Le 14 avril, le ministère de la Transition écologique a dévoilé son plan d’action pour le chauffage au bois domestique et le soumet à la consultation du public. Son objectif est de réduire de 50 % les émissions de polluants, la pollution atmosphérique étant responsable de 40 000 morts par an rien qu’en France d’après Santé Publique France. En 2018, le chauffage domestique au bois était responsable de 43 % des émissions de PM 2,5 et plus de 50 % de celles de PM 1,0 cancérigènes du fait d’un parc comprenant de nombreux appareils anciens. Afin de réduire l’impact sanitaire, les appareils utilisés doivent respecter un certain nombre de critères, être correctement dimensionnés et entretenus, utiliser du combustible sec, et privilégier les techniques d’allumage par le haut. Ce plan d’action vise à atteindre l’objectif de la loi Climat et Résilience de baisse de 50 % des émissions de particules fines, votée par les députés le 13 avril. Il s’organise autour de six axes prioritaires : sensibiliser le grand public en rendant obligatoire sur le nouveau diagnostic de performance énergétique l’affichage de la vétusté de l’appareil ; renforcer les politiques d’accompagnement pour le renouvellement des vieux appareils au bois ; faire évoluer les normes sur les nouveaux appareils ; créer un label pour favoriser l’utilisation de combustibles de haute qualité ; communiquer sur l’impact sanitaire de la combustion du bois, mais également encadrer l’utilisation du chauffage au bois dans les zones les plus touchées par la pollution atmosphérique. Rappelons que la France a été condamnée par la justice européenne pour manquement aux obligations issues de la directive sur la qualité de l’air. Avec le plan d’action pour la mobilité propre, celui sur le chauffage au bois devrait contribuer à améliorer la situation.
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Allemagne : l’hydrogène vert remplace le LNG
Le 14 avril, le géant allemand de l’énergie Uniper a annoncé la création d’un hub hydrogène à Wilhelmshaven, en Basse-Saxe, en lieu et place du terminal de gaz naturel liquéfié (LNG) envisagé jusque-là. Une étude de marché avait en effet montré en octobre 2020 que les perspectives de long terme pour l’usage du LNG en Allemagne ne permettaient pas de rentabiliser ce terminal. Dénommé Green Wilhelmshaven, le nouveau projet est en cours d’étude de faisabilité, et prévoit la construction d’un terminal d’importation d’ammoniac (NH3) équipé d’un craqueur d’ammoniac pour produire du dihydrogène (H2). Cet ammoniac vert sera produit à partir de sources renouvelables. Le hub comprendra également un électrolyseur de 410 MW. À eux deux, ils devraient pouvoir fournir 295 000 tonnes d’hydrogène annuellement, soit 10 % de la demande allemande estimée en 2030, grâce à un futur réseau de gaz dédié. Le futur hub devrait être livré après 2025. Cet hydrogène est essentiel pour les objectifs de neutralité carbone de l’Allemagne. En effet, s’ils sont issus de sources d’énergies bas-carbone, les procédés de power-to-gas pourraient permettre de réduire sensiblement l’impact carbone de l’industrie, acier et chimie ciment notamment, et des transports longue distance (aérien, maritime, etc.). Dans la fabrication de l’acier, cet hydrogène servira par exemple à la réduction du minerai de fer en remplacement partiel du charbon aujourd’hui majoritairement utilisé, et extrêmement polluant.
De l’huile de cuisson pour les avions
Le groupe Total annonce le démarrage de la production de biocarburants aériens dans ses bioraffineries de La Mède (Bouches-du-Rhône) et d’Oudalle (Seine-Maritime). Ces biocarburants sont élaborés uniquement à partir de déchets et résidus issus de graisses animales et d’huiles de cuisson usagées sans recours aux huiles végétales. Avec la création de cette nouvelle production dédiée, le pétrolier répond à la forte demande du secteur aéronautique qui recherche des alternatives au kérosène fossile afin de réduire son empreinte carbone. L’objectif est aussi une mise aux normes avec la législation française qui prévoit un mandat d’incorporation de 1 % de biocarburants aériens dès 2022, puis un objectif de 2 % à horizon 2025 et de 5 % à horizon 2030. Les aéroports français pourront disposer de ce biocarburant dès la fin avril 2021.
