Électricité renouvelable, une belle année 2021

Le Syndicat des énergies renouvelables, RTE, Enedis et l’agence ORE ont publié le 17 février la 29e édition du Panorama de l’électricité renouvelable. Il détaille la production et le parc installé, par technologie et par région, au 31 décembre 2021. Près de 4 GW (3 951 MW) ont été installés durant l’année, dont 2 687 MW pour le photovoltaïque et 1 202 MW pour l’éolien. Le parc total de production d’électricité renouvelable, toutes filières confondues, s’établit désormais à 59 781  MW, et a produit 117,5 TWh d’électricité sur les 12 mois précédents. Cela correspond à 24,9 % de la consommation d’électricité française sur la même période. L’hydroélectricité reste de loin la première source mais stagne avec une production annuelle de 58,4 TWh, soit 49,7 % du total produit par les sources renouvelables, et représente un parc de 25 718 MW. Seconde technologie, l’éolien a produit 36,8 TWh sur la période, en baisse de 7,2 % par rapport à l’année précédente, qui avait été exceptionnellement ventée. Le parc éolien installé s’élève à 18 783  MW au 31 décembre. Enfin sur la troisième marche, le solaire photovoltaïque a quant à lui connu sa meilleure année en termes d’installation et passe de 10 380 MW en 2020 à 13 067 MW. Sa production sur la période s’élève à 14,3 TWh, en hausse de 12,6 %. Nouveauté 2022, ce panorama compare les installations en service et en projet dans chaque région aux objectifs définis dans les schémas de planification régionaux (SRADDET).

Une école de Lyon se chauffe au biogaz

La Ville de Lyon annonce que l’école Simone Signoret, située dans le 8e arrondissement, est désormais chauffée à 25 % par du biogaz provenant, via des garanties d’origine, de l’unité de méthanisation Chand’énergies, située dans l’Ain. Ce site, mis en service en novembre 2020 par deux agriculteurs, traite des déchets agricoles locaux et plus particulièrement des effluents d’élevage pour une valorisation de 10 000 tonnes de matières organiques par an, soit du chauffage pour 2 400 équivalents-logements. Les élèves sont aussi associés à ce projet avec la mise en place, depuis le début de l’année, d’un projet éducatif baptisé « Défi class’énergie », piloté par l’Agence locale de l’énergie, ayant pour mission de sensibiliser les plus jeunes aux enjeux environnementaux. L’utilisation du biogaz n’est pas nouvelle pour la ville de Lyon qui chauffe déjà une quarantaine de bâtiments municipaux, tels que l’Hôtel de Ville, 5 mairies d’arrondissement, 4 piscines d’hiver, 9 écoles et 9  crèches, ainsi qu’un établissement culturel ou sportif par arrondissement (Maison de la Danse, musée des Beaux-arts, patinoire Charlemagne, etc.).

Dix mesures d’urgence pour les renouvelables

Le 10 février dernier, le Syndicat des énergies renouvelables a présenté le second volet de son Livre blanc, qui contient notamment 10 mesures indispensables à mettre en œuvre dans le prochain quinquennat. Pour son président Jean-Louis Bal, « La France doit dès à présent passer à la vitesse supérieure en matière de renouvelables. […] les candidats doivent se saisir des outils déjà existants et être en capacité d’en faire émerger de nouveaux ». Le SER estime par exemple indispensable de créer un  « Fonds social pour le climat » pour protéger les plus vulnérables ou de mettre en place des formations professionnalisantes pour décrocher un emploi compatible avec la transition énergétique. Il demande également un programme industriel pour renforcer la souveraineté dans les technologies stratégiques, à l’instar des renouvelables, tout en programmant une sortie des énergies fossiles dans les secteurs qui en sont encore trop dépendants. Tout ceci ne pourra se faire sans un  « programme national d’information » sur les énergies renouvelables pour un débat éclairé. 50 mesures sectorielles ont également été élaborées afin de guider les différents secteurs des politiques publiques.

