Après avoir fait plusieurs séries d’annonces ces dernières semaines autour de mesures destinées à stimuler le développement des énergies renouvelables (voir l’actu du 7 octobre sur l’éolien et du 4 novembre pour le solaire), la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili se tourne désormais vers l’ensemble du tissu industriel et productif du pays. Invitée vendredi 3 décembre à la Convention des entreprises pour le climat à Nantes, la ministre a exhorté les entreprises de toutes tailles à prendre au plus vite le virage de la transition écologique. Aussi pour les aider dans leurs décisions stratégiques et leurs investissements, Barbara Pompili a annoncé le lancement de « Mission Transition Écologique », un site internet regroupant l’ensemble des aides et dispositifs existant dans le domaine de la transition écologique des entreprises. Alors qu’une très nette majorité des dirigeants de PME et ETI françaises ont conscience de l’urgence climatique, les aides publiques écologiques restent encore trop méconnues et il est souvent jugé difficile de trouver le bon accompagnement, compte tenu de la multiplicité des opérateurs qui les proposent. C’est la raison pour laquelle le Gouvernement a renforcé ses dispositifs de communication à destination des entreprises, notamment via ce nouveau site qui dispose d’un moteur de recherche réunissant près de 500 dispositifs publics d’accompagnement et de financement (ADEME, BPI, Régions, Départements, Agences dédiées, etc.). L’outil permettra également une mise en relation directe avec un conseiller expert de la transition écologique afin de guider les entrepreneurs. La plateforme est accessible à l’adresse suivante : https://mission-
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Chauffer ses locaux grâce à la géothermie basse température
Dans leur vieux hangar transformé en bureau commun, à Monts en Indre et Loire, les deux cabinets de conseil spécialisés en hydrogéologie, Hygéo et Hydrogéologues conseil, ont décidé de faire la preuve par l’exemple. C’est donc une installation de géothermie basse température qui y assurera le chauffage. « Il existe deux technologies : la géothermie sur nappe et la géothermie sur sondes verticales. La première nécessite d’avoir de l’eau souterraine exploitable à l’aplomb du site, c’est-à-dire pas trop en profondeur, ce qui n’est pas notre cas. La seconde est possible partout et est souvent privilégiée pour les petits projets », explique Hélène Galia, directrice d’Hydrogéologues conseil. Les deux sociétés ont ainsi opté pour la seconde option. Deux forages ont été effectués en octobre et descendent à 70 m de profondeur. Dans chacun d’eux, une sonde (2 tubes en U) sera installée, dans laquelle de l’eau circulera en circuit fermé. Elle se réchauffera l’hiver au contact du sous-sol qui garde une température constante de 12/13 degrés toute l’année, puis alimentera des émetteurs basse-température à l’aide d’une pompe à chaleur (de marque française Lemasson). Celle-ci relèvera la température pour assurer le chauffage des 100 m² de surface (puissance de 8,45 kW, Cop de 4,6). L’été, l’installation permettra, à l’inverse, de rafraîchir les locaux. L’ensemble a coûté 62 000 euros dont 65 % couverts par des aides de l’Ademe et du Feder. Les travaux devraient être terminés en janvier.
Des boues et du biogaz en Alsace
Le syndicat intercommunal à vocations multiples (SIVOM) de la région mulhousienne et Suez ont inauguré le 24 novembre l’unité de méthanisation de Sausheim située en Alsace dans le département du Haut-Rhin. Le site traitera les boues d’épuration de 490 000 équivalent-habitants de l’agglomération mulhousienne et produira 2 000 000 Nm3 de biométhane épuré par an. Ce biométhane servira à alimenter en carburant vert les bus de l’agglomération. Grâce à un procédé mis au point par Suez qui permet de récupérer le phosphore sur les digestats liquides, le site produira aussi des granules de 1 à 3 millimètres qui seront utilisés à des fins agricoles pour fertiliser les sols.
