Publié le 10/09/2026. La compagnie aérienne American Airlines a réalisé le mois dernier son premier vol commercial grâce à un mélange intégrant du carburant d’aviation durable électrosynthétique (eSAF). Fourni par la société Infinium, l’eSAF a été fabriqué en combinant du CO2 avec de l’hydrogène produit grâce à de l’électricité renouvelable. Selon Infinium, ce type de carburant peut réduire de plus de 90 % les émissions de gaz à effet de serre sur l’ensemble de son cycle de vie par rapport au kérosène d’origine fossile. Par ailleurs, American Airlines a conclu avec Infinium un accord de fourniture d’eSAF issu de leur site Roadrunner, actuellement en construction au Texas. L’entrée en production de Roadrunner est attendue pour 2027, avec une capacité de plus de 5 millions de gallons par an à pleine puissance. À titre de comparaison, l’aviation consomme actuellement près de 100 milliards de gallons de kérosène par an dans le monde, mais le marché des carburants d’aviation durable demeure encore marginal, avec moins de 1 % de la consommation totale.
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Google signe un PPA géothermique dans l’Utah
Publié le 10/09/2026. Fervo Energy et Google ont signé un contrat d’achat d’électricité (PPA) de 396 MW provenant du projet géothermique Cape Station, dans l’Utah, aux États-Unis, qui sera développé en plusieurs phases. Le projet repose sur des systèmes géothermiques capables de produire une électricité décarbonée en continu. La mise en service de la première tranche de Cape Station est prévue à partir de 2028. L’électricité produite doit notamment contribuer à alimenter un centre de données de Google dans l’Utah. Google dispose également d’une option pour augmenter ses achats d’environ 600 MW supplémentaires d’ici juin 2030, ce qui porterait le volume total à près de 1 GW. Le projet constitue une nouvelle étape du partenariat engagé entre Fervo et Google avec le projet géothermique pilote Red, lancé au Nevada en 2023.
Le gouvernement abaisse encore le coefficient d’énergie primaire du DPE
Publié le 03/09/2026. Le Gouvernement a décidé d’abaisser le coefficient de conversion de l’électricité dans le DPE de 1,9 à 1,7 à compter du 1er janvier 2027. Ce coefficient mesure le rapport entre énergie primaire (énergie nécessaire pour produire l’électricité) et énergie finale (électricité à la prise). Cette décision intervient malgré les nombreuses alertes de la filière du logement et une large majorité d’avis défavorables lors de la consultation publique. Le Conseil supérieur de l’énergie (CSE) et le Conseil supérieur de la construction et de l’efficacité énergétique (CSCEE) avaient également rendu des avis négatifs en juillet 2026. Pour l’association professionnelle Coénove, cette modification constitue un passage en force du Gouvernement. Le coefficient, stable pendant 45 ans, a désormais été modifié trois fois en seulement cinq ans. Des experts dénoncent ainsi la manipulation d’un indicateur scientifique à des fins politiques. Coénove estime que la valeur retenue ne repose sur aucun calcul suffisamment justifié concernant le mix électrique français. Selon l’organisation, un calcul tenant compte du mix actuel et futur conduirait plutôt à un coefficient supérieur à 2,3. La baisse aura pour effet de modifier artificiellement la performance énergétique de nombreux logements chauffés à l’électricité. Plusieurs dizaines de milliers de logements pourront ainsi sortir du statut de passoires énergétiques sans réaliser les moindres travaux. « Ni le confort, ni les consommations, ni les factures ne seront améliorés », dénonce Coénove.
Saint-Dizier renforce son réseau de chaleur avec une chaufferie à paille
Publié le 03/09/2026. Fin 2026, Saint-Dizier mettra en service une seconde chaufferie biomasse alimentée par de la paille locale. Cette installation permettra d’étendre le réseau de chaleur urbain à de nouveaux secteurs de la ville. Le projet représente un investissement de 17 millions d’euros, dont 5,5 millions d’euros financés par l’Ademe et le Feder. La nouvelle chaudière à paille aura une puissance de 4 MW. Elle consommera entre 4 500 et 5 000 tonnes de paille chaque année. Le recours à cette ressource agricole locale permet de diversifier le combustible et de limiter la pression sur les ressources forestières. La première chaufferie biomasse de Saint-Dizier, en service depuis 2015, fonctionne avec des plaquettes forestières locales. Le réseau actuel s’étend sur 17 kilomètres et dessert l’équivalent de 5 500 logements. L’extension ajoutera 4,5 km de réseau vers le centre-ville et le quartier de La Noue. Vingt-sept nouveaux points de livraison, dont des résidences, le Conservatoire et le collège La Noue, seront raccordés. Cette extension permettra de desservir l’équivalent d’environ 1 000 logements supplémentaires. Les nouveaux usagers quittant le gaz pourraient réduire leur facture de chauffage de 20 à 30 %, tout en étant moins exposés aux fluctuations du prix du gaz.