Du lithium made in Europe : le pari d’EuGeli

Produire du lithium localement et avec une faible empreinte environnementale : c’est l’un des enjeux du développement croissant des véhicules électriques en Europe. Grâce au projet de recherche et d’innovation européen EuGeli (European Geothermal Lithium Brines), une piste sérieuse se dessine. Achevé en décembre dernier après trois ans de travail et financé par l’Institut Européen d’Innovation et de technologie, celui-ci a permis de développer un procédé d’extraction du lithium des saumures géothermales situées à la frontière franco-allemande. Concrètement, des colonnes sont remplies d’un matériau adsorbant qui capte de façon sélective le lithium dans les saumures. Ces colonnes peuvent être installées sur la branche de réinjection d’un puits de géothermie existant, ce qui offre l’avantage de pouvoir exploiter sur un même site le métal et la chaleur géothermique. Un fois adsorbé, le lithium est récupéré en faisant passer de l’eau légèrement saline dans les colonnes. Une solution concentrée en lithium est obtenue, qui doit être purifiée avant la précipitation du carbonate de lithium de qualité batterie. Dans le cadre du projet, mené par huit partenaires français, allemands et belges sous la coupe du groupe français Eramet, deux pilotes d’extraction ont été réalisés avec succès sur un puits de géothermie en Alsace. Prochaine étape : trouver un modèle économique pour rendre possible une exploitation du procédé à l’échelle industrielle, avec en ligne de mire la réduction d’importation de lithium d’Amérique Latine, d’Australie et de Chine.

Un timbre pour le four solaire d’Odeillo

Le 28 mars prochain, La Poste mettra en circulation un timbre à l’effigie du four solaire d’Odeillo, situé sur la commune de Font-Romeu-Odeillo-Via dans le département des Pyrénées-Orientales. On doit le four solaire d’Odeillo à Félix Trombe qui, en 1946, dirige le laboratoire du CNRS des terres rares à Meudon. Il parvient à concentrer la lumière du soleil à l’aide d’un miroir pour obtenir de hautes températures en milieu confiné avec pour objectif de fondre des minerais de terres rares et d’extraire des matériaux purs afin d’étudier leurs propriétés. En 1947, le laboratoire est transféré à Mont-Louis dans les Pyrénées-Orientales et devient une unité de recherche dédiée à l’énergie solaire. C’est en 1963 qu’est construit le four solaire d’Odeillo sur la commune de Font-Romeu-Odeillo-Via, à dix kilomètres de Mont-Louis. Plus grand que l’arc de triomphe, il mesure 54  mètres de haut, 48 mètres de large et possède 63 miroirs pour une puissance de 1 000 kW. Aujourd’hui, le four solaire d’Odeillo est un laboratoire du CNRS, le laboratoire Promes (Procédés, Matériaux, Énergie Solaire), une infrastructure de recherche nationale et européenne, spécialisée dans l’étude des matériaux en conditions extrêmes (industrie, domaine spatial, centrales solaires…), et dans la conversion, le stockage et le transport de l’énergie.

NégaWatt s’invite dans la Présidentielle

À l’issue d’un webinaire qui s’est déroulé le 27 janvier, l’association négaWatt a présenté un certain nombre de propositions afin d’abreuver le débat pour la présidentielle 2022 : « Les mesures structurantes à engager lors du prochain quinquennat ». Celles-ci se basent sur son scénario publié fin 2021 afin d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050. Parmi les mesures proposées, l’association appelle les candidats à engager un grand programme de rénovation performante des bâtiments. En 2030, la France devrait ainsi viser environ 3 millions de maisons individuelles, 1,3 millions de logements sociaux et 640 000 logements en copropriété rénovés au niveau Bâtiment basse consommation (BBC-rénovation) ou équivalent. Pour cela, les trois mesures clés proposées sont une loi de programmation de la rénovation performante, un plan de formation des artisans et un accompagnement assorti de financements simplifiés des projets de rénovation. L’association invite également à réorienter la stratégie industrielle de la France vers les industries comme celle de l’éolien offshore, de la méthanisation, du photovoltaïque et des batteries, industries essentielles à la décarbonation des transports, secteur le plus en retard. Dans l’optique d’un scénario sans nucléaire, négaWatt appelle non seulement à planifier l’arrêt progressif d’exploitation des 56 réacteurs existants, mais également à ne pas démarrer l’EPR de Flamanville ni lancer la construction d’aucun autre réacteur de nouvelle génération. NégaWatt proposera également des webinaires thématiques tout au long de l’année 2022 pour détailler ces mesures.

