur du bâtiment. Cette exigence en matière de réduction des consommations doit nécessairement s’accompagner d’un développement massif des énergies renouvelables afin de couvrir les besoins résiduels. » Deuxième levier, « la mise en place d’un ratio de chaleur renouvelable contraignant est donc essentielle pour que le déploiement des productions de chaleur renouvelable (aérothermie/géothermie, biomasse, solaire, énergies fatales) permette aux bâtiments neufs de tendre vers la neutralité carbone. » Dernier axe, « la valorisation de l’électricité renouvelable produite in situ à la fois sous forme d’autoconsommation mais aussi d’injection sur le réseau électrique doit être prise en compte afin de favoriser le développement de réseaux locaux intelligents et de territoires à énergies positives. »

  • MOBILITÉ ÉLECTRIQUE – Total en charge de 20 000 points aux Pays-Bas 22 janvier 2020

    Total installera et exploitera « jusqu’à 20 000 nouveaux points de charge publics aux Pays-Bas, dans les provinces de Hollande-Septentrionale, de Flevoland et d’Utrecht », a annoncé l’énergéticien français dans un communiqué du 22 janvier. Il s’agit du « plus grand marché public de recharge pour véhicules électriques en Europe », explique Total. « Ce réseau de recharge couvre près de 15 % de la demande actuelle en matière de charge pour véhicules électriques aux Pays-Bas », ajoute le groupe. Et de préciser que « dans le cadre de cette concession, l’électricité qui alimentera ce réseau de recharge sera à 100 % d’origine renouvelable (solaire, éolien, …), fournie par Total Netherlands et produite aux Pays-Bas. » Total a l’« ambition d’opérer 150 000 points de charge en Europe à horizon 2025 », explique encore le communiqué.

  • HYDROGÈNE – La Vendée se met au vert grâce à Lhyfe 22 janvier 2020

    Lhyfe a annoncé avoir levé 8 millions d’euros de fonds pour installer en Vendée un premier site industriel de production d’hydrogène vert, qui sera opérationnel au premier semestre 2021. La construction du premier site industriel de Lhyfe débutera ce semestre, « il produira dès le premier semestre 2021 de l’hydrogène vert en grande quantité (plusieurs centaines de kg) », indique l’entreprise nantaise dans un communiqué du 16 janvier. La promesse de Lhyfe : « une solution de production clé-en-main d’hydrogène vert, modulaire et évolutive. » L’entreprise conçoit, développe et opère ses sites de production pour répondre aux besoins en hydrogène vert des territoires. Pour produire son hydrogène, par électrolyse de l’eau, Lhyfe se connecte en effet directement aux énergies renouvelables (éolien, photovoltaïque, hydraulique, biomasse solide, etc). L’entreprise « s’adresse aux collectivités, aux industries et au monde du transport qui souhaitent s’approvisionner en hydrogène vert et réduire ainsi instantanément et drastiquement l’impact environnemental de leur mobilité (bus, bennes à ordures, flottes de véhicules lourds ou légers) ou de leur process. » Le premier site, situé en Vendée à proximité du parc éolien Bouin, est co-financé à hauteur de 3 millions d’euros par la communauté de communes de Challans-Gois, la région des Pays-de-la-Loire et la Bpi France. Il sera complété par une première station à hydrogène à La Roche-sur-Yon, laquelle alimentera une première ligne de bus et des véhicules de la collectivité (bennes à ordures ménagères).

  • EUROPE – Un plan à plusieurs fonds 15 janvier 2020

    La Commission von der Leyen (du nom de sa présidente) a dévoilé le 14 janvier à Strasbourg un plan d’investissement pour son ”Pacte vert”. Il s’appuie sur un nouveau fonds pour soutenir les régions les plus dépendantes au charbon. Avec son « mécanisme de transition juste », une proposition législative soumise à négociation entre les États membres et le Parlement européen, la Commission espère mobiliser jusqu’à 100 milliards d’euros au cours de la prochaine décennie et ce, par le biais de multiples sources de financement. Le « Fonds de transition juste », selon des documents vus par l’AFP, serait en lui-même doté de 7,5 milliards d’euros entre 2021 et 2027 (soit la période du prochain budget pluriannuel de l’Union européenne). De l’argent frais, assure-t-elle, pour un nouvel outil qui s’inscrira dans la politique de cohésion de l’UE qui, traditionnellement, aide au développement des régions. Ce Fonds est accompagné d’autres moyens de financement, via des programmes d’investissement de l’Union mais aussi de la Banque européenne d’investissement (BEI), en pleine mue pour devenir la “banque du climat” de l’UE. Viendront s’ajouter des dépenses en faveur du climat réparties dans les différentes catégories du budget de l’UE, par exemple les transports ou l’agriculture, ainsi que des investissements privés-publics. La Commission veut qu’un quart des dépenses du budget pluriannuel y soit consacré. Le Parlement européen a en tout cas offert le 15 janvier son soutien au “Pacte vert”, tout en appelant à plus d’ambition en matière de lutte contre le changement climatique. Dans une longue résolution, adoptée à 482 voix pour, 136 contre et 95 abstentions. les eurodéputés répondent point par point à la feuille de route dévoilée en décembre par Ursula von der Leyen.

  • EMR – Création d’une coalition internationale 15 janvier 2020

    La création d’une « coalition d’action » pour accélérer le déploiement des énergies marines renouvelables (EMR), particulièrement l’éolien en mer, a été annoncée le 13 janvier. Le groupe norvégien Equinor et le groupe danois Orsted sont à l’origine de cette « coalition d’action pour les énergies renouvelables marines », qui compte également MHI Vestas, Siemens Gamesa, CWind, Global Marine Group, Shell, TenneT, The Crown Estate, Jera et Mainstream Renewable Power. Elle représentera « le secteur de l’éolien offshore lors des dialogues mondiaux sur les actions climatiques », explique Equinor dans un communiqué. Elle préparera aussi un document de perspective pour 2050 pour inclure industriels, financiers et gouvernements dans des actions pour accroître de manière durable les capacités éoliennes offshore.

