La Compagnie nationale du Rhône (CNR) a annoncé l’acquisition de la totalité de des projets et actifs de production éoliens et photovoltaïques de VOL-V, ainsi que de sa filiale VOL-V Électricité Renouvelable (VOL-V ER). Avec cette opération, CNR met la main sur « un portefeuille de près de 1 700 MW dont environ 50 MW construits ou en construction et 130 MW de projets autorisés », explique le premier producteur français d’électricité d’origine 100% renouvelable, sans pour autant préciser le montant de la transaction. Elle lui permet par ailleurs, selon l’aménageur du Rhône, d’étendre ses activités au delà de sa zone d’implantation historique et de récupérer aussi une équipe d’une trentaine de spécialistes. L’entreprise Montpelliéraine Vol-V avait déjà cédé ses activités dans le méthane au groupe Engie en février dernier.
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Quand verdira l’hydrogène
Dans un rapport publié le 25 septembre, l’Agence internationale des énergies renouvelables (Irena) assure que la consommation totale mondiale d’énergie finale pourrait être assurée à hauteur de 8 % par de l’hydrogène d’ici 2050. Pour autant, l’hydrogène devrait jouer « un rôle modeste dans la prochaine décennie […] mais apporter une contribution substantielle à l’horizon 2050 », grâce aux futures réductions de coûts attendues pour la production par électrolyse et aux progrès d’efficacité des électrolyseurs. Car, rappelle l’Irena, le potentiel du vecteur hydrogène pour décarboner certains usages (dont l’industrie ou l’aviation) dépend au préalable de la manière dont il est produit. L’Agence évoque ainsi les conditions de développement de la production d’hydrogène « vert » (produit par électrolyse en utilisant de l’électricité d’origine renouvelable) mais aussi « bleu » (produit à partir de combustibles fossiles mais en y associant un dispositif de capture et de stockage du CO2). L’Irena fait état de « synergies importantes » existant entre la production électrique intermittente d’unités de productions renouvelables et l’hydrogène. Ce vecteur « semble sur le point de devenir la solution la moins coûteuse pour stocker de grandes quantités d’électricité durant des jours, des semaines ou même des mois » et pourrait dans ces conditions contribuer à améliorer la flexibilité des réseaux électriques (en utilisant les surplus de production d’installations renouvelables). Cependant, les coûts de production élevés et les besoins d’infrastructures associés font partie des nombreux défis auxquels reste confrontée la filière de l’hydrogène « vert » pour participer à la transition énergétique mondiale.
La consommation électrique couverte à plus d’un quart
Avec une production de 27,1 TWh, la production d’électricité à partir d’énergies renouvelables au deuxième trimestre a couvert 25,5 % de la consommation d’électricité en France, selon le panorama de l’électricité renouvelable publié le 26 septembre par le Syndicat des énergies renouvelables (SER), RTE, Enedis, l’Association des distributeurs d’électricité en France (ADEeF) et l’Agence ORE. La production éolienne (+ 29 %) et photovoltaïque (+ 7,1 % par rapport à la même période en 2018) expliquent ces bons chiffres. Tandis que le production hydraulique a été bien moins dynamique qu’au deuxième trimestre 2018 (- 29,5 %). Sur les douze derniers mois, l’électricité renouvelable a permis de couvrir 21% de la consommation en France métropolitaine.
Un nouveau directeur général pour McPhy
McPhy a décidé de mettre en place une gouvernance dissociée. Dans ce cadre, Laurent Carme a été nommé directeur général du spécialiste des équipements de production et distribution d’hydrogène. Il succède à Pascal Mauberger, qui dirigeait l’entreprise en qualité de président du directoire puis de président directeur général depuis 11 ans et qui conserve ses fonctions de président du Conseil d’administration. Le mandat de Laurent Carme prendra effet le 4 novembre prochain.
Une transition à accélérer
En 2019, les installations de nouvelles capacités renouvelables dans le monde « devraient rebondir avec une croissance à deux chiffres » par rapport à 2018, a annoncé l’Agence internationale de l’énergie (AIE) le 20 septembre. Cette augmentation est le résultat d’une hausse attendue des capacités solaires photovoltaïques, éoliennes et hydroélectriques de 113,7 GW, 57,6 GW et 17,8 GW, respectivement, au niveau mondial pour 2019. Globalement, les installations de capacités renouvelables pourraient ainsi croître de « presque 200 GW » en 2019, soit environ 12 % de plus qu’en 2018. Ce qui est bien, mais pas suffisant. En effet, si les filières renouvelables productrices d’électricité constituent « le socle des efforts mondiaux pour réduire le réchauffement, la pollution de l’air et fournir de l’énergie à tous », selon le directeur exécutif de l’AIE Fatih Birol, selon le scénario Développement durable de l’AIE, les capacités renouvelables devraient être augmentées « de plus de 300 GW par an en moyenne entre 2018 et 2030 » pour suivre une trajectoire compatible avec les objectifs de l’accord de Paris
Google appuie sur le champignon
Google a annoncé avoir signé 18 nouveaux accords énergétiques dans l’éolien et le solaire, pour des capacités cumulées de 1 600 MW, afin de continuer à compenser entièrement sa consommation d’électricité annuelle avec des énergies renouvelables. Il s’agit du « plus gros investissement de notre histoire dans ce domaine », explique Sundar Pichai, le patron du géant américain, dans un communiqué du 19 septembre. Et d’ajouter, qu’« une fois que l’ensemble de ces projets sera réalisé, notre portefeuille en énergies sans carbone produira autant d’électricité qu’une ville comme Washington D.C. ou des pays comme l’Uruguay ou la Lituanie. » Les États-Unis, le Chili et l’Europe sont concernés par ces nouveaux investissements. « Le coût en baisse du solaire (plus de 80 % sur la dernière décennie) a rendu le soleil de plus en plus rentable. En outre, notre accord au Chili porte pour la première fois sur une technologie hybride mêlant solaire et éolien. Parce que le vent souffle souvent à d’autres moments que ceux où le soleil brille, combiner les deux nous permettra d’alimenter notre data center chilien avec de l’électricité verte pendant une plus grande partie de la journée », peut-on lire également dans le communiqué. L’ensemble de ces nouveaux accords permet à Google d’augmenter son portefeuille en énergies éolienne et solaire de plus de 40 % pour atteindre 5 500 MW.