Les PAC aérothermiques se maintiennent en 2020
Observ’ER vient de mettre en ligne son étude sur le marché 2020 des pompes à chaleur (PAC) dans le secteur du résidentiel (jusqu’à 30 kW). Pour les équipements aérothermiques, l’activité a été bonne puisque les ventes ont progressé de 10 % en un an (900 700 unités contre 815 400 en 2019). Avec 729 680 unités écoulées, le segment des PAC air/air est le premier sur le marché des systèmes de chauffage central individuel en France, loin devant les chaudières gaz ou fioul à condensation (510 000 ventes à elles deux). Cette croissance a surtout été portée par le marché de la rénovation car la construction de maisons neuves a été en retrait l’an passé. De leur côté, les pompes à chaleur air/eau font une année étale par rapport à 2019 (170 390 unités) alors que pour les chauffe-eau thermodynamiques c’est un recul des ventes qui a été enregistré en 2020 (109 500 unités contre 118 380 en 2019). Ce tassement est le premier depuis l’introduction de ce type d’appareils sur le marché français il y a une dizaine d’années. Enfin, pour les pompes à chaleur géothermiques, l’activité a été en baisse de 13,5 % pour s’établir à 3 005 appareils écoulés. Si les ventes se sont stabilisées depuis 2016 entre 3 000 et 3 500 unités annuelles, le secteur reste à un niveau faible qui le cantonne à un marché de niche.
Arabie Saoudite : une révolution verte pour 2030
Lors de la 11ème session de l’Assemblée générale de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), les délégataires d’Arabie Saoudite ont annoncé leur volonté de couvrir 50 % de leurs besoins en électricité à l’aide d’énergies renouvelables d’ici à 2030, le reste étant fourni par le gaz. C’est une révolution pour un pays où en 2019 le gaz représentait 65 % du mix électrique, le reste étant couvert par le pétrole. Ce projet est un immense défi dans un royaume où beaucoup reste à faire en termes d’infrastructure et d’organisation des filières renouvelables, de localisation des technologies, de réglementation ou de développement des ressources humaines. L’un des piliers de cette révolution verte devra être l’étroite collaboration entre institutions universitaires et scientifiques afin d’identifier les meilleures politiques de promotion des renouvelables. Le pays entend également réduire ses émissions de CO2 et prévoit de mettre en œuvre des projets sur les technologies d’hydrocarbures propres pour éliminer plus de 130 millions de tonnes de CO2 (MtCO2), toujours à l’horizon 2030, contre 582 MtCO2 émises en 2019. Les émissions de carbone liées au secteur énergétique de l’Arabie saoudite ont bondi de 5 % par an entre 1990 et 2015, puis sont restées stables avant de diminuer en 2018. Le pays compte les émissions par habitant parmi les plus élevées au monde, atteignant 17 tCO2 par habitant en 2019 (trois fois plus qu’un français), en faisant le 7ème émetteur mondial par habitant.
Record d’installations dans le monde en 2020
L’agence internationale des énergies renouvelables (IRENA) a publié son rapport annuel Renewable Capacity Statistics 2021 ce début avril, concernant la progression des énergies renouvelables destinées à la production d’électricité dans le monde. La principale information à retenir est le record d’installation en 2020 malgré la pandémie de la covid-19. En effet plus de 260 GW de capacité renouvelable ont été installés, soit près de 50 % de plus que le précédent record de 2019, pour atteindre 2,8 TW au total. Ainsi parmi les nouvelles centrales électriques installées en 2020, les renouvelables représentent plus de 80 % des capacités, dont 91 % rien que pour le photovoltaïque (127 GW) et l’éolien (111 GW) majoritairement en Chine et aux États-Unis. L’hydroélectricité croît de 12 GW en Chine et de 2,5 GW en Turquie. La capacité de production à partir de bioénergie augmente quant à elle de seulement 2,5 GW, et la géothermie de moins de 200 MW. La capacité d’électricité renouvelable hors réseaux a augmenté de 365 MW en 2020 pour atteindre 10,6 GW. La part des renouvelables dans la capacité électrique mondiale monte ainsi à 36,6 %, notamment grâce au démantèlement de centrales fossiles. Ces chiffres montrent une certaine résilience du marché des énergies renouvelables électriques au niveau mondial. La part des énergies renouvelables dans les capacités électriques mondiales s’établissait déjà à 34,6 % en 2019, selon l’Agence internationale de l’énergie
La conquête de l’ouest
En créant la société GéoRueil avec Engie solutions, Rueil-Malmaison veut montrer que la géothermie profonde n’est pas réservée à l’est parisien. Les travaux de forage de la coentreprise démarreront au printemps pour capter d’ici la fin de l’année une ressource de 61 degrés localisée à une profondeur de 1500 mètres (au Dogger). Objectif : une mise en service à l’été 2022 d’une centrale de 11,3 MW qui alimentera durant 28 ans un réseau de chauffage urbain de 11 000 équivalents-logement. « Dans un premier temps, nous avions la volonté de nous appuyer sur une part conséquente d’énergies renouvelables pour notre nouvel écoquartier, rapporte Monique Bouteille, maire adjointe en charge de l’urbanisme de la commune des Hauts-de-Seine. Un travail avec l’Ademe nous a montré que le potentiel géothermique nous permettait d’aller bien au-delà de ses 2 400 logements. » Plutôt que de déléguer la construction et l’exploitation de l’installation et comme le permet désormais la loi de Transition énergétique de 2015, Rueil-Malmaison a pris 11,5 % des participations de GéoRueil. Suffisamment pour avoir un regard sur son activité et participer aux choix. Pas trop car « la gestion fine d’un réseau de chaleur est complexe et l’investissement global trop conséquent », poursuit l’élue. Le seul forage coûtera 18,5 millions d’euros. La note du réseau s’élèvera quant à elle à 65 M€.