  • SONDAGE – Les réseaux de chaleur renouvelables gagnent à être connus 15 janvier 2020

    « En 2020, les Français placent l’écologie parmi leurs priorités pour leur mode de chauffage », selon la troisième édition du baromètre sur le chauffage des Français réalisée par Ipsos pour Via Sèva en partenariat avec l’Ademe. « Deux répondants sur trois sont prêts à changer de mode de chauffage pour accéder aux énergies renouvelables et faire des économies », est-il expliqué. « La répartition du mix énergétique idéal pour le chauffage, privilégié par les Français, est composée de solaire, de géothermie et de récupération de chaleur », poursuit le document. « Pour atteindre ce mix idéal, ils comptent sur les pouvoirs publics (74 %, contre 67 % en 2017) tant sur le plan global (ministère, Ademe…) qu’à l’échelle locale (municipalité…) et sur les fournisseurs d’énergie (54 %). » S’agissant des réseaux de chaleur renouvelable, la moitié des sondés (49 %) en ont entendu parler mais sans savoir comment cela fonctionne et vers qui se tourner. « Quand on leur a présenté les réseaux de chaleur, 76 % des sondés se sont déclarés intéressés par un raccordement. Et 67 % attendent que les candidats aux municipales de 2020 dans leur ville intègrent un réseau de chaleur fonctionnant aux énergies propres dans leurs propositions, avance le sondage. Mais ce n’est pas tout, plus des trois quarts des répondants (78 %) seraient prêts à investir si un appel à financement participatif était lancé pour créer un réseau de chaleur fonctionnant aux énergies renouvelables dans leur ville ou leur quartier. »

  • ALLEMAGNE – Les EnR en tête depuis 2018 8 janvier 2020

    En 2018, et pour la première fois, l’Allemagne a produit plus d’électricité grâce aux énergies renouvelables qu’au charbon, selon un rapport publié le 3 janvier par l’institut allemand Fraunhofer ISE. Durant les 12 mois de 2018, les énergies renouvelables (éolien, solaire photovoltaïque, biomasse et hydroélectricité) ont produit 219 TWh d’électricité en Allemagne, soit 4,3 % de plus qu’en 2017, mais surtout ont couvert 40,4 % de la production électrique allemande, contre 38 % pour le charbon (lignite et houille confondus). Pour rappel, le pays s’est fixé pour objectif de produire 65% de son électricité à partir des énergies renouvelables en 2030. Un bémol cependant, compte tenu des « prix très bas de l’électricité produite à partir du lignite et de la faible valeur des certificats d’émissions de CO2, l’Allemagne exporte d’importants volumes d’électricité » vers ses pays voisins, explique Bruno Burger, responsable de ce rapport. En 2018, le pays a ainsi exporté 45,6 TWh, principalement vers les Pays-Bas, l’Autriche et la Suède et a importé seulement 8,3 TWh d’électricité de France. Selon l’institut Fraunhofer ISE, la part des énergies renouvelables, qui a approximativement doublé depuis le début des années 2010, devrait rester supérieure à 40 % en 2019, compte tenu du nombre d’installations renouvelables en construction (en prenant en compte les aléas météorologiques).

  • PPE – Coup d’envoi de la consultation publique le 20 janvier 8 janvier 2020

    « D’ici la fin du mois, nous lancerons la consultation publique [et en ligne] sur la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) et notre Stratégie nationale bas-carbone, qui sont notre feuille de route pour réduire au plus vite nos émissions de gaz à effet de serre et atteindre la neutralité carbone que vous avez désormais inscrit dans la loi » pour 2050, a déclaré le 7 janvier la ministre de la Transition écologique et solidaire devant les députés. Les textes seront ouverts à la consultation publique du 20 janvier au 19 février. « Ces mesures seront renforcées par les propositions des 150 citoyens [de la Convention citoyenne pour le climat] qui travaillent d’arrache-pied et que le président de la République rencontrera vendredi [10 janvier] », a ajouté Élisabeth Borne.

  • FRANCE – MaPrimeRénov’, nouvel outil de la rénovation énergétique 8 janvier 2020

    Le gouvernement a officiellement lancé le 8 janvier une aide financière à la rénovation énergétique des logements, destinée à remplacer le précédent système de crédit d’impôt (crédit d’impôt à la transition énergétique – CITE). Baptisée  « MaPrimeRénov’ », il s’agit d’une « aide juste et simple qui finance ces travaux de rénovation énergétique et s’adresse à tous les propriétaires qui occupent leur logement. L’aide est calculée en fonction de deux éléments : les revenus et le gain écologique apporté par les travaux de chauffage, d’isolation ou de ventilation », explique le ministère de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales dans un communiqué. Le site internet maprimerenov.gouv.fr et un numéro de téléphone (0.808.800.700) doivent aider les particuliers à déterminer la prime à laquelle ils sont éligibles. Cette prime doit être versée dans les 15 jours après la validation de la demande. « Le système tel qu’il était n’était pas satisfaisant », a assuré le ministre du Logement, Julien Denormandie, lors d’une conférence de presse dans les locaux de l’Agence nationale de l’habitat (Anah). « Tout ça prenait 18 mois. La conséquence, c’est que vous aviez un reste à charge trop important pendant une durée trop longue. »

DéCEMBRE 2019

L’ESSENTIEL DES ENR DU MOIS DE DéCEMBRE

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  • MONDE – Le rôle des villes dans la transition énergétique 18 décembre 2019

    Le réseau collaboratif REN21 vient de publier un nouveau rapport, Renewables in Cities 2019 Global Status Report, qui se consacre au déploiement des EnR dans les villes du monde et au rôle des politiques territoriales dans la transition énergétique. Le rapport examine les tendances de développement des EnR dans les villes et met en avant les bénéfices induits en termes de lutte contre la pollution de l’air, l’accès à l’énergie et les retombées socio-économiques. . La publication a pour but d’aider à la compréhension du rôle important des villes dans la transition énergétique. Les deux tiers de la consommation d’énergie finale dans le monde sont localisés dans les villes, on comprend donc l’intérêt à ce qu’elles soient motrices en termes de transition énergétique. REN 21 a dénombré plus de 250 villes qui ont adopté des objectifs de consommation 100 % EnR mais remarque que leur mise en œuvre est encore peu satisfaisante du fait notamment d’incohérences entre les différents niveaux de politiques territoriales. La publication présente des politiques efficaces et des modèles d’affaires performants pour inciter à les dupliquer.

  • GÉOTHERMIE – L’épargne des Seine-et-Marnais mise à contribution 18 décembre 2019

    Le financement participatif gagne le monde de la géothermie. Depuis le début du mois de décembre, les habitants de Noisel et de Champs-sur-Marne (77) sont invités à prêter entre 50 et 10 000 euros sur trois ans à GeoMarne. Cette filiale d’Engie Réseaux est chargée de construire un réseau de chaleur alimenté par une centrale puisant ses calories à 1 900 mètres de profondeur. Des visites sont actuellement proposées deux fois par semaine pour visiter le chantier de forage qui devrait durer jusqu’à la fin février. Début janvier, l’offre de financement sera étendue aux dix autres communes de l’agglomération et en février, tous les franciliens pourront participer. Dans d’autres filières renouvelables, les opérateurs sont encouragés à proposer cette nouvelle forme d’épargne pour bénéficier de mécanismes de soutien plus favorables. Bien que ce ne soit pas le cas dans le monde de la géothermie, « nous voulons associer les riverains pour leur montrer l’intérêt de cette opération pour leur territoire », explique Pierre Hourcade, Directeur général d’Engie Réseaux. Il estime que ce type de démarche peut au passage contribuer à renforcer l’acceptabilité des projets. Confiée à l’opérateur Lumo, désormais intégrée à Société générale, la collecte d’épargne vise à rassembler entre 500 000 et 1 million d’euros sur les 40 M€ d’investissement total… Un ballon d’essai puisque sur d’autres projets, l’énergéticien n’exclut pas d’ouvrir le capital de ses sociétés de production aux collectivités ou aux habitants.

