Optimiser les réseaux de chaleur

La FNCCR et Efficacity lancent un appel à manifestation d’intérêt (AMI) pour aider les collectivités à développer ou à optimiser leurs réseaux de chaleur et de froid. Efficacity, institut de recherche dédié à la transition énergétique et écologique des villes, ainsi que le Centre Scientifique et technique du bâtiment (CSTB) ont développé l’outil PowerDIS pour simuler, à l’échelle d’un quartier, tous les flux énergétiques. Ainsi il permet aux collectivités d’évaluer et de comparer un grand nombre de solutions techniques envisageables pour leurs réseaux. Dans le cadre de cet AMI, l’accompagnement est financé à 50 % par Efficacity. Il vise à étudier la possibilité de généraliser cet outil auprès des collectivités ou de l’aménageur en charge du réseau de chaleur, afin d’accélérer la transition énergétique des villes pour l’atteinte des objectifs fixés par la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) et la Stratégie nationale bas carbone (SNBC). Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 11 mars 2022.

Le port de Marseille Fos produira de l’hydrogène vert

Le groupe H2V, producteur et développeur français d’hydrogène renouvelable, et le port de Marseille Fos annoncent la construction d’un site de production d’hydrogène renouvelable dans la zone du Caban à Fos-sur-Mer. Le projet a pour objectif la décarbonation de la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer en substituant la consommation d’hydrogène d’origine fossile par celle d’hydrogène vert et sera déployé sur une surface de 36  hectares. L’usine de production sera composée de six unités d’électrolyse de 100 MW chacune, soit 600 MW pour une production annuelle d’hydrogène estimée à 84 000 tonnes par an. L’hydrogène sera produit par électrolyse de l’eau grâce à de l’électricité d’origine renouvelable, via l’achat de garanties d’origine. Cette opération de 750  millions d’euros permettra la création de 165 emplois directs et 100  emplois indirects avec pour objectif d’éviter le rejet de 750 000 tonnes de CO2 par an. La mise en service des six tranches de 100 MW sera échelonnée entre 2026 et 2031. H2V a déjà lancé deux autres projets similaires ces dernières années. Son projet d’usine d’électrolyse de 200  MW dans la zone industrielle de Port-Jérôme (Seine-Maritime) a été racheté en octobre dernier par Air Liquide et rebaptisé Air Liquide Normand’Hy. Il devrait entrer en service en 2025. Le projet H2V59 vise pour sa part à créer une usine de production d’hydrogène vert, également de 200 à 300 MW, sur le Grand Port Maritime de Dunkerque (Nord). Sa mise en service pourrait aussi intervenir d’ici 2025.

Séverine Jouanneau Si Larbi

Depuis le 1er janvier dernier, Séverine Jouanneau Si Larbi, est Déléguée Générale de Tenerrdis, pôle de compétitivité dédié à la transition énergétique basé à Grenoble. Elle succède à Elisabeth Logeais. Séverine Jouanneau Si Larbi travaillait précédemment au CEA-Liten, centre de recherche européen dédié à la transition énergétique.

Le solaire thermique renaît en Autriche

Le solaire thermique reprend du poil de la bête en Autriche. Après 12 ans de baisse du chiffre d’affaires du secteur, la dégringolade a cessé en 2021. Lors du second semestre, les surfaces raccordées ont enregistré un bond, notamment grâce aux projets de grande taille comme celui de Friesach comptant 5 740 m2 de capteurs. Début 2022, on ne recense pas moins de 13 projets d’envergure en phase d’étude dans le cadre du programme de soutien national autrichien. Ces projets représenteraient une surface de capteurs de 303 107 m², c’est-à-dire 212 MW. Ce chiffre impressionnant correspondrait à quatre fois le chiffre installé en 2020 (53 MW). GreenOneTech, leader du secteur en Europe et basé en Autriche, a vu son chiffre d’affaires augmenter en 2021 de plus de 80 % par rapport à l’année précédente, d’après son directeur Robert Kanduth. Ce rebond du solaire thermique est tout de même conditionné à une forte volonté politique, à l’image du Fonds pour le climat et l’énergie qui a vu son budget croître de 45  millions d’euros en mai 2021. En octobre 3,5 millions d’euros ont ainsi été alloués à quatre projets à l’issue d’appels à candidatures. Trois études de faisabilité, dont le potentiel pourrait représenter 54 580 m², ont également obtenu 206 350 euros de financement. La prochaine session d’appels à candidatures aura lieu courant avril 2022.