Givors se chauffe à la biomasse
La société de services énergétiques Idex, annonce la mise en service de la chaufferie biomasse du réseau de chaleur de Givors, au sud de Lyon. Depuis 1970, la chaufferie des Vernes de Givors produit de l’énergie sous forme d’eau chaude à partir de gaz et de fioul. En 2017, la Métropole de Lyon missionne Idex afin de faire évoluer son bouquet énergétique qui va passer à 55 % au biogaz et 45 % au gaz. En 2021, la transition du réseau de chauffage de la commune s’accélère et passe de 3 à 9 kilomètres avec l’installation d’une chaudière bois et d’un récupérateur de chaleur des fumées couplé à une pompe à chaleur (PAC). Le mix énergétique de la commune est désormais le suivant : 65 % chaudière bois + 14 % fumées bois et PAC + 21 % gaz naturel, soit du chauffage pour 2 700 équivalents logements et une baisse de la facture de près de 14 % par rapport à l’année dernière pour les consommateurs. Coût total de l’investissement, 11 millions d’euros, dont 3,5 millions d’euros subventionnés par l’Ademe.
La Région Bretagne à l’avant-garde
À la suite d’un premier appel à projets lancé en 2020, qui a sélectionné 5 projets de production d’hydrogène renouvelable, la Région Bretagne a lancé un second appel à projet le 1er mars dont la date limite de dépôt des dossiers est fixée au 31 mai 2021. Il s’agira de 4 à 5 nouvelles boucles d’hydrogène renouvelable, qui comprendront une phase d’études préalables, dotée d’un budget régional de 200 000 €, puis de 3 millions d’euros pour la phase de réalisation. La Région incite les investisseurs à mettre l’équivalent d’1 % du coût total dans des actions de préservation de la biodiversité. Les profils des cinq premiers projets sélectionnés en 2020 sont divers. Porté par le Syndicat départemental d’énergie du Finistère, Molène stockage H2, consiste à stocker l’énergie électrique photovoltaïque sous forme d’hydrogène par électrolyse de l’eau afin de décarboner le réseau insulaire de l’Île de Molène. Brest potentiel H2 est quant à lui un projet qui vise à évaluer le potentiel technico-économique du port et de l’unité de traitement des déchets de Brest. Situé à Briec, Ecosystème H2 vise à valoriser l’électricité produite par l’incinérateur des déchets du pays de Quimper pour produire de l’hydrogène par électrolyse. Hydrogène Morbihan consiste à développer un réseau de distribution autour de Vannes avec des stations de recharge pour véhicule en s’appuyant sur le site d’électrolyse renouvelable HyGO Vannes, prévu pour 2021. Un autre Ecosystème H2, cette fois situé près de la Roche aux Fées, cherche à étudier la possibilité de création d’un réseau d’hydrogène vert pour alimenter un train, une flotte d’utilitaires et de poids lourds ainsi que de l’injection sur le réseau de gaz.
Un geste généreux d’Altawest au profit de la Fondation Énergies pour le Monde
À l’occasion de ses 10 ans, l’équipementier et prestataire de services pour les marchés de l’énergie Altawest s’est engagé auprès de la Fondation Énergiespour le Monde, en particulier en contribuant au soutien de son projet BOREALE. Le projet BOREALE a pour objectif de procéder à l’électrification de sept localités rurales du sud de Madagascar grâce à des technologies de production d’énergie renouvelable. L’installation de centrales photovoltaïques d’une puissance de 7 à 12 kWc dans les régions d’Androy et d’Anosy permettra à 900 abonnés d’avoir un accès fiable et durable à l’électricité. Grâce à la production d’électricité verte, environ 6 000 bénéficiaires directs, et 20 000 bénéficiaires indirects, pourront accéder à davantage de confort domestique et à des conditions sanitaires améliorées, ainsi que développer de nouvelles activités. Altawest est venu accompagner le projet BOREALE à hauteur de 20 000 euros et le geste est d’autant plus altruiste que ce sont les employés de l’entreprise qui ont préféré remplacer le cadeau que l’entreprise faisait à chacun par un don à une ONG.
