L’association européenne du solaire thermique Solar Heat Europe vient de livrer ses estimations de marché pour les années 2021 et 2022. Après une année 2020 relativement mauvaise, l’association est plutôt optimiste. D’après elle, 2021 a marqué un retour en force pour la filière du solaire thermique qui devrait se confirmer en 2022. D’après l’enquête de Solar Heat Europe menée auprès de ses membres, la croissance observée pourrait être la plus forte depuis l’année 2008. La capacité totale installée en Europe devrait dépasser les 38 GW de capteurs solaires, soit 27 TWh de chaleur produite. La capacité de stockage thermique est estimée à plus de 187 GWh, plaçant cette technologie comme la première des énergies renouvelables en termes de stockage de chaleur. Les deux principaux marchés européens, à savoir l’Allemagne et la Grèce, ont cependant suivi des tendances assez différentes entre 2020 et 2021. En Allemagne, premier marché européen, les ventes ont connu une croissance de 26 % en 2020 et sont restées stables sur 2021, à 450 MW. La Grèce, quant à elle, a vu ses ventes diminuer de 15,7 % en 2020, puis rebondir de 18 % en 2021, pour atteindre 251 MW. La production de panneaux grecs a connu une augmentation de 27 %, s’expliquant par une forte hausse des exportations, qui absorbent désormais 65 % de la production totale. La croissance est appelée à se poursuivre en 2022 estime l’association.
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20 % de biométhane en 2030
Le 17 mars le Syndicat des Énergies Renouvelables (SER) et les quatre gestionnaires de réseaux de gaz français ont annoncé la publication de la 7e édition du Panorama des gaz renouvelables en France, dressant l’état des lieux du biométhane injecté dans le réseau de gaz. Avec 151 nouveaux projets mis en service en 2021, soit une croissance de 71 % par rapport à l’année précédente, la France dispose d’une capacité de production de 6,4 TWh/an. L’an dernier, 4,3 TWh de biométhane ont été injectés dans le réseau, soit près de 1 % de la consommation de gaz naturel française. L’objectif officiel à 2023 pour cette filière (6 TWh) est ainsi d’ores et déjà dépassé. Ceux pour 2028, entre 14 et 22 TWh représentant de 7 % à 10 % de la consommation de gaz, pourraient, pour leur part, être atteints très rapidement. En effet, plus de 1 000 projets sont actuellement à diverses étapes de développement et l’équivalent de 19 TWh de capacité de production se trouve en file d’attente, soit un total de plus de 25 TWh avec les unités déjà raccordées. La dynamique de la méthanisation ne cesse de s’accélérer, mais des freins subsistent pour l’injection. La guerre en Ukraine remet pourtant au cœur de l’actualité la dépendance de l’Europe et de la France aux gaz fossiles, notamment à la Russie, ce qui montre plus que jamais l’importance de développer les gaz renouvelables. Or, d’après Jean-Louis Bal, président du SER : « Si l’État fait accélérer l’instruction des dossiers en file d’attente par ses services et garantit un dispositif de soutien stable, on connaîtra une forte accélération du nombre de nouveaux projets. Dans ces conditions, les gaz renouvelables pourraient représenter 20 % de notre consommation de gaz en 2030. » Ce dernier appelle donc à des mesures ambitieuses comme le raccourcissement des délais d’obtention des autorisations administratives et l’allongement de la durée réglementaire autorisée pour les mises en service. D’après le SER les nouvelles filières comme la pyrogazéification et la gazéification hydrothermale nécessitent également des mécanismes de soutien personnalisés pour émerger.
Une première centrale hybride aux Pays-Bas
Le Suédois Vattenfall a inauguré aux Pays-Bas, le 22 mars dernier, sa première centrale hybride baptisée « Energypark Haringvliet » combinant éolien et solaire couplée à des batteries. Situé à 20 kilomètres de Rotterdam, le site est composé de six éoliennes, 115 000 panneaux photovoltaïques et de douze conteneurs de batteries pour une production annuelle estimée à 140 GWh par an, soit l’équivalent de la consommation de 40 000 foyers hollandais. Le couplage de l’éolien, du solaire et des batteries avec une même connexion au réseau permet de lisser la production d’électricité tout au long de l’année. La mutualisation des câbles de raccordement à la sous-station permet aussi de réduire les coûts de maintenance et l’impact sur l’environnement.