Nouveau plan climat en Allemagne

Le ministre allemand de l’Économie et de la Protection du climat, Robert Habeck, a présenté mardi 11 janvier un rapport sur l’avancement de son pays en matière de transition énergétique. Globalement, le bilan n’est pas bon et le ministre a pointé le retard dans l’effort de réduction des émissions de CO2. Alors que le pays devait les avoir abaissé de 40 % en 2020 par rapport à 1990, la baisse n’est que de 38 % fin 2021. Pourtant l’ambition de l’Allemagne est de baisser ses émissions de 65 % d’ici 2030 avant d’atteindre la neutralité carbone en 2045. Robert Habeck a ainsi annoncé une série de mesures destinées à corriger rapidement le tir. La nouvelle coalition au pouvoir entend notamment porter la part des énergies renouvelables à 80  % dans sa consommation d’électricité d’ici à 2030. Parmi les actions les plus significatives figure la révision d’ici au printemps de la loi sur les énergies renouvelables (loi EEG). Outre une augmentation des volumes d’appel d’offres, la nouvelle mouture de la loi entérinera le principe selon lequel l’expansion des énergies renouvelables sert un intérêt général primordial et participe à la sécurité du pays. Pour développer l’éolien terrestre, chaque Land devra consacrer 2 % de sa surface à l’éolien. Fin 2020, seul 0,8 % du territoire était ouvert à la construction de parcs, dont 0,5 % effectivement disponible. Les servitudes liées aux radars météorologiques militaires seront revues afin de libérer des terrains pour l’éolien. Pour sa part, le photovoltaïque sera rendu obligatoire sur toute nouvelle construction. En termes de capacité en service en 2030, le gouvernement vise 200 GW pour le photovoltaïque (54 GW fin 2020), 100 GW pour l’éolien terrestre (55 GW fin 2020) et 30 GW pour l’éolien en mer (7,8 GW fin 2020). Cela suppose d’installer jusqu’à 15 GW d’éolien et 20 GW de solaire par an, d’ici la fin de la décennie. Le pays veut aller vite car l’ensemble des mesures annoncées devraient être opérationnelles à la fin de l’année 2022.

Le biogaz s’invite dans les écoles

Teréga, opérateur du réseau de transport de gaz du sud ouest de la France, devient mécène du projet « Biogaz » initié par le ministère de l’Éducation Nationale, de la Jeunesse et des Sports, en partenariat avec l’Association Française pour le Développement de l’Enseignement Technique (AFDET). Ce mécénat a pour but de sensibiliser les élèves et apprentis de la 6ème au BTS aux énergies renouvelables et à la filière biogaz en particulier. Pendant deux ans, Teréga va mettre à la disposition des enseignants des ressources pédagogiques, qui seront disponibles sur la plateforme pédagogique ETINCEL. Les contenus du projet « Biogaz » se feront en collaboration avec les équipes pédagogiques du Campus des métiers et des qualifications Transition Énergétique rattaché au lycée des métiers de l’habitat, des énergies et de l’automobile Sixte-Vignon, situé dans les Hautes-Pyrénées.

Nouvelle chaufferie bois à Bourg-en-Bresse

Reyssouze Energie Services, filiale d’Engie Solutions, annonce l’achèvement de l’extension du réseau de chaleur de Bourg-en-Bresse (Ain) et le lancement des travaux d’une chaufferie biomasse. Le réseau actuel, de huit kilomètres et raccordé à 3 500 équivalents logements (principalement des logements sociaux), vient de s’étendre avec un kilomètre supplémentaire. Cette extension, raccordée à 500 équivalents logements, sera en activité lors de la mise en service de la chaufferie biomasse en 2022. Cette nouvelle chaufferie sera alimentée en plaquettes forestières provenant d’un rayon maximal de 100 kilomètres et permettra la création de douze postes dans la filière bois locale. Engie Solutions annonce 6 300 tonnes de CO2 évitées par an et 35 GWh de chaleur livré chaque année.