Trois projets de production d’hydrogène par électrolyse lauréats de l’appel d’offres de décembre 2025
Publié le 30/07/2026. Trois lauréats ont été désignés dans le cadre de l’appel d’offres de soutien à la production d’hydrogène par électrolyse, lancé en décembre 2025. Il n’est pas précisé si l’électricité qui alimentera les électrolyseurs sera d’origine renouvelable. Le projet Hydrozère, porté par Engie Solutions H2, prévoit une capacité de 5 MW à Saint-Chély-d’Apcher, en Lozère. L’hydrogène produit alimentera le site d’ArcelorMittal et remplacera celui actuellement produit à partir de méthane. À Salaise-sur-Rhône, en Isère, 61,1 MW de la capacité du projet eM-Rhône seront soutenus. Porté par Elyse Energy, celui-ci prévoit un électrolyseur de 210 MW. L’hydrogène produit servira notamment à fabriquer du méthanol destiné à l’industrie chimique.Le dernier lauréat, FertHySomme, est porté par Fertighy à Languevoisin-Quiquery, dans la Somme. Le projet, qui prévoit un électrolyseur de 200 MW, bénéficiera d’un soutien portant sur 95,3 MW. L’hydrogène produit servira directement d’intrant pour la synthèse de l’ammoniac, avant sa transformation en ammonitrates. Au total, les trois projets bénéficieront de 778 millions d’euros de soutien public sur quinze ans. Le périmètre retenu représente 161,4 MW de capacités d’électrolyse. Le volume attribué lors de cette première vague reste toutefois encore éloigné de l’objectif d’environ 1 GW de capacités soutenues sur l’ensemble de l’appel d’offres.
Enième modification de MaPrimeRénov’ par geste à partir du 1er septembre ?
Publié le 30/07/2026. Malgré toutes les mises en garde des organisations professionnelles appelant le Gouvernement à cesser de changer les règles du jeu, celui-ci entend modifier, selon l’association Amorce, une nouvelle fois, le dispositif MaPrimeRénov’ (MPR) par geste, au motif de concentrer les aides sur les rénovations d’ampleur et les pompes à chaleur. Le Gouvernement a en effet soumis au Conseil national de l’habitat, qui a émis un avis défavorable lors de sa séance du 2 juillet, un projet de décret et d’arrêté modifiant respectivement le décret n° 2020-26 et l’arrêté du 14 janvier 2020 relatifs à la prime de transition énergétique. Ces textes prévoiraient de restreindre, à compter du 1er septembre, les aides à l’installation d’équipements à énergie renouvelable aux seules PAC air/eau et géothermiques. Ne serait plus aidée dans ce cadre l’installation d’appareils indépendants de chauffage à bois ou de panneaux solaires thermiques (sauf pour l’outremer), y compris dans le cadre de systèmes hybrides. Ces travaux resteraient éligibles à MPR rénovation d’ampleur ainsi qu’aux CEE et à la TVA à 5,5%. Pour rappel, les chaudières biomasse avaient été exclues de MPR par geste au 1er janvier de cette année. Dans sa communication sur le même sujet, Effy rappelle que les dossiers portant sur une technologie sortie au 1er septembre peuvent être déposés jusqu’au 31 août, la date de dépôt faisant foi pour déterminer les modalités d’aides qui s’appliquent au projet.
La France adopte sa troisième Stratégie nationale bas-carbone
Publié le 16/07/2026. Le Gouvernement a adopté la troisième Stratégie nationale bas-carbone (SNBC-3), qui fixe la feuille de route de la France pour atteindre la neutralité carbone en 2050 avec un objectif intermédiaire à – 50 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 par rapport à 1990. Élaborée après concertation avec les collectivités, les entreprises, les associations, les experts et les citoyens, la SNBC-3 s’inscrit aux côtés de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) et du Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC). Elle prévoit la décarbonation de tous les secteurs de l’économie, notamment grâce à la rénovation des bâtiments, à l’électrification des usages, à la transformation industrielle et au renforcement des puits de carbone. La stratégie ambitionne de réduire de 71 à 79 % l’empreinte carbone des Français d’ici 2050. En ce qui concerne le secteur de l’énergie, l’objectif est de réduire les émissions de 39 MtCO₂e entre 2023 et 2050 sur les plus de 450 MtCO₂e à effacer au total pour le pays. La contribution la plus importante sera celle de l’électrification des usages (-10 MtCO₂e), suivie par la décarbonation du raffinage et de la transformation des combustibles (-9 MtCO₂e), celle de la production de chaleur pour les réseaux (-8 MtCO₂e) et de la production d’électricité (-7 MtCO₂e). À noter que 6 MtCO₂e devraient provenir de la capture et du stockage de carbone biogénique.