  • HYDROGÈNE – Pau inaugure un bus « zéro émission » 18 décembre 2019

    Fébus, la nouvelle flotte de huit bus 100 % hydrogène avec « zéro émission » a été inaugurée à Pau (Pyrénées-Atlantiques) par François Bayrou le mardi 17 décembre. Longs de 18 mètres et très silencieux, ces nouveaux bus feront un trajet de 6 kilomètres en 17 minutes (dont 85 % en voie propre) et pourront accueillir jusqu’à 125 personnes. Fébus a été conçu par le groupe belge Van Hool et aura une fréquence de passage toutes les huit minutes aux heures de pointe. L’hydrogène nécessaire est produit sur place par électrolyse de l’eau à partir d’électricité verte certifiée par des garanties d’origine. A terme, l’électricité nécessaire sera produite par des panneaux solaires. Avec zéro émission de gaz à effet de serre et de particules fines, les moyens de transports à hydrogène se rangent aux côtés des véhicules roulants au biométhane ou à l’électricité dans le but de décarboner le secteur de la mobilité. A noter aussi qu’une flotte de bus à hydrogène a été aussi mise en service cet automne dans les Yvelines et le Pas-de-Calais. L’inauguration officielle de la ligne Fébus de Pau se déroulera le 13 ou le 14 janvier prochain en présence du président Emmanuel Macron.

  • GÉOTHERMIE – La Guadeloupe va doubler sa production électrique géothermique 11 décembre 2019

    La centrale géothermique de Bouillante a obtenu début décembre l’autorisation de procéder à deux nouveaux forages. L’installation compte aujourd’hui cinq puits et avait déjà prévu d’en réaliser trois autres. De quoi alimenter une nouvelle turbine d’ici 2021… et doubler une production d’électricité décarbonée qui fournit aujourd’hui près de 7 % de la demande guadeloupéenne (à un prix d’environ 30 ct€/kWh, ce qui est compétitif dans un contexte outre-marin). Les deux premières turbines dites « à ailettes » valorisent la vapeur sèche qui émane de la faille géologique de Bouillante. La nouvelle installation « à fonctionnement binaire » utilisera une deuxième fois la chaleur pour faire monter un gaz en température avant qu’il ne se détende dans la turbine. « Nous allons investir 15 M€ dans les nouveaux puits et 35 M€ dans l’équipement », rapporte Étienne Nicolas, directeur du site. Si de nombreuses craintes s’étaient exprimées lorsqu’EDF a cédé l’installation en 2016, le groupe américain Ormat qui l’a repris a semble-t-il apporté quelques garanties. En étant plus réactif dès lors qu’il y a une panne ou en optimisant la gestion du niveau de réinjection dans le réservoir fournissant la vapeur, il a fait passer son taux d’efficience de 56 à 93 %. Ormat réfléchit par ailleurs dès aujourd’hui à un projet de quatrième turbine qui pourrait nécessiter de nouveaux forages plus au nord. Depuis sa création, l’installation géothermique contribue aussi à l’attrait touristique de Bouillante en réinjectant une partie de l’eau chaude issue du sous-sol dans une source d’eau chaude très prisée.

  • OFFRES D’ÉLECTRICITÉ VERTE – Encore du travail nécessaire pour y voir clair 11 décembre 2019

    On notera la parution ce jour d’un document intéressant sur le site Énergie en lumière, qui est financé par le projet E2S de l’université de Pau et des Pays de l’Adour (UPPA), dans le cadre des activités du consortium public-privé Pau droit énergie.Ce document présente les points de vue contrastés d’un certain nombre d’acteurs  institutionnels et d’acteurs du marché de l’électricité au sujet des offres d’électricité verte. Si chaque fournisseur prêche évidemment pour sa paroisse, on pourra s’arrêter sur la réflexion originale d’Yvan Debay, d’Origo, qui pointe la nature particulière des contrats  de fourniture d’électricité : ce sont avant tout des contrats de responsabilité d’équilibre, accompagnés le cas échéant de garanties d’origine (GO). Dès lors il n’y aurait pas de différence que l’on achète l’électricité au même producteur que celui qui nous vend la GO ou ailleurs. Plusieurs fournisseurs insistent cependant sur l’intérêt de conclure des contrats d’achat d’électricité avec des producteurs locaux. Certains vont jusqu’à inclure la blockchain pour garantir une couverture de la consommation au pas de temps demi horaire… Paramètres très divers qui soulignent la pertinence du travail de montage d’un label entrepris par l’Ademe avec les différentes parties prenantes. Notre rédaction en avait déjà fait écho dans le hors série du Journal des Énergies Renouvelables consacré aux offres vertes et poursuivra son suivi.

  • FORUM ENERGAÏA – Édition spéciale des Clés de la Transition Énergétique des Territoires 11 décembre 2019

    A l’occasion du forum Energaïa qui se tient à Montpellier les 11 et 12 décembre, la lettre des Clés de la Transition Énergétique des Territoires a réalisé une édition spéciale. Au sommaire du numéro : un article sur les certificats d’économies d’énergie (CEE) comme outils de financement pour les collectivités, une présentation de la politique en faveur du développement du biométhane agricole dans le département du Lot-et-Garonne, un portrait du maire de Banyuls-dels-Aspres (Pyrénées-Orientales) et de ses actions très orientées énergies renouvelables ou le détail du projet de la Cleantech Vallée qui accompagne la transition économique et écologique du Gard rhodanien après la fermeture d’une centrale thermique. Les Clés de la Transition Énergétique des Territoires est une publication mensuelle éditée par Observ’ER et disponible gratuitement en ligne sur le site : www.clesdelatransition.org

  • ÉOLIEN – Un nouveau groupe de travail sur le développement territorial 4 décembre 2019

