La Haute-Savoie s’offre une nouvelle centrale hydroélectrique

La mairie de Saint-Gervais-les-Bains (Haute-Savoie) annonce que les travaux de la centrale hydroélectrique qui turbinera les eaux du torrent de Miage débuteront après l’été 2021. La construction se déroulera en trois temps  : la prise d’eau sur le torrent de Miage, une conduite forcée et un bâtiment usine qui sera fondu dans un environnement boisé à flanc de montagne pour une meilleure réduction de l’impact visuel. Pour l’acheminement des matériaux, la commune a opté pour un transport par câble téléphérique appelé « blondin », une solution technique respectueuse de l’environnement, qui évite des rotations d’engins motorisés. Un bail de 60 ans a été signé entre la commune et la SARL CH Miage (filiale du groupe Quadran) qui sera en charge de la construction et de l’exploitation de la centrale dont la puissance est estimée à 3  190 kW. La mise en service est annoncée pour 2023.

Afrique centrale : projet de barrage sur la rivière Dja

Le géant de la construction China Gezhouba Group Corporation (CGGC) se voit confier la construction du futur barrage de Chollet par les gouvernements camerounais et congolais. Ce projet vise à construire une centrale électrique de 600 MW sur la rivière Dja, aussi appelée rivière Ngoko, marquant la frontière entre le Cameroun et la République du Congo. Avec 108 mètres de hauteur, le barrage créera une chute de 85 m pour produire de l’électricité à destination du Cameroun et du Congo, mais ces derniers envisagent également d’en fournir à leurs voisins du Gabon et de la République centrafricaine. Ce projet de 700 millions de dollars (600 M€), notamment soutenu par la Banque africaine de développement (BAD), sera mené en trois étapes, à savoir études, construction puis mise en service par la CGGC, mais pour l’heure aucun planning ni potentiel exploitant n’a été dévoilé.

Dijon passe à l’hydrogène vert

Dijon Métropole a annoncé le mercredi 19 mai le démarrage de la construction de sa première station de production d’hydrogène renouvelable qui sera située au nord de la ville. Ce site s’intègre au projet Smart Energhy, une coentreprise créée par Dijon Métropole et Rougeot Energie, et sera capable de produire jusqu’à 440 kilos d’hydrogène afin d’alimenter d’ici 2030, 44 bennes à ordures ménagères et 180 bus. L’électrolyseur sera alimenté par une électricité d’origine renouvelable issue de la combustion de déchets et d’une centrale solaire de 12 hectares pour une mise en service début 2022. Un projet de 100 millions d’euros au total, dont 20 % pour la construction des stations de production d’hydrogène et 80 % pour le renouvellement des bennes et des bus à hydrogène. Les investisseurs sont l’Ademe, la Région Bourgogne Franche Comté et l’Europe. Un second site de production, également situé au nord de Dijon, aura une capacité initiale de 880 kg/jour avec une mise en service prévue en 2023.

Deux nouvelles hydroliennes dans le Morbihan

Selon l’AFP, la société Morbihan Hydro Énergies, détenue à 51% par le fabricant d’hydroliennes Sabella, vient d’annoncer un projet d’immersion de deux hyroliennes dans le golfe du Morbihan. Ce projet est en phase d’instruction et fera l’objet d’une enquête publique dès cet été. Les deux hydroliennes de 14 mètres de haut et de 3,5 mètres de diamètres pour une puissance de 250 kW chacune seront fournies par Sabella et immergées à 20 mètres de profondeur dans le courant de la Jument, le plus fort du golfe du Morbihan. Le projet, d’un coût total de 8,5 millions d’euros est financé à hauteur de 65 % par le Fonds européen de développement régional (FEDER) dans le cadre du projet Interreg Tiger qui promeut les énergies marines renouvelables. Le lancement opérationnel est programmé pour le second semestre 2022.