Une concession de 12 MW au Pays de Galles

Le développeur breton d’hydroliennes sous-marines, Sabella et l’Écossais Nova Innovation, spécialiste en énergies marines annoncent l’obtention d’une concession de 12 MW d’hydrolien au large de l’île de Holy Island, à Anglesey au Pays de Galles pour une superficie de 0,65 km2. Les hydroliennes des deux constructeurs seront immergées et posées sur fonds marins pour une puissance de 6 MW chacune – de quoi alimenter jusqu’à 10 000 foyers par an, selon le groupe Sabella. Ce partenariat franco-écossais s’intègre au projet gallois baptisé « Morlais », qui couvre une superficie de 35 km2  en mer avec un potentiel de 240 MW et pour objectif l’alimentation du réseau électrique d’Anglesey. Les turbines devraient être mises à l’eau en 2023 ou 2024.

La France désespérément en retard

Observ’ER vient de publier la douzième édition de son baromètre des énergies renouvelables électriques en France. L’ouvrage présente en détail, et par région, l’actualité des huit filières principales de production d’énergie renouvelable électrique sur les 12 derniers mois afin d’éclairer les territoires sur leur trajectoire en matière de transition énergétique. Si au niveau régional, les filières poursuivent leur développement avec une part croissante de projets portés par les collectivités, le retard du pays sur ces filières est de plus en plus flagrant. En effet, la France n’a pas respecté son engagement d’atteindre 27 % de part de renouvelable dans sa consommation totale électrique en 2020. Cette part n’était que de 24,7 % fin 2020. Le prochain objectif du pays est 40 % d’électricité renouvelable en 2030, ce qui ne pourra pas non plus être atteint sans un changement de politique. Certes, le photovoltaïque a connu une très bonne année 2021, avec entre 3 et 3,5 GW de nouvelles capacités raccordées. Mais le solaire va devoir conserver ce même rythme annuel sans faillir durant les sept années à venir, pour espérer revenir dans la trajectoire de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Un pari difficile car la croissance actuelle du photovoltaïque est basée à plus de 70 % sur des grandes centrales au sol, soit des projets qui se heurtent de plus en plus à des limites foncières et d’acceptabilité. Quant à l’éolien terrestre, son rythme de croissance reste désespérément lent. La filière progresse en moyenne d’un seul GW par an alors qu’elle devrait en faire au moins le double. Résultat, l’éolien commence lui aussi à sortir de sa trajectoire et à cumuler du retard. Ainsi, à fin 2028, ce sont entre 15 et 20 GW qui risquent de manquer au pays pour ces deux filières par rapport à ce qui est prévu par la PPE.

Deux partenariats stratégiques pour Hype

L’entreprise Hype, plateforme de mobilité hydrogène, vient d’annoncer deux partenariats. Le premier a été conclu avec le producteur français d’énergies renouvelables Akuo. Le projet est de constituer sur la période 2022–2024 le premier écosystème de mobilité hydrogène pour le territoire francilien, notamment en combinant leurs projets Last Mile et H24byHyp. À terme, l’objectif est de permettre le déploiement en Île-de-France d’au moins 20 stations hydrogène de grande capacité (1 tonne/jour) et 6 stations de plus petite taille à l’horizon 2024. Cette étape est importante dans le programme de Hype qui vise à développer une flotte de 10 000 taxis hydrogène mais également d’utilitaires, de bus ou de camions bennes à ordures ménagères. Le second partenariat concerne Ecolotrans, spécialiste de la logistique urbaine écologique. Hype va faciliter l’intégration de la solution hydrogène au sein de la flotte d’Ecolotrans et l’accompagnera dans le déploiement d’une offre de services d’écomobilité dédiée aux professionnels de la logistique du dernier kilomètre appelée Ecolorent.

Isabelle Guichard

Le 1er  janvier 2022, Isabelle Guichard a été nommée Directrice Générale du Pôle de compétitivité DERBI, en remplacement de Gilles Charier. Avant de rejoindre DERBI, elle occupait le poste de Déléguée aux Affaires Européennes pour le Pôle de compétitivité Agri Sud-Ouest Innovation.