    Un « groupe de travail sur le développement équilibré de l’énergie éolienne en France » va être mis en place, a annoncé la secrétaire d’État à la Transition écologique le 3 décembre à l’Assemblée nationale. Ce groupe de travail traitera « de la répartition territoriale, mais aussi du démantèlement et de l’insertion paysagère » des éoliennes, a expliqué Emmanuelle Wargon en réponse au député UDI du Nord Guy Bricout, qui l’interrogeait sur le nombre d’éoliennes dans la région Hauts-de-France. « À ce jour, 1 500 éoliennes sont déjà en place, 800 ont été autorisées et non encore construites, et 733 projets sont en cours d’instruction. C’est fou ! », s’est exclamé le député. « Il est vrai que la région des Hauts-de-France ainsi que le Grand-Est sont les deux régions les plus directement concernées par le développement de l’éolien et en accueillent une large part », a indiqué la secrétaire d’État. « Mais c’est également vrai que nous devons veiller à une répartition équilibrée sur le territoire des différentes énergies renouvelables et de l’énergie éolienne », a-t-elle poursuivi, en référence au groupe de travail qui va être créé sur cette question. Et de préciser que « les concertations démarrent maintenant très en amont » et que le gouvernement favorisait « les projets citoyens dans lesquels les habitants peuvent eux-mêmes participer aux implantations des éoliennes. »

  • SOLAIRE THERMIQUE – Coup d’envoi pour une centrale d’1,5 MW 4 décembre 2019

    L’entreprise Newheat a annoncé la signature des contrats du projet Emasol, une centrale solaire thermique alimentant le réseau de chaleur de Pons (17). « Cette centrale sera la 2e installation solaire thermique de grande dimension (plus de 1000 m2) alimentant un réseau de chaleur urbain en France, après la centrale réalisée sur la commune de Châteaubriant (44) mise en service en 2018 », explique Newheat dans un communiqué du 29 novembre. D’une surface de capteurs solaires thermiques de 1786 m2 représentant une puissance crête de 1,5 MWc, elle «produira de l’eau chaude (< 90° C) qui viendra en complément de la chaufferie biomasse existante afin de réduire l’utilisation de la chaufferie au gaz actuellement en place et émettrice de CO2. » La production attendue de cette centrale est de 1 000 MWh par an, « ce qui représente 90 tonnes d’émissions de CO2 évitées par année de fonctionnement. » Ce projet a été sélectionné et est soutenu financièrement par l’Ademe dans le cadre de l’appel à projets « grandes installations solaire thermique » du Fonds chaleur et par la Région Nouvelle Aquitaine. « Il sera porté financièrement principalement par Newheat, et par des acteurs locaux : la SEM Energies Midi Atlantique et la ville de Pons. »

  • BIOGAZ – Waga Energy lève 10 M€ 4 décembre 2019

    Waga Energy a annoncé mi-novembre une levée de fonds de 10 M€ pour soutenir son expansion en Amérique du Nord. « Cette opération constitue une nouvelle étape dans le développement de Waga Energy : après avoir démontré la performance et la fiabilité de notre solution Wagabox® en France, nous engageons son déploiement à l’international, afin de réduire notre dépendance aux énergies fossiles et de contribuer à la lutte contre le changement climatique, défi majeur de notre génération », explique Mathieu Lefebvre, cofondateur et PDG de Waga. Cette jeune entreprise grenobloise a développé une technologie permettant d’injecter dans le réseau de gaz le méthane issu des décharges. Elle a reçu pour cette innovation le Grand prix de la lutte contre le changement climatique 2016 décerné par l’Ademe et le ministère en charge de l’environnement. Créée en janvier 2015, la société double chaque année ses effectifs et compte aujourd’hui 40 salariés. Les fonds levés vont permettre d’épauler le développement de la société en Amérique du Nord, débuté en mars avec l’ouverture d’une filiale aux États-Unis, à Philadelphie, et d’une autre en octobre au Canada, à Shawinigan dans le berceau de l’hydroélectricité québécoise.

NOVEMBRE 2019

L’ESSENTIEL DES ENR DU MOIS DE NOVEMBRE

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  • EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE – Alerte sur la future réglementation environnementale ! 27 novembre 2019

    Dans une tribune intitulée « RE2020 : que reste-t-il du label E+C- ? », Thierry Rieser, gérant d’Enertech et auteur de ce texte, appelle les pouvoirs publics à revoir en urgence certains axes de travail de la réglementation environnementale 2020 (RE2020). Le document, lisible ici, est cosigné par plus de 90 acteurs de terrain, BE, architectes, urbanistes et associations, « tous concernés par la prochaine RE2020. » Au premier rang des récriminations, la disparition du bilan Bépos (comme bâtiment à énergie positive). « Sans bilan BEPOS, comment compte-t-on définir un bâtiment à énergie positive ? », se demande Thierry Rieser. Autre sujet, « le moment est venu de cranter les avancées d’E+C- pour que la performance énergétique et climatique des bâtiments neufs soit vraiment au rendez-vous des contraintes qui pèsent sur l’humanité. Mais plusieurs signaux inquiétants sur des choix concernant quelques points très techniques mais fondamentaux nous font craindre au contraire que la France enclenche la marche arrière, par exemple en redonnant aux convecteurs électriques une place que la RT2012 leur avait retiré avec raison, au détriment d’autres solutions plus performantes comme les pompes à chaleur et des énergies renouvelables », peut-on lire dans cette tribune. Et Thierry Rieser d’ajouter : « Au moment des derniers arbitrages imminents, les propositions que nous formulons n’ont pas d’autre ambition que de permettre à notre pays d’être réellement à la hauteur de ses ambitions, que nous partageons tous. »

  • GÉOTHERMIE – Chercher des calories, trouver du lithium 27 novembre 2019

    Fonroche Géothermie veut associer cogénération et extraction minière sur le site d’une ancienne raffinerie d’hydrocarbures. À Vendenheim (Bas-Rhin), où l’entreprise paloise projette de construire une centrale de géothermie profonde, des analyses ont montré une concentration importante en lithium dans l’eau issue des puits de forages. Conséquence, elle pourrait chaque année en extraire jusqu’à 1 500 tonnes avant que l’eau ne soit rejetée dans la nappe… selon des procédés qu’il va désormais falloir tester. Côté énergétique, cette installation produira 10 MW d’électricité et 40 MW d’énergie thermique ; de quoi alimenter 26 000 logements en eau chaude et en chaleur ou jusqu’à 70 hectares de serres agricoles. Avec deux autres projets analogues conduits dans la région strasbourgeoise (à Hurthigheim et à Eckbolsheim), Fonroche Géothermie estime être en mesure de fournir 30 à 40 % de la demande industrielle française en lithium. Cette double valorisation aurait un intérêt économique évident pour l’énergéticien, mais aussi pour des filières comme l’automobile aujourd’hui pieds et poings liés à une poignée de pays comme le Chili, l’Australie ou la Chine. Conjuguer géothermie et extraction permettrait en outre de limiter l’impact environnemental du lithium et donc de l’électromobilité. À Vendenheim, Fonroche Géothermie utilisera la technique dite du doublet géothermique permettant d’aller chercher l’eau chaude en utilisant les failles existantes (donc sans fracturation hydraulique). À l’horizon 2023, l’entreprise envisage d’investir 320 M€ et de créer 200 emplois dans la géothermie profonde. (Olivier Descamps)

  • HYDROGÈNE – Accord cadre entre Atawey et la région Auvergne-Rhône-Alpes 27 novembre 2019

    Atawey a annoncé, le 12 novembre, la signature d’un accord cadre avec la région Auvergne-Rhône-Alpes (AuRA). « Ce projet a pour objectif de promouvoir la mobilité durable grâce au déploiement de stations pour les vélos à hydrogène sur le territoire », explique cette entreprise basée à Savoie Technolac, au Bourget-du-Lac, et qui conçoit et fabrique l’intégralité de ses stations de production d’« hydrogène vert » dans ses ateliers. « Atawey permettra le déploiement de cette mobilité propre dans les premières communes auvergnates et rhônalpines pour l’été prochain. » Fin 2019, l’entreprise disposera d’un parc de 18 stations (pour vélos et voitures), dont 15 avec production d’hydrogène sur site par électrolyse de l’eau.