Paris s’offre une nouvelle boucle d’eau chaude

La Compagnie parisienne de chauffage urbain (CPCU) et Paris et Métropole aménagement (P&Ma) annoncent la signature d’une convention pour la réalisation des travaux d’alimentation en chaleur renouvelable du nouvel écoquartier Saint-Vincent-de-Paul dans le 14e arrondissement de Paris. Les 59 000 m² de bâtiments neufs ou réhabilités seront chauffés via une boucle d’eau chaude qui valorise l’énergie calorifique de l’eau non potable de la ville de Paris. L’eau non potable de Paris, puisée dans la Seine et dans le canal de l’Ourcq possède son propre réseau et sert principalement au nettoyage des rues, au bon fonctionnement des égouts ou à l’arrosage des espaces verts. Cette nouvelle boucle à basse température de 450 mètres de long connectera tous les bâtiments à qui elle fournira une eau à 65°C, température parfaitement adaptée à leur haute performance énergétique. La boucle sera aussi connectée au réseau principal de la CPCU via deux échangeurs vapeur-eau en cas de besoin. Le projet est financé par P&Ma et CPCU, les adaptations nécessaires du réseau d’eau non potable par Eau de Paris, soit un investissement d’1,7 million d’euros.

L’AIE publie un rapport sur les matériaux critiques de la transition énergétique

L’AIE a publié un rapport pour alerter sur la demande croissante de certains matériaux nécessaires aux développements de technologies renouvelables et de l’électrification des usages comme la voiture électrique. En effet dans « The Role of Critical Minerals in Clean Energy Transitions » l’agence fournit un travail prospectif afin d’identifier les besoins en matériaux suivants différents scénarios de développement des technologies vertes. Ainsi elle propose plusieurs mesures pour contrer un certain nombre de risques identifiés, comme le fait que certains minéraux restent aujourd’hui exclusivement produits par un petit nombre de pays. Elle invite donc les gouvernements à investir dans des chaînes d’approvisionnement variées pour réduire les dépendances vis à vis de certains pays en situation de quasi-monopole. Il faut également promouvoir les nouvelles technologies à tous niveaux de la chaîne de valeur, afin de garantir une utilisation optimale des matériaux, d’un point de vue économique et environnemental. Le recyclage devra jouer un rôle majeur afin de réduire les besoins en matériaux bruts, grâce à des méthodes de collectes innovantes, et à des efforts de R&D sur les nouvelles technologies de valorisation des matériaux usagés. Les décideurs devraient également mettre en place un cadre propice à la transparence du marché, leur permettant, en cas de perturbations comme c’est le cas durant la crise sanitaire actuelle, de réguler rapidement et efficacement les chaînes d’approvisionnement. Enfin, l’AIE insiste sur le besoin de renforcer les normes environnementales et sociales relatives à l’extraction, la transformation et le transport des matériaux critiques de façon à maximiser les avantages environnementaux de la transition énergétique et à encourager le développement de nouveaux acteurs.

Durabilité des bioénergies

La consultation publique pour le projet de décret bioénergies lancée le 27 avril dernier se poursuivra jusqu’au 18 mai. Il s’agit de transposer au niveau national le volet durabilité des bioénergies de la directive européenne relative à la promotion de l’utilisation de l’énergie produite à partir de sources renouvelables. Pour rappel, une première directive (RED I) adoptée en 2009 avait conduit à mettre en place des exigences de durabilité et de réduction de gaz à effet de serre (GES) pour les biocarburants et biocombustibles. En 2018, RED II soumettait aux mêmes exigences les filières de production de chaleur, gaz ou électricité à partir de combustibles issus de biomasse. Ainsi l’ordonnance de mars 2021 (n° 2021-235) vise à transposer RED II au niveau national, en soumettant toutes les installations de bioénergies (au-dessus d’un seuil de puissance) aux exigences de durabilité et de réduction de GES, ainsi que d’efficacité énergétique au niveau de la production électrique. Ces installations devront notamment respecter un certain nombre de critères pour pouvoir compter sur de futures aides publiques, ce qui devra être certifié par des organismes de contrôle indépendant. La transposition sanctuarise également des terres de riche biodiversité ou présentant un important stockage de carbone.

