Nouvelle chaufferie bois à Bourg-en-Bresse

Reyssouze Energie Services, filiale d’Engie Solutions, annonce l’achèvement de l’extension du réseau de chaleur de Bourg-en-Bresse (Ain) et le lancement des travaux d’une chaufferie biomasse. Le réseau actuel, de huit kilomètres et raccordé à 3 500 équivalents logements (principalement des logements sociaux), vient de s’étendre avec un kilomètre supplémentaire. Cette extension, raccordée à 500 équivalents logements, sera en activité lors de la mise en service de la chaufferie biomasse en 2022. Cette nouvelle chaufferie sera alimentée en plaquettes forestières provenant d’un rayon maximal de 100 kilomètres et permettra la création de douze postes dans la filière bois locale. Engie Solutions annonce 6 300 tonnes de CO2 évitées par an et 35 GWh de chaleur livré chaque année.

Vélizy-Villacoublay : une technique innovante au service de la géothermie

Vélizy-Villacoublay (Yvelines) a inauguré début décembre une centrale géothermique pour alimenter son réseau de chaleur (appoint et secours gaz). Cela n’a pas été une mince affaire. Si l’aquifère du Dogger, principal aquifère géothermique exploité en région parisienne, est chaud et productif en Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne et Seine-et-Marne, il l’est moins ailleurs et notamment dans les Yvelines. Pour pouvoir l’exploiter à Vélizy-Villacoublay, il a fallu adapter à la géothermie la technique de forage multidrain utilisée pour les forages pétroliers. « Il s’agit d’une première en Europe. Cette technologie nous permet de compenser le déficit de débit naturel dans cette partie du Dogger de façon à atteindre 360 m3/h, soit 80 % de plus qu’avec un doublet de forage classique, et de rentabiliser l’opération », explique Thomas Guéant, ingénieur géosciences en charge du projet chez Engie Solutions. Ce dernier exploite ce réseau via la société Veligeo, détenue à 80 % par Engie Solutions et à 20 % par la collectivité. L’eau prélevée à 1 600  mètres de profondeur, à 65 °C, permet ainsi de développer une puissance calorifique de plus de 16 MWth et une production de 110 GWh, soit de quoi couvrir 66 % des besoins des abonnés (12 000 équivalents logements). Alimenté auparavant au gaz et par deux unités de cogénération, le réseau (19 km) a subi une série de travaux pour atteindre des niveaux de température et pression acceptables pour l’utilisation de la géothermie. D’un montant total de 25 millions d’euros, le projet est soutenu à hauteur de 3 millions d’euros par la Région Île-de-France et près de 6 millions par l’Ademe.

Création d’un réseau de stations bio-GNV

Le gestionnaire de réseau de gaz Teréga et la société d’économie mixte EnR64, fondée en 2019 à par le syndicat d’énergie des Pyrénées-Atlantiques, ont annoncé la création de la société Stirvia pour développer un réseau de stations publiques GNV et BioGNV dans les Pyrénées-Atlantiques. Cet évènement est la suite logique de la convention signée début 2020 destinée à étudier le potentiel sur ce territoire. Stirvia doit favoriser la création progressive d’un maillage de stations-services. Une première station va être construite à Pau, tandis que des études sont menées sur le choix d’implantation d’autres stations dans le département. Elles seront avant tout destinées aux professionnels du transport routier, principaux usagers de GNV, mais pourraient s’ouvrir à terme à d’autres clientèles. Teréga et EnR64  n’ont cependant pas détaillé les futures offres de BioGNV.