  • FRANCE – Objectif début 2020 pour l’adoption de la PPE 20 novembre 2019

    « La finalisation de la PPE, on a l’objectif de la faire très rapidement, tout en tenant compte des travaux et réflexions conduits sur les questions de maîtrise de la demande et de trajectoire carbone » de la France, a déclaré Sophie Mourlon, directrice de l’Énergie à la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC – ministère de la Transition écologique et solidaire), à propos de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) sur la période 2023-2028 lors d’une conférence sur les énergies renouvelables qui s’est tenu à Bercy le 20 novembre. « Notre objectif est de présenter, pour une ultime consultation publique obligatoire sur internet, cette PPE finalisée sur le volet offre d’ici la fin de l’année. Je ne peux pas mettre ma tête à couper que nous y parviendrons mais c’est bien l’objectif, ce qui permettrait d’adopter très rapidement au début de l’année 2020 », a-t-elle ajouté. Pour rappel, après le lancement de l’élaboration mi-2017 et le débat public en 2018, ce projet de feuille de route énergétique pour 2019-2028, très attendu, a été annoncé en novembre 2018 par le président Emmanuel Macron, mais le texte final toujours pas publié.

  • RÉSEAUX DE CHALEUR ET DE FROID – « Retard inquiétant » constaté sur les objectifs fixés par la PPE 20 novembre 2019

    « Malgré un verdissement continu des réseaux, un retard inquiétant est constaté sur les objectifs de 2023 fixés par la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) » (période 2018-2023), avertissent l’association de collectivités Amorce, le Syndicat national du chauffage urbain (SNCU) et la Fédération des services énergie environnement (Fedene, regroupant les entreprises du secteur). Dans l’édition 2019 de leur enquête annuel sur les réseaux de chaleur et de froid, ils clament qu’il est « urgent d’accélérer le rythme actuel de développement des réseaux (création, extension) et de poursuivre leur verdissement afin d’atteindre l’objectif de 2023, soit une multiplication par 5 du rythme de développement de 2018 (soit +2 TWh/an). » Pour autant, 51,7% des énergies utilisées par les réseaux de chaleur proviennent désormais de sources renouvelables et de récupération, contre 27 % il y a dix ans, selon l’étude. En 2018 leur coût global est resté inférieur à celui du gaz collectif et de l’électricité. Les partenaires soulignent dans le même temps « l’impact positif » des 25 mesures annoncées par le ministère de la Transition écologique et solidaire dans le cadre du groupe de travail ministériel qui s’est réuni cette année et se félicitent également de l’augmentation du Fonds chaleur.

  • ÉTUDE – Santé ! 20 novembre 2019

    La transition vers les énergies renouvelables pourrait réduire jusqu’à 80% d’ici 2050 les impacts de la pollution de l’air sur la santé, selon une étude publiée le 19 novembre par Postdam Institute for Climate Impact Research (PIK). Selon ce document, un scénario dans lequel la majorité de l’électricité est produite par le solaire et l’éolien pourrait réduire les effets sanitaires de la production électrique de 80 % par rapport aux systèmes actuels. « Le principal gagnant de la décarbonation est la santé », explique l’auteur principal, Gunnar Luderer, mettant ainsi en avant le rôle clé des politiques climatiques pour la santé humaine. Selon lui, tous les scénarios de décarbonation (PIK en a étudié 3) présentent un avantage en matière de santé publique, mais celui insistant sur les renouvelables est le plus bénéfique.

  • FRANCE – Une loi et une volonté affichée d’aller vers plus d’EnR 13 novembre 2019

    La loi Énergie et Climat a été promulguée le 9 novembre au Journal officiel. Comportant 69 articles, cette loi, datée du 8 novembre 2019, est présentée par la ministre de la Transition écologique et solidaire, Élisabeth Borne, comme un « nouveau pilier » de la transition écologique. De fait, elle actualise les objectifs de la politique énergétique de la France, notamment en prévoyant d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050, une baisse de 40 % de la consommation d’énergies fossiles d’ici à 2030, contre 30 % précédemment, et la fermeture des dernières centrales à charbon en 2022. Elle pérennise également le Haut Conseil pour le climat (créé en novembre 2018) et prévoit un dispositif progressif de rénovation énergétique des logements “passoires thermiques”. Par ailleurs, la loi entérine le décalage de 2025 à 2035 pour la réduction à 50 % de la part du nucléaire dans la production électrique. Sur le même sujet, la ministre a appelé au micro de France inter le 10 novembre EDF à « réfléchir » à son rôle au cas où un scénario « 100 % énergies renouvelables » serait retenu à terme pour la fourniture d’énergie en France, au dépend de nouvelles centrales nucléaires. « Je vous confirme qu’on étudie à la fois un scénario dans lequel on continue à faire de nouvelles centrales nucléaires, et aussi un scénario 100 % renouvelables », a indiqué la ministre. « On doit avoir tous les éléments sur la table mi-2021 » et « on a dit qu’on ne prendrait pas de décision sur de nouvelles centrales nucléaires avant la mise en service de Flamanville », a-t-elle rappelé. Une déclaration qui intervient au lendemain de la publication par Le Monde d’un document interne d’EDF dans lequel l’énergéticien évalue à au moins 7,5 mds€ le coût unitaire d’éventuels nouveaux EPR, soit plus du double du prix initial du réacteur nucléaire de troisième génération de Flamanville qui a accumulé les déboires et dont la facture actuelle atteint 12,4 mds€.