Powidian inaugure une nouvelle plateforme
Powidian a annoncé avoir inauguré sa première plateforme européenne à hydrogène à La Ville aux Dames (37). « Véritable outil industriel permettant de passer rapidement du projet à la réalisation, cette plateforme de 1 800 m2 est le fruit d’une technologie qui permet de convertir, par l’électrolyse, de l’énergie de source renouvelable en hydrogène et ainsi pallier l’intermittence», explique la société française dans un communiqué du 20 septembre. Équipée d’une centrale photovoltaïque de 70 kW, la plateforme est modulaire et reconfigurable. « Tous types d’équipements peuvent y être installés : hydrogène (piles, électrolyseurs stockage H2 sous pression), convertisseurs électriques de puissance, shelters batteries. » Elle permettra notamment de tester de nouvelles technologies, qualifier les équipements et fournisseurs ou d’effectuer des contrôles qualité.
RTE dévoile ses besoins d’investissements à 15 ans
RTE a publié le 17 septembre l’exercice 2019 du Schéma Décennal de Développement du Réseau (SDDR). Le gestionnaire du réseau de transport électrique national présente ainsi son plan décennal d’évolution du réseau électrique français, à l’horizon 2035, qu’il soumet au gouvernement ainsi qu’à la Commission de régulation de l’énergie (CRE) et à l’Autorité environnementale. Le plan identifie plusieurs chantiers (rénovation du réseau, numérisation, capacités d’échange avec les pays voisins, déploiement d’un réseau électrique en mer pour raccorder les futurs parcs éoliens offshore, etc.) pour des « investissements associés […] estimés à 33 milliards d’euros sur 15 ans, soit environ 2 milliards d’euros par an » contre 1,3 milliard d’euros aujourd’hui. Sur les 33 milliards identifiés, 13 milliards concernent l’adaptation du réseau, 8 milliards le renouvellement des ouvrages les plus anciens, 7 milliards le raccordement des énergies marines, 3 milliards le numérique et 2 milliards pour les interconnexions transfrontalières (part France). France énergie éolienne (FEE) n’a pas tardé à réagir, saluant les conclusions d’un document dont les résultats montrent que l’intégration des énergies renouvelables dans le réseau « est loin d’être aussi coûteuse que certains intérêts voudraient le faire croire et, ne nécessite pas de soi-disants ’’back-ups’’ thermiques. La filière éolienne accueille avec satisfaction ce rapport qui prouve une fois de plus la pertinence de l’éolien pour l’avenir énergétique de la France. »
Objectifs biogaz
A l’occasion du SPACE, le salon international des productions animales, qui s’est tenu à Rennes du 10 au 13 septembre, l’État, la Région Bretagne, l’Ademe, GRDF, GRTgaz et le Pôle énergie Bretagne ont signé le Pacte biogazier breton. Ce pacte a pour objectif de définir une stratégie collective sur la place du gaz, et principalement du gaz renouvelable, dans la production d’énergie en Bretagne. Les engagemenets mis en avant sont : augmenter la production de gaz renouvelable à partir de ressources maîtrisées, optimiser les valorisations du biogaz breton et structurer l’animation locale de la filière. Cette annonce suit de près celle, le 6 septembre, de la création de l’association des agriculteurs méthaniseurs de Bretagne. Son objectif est de développer la méthanisation dans le secteur agricole breton en favorisant les échanges entre méthaniseurs et porteurs de projets afin de mettre en place des pratiques exemplaires (parcours tutoré de formation des futurs exploitants d’installations de méthanisation, achats groupés afin de répondre aux besoins des agriculteurs méthaniseurs, etc.).
Des Territoires d’innovation puissance 24
Le Premier ministre a annoncé le 13 septembre les 24 projets sélectionnés dans le cadre de l’appel à projets Territoires d’innovation, une action du Grand Plan d’Investissement, adossée à la troisième vague du Programme d’investissements d’avenir (PIA). Les territoires retenus (les projets sont co-construits avec les acteurs locaux, collectivités territoriales et partenaires engagés dans le développement économique des territoires) seront financièrement soutenus à hauteur de 450 M€ sur 10 ans, soit un financement réparti entre deux enveloppes distinctes : une enveloppe en subventions pouvant aller jusqu’à 150 M€ et une enveloppe dédiée à l’investissement pouvant aller jusqu’à 300 M€ de fonds propres mobilisables dans une logique d’investissement avisé. Transition numérique, énergie durable, mobilité propre, transformation du secteur agricole (notamment l’agroécologie), transformation du système de santé et adaptation des compétences aux évolutions du marché du travail, tels étaient les thématiques retenues. Au total, plus de la moitié des projets ont une dimension énergétique et écologique. L’instruction des dossiers de candidatures a associé la Banque des Territoires, les ministères concernés et les services déconcentrés de l’État, ainsi qu’un comité d’auditions composé d’une douzaine d’experts thématiques.