Énergies marines renouvelables : la filière marque le pas
Publié le 16/07/2026. Le ralentissement se confirme. En 2025, les investissements et l’emploi dans la filière des énergies marines renouvelables (EMR) reculent pour la deuxième année consécutive. Ce constat est au cœur du dixième rapport annuel de l’Observatoire des énergies de la mer (OEM), présenté le 19 mai à Nantes, à l’occasion du salon Seanergy. Si les énergies marines renouvelables regroupent plusieurs technologies – hydrolien, énergie houlomotrice, photovoltaïque flottant ou encore énergie osmotique –, le secteur reste largement dominé par l’éolien en mer, qui représente 2 054 MW des 2 085,9 MW de capacité installée. En 2025, le nombre d’emplois équivalent temps plein (ETP) est passé de 8 254 à 7 695, soit une baisse de 7 % correspondant à la perte de 559 emplois. Les prestataires, fournisseurs et sous-traitants de la chaîne de valeur sont les plus touchés, avec 686 ETP supprimés. Cette contraction s’explique notamment par le ralentissement des mises en service de nouveaux parcs : 441 MW ont été raccordés en 2025, contre 993 MW l’année précédente. Le recul des chantiers se traduit également par une baisse des investissements. Ceux-ci diminuent de 11 %, passant de 3 milliards à 2,7 milliards d’euros. Les infrastructures portuaires continuent toutefois de bénéficier d’efforts significatifs, avec 69 millions d’euros investis en 2025 pour adapter les quais et les équipements aux besoins de la filière. À l’heure où le gouvernement affiche sa volonté d’accélérer l’électrification des usages, les acteurs de la filière s’inquiètent de la dynamique actuelle de leur secteur.
Corsica Sole installe une unité stockage par batteries en Estonie
Publié le 16/07/2026. Corsica Sole met en service Hertz 2, un système de stockage d’énergie par batteries (BESS) de 100 MW/200 MWh, située à Aruküla en Estonie. Développé avec Evecon et Mirova, ce nouveau site complète Hertz 1 pour former un complexe de 200 MW/400 MWh. Reliées au réseau électrique estonien, ces batteries participent au maintien de la stabilité du réseau, facilitent l’intégration des énergies renouvelables, stockent les excédents de production et restituent l’électricité lors des pics de consommation. Elles contribuent également à limiter la volatilité des prix et à renforcer la sécurité d’approvisionnement des pays baltes. Représentant un investissement privé de 170 millions d’euros, le projet a bénéficié du soutien de plusieurs institutions financières internationales. Fort de quinze années d’expérience acquises sur les réseaux insulaires, Corsica Sole confirme son savoir-faire au service du développement de la filière française du stockage.
Lettre ouverte de la filière hydrolienne
Publié le 10/07/2026. Dans une lettre ouverte adressée au Premier ministre et au gouvernement, les porteurs des projets hydroliens FloWatt et NH1, accompagnés de leurs partenaires industriels, demandent à l’État de respecter ses engagements en faveur de la filière hydrolienne. Alors que la Programmation pluriannuelle de l’énergie prévoit un premier appel d’offres commercial de 250 MW au raz Blanchard (courant marin situé entre le cap de la Hague, à la pointe nord-ouest du Cotentin, et l’île anglo-normande d’Aurigny) d’ici 2030, les deux fermes pilotes, représentant près de 30 MW, restent bloquées. Les signataires soulignent que ces retards ne sont liés ni à des difficultés techniques, ni à des recours administratifs, ni à une opposition locale, mais uniquement à l’absence de notification des dispositifs de soutien à la Commission européenne et de publication de l’arrêté tarifaire. Sans ces décisions, aucun financement ni lancement industriel ne peut être engagé. Ils estiment que chaque mois de retard fragilise les investissements, les emplois et l’ensemble de la chaîne de valeur française en cours de structuration.