  • PRÉDICTION – Météo-France et Atos lance une plateforme 13 novembre 2019

    Atos et Météo-France ont annoncé le 12 novembre la création d’une nouvelle plateforme qui « permet aux producteurs et agrégateurs d’électricité verte de mieux prévoir leur production en France et en Europe. » Le spécialiste de transformation digitale et le groupe de météorologie s’associent en effet pour développer une plateforme de prévision des productions d’électricité renouvelable à destination des professionnels du secteur. Ce service permet ainsi aux producteurs et agrégateurs d’électricité renouvelable « d’anticiper les conditions d’équilibre du système et notamment les autres besoins de production, et d’intégrer au mieux les énergies renouvelables au sein du réseau électrique français et européen », explique les deux partenaires dans un communiqué commun. Concrètement, la plateforme utilise des algorithmes de “Machine Learning” pour déterminer des prévisions les plus précises possibles, et ainsi fournir un service dit de « météo-sensibilité ». Elle fonctionne sur la base de données météorologiques fournies par Météo-France, d’historiques de production, ainsi que d’informations sur les équipements physiques en place.

  • MUNICIPALES – L’Ademe publie un guide à destination des candidats 13 novembre 2019

    « Candidat-e aux municipales, vous portez un projet d’avenir pour votre commune. Avec ce guide ”Demain, mon territoire”, nous avons voulu montrer que, pour chaque défi du quotidien, il existe une palette de solutions éprouvées pour engager une transition écologique qui, si elle est désormais inéluctable, puisse également être désirable », explique Arnaud Leroy, PDG de l’Ademe dans le communiqué annonçant cette publication qui prend la forme de 20 fiches pratiques abordant une multitude de thématiques (les déplacements, les logements, la nature en ville, la consommation responsable, la sensibilisation des jeunes…). Ces fiches, disponibles ici, contiennent des chiffres clés, des pistes d’action et des exemples de solutions mises en œuvre. Elles répondent aux divers enjeux d’un territoire, de l’alimentation à la mobilité, en passant par l’énergie, l’économie circulaire, l’aménagement, l’adaptation au changement climatique, etc. « L’objectif est de prouver aux candidats qu’il est possible d’envisager une ville plus sobre en carbone. »

  • CHALEUR RENOUVELABLE – La formation des installateurs encouragée 6 novembre 2019

    « Les professionnels du génie climatique vont pouvoir bénéficier d’un coup de pouce pour se former à l’installation des systèmes valorisant la chaleur renouvelable grâce au programme FEE Bat » (Formation des professionnels aux économies d’énergie dans le bâtiment), ont annoncé Qualit’EnR et FEE Bat dans un communiqué commun diffusé le 6 novembre. Grâce à un partenariat signé entre les deux organismes, les installateurs pourront ainsi « bénéficier d’une prise en charge financière des formations agréées en chaleur renouvelable à partir du 1er janvier 2020. » Les équipements concernés sont les suivants : pompes à chaleur et chauffe-eau thermodynamiques, appareils bois énergie (poêles, chaudières, etc.), chauffe-eau solaires et systèmes solaires combinés (chauffage solaire) et forage géothermique. Les installateurs sont invités à se rapprocher des centres de formation agréés dans les prochaines semaines pour en savoir plus. Un annuaire est disponible sur formation-enr.org.

  • ÉNERGIE CITOYENNE – Premiers investissements pour EnRciT 6 novembre 2019

    Le dispositif d’appui aux projets citoyens d’énergie renouvelable créé par la Banque des Territoires, le Crédit Coopératif et l’Ircantec a annoncé, le 5 novembre, deux premiers investissements. Ces deux projets, en cours de développement, sont portés par des acteurs territoriaux. Il s’agit du parc éolien d’Ichy (Seine-et-Marne) et du parc photovoltaïque de Jausiers (Alpes-de-Haute-Provence). Pour le premier projet, EnRciT s’engage au côté du développeur Arkolia, du SDESM Énergies (la SEM dédiée aux EnR du Syndicat Départemental des Énergies de Seine-et-Marne) et d’Énergie Partagée Investissement pour installer 5 ou 6 éoliennes qui totaliseront environ 15 MW de puissance. EnRciT investit 35 000 € en fonds propres, et détient 10 % du capital de la société de projet. Sur le second projet, la reconversion d’un terrain militaire en une installation photovoltaïque de 4,34 MW, EnRciT, associé à Enercoop PACA et à Egrega, investit 46 000 € en fonds propres et prévoit de se désengager au profit d’acteurs locaux une fois que la construction sera achevée. EnRciT a été créé « pour aider collectivités et citoyens à franchir le cap de la phase délicate du développement des projets de production d’énergie renouvelable. », rappelle Antoine Troesch, directeur de l’investissement de la Banque des Territoires. Les risques afférents à cette étape « représentent un frein pour de nombreux acteurs pourtant prêts à agir pour la transition énergétique à l’échelle locale », expliquent les deux partenaires.

  • TRANSITION ÉNERGÉTIQUE – CDC Habitat et Enedis main dans la main 6 novembre 2019

    CDC Habitat et Enedis ont signé, le 29 octobre, « une convention de partenariat en faveur de la transition énergétique au bénéfice de l’habitat social ». Ce partenariat est décliné en 4 axes : accompagner la maîtrise des besoins énergétiques ; favoriser le transfert en concession des colonnes montantes électriques ; accompagner l’installation de bornes de recharge de véhicules électriques ; développer l’information des locataires sur l’optimisation de la consommation d’électricité. CDC Habitat est la filiale immobilière d’intérêt général de la Caisse des Dépôts, premier bailleur de France avec plus de 500 000 logements gérés dont une majorité de logements sociaux. Au total, il loge plus d’un million de personnes sur le territoire métropolitain.

OCTOBRE 2019

L’ESSENTIEL DES ENR DU MOIS DE OCTOBRE

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  • ENVIRONNEMENT – Un rapport alarmant et une multitude de données 30 octobre 2019

    Comme il le fait tous les 4 ans depuis 1994, le ministère de la Transition écologique et solidaire a présenté l’édition 2019 de son « Rapport sur l’environnement en France. » Ce rapport vise à dresser un panorama complet de l’état de l’environnement, de ses évolutions et des réponses apportées. Nouveauté de cette nouvelle édition, elle introduit une grille de lecture inédite dans ce type de rapport : celle des « limites planétaires », au nombre de neuf. « Connaître l’impact de la France vis-à-vis de ces différentes limites, son empreinte, est indispensable pour conduire une transition écologique utile à la planète », explique le ministère. Malheureusement, s’agissant de la France, le constat est implacable : la majorité des neuf limites est dans le rouge. Autre innovation, l’ensemble des sujets et données synthétiques qui constituent la publication est désormais mis à disposition sur un même support. Ce site internet permet de « garantir un accès facile et immédiat à un ensemble de données environnementales fiables, régulièrement actualisées et relevant de différentes échelles géographiques (régional, national et international), afin de devenir une source de référence pour les citoyens et les acteurs de la transition écologique. » La nouvelle édition du rapport fera également l’objet de dossiers thématiques (focus), dont la parution s’échelonnera dans les prochains mois.