Une centrale biomasse à Montigny-lès-Metz
Lancés en octobre 2020, les travaux de l’unité biomasse de Montigny-lès-Metz (Moselle) viennent de s’achever avec son inauguration le 10 mars dernier par l’exploitant UEM et les élus de la ville. Construite sur un terrain cédé par l’armée, l’unité, alimenté à 70 % pour du bois issu d’un rayon de moins de 100 kilomètres de la ville, permettra d’éviter le rejet de 3 000 tonnes de CO2 par an. À ce jour, deux kilomètres de réseaux de chauffage urbains sont déjà en service et desservent les casernes Raffenel-Delarue et Colin, ainsi que les logements sociaux de l’OPHMM, d’ICF et de Moselis. D’ici quelques mois, onze bâtiments communaux, situés sur le tracé du réseau, seront raccordés.
La station d’épuration de Clermont-Ferrand va produire du biogaz
Dans le cadre de son schéma de transition énergétique et écologique, Clermont Auvergne Métropole annonce l’extension de la station d’épuration des Trois Rivières, située à Clermont-Ferrand. Les travaux ont pour objectif d’augmenter la capacité de traitement des eaux usées et pluviales avec la construction des six bassins de stockage-restitution pour une meilleure qualité de l’eau (conforme aux normes européennes) lors des rejets dans la rivière Artière après épuration. La deuxième tranche des travaux comprendra la construction d’un méthaniseur pour la production de biogaz. Le coût global de ce projet de 55 millions d’euros sera financé par Clermont Auvergne Métropole avec l’aide de l’Agence de l’Eau Loire Bretagne, l’Ademe et la Région Auvergne Rhône Alpes. Financés pour 35 millions d’euros par la Métropole, un peu plus de 20 millions pour l’Agence de l’eau, et la Région. Fin des travaux prévue en 2024.
Gazéification hydrothermale, un énorme potentiel
Filière encore confidentielle, la gazéification hydrothermale est une technologie permettant de valoriser des déchets organiques humides, tels que les boues de stations d’épuration ou boues de curage et dragage (canaux, ports et canaux), afin de produire du gaz renouvelable (biométhane) injecté dans le réseau. Un groupe de travail dédié à cette nouvelle filière, piloté par le transporteur de gaz GRTGaz, estime qu’il existe un gisement potentiel de 400 millions de tonnes annuelles de déchets biomasses humides qui, par ce procédé, pourrait permettre de produire plus de 50 TWh de gaz à l’horizon 2050, équivalent à 15 % de la consommation de gaz de la France à cette date. Le groupe de travail national rassemble une quarantaine d’acteurs dont l’objectif est d’accompagner la structuration de la filière. Il participe à la définition d’un cadre national d’ici 2024, devant faciliter le déploiement effectif de la gazéification hydrothermale en France.
Une deuxième chaufferie biomasse à Tours
Dans la cadre de sa politique de transition énergétique, Tours Métropole Val de Loire a confié en 2019 à Tours Métropole Énergies Durables, filiale d’Engie Solutions, la création de son nouveau réseau de chaleur à travers une délégation de service public de 23 ans. Ce contrat prévoit le déploiement de 17 km de canalisations. Dès 2024, l’équivalent de 10 000 logements et près de 30 bâtiments publics bénéficieront de chauffage et d’eau chaude sanitaire produits à 74 % à partir de biomasse. Après la mise en place d’une première chaudière biomasse en 2020, une seconde vient d’être inaugurée, toujours alimentée exclusivement par des plaquettes de bois issues de forêts locales situées dans un rayon maximal de 100 kilomètres, avec la création de 5 emplois. À ce jour, plusieurs bâtiments emblématiques de Tours bénéficient déjà de ce réseau de chaleur : Mame et les Beaux-Arts, l’Hôpital Bretonneau et Clocheville, ou encore les logements de Tours Habitat et de Ligéris.