L’Ademe propose 4 scénarios de neutralité carbone
Après l’association Negawatt, l’Ademe dévoile 4 scénarios prospectifs pour que la France atteigne la neutralité carbone en 2050. Le scénario S1 « Génération frugale » propose des changements de société profonds, avec une redéfinition des indicateurs de bien-être pour tendre vers une véritable frugalité, en se basant sur des solutions maîtrisées et éprouvées, et la généralisation des techniques low-tech. À l’inverse, le scénario S4 « Pari réparateur » propose peu de changements de mode de vie par rapport à aujourd’hui, mais parie sur une croissance économique soutenue et des révolutions technologiques, notamment sur la capture et le stockage de CO2, le stockage d’énergie et l’efficacité énergétique. Si le scénario S1 se heurte à des risques de clivages politiques forts au sein de la société, le S4, lui, se heurte au réalisme technologique et aux limites physiques. Les scénarios S2 « Coopérations territoriales » et S3 « Technologies vertes » se présentent ainsi comme des voies médianes, mais exigent également de profondes transformations. Pour ces 4 scénarios l’Ademe prend comme hypothèse une part de 70 % d’énergie renouvelable dans le mix énergétique, avec une forte électrification des usages comme le proposent déjà les scénarios de RTE (« Futurs énergétiques 2050 ») et Negawatt. Quels que soient les choix de société, l’Ademe appelle à organiser un débat structurant sur 5 problématiques : la sobriété, les puits de carbone, les régimes alimentaires, le bâtiment, et le modèle industriel.
Station d’hydrogène vert dans le Vaucluse
Le 22 novembre s’est déroulée une conférence de presse à Monteux au cours de laquelle les représentants de la Communauté de communes Les Sorgues du Comtat (Vaucluse) et l’entreprise Hynoé ont présenté le projet de station d’hydrogène vert, qui devrait s’installer à Sorgue, l’une des cinq communes de l’intercommunalité. Il est prévu qu’elle fournisse jusqu’à 400 kg d’hydrogène vert par jour d’ici 2024, afin d’alimenter des poids lourds, bus, bennes à ordures et chariots-élévateur. L’hydrogène doit être produit par des électrolyseurs alimentés par de l’électricité photovoltaïque, provenant d’installations construites sur le territoire des Sorgues du Comtat. Les élus mettent en avant la diminution de la pollution atmosphérique comme les particules fines, mais également une réduction de la pollution sonore. La jeune société Hynoé, basée à Marseille qui compte 70 salariés pour un chiffres d’affaires de 15 millions d’euros, affirme vouloir investir 4 millions d’euros dans ce projet de station d’hydrogène vert.
Une chaufferie biomasse à Compiègne
Initiés en 2020, les travaux de construction de la chaufferie biomasse de Compiègne avancent à grand pas avec une mise en service prévue pour début 2022. Pour la rénovation de son réseau de chaleur, la Ville de Compiègne a mandaté Engie Solutions qui est chargé de construire une chaufferie biomasse d’une puissance de 14 MW alimentée par des bois de récupération issus de l’entretien des forêts ainsi que du bois de palettes (caisses, cagettes…) provenant d’un rayon inférieur à 100 kilomètres. À la mise en service, le réseau sera alimenté à 65 % par de la chaleur renouvelable issue de la biomasse. Le réseau de chaleur de Compiègne alimente 66 sous-stations, fournit chauffage et eau chaude sanitaire à 9 000 équivalents logements, dont 6 000 foyers sur un total de 16 kilomètres de réseau. Ce projet bénéficie du soutien de l’Ademe dans le cadre du Fonds Chaleur.
À Toulouse, les boues se transforment en biogaz
Le 15 novembre dernier, a été inaugurée l’unité de méthanisation de Ginestous-Garonne située à Toulouse. Construit sur le site de la station d’épuration de Ginestou, le méthaniseur est alimenté par les boues des eaux usées de la métropole toulousaine et le biogaz produit sera épuré et injecté sous forme de biométhane dans le réseau de GRDF. La production attendue est de 52 GWh annuels en augmentation progressive pour atteindre 61 GWh dans 15 ans. La mise en service de l’unité de méthanisation va par ailleurs permettre la fermeture de la plateforme de compostage des boues à l’origine de fortes nuisances olfactives et dénoncées depuis plusieurs années par les riverains. Près de 34 millions d’euros ont été investis dans ce projet, financé à 67% par Toulouse métropole, avec le soutien de la Région, de l’Ademe et de GRDF.