  • GÉOTHERMIE – Un guide conçu pour renforcer la qualité des projets 30 octobre 2019

    La géothermie de surface peut désormais se targuer de reposer sur des technologies éprouvées. Encore faut-il que leur mise en œuvre réponde aux contraintes du terrain et aux recommandations des fournisseurs. Dans un guide présenté fin septembre, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) s’efforce d’aborder une à une toutes les problématiques techniques qu’il faut résoudre afin de garantir la performance d’une installation : le dimensionnement de la pompe à chaleur (PAC) ou du champ de sondes, la maintenance des ouvrages souterrains, l’optimisation des débits de circulation… S’appuyant sur deux cents retours d’expérience jugés « extrêmement positifs », l’Ademe invite à ne pas exagérer les risques de dysfonctionnements. L’objectif n’étant pas que chacun se renvoie la balle si un imprévu pointe le bout du nez, l’agence rappelle toutefois la nécessité de se poser une vingtaine de questions en amont des projets et définit les responsabilités des uns et des autres dans la durée. Dans le cas d’un pompage sur nappe par exemple, le bureau d’études techniques se doit lors de la phase de conception de dimensionner les équipements selon la hauteur de relevage ou les pertes de charges. Mais il est tout aussi essentiel de vérifier les hypothèses de départ au moment de l’installation. Puis de choisir un exploitant capable de garantir qu’il respectera les recommandations propres à la pompe immergée. De même, c’est durant l’intégralité de la vie de l’installation que la température de l’eau chaude sanitaire doit être garantie en tout point du réseau pour éviter les risques de développement de légionelles. Ou qu’il faut vérifier que la taille des équipements est toujours adaptée à la consommation.

  • CHALEUR RENOUVELABLE – Les contrats territoriaux ont leur guide 30 octobre 2019

    Un guide sur les contrats d’objectifs territoriaux et patrimoniaux pour les projets énergies renouvelables thermiques a été publié par la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR). Ce récent outil de financement proposé par l’Ademe est adapté aux « petits » projets thermiques, « petits dans le sens où ils ne pouvaient passer les fourches des seuils minimaux du Fonds Chaleur, tout en notant toutefois que ces projets avaient besoin de subventions pour émerger », explique la FNCCR. Les contrats sont actuellement portés aussi bien par des communautés de communes, des syndicats d’énergie que des métropoles. Sur 36 pages, le guide présente les spécificités de cet outil de financement, les différents opérateurs qui peuvent les porter et de nombreux retours d’expérience.

  • FRANCE – Le soutien public soumis à la question 23 octobre 2019

    L’Institut de développement durable et des relations internationales (Iddri) et le think tank Agora Energiewende ont dévoilé le 21 octobre une évaluation et un calculateur en libre accès basés sur trois scénarios de référence d’évolution du mix électrique français pour évaluer le besoin de financement public pour les énergies renouvelables électriques à l’horizon 2040. « La baisse conséquente des coûts de production des technologies éolienne et photovoltaïque favorisera leur développement à moindre coût pour les dépenses publiques », assurent les partenaires. « La différence entre les prix garantis aux producteurs renouvelables et leurs revenus tirés sur le marché serait bien plus faible que par le passé et, dans certains cas, négligeable, poursuivent-ils. Ces mécanismes de soutien pourraient même devenir une source de financement pour l’État, dans certains cas et pour certaines technologies, si les prix de marché passent durablement au-dessus des prix garantis aux producteurs d’énergies renouvelables. » L’Iddri et Agora Energiewende ajoute : « malgré les progrès récents de l’industrie, les mécanismes de soutien fournissent une garantie qui reste utile pour réduire le coût de financement (et donc le coût de production) des énergies renouvelables avec des engagements financiers faibles pour le budget public. Une approche pragmatique passerait donc par une modification progressive de ces mécanismes pouvant passer par une baisse de la durée des contrats garantis ou la limitation du soutien à certains volumes de production pour “passer la main” progressivement aux acteurs privés pour les technologies matures. »

  • HYDROLIEN – Le Tiger est lâché 23 octobre 2019

    Le programme européen Interreg France Angleterre de coopération transfrontalière a annoncé, le 16 octobre, l’approbation du projet hydrolien Tiger (pour Tidal Stream Industry Energiser). « Nous sommes fiers d’annoncer que nous avons approuvé le plus gros projet Interreg qui soit ! », précise l’entité dans un communiqué. Le coût total du projet s’élève en effet à 46,8 millions d’euros (dont 69 % des fonds nécessaires, soit 28 M€, proviennent du Fonds européen de développement régional (FEDER). 19 partenaires, français et anglais, sont impliqués dans le projet, qui sera mené par Offshore Renewable Energy (ORE) Catapult depuis Hayle, au Royaume-Uni. « Le projet a pour but de stimuler la croissance dans le domaine des énergies hydroliennes en développant une capacité hydrolienne allant jusqu’à 8 MW sur des sites dans la région de la Manche et tout autour, engendrant par là-même l’innovation et le développement de nouveaux produits et services », précise encore Interreg. L’objectif est également économique puisqu’il s’agit de passer d’un coût de production de 300 €/MWh aujourd’hui à 150 €/MWh en 2025 puis 100 €/MWh en 2030.

  • ERD – Nouvel ouvrage disponible sur l’accès à l’électricité en Afrique rurale 23 octobre 2019

    La Fondation Énergies pour le Monde (Fondem) publie le 23 octobre un ouvrage de référence sur l’électrification rurale décentralisée (ERD) par énergies renouvelables : « Électrifier l’Afrique rurale, un défi économique, un impératif humain ». Cet ouvrage propose d’établir un diagnostic complet de la situation de l’accès à l’électricité en zone rurale en Afrique subsaharienne, d’en tirer des leçons et de formuler des préconisations pour les années à venir. Concret, précis, fouillé et nourri de nombreux exemples, il est mis à disposition librement afin que toutes les parties prenantes se saisissent de la question de l’accès à l’énergie, se forment, s’informent et agissent. Edité par Observ’ER (éditeur également du Journal des Énergies Renouvelables), cet ouvrage a été financé par l’Ademe, l’Institut de la francophonie pour le développement durable (IFDD) et Synergie Solaire. Le PDF est à télécharger (gratuitement) ici.

  • SOLAIRE THERMIQUE – Retour sur les États généraux de la chaleur solaire 17 octobre 2019

    Le 15 octobre se sont tenues à Lille les États généraux de la chaleur solaire 2019. Le choix des Hauts de France venait saluer les différentes actions de la région en matière de solaire dont notamment la création en 2018 du collectif Coresol (Collectif Régional de l’énergie Solaire). Ce rendez-vous annuel est l’occasion pour le secteur du solaire thermique de faire le point sur ses progrès ainsi que sur ses obstacles. Du côté des points positifs, les professionnels ont salués les opérations issues des appels d’offres grandes surfaces organisés par l’Ademe qui ont débouché sur de belles réalisations sur réseaux de chaleur ou dans l’industrie, avec souvent des surfaces unitaires de plusieurs milliers de m2. Autres axes importants : la rénovation, où plusieurs exemples d’installations sont venues illustrer la pertinence du solaire thermique comme solution performante que ce soit dans l’habitat, le tertiaire ou pour répondre à des besoins spécifiques dans l’hôtellerie ou le médico-social. Parmi les obstacles à un développement plus large figure encore la trop grande méconnaissance du solaire thermique par les prescripteurs, les bailleurs ou les promoteurs immobiliers. Autre motif d’inquiétude, l’incertitude sur la place du solaire thermique dans la prochaine RE2020 qui régira la construction neuve.