Vélizy-Villacoublay : une technique innovante au service de la géothermie

Vélizy-Villacoublay (Yvelines) a inauguré début décembre une centrale géothermique pour alimenter son réseau de chaleur (appoint et secours gaz). Cela n’a pas été une mince affaire. Si l’aquifère du Dogger, principal aquifère géothermique exploité en région parisienne, est chaud et productif en Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne et Seine-et-Marne, il l’est moins ailleurs et notamment dans les Yvelines. Pour pouvoir l’exploiter à Vélizy-Villacoublay, il a fallu adapter à la géothermie la technique de forage multidrain utilisée pour les forages pétroliers. « Il s’agit d’une première en Europe. Cette technologie nous permet de compenser le déficit de débit naturel dans cette partie du Dogger de façon à atteindre 360 m3/h, soit 80 % de plus qu’avec un doublet de forage classique, et de rentabiliser l’opération », explique Thomas Guéant, ingénieur géosciences en charge du projet chez Engie Solutions. Ce dernier exploite ce réseau via la société Veligeo, détenue à 80 % par Engie Solutions et à 20 % par la collectivité. L’eau prélevée à 1 600  mètres de profondeur, à 65 °C, permet ainsi de développer une puissance calorifique de plus de 16 MWth et une production de 110 GWh, soit de quoi couvrir 66 % des besoins des abonnés (12 000 équivalents logements). Alimenté auparavant au gaz et par deux unités de cogénération, le réseau (19 km) a subi une série de travaux pour atteindre des niveaux de température et pression acceptables pour l’utilisation de la géothermie. D’un montant total de 25 millions d’euros, le projet est soutenu à hauteur de 3 millions d’euros par la Région Île-de-France et près de 6 millions par l’Ademe.

Création d’un réseau de stations bio-GNV

Le gestionnaire de réseau de gaz Teréga et la société d’économie mixte EnR64, fondée en 2019 à par le syndicat d’énergie des Pyrénées-Atlantiques, ont annoncé la création de la société Stirvia pour développer un réseau de stations publiques GNV et BioGNV dans les Pyrénées-Atlantiques. Cet évènement est la suite logique de la convention signée début 2020 destinée à étudier le potentiel sur ce territoire. Stirvia doit favoriser la création progressive d’un maillage de stations-services. Une première station va être construite à Pau, tandis que des études sont menées sur le choix d’implantation d’autres stations dans le département. Elles seront avant tout destinées aux professionnels du transport routier, principaux usagers de GNV, mais pourraient s’ouvrir à terme à d’autres clientèles. Teréga et EnR64  n’ont cependant pas détaillé les futures offres de BioGNV.

Mise en service de River Cooling à Marseille

Le fournisseur d’équipement de data centers Interxion, a mis en service la solution de refroidissement River Cooling sur ses data centers Interxion MRS2 et MRS3, à Marseille. Conçu en partenariat avec Dalkia Smart building et EDF, River Cooling consiste en le détournement d’eau souterraine de l’ancienne installation industrielle « La Galerie de la Mer » afin d’alimenter 27 échangeurs thermiques pour refroidir les data centers Interxion. Avec plus de trois kilomètres de réseaux enterrés, un investissement de 15 millions d’euros et 2 ans et demi de travaux, ce système devrait permettre d’économiser près de 18 400 MWh par an pour le refroidissement des équipements informatiques. L’entreprise espère ainsi atteindre un indicateur d’efficacité énergétique (PUE) de 1,2, c’est-à-dire le ratio entre la consommation d’énergie de tous les équipements informatiques et liés directement à leur bon fonctionnement (onduleur, climatisation, etc) et la consommation des équipements informatiques en tant que tels (réseau, serveur, etc). En effet, avec River cooling, Interxion ne dépendra plus de groupes froids électriques, très énergivores. A l’avenir, l’entreprise envisage de connecter son réseau à celui de chauffage urbain d’Euroméditerranée pour couvrir les besoins de bureaux et de logement. La maison mère de Interxion, Digital Realty, s’est engagée à réduire de 68 % ses émissions directes et de 24 % ses émissions indirectes d’ici 2030.