Enquête annuelle du SNCU : peut mieux faire
Le Syndicat National du Chauffage Urbain (SNCU) a présenté le 9 novembre son enquête annuelle sur les réseaux de chaleur et de froid pour 2020. Il ressort que le chauffage par les 833 réseaux de chaleur du territoire a livré 25,4 TWh net sur l’année 2020 (contre 25,6 TWh en 2019) pour une production brute de 30,4 TWh, soit 5,65 millions de tonnes de CO2 évitées. Le taux d’énergie renouvelable et de récupération utilisé dans les réseaux de chaleur augmente peu (+1,1 %) et atteint 60,5 %, dont la majorité (28,3 %) provient d’unités de valorisation énergétique des déchets, et de biomasse (21,2 %). Avec un contenu carbone de 129 g/kWh en analyse de cycle de vie, l’Ademe estime le coût de la tonne équivalent CO2 évitée par les réseaux de chaleur à 37 €, soit un prix inférieur à ceux pour l’éolien, le photovoltaïque ou les pompes à chaleur. Les 33 réseaux de froid, puisant l’eau dans les rivières, en mer ou dans les nappes géothermiques, ont quant à eux livré 0,81 TWh en 2020 (contre 0,96 TWh en 2019) avec un contenu moyen de 11 gCO2 / kWh. La présidente du SNCU pointe les besoins de soutenir le développement de tels réseaux par des subventions ciblées ainsi que la sensibilisation des élus. L’Île-de-France est toujours de loin la première région en termes de réseaux de chaleur (115) et de froid (9), mais aussi celle avec un des plus forts taux d’énergie fossile (46 %). Au niveau national, le gaz représente plus d’un tiers de l’énergie utilisée, malgré des objectifs d’utilisation de la part de la biomasse, de la géothermie et des déchets dans le mix énergétique national devant encore tripler à l’horizon 2030.
Une centrale hydroélectrique à Vichy
La filiale d’EDF, SHEMA, vient d’annoncer le début des travaux de la nouvelle centrale hydrolélectrique de Vichy (Allier) qui fait partie des sites retenus par le ministère de la Transition écologique, dans le cadre d’un appel d’offre lancé en 2016. Le site, constitué de deux turbines sera construit sur la rivière Allier en aval du pont barrage avec l’intégration d’une nouvelle passe à poissons dans le cadre de la préservation de la faune piscicole. Selon la filiale d’EDF, la centrale, d’une puissance de 3,5 MW, produira de l’électricité pour la consommation de 7 600 personnes soit environ 30 % de la population de Vichy. La fin des travaux de l’ouvrage est prévue pour 2023.
Autoconsommation collective et stockage hydrogène
Précurseur au niveau européen, le quartier bas carbone Atlantech, situé dans l’agglomération rochelaise, est un site pilote dans les domaines de l’efficacité énergétique, de l’écoconstruction, du développement durable et de la mobilité douce. Parmi les différentes technologies développées, vient d’être inauguré un démonstrateur d’autoconsommation collective relié à un électrolyseur qui produit de l’hydrogène pour stocker le surplus d’électricité et alimenter des offres de mobilités décarbonées. Il s’agit d’une ombrière de parking équipée de 304 kW photovoltaïques, qui alimente à 100 % en autoconsommation quatre points de livraison : le bâtiment du pôle d’innovation Lab’In Tech ainsi que des bornes de recharge d’éclairage public et de véhicules électriques. Le système est relié à un électrolyseur de 138 kW, qui produira 3 tonnes d’hydrogène par an. L’objectif est d’explorer l’ensemble de la chaîne de valeur de la boucle énergétique et de comprendre comment le solaire et l’hydrogène peuvent s’associer et s’optimiser. Aujourd’hui stocké dans des bonbonnes, l’hydrogène sera disponible à la pompe dans les mois qui viennent pour des véhicules du site équipés : voiture, vélos, vélos cargo, etc. Ce premier démonstrateur a pour vocation d’être déployé sur l’ensemble du site Atlantech à travers une boucle à l’échelle de tout le quartier. Certains bâtiments étant parfois excédentaires en énergie et d’autres déficitaires, le mix des usages : bureaux, habitations, enseignement, services assurera un équilibre et optimisera la répartition de l’autoconsommation sur le site. Ainsi, la production photovoltaïque des habitations pourra alimenter les besoins des bureaux plus importants en semaine et l’inverse le week-end lorsque les habitants sont chez eux.