  • FRANCE – La chaleur renouvelable à la traîne 17 octobre 2019

    Le « Panorama de la chaleur renouvelable et de récupération » fustige « l’écart considérable entre les objectifs de la loi de transition énergétique et du plan national d’action en faveur des énergies renouvelables, qui tablait sur 33 % de chaleur renouvelable dans la consommation de chaleur en 2020, et la réalité sur le terrain. » Publié le 14 octobre par le CIBE, la Fedene, le Syndicat des énergies renouvelables (SER) et Uniclima, avec la participation de l’Ademe, ce document avance en effet une part de la chaleur renouvelable certes en hausse de 1,2 point en un an, mais ressortant à 19,9 % de la consommation finale brute de chaleur en 2018 (18,7 % en 2017). Ce retard est d’autant plus préoccupant que « la chaleur représente en effet 50 % de notre consommation énergétique », rappelle le Panorama. « Afin de combler ce retard, il est essentiel que l’État mobilise l’ensemble des leviers de développement de la production de chaleur renouvelable et de récupération, en particulier le Crédit d’Impôt à la Transition Énergétique et le Fonds Chaleur, qui représentent deux vecteurs essentiels d’accélération. En parallèle, les conditions d’une reprise de la trajectoire de la Contribution Climat Energie, outil stratégique de développement des filières thermiques renouvelables, devront être analysées », préconise le SER dans un communiqué.

  • HYDROGÈNE – Une plateforme de recherche inaugurée à Toulouse 17 octobre 2019

    Une « Plateforme Hydrogène » a été inaugurée le 10 octobre sur le campus de Toulouse INP. Si elle existe depuis 2010 avec le Laboratoire plasma et conversion d’énergie (Laplace), la plateforme en héberge aujourd’hui 3 autres, aux compétences complémentaires : le CIRIMAT (matériaux), le LGC (génie chimique) et l’IMFT (mécanique des fluides), sous tutelle du CNRS, de Toulouse INP et de l’université Toulouse III – Paul Sabatier. Une large place est faite au développement des technologies utilisant l’hydrogène-énergie : les piles à combustible (vieillissement et multifonctionnalité : capables de fournir de l’électricité, de la chaleur, de l’eau et des gaz inertes) et, plus récemment, les technologies pour maîtriser la combustion de l’hydrogène. Les chercheurs travaillent aussi sur l’allègement des composants, l’approvisionnement et le stockage de l’hydrogène. Avec leurs partenaires industriels, ils étudient également la faisabilité de l’introduction des piles à combustible dans les applications aéronautiques. Le projet PACAERO, qui couvre la période 2015-2020 a apporté 6 M€ à la Plateforme Hydrogène. Ce financement a permis d’augmenter de 400 m² la surface de la plateforme et d’acquérir de nouveaux équipements.

  • FONDS CHALEUR – 300 M€ et 25 mesures pour la chaleur et le froid renouvelables 9 octobre 2019

    Afin de « développer massivement la chaleur décarbonée », « le Fonds chaleur va être porté à 350 millions d’euros l’année prochaine. C’était 250 l’année dernière et 300 cette année », a déclaré, Élisabeth Borne, lors d’un discours prononcée le 7 octobre à Reims. Accompagnée de sa secrétaire d’État, Emmanuelle Wargon, la ministre de la Transition écologique et solidaire a par ailleurs dévoilé les conclusions des travaux du groupe de travail « chaleur et froid renouvelables », soit « 25 décisions concrètes » dont la liste détaillée est à retrouver ici. « Les propositions faites par le groupe de travail et validées par les ministres visent à renforcer l’attractivité des réseaux de chaleur et de froid, leurs bienfaits pour les consommateurs et l’environnement, ainsi que leur compétitivité économique. L’objectif est d’inciter les collectivités territoriales et leurs partenaires à agir dès maintenant pour atteindre les objectifs nationaux à l’horizon 2030, à savoir une multiplication par 5 des quantités de chaleur et de froid renouvelables et de récupération livrées par rapport à 2012 », explique le gouvernement.

  • HYDROLIEN – (Re)mise à l’eau de la turbine de Sabella à Ouessant 9 octobre 2019

    Dans le cadre du projet porté par Akuo Energy, la turbine de l’hydrolienne de la PME Sabella a été de nouveau immergée avec succès sur son embase le 5 octobre au large de l’île d’Ouessant (Finistère). « Malgré la tempête Lorenzo provoquant une forte houle et n’autorisant qu’une étroite fenêtre météo, les opérations ont été parfaitement menées », s’est félicité le 8 octobre l’entreprise bretonne, précisant que ce prototype de 10 mètres de diamètre (D10) et 1 MW de puissance commencera à injecter de l’électricité sur le réseau de l’île avant la fin du mois. Pour rappel, la machine avait été immergée de juin 2015 à juillet 2016 entre Molène et Ouessant, puis sortie de l’eau pendant deux ans, pour des contrôles et des améliorations. Immergée à nouveau en octobre 2018, elle a dû remettre pied à terre en avril dernier suite à un défaut détecté dans le système de refroidissement de la nacelle qui limitait ses conditions d’utilisation. Sabella prévoit de la retirer en 2021 pour laisser la place aux deux D12, des machines d’un MW également mais de 12 mètres de diamètre.

  • ENTREPRISE – CNR met la main sur Vol-V ER 9 octobre 2019

    La Compagnie nationale du Rhône (CNR) a annoncé l’acquisition de la totalité de des projets et actifs de production éoliens et photovoltaïques de VOL-V, ainsi que de sa filiale VOL-V Électricité Renouvelable (VOL-V ER). Avec cette opération, CNR met la main sur « un portefeuille de près de 1 700 MW dont environ 50 MW construits ou en construction et 130 MW de projets autorisés », explique le premier producteur français d’électricité d’origine 100% renouvelable, sans pour autant préciser le montant de la transaction. Elle lui permet par ailleurs, selon l’aménageur du Rhône, d’étendre ses activités au delà de sa zone d’implantation historique et de récupérer aussi une équipe d’une trentaine de spécialistes. L’entreprise Montpelliéraine Vol-V avait déjà cédé ses activités dans le méthane au group