Méthanisation participative
ilek, fournisseur français d’énergie verte (électricité et gaz) pour particuliers et petites entreprises, vient de clôturer avec succès sa première campagne de financement participatif pour le développement d’un projet de méthaniseur dans le Maine-et-Loire. En partenariat avec Enerfip, une plateforme de financement participatif dédiée aux projets d’énergie renouvelable, une somme de 500 000 euros a été levée en 5 jours grâce à la participation de 200 clients. Cette unité de méthanisation, baptisée Cop’Vert, est située dans une exploitation d’élevage de vaches laitières. Sa construction a débuté en janvier 2021 pour une mise en service prévue au premier trimestre 2022. À terme, plus de 10 870 tonnes de matières organiques seront traitées chaque année par l’installation, qui produira environ 10,6 GWh de biométhane par an. Cela représente l’équivalent de la consommation de gaz annuelle de près de 915 foyers. Avec cette action, ilek cherche à élargir son champ d’action en permettant à ses clients de placer une partie de leur épargne pour financer des projets d’énergie verte. Pour l’année en cours, l’objectif est de lever 5 millions d’euros pour financer une dizaine de projets sur toute la France, et jusqu’à 30 millions d’ici à 2025. La prochaine opération portera sur un producteur indépendant d’énergie renouvelable, qui lance un projet de trois parcs photovoltaïques dans les départements du Tarn-et-Garonne, du Var et du Vaucluse. L’objectif sera de lever 395 000 euros pour ces parcs qui, une fois en service, vendront leur énergie à ilek et permettront d’alimenter environ 4 220 personnes en électricité 100 % renouvelable.
Granulés de bois, pourquoi les prix augmentent ?
Propellet France, l’association nationale du chauffage au granulé de bois, a publié en ce début d’année une note de huit pages, afin d’expliquer l’augmentation du prix du chauffage à granulés. En effet, le prix du granulé au départ d’usine est passé de 220 € la tonne en janvier 2021 à 350 €/tonne en janvier 2022. Cette augmentation serait due à une « surchauffe conjoncturelle », estime l’association. Les ventes d’appareils à granulés ont plus que doublé entre 2020 et 2021, grâce aux aides nationales et aux politiques de sorties des chaudières au fioul et au gaz. D’autre part le marché européen sort d’une période de quasi surproduction de granulés, conduisant à une suroffre et des prix très bas provenant de l’étranger jusqu’au printemps 2021. Mais la crise de l’énergie que nous vivons a fortement impacté les usages des granulés, qui ont été davantage utilisés dans plusieurs pays pour produire de l’électricité, et pour devenir une source de chauffage principal. La hausse des prix a pu affoler certains consommateurs qui ont décidé d’en stocker plus que nécessaire, produisant l’effet « papier toilette » observé lors du premier confinement provoqué par la pandémie de Covid-19. Globalement, Propellet cherche à rassurer les consommateurs qui pourraient voir dans cette situation exceptionnelle une tendance de fond. Bien que les prix ne devraient pas retrouver leur niveau de 2020, cette énergie reste toujours très économique par rapport au gaz (50 % plus cher) et à l’électricité (trois fois plus chère), rappelle l’association.
Hydrogène vert compétitif en Espagne
HyDeal España engage sa phase opérationnelle et entend débuter la production d’hydrogène vert à partir d’électricité photovoltaïque dès 2025. Issue de l’initiative HyDeal Ambition, HyDeal España est une joint venture créé en novembre dernier par l’entreprise spécialisée dans la production d’hydrogène DH2 Energy, le groupe sidérurgique ArcelorMittal, le transporteur de gaz espagnol Enagás et le conglomérat de l’industrie chimique Grupo Fertiberia. Le projet consiste en une plateforme de production d’hydrogène située dans le nord de l’Espagne, qui affichera une capacité photovoltaïque totale d’ici 2030 de 9,5 GW pour 7,4 GW d’électrolyseurs. L’hydrogène sera livré à un complexe industriel situé dans la région des Asturies, au nord du pays. La taille du projet devrait lui permettre d’atteindre des coûts de production d’hydrogène vert « compétitif ». De futurs clients comme ArcelorMittal ou Grupo Fertiberia ont rejoint le projet afin de décarboner leurs procédés industriels, grands consommateurs d’hydrogène gris. À terme, l’hydrogène de HyDeal España devrait remplacer l’équivalent de 5 % des importations de gaz fossile de l’Espagne, et réduire de 4 % les émissions de CO2 du pays.