Une unité de 2 MW aux Orcades

Le fabricant de roulements mécaniques suédois SKF a annoncé le 28 avril l’installation d’une nouvelle turbine marémotrice au sein du Centre Européen pour l’énergie marine (EMEC), basé dans les Îles Orcades, en Écosse. Développé par l’entreprise écossaise Orbital Marine Power, avec l’aide des technologies de SKF, ce projet consiste en une unité de 2 MW électriques : l’Orbital O2. Comme l’énergie du soleil et du vent, celle de la Lune peut être exploitée via les forces qu’elle exerce sur les marées, pour actionner un alternateur, et donc produire du courant électrique. L’Orbital O2 mesure 72 mètres de long et possède 2  rotors bipales de 20 mètres de diamètre chacun, entraînés par les courants marins. Le potentiel de cette technologie est « colossal », selon SKF. La Commission européenne prévoit 40 GW d’énergies marines en service d’ici 2050, incluant l’énergie marémotrice, hydrolienne, houlomotrice, le photovoltaïque flottant et la production de carburants à partir d’algues.

Le Havre prolonge son réseau de chaleur

La communauté urbaine Le Havre Seine Métropole annonce l’extension de son réseau de chaleur renouvelable et missionne la société de distribution de chaleur de Mont-Gaillard (SDCMG), filiale d’Engie Solutions pour la réalisation des travaux. Construit en 1972, le réseau est composé de 97 sous-stations et 16  kilomètres de canalisations. Il alimente aujourd’hui en chaleur et eau chaude sanitaire plus de 6 000 équivalents logements (bailleurs, bureaux, bâtiments publics, etc.) situés dans les quartiers de Mont Gaillard, du Grand Hameau de Montcalm Capuchet et de Mare Rouge. En 2013, le réseau a été rénové avec l’acquisition d’une chaudière biomasse de 12 MW qui a permis d’offrir des tarifs plus compétitifs aux clients et d’avoir une couverture à 60 % issue d’énergies locales et renouvelables. Le nouveau projet prévoit 5 kilomètres de réseau additionnels, soit 2 500 équivalents logements supplémentaires, dont 15  000 m² de bâtiments tertiaires des quartiers Points Cardinaux et Bléville. Les travaux débuteront dès juillet 2021 pour une mise en service en février 2022.

Fonds Chaleur : bilan en demi-teinte

Malgré le poids des chiffres, la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR) tire un bilan en demi-teinte du Fonds Chaleur pour 2020. Le fonds a pourtant engagé 350 millions d’euros l’an passé au travers de plus de 600 projets aidés et annonce un portefeuille de 477 M€ en 2021. Si l’intérêt de cet outil, unique en Europe dans sa forme et son envergure, n’est plus à démontrer, la Fédération tient à nuancer ces résultats notamment sur la question du développement de nouveaux réseaux de chaleur. En la matière, les projets concernent principalement en des extensions de réseaux existants et non des créations. Le verdissement et l’extension des réseaux existants, s’ils sont des leviers essentiels, ne sont pas suffisants pour atteindre les objectifs de développement de la filière, qui exige de créer de nouveaux réseaux. Ainsi, seuls 60 % de l’objectif de 2020 (par rapport à la trajectoire de la loi de programmation) a été atteint. La FNCCR regrette qu’il n’y ait pas eu une montée en puissance des objectifs Grenelle. Alors qu’il faudrait créer 8 TWh d’installations en chaleur renouvelable par an, la dynamique actuelle oscille entre 3 et 3,5 TWh/an. Les réseaux de chaleur étant en quasi-totalité publics, il appartient donc aux collectivités d’investir. Après une année 2020 marquée par des élections municipales, 2021 va être une année pleine pour les élus qui vont pouvoir plus aisément penser leurs futurs projets autour des énergies renouvelables thermiques et des réseaux de chaleur. Ces derniers apportent aux territoires des moyens de maîtriser le coût des factures pour les abonnés. Ainsi, la FNCCR compte renforcer son action dans ce domaine en direction des élus, avec notamment un nouveau cycle de formation et un guide, qui leur seront dédiés.