Mise en service de River Cooling à Marseille

Le fournisseur d’équipement de data centers Interxion, a mis en service la solution de refroidissement River Cooling sur ses data centers Interxion MRS2 et MRS3, à Marseille. Conçu en partenariat avec Dalkia Smart building et EDF, River Cooling consiste en le détournement d’eau souterraine de l’ancienne installation industrielle « La Galerie de la Mer » afin d’alimenter 27 échangeurs thermiques pour refroidir les data centers Interxion. Avec plus de trois kilomètres de réseaux enterrés, un investissement de 15 millions d’euros et 2 ans et demi de travaux, ce système devrait permettre d’économiser près de 18 400 MWh par an pour le refroidissement des équipements informatiques. L’entreprise espère ainsi atteindre un indicateur d’efficacité énergétique (PUE) de 1,2, c’est-à-dire le ratio entre la consommation d’énergie de tous les équipements informatiques et liés directement à leur bon fonctionnement (onduleur, climatisation, etc) et la consommation des équipements informatiques en tant que tels (réseau, serveur, etc). En effet, avec River cooling, Interxion ne dépendra plus de groupes froids électriques, très énergivores. A l’avenir, l’entreprise envisage de connecter son réseau à celui de chauffage urbain d’Euroméditerranée pour couvrir les besoins de bureaux et de logement. La maison mère de Interxion, Digital Realty, s’est engagée à réduire de 68 % ses émissions directes et de 24 % ses émissions indirectes d’ici 2030.

Un nouvel outil pour aider les entreprises à prendre le virage de la transition écologique

Après avoir fait plusieurs séries d’annonces ces dernières semaines autour de mesures destinées à stimuler le développement des énergies renouvelables (voir l’actu du 7 octobre sur l’éolien et du 4 novembre pour le solaire), la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili se tourne désormais vers l’ensemble du tissu industriel et productif du pays. Invitée vendredi 3 décembre à la Convention des entreprises pour le climat à Nantes, la ministre a exhorté les entreprises de toutes tailles à prendre au plus vite le virage de la transition écologique. Aussi pour les aider dans leurs décisions stratégiques et leurs investissements, Barbara Pompili a annoncé le lancement de « Mission Transition Écologique », un site internet regroupant l’ensemble des aides et dispositifs existant dans le domaine de la transition écologique des entreprises. Alors qu’une très nette majorité des dirigeants de PME et ETI françaises ont conscience de l’urgence climatique, les aides publiques écologiques restent encore trop méconnues et il est souvent jugé difficile de trouver le bon accompagnement, compte tenu de la multiplicité des opérateurs qui les proposent. C’est la raison pour laquelle le Gouvernement a renforcé ses dispositifs de communication à destination des entreprises, notamment via ce nouveau site qui dispose d’un moteur de recherche réunissant près de 500 dispositifs publics d’accompagnement et de financement (ADEME, BPI, Régions, Départements, Agences dédiées, etc.). L’outil permettra également une mise en relation directe avec un conseiller expert de la transition écologique afin de guider les entrepreneurs. La plateforme est accessible à l’adresse suivante : https://mission-transition-ecologique.beta.gouv.fr

Chauffer ses locaux grâce à la géothermie basse température

Dans leur vieux hangar transformé en bureau commun, à Monts en Indre et Loire, les deux cabinets de conseil spécialisés en hydrogéologie, Hygéo et Hydrogéologues conseil, ont décidé de faire la preuve par l’exemple. C’est donc une installation de géothermie basse température qui y assurera le chauffage. « Il existe deux technologies : la géothermie sur nappe et la géothermie sur sondes verticales. La première nécessite d’avoir de l’eau souterraine exploitable à l’aplomb du site, c’est-à-dire pas trop en profondeur, ce qui n’est pas notre cas. La seconde est possible partout et est souvent privilégiée pour les petits projets », explique Hélène Galia, directrice d’Hydrogéologues conseil. Les deux sociétés ont ainsi opté pour la seconde option. Deux forages ont été effectués en octobre et descendent à 70 m de profondeur. Dans chacun d’eux, une sonde (2 tubes en U) sera installée, dans laquelle de l’eau circulera en circuit fermé. Elle se réchauffera l’hiver au contact du sous-sol qui garde une température constante de 12/13 degrés toute l’année, puis alimentera des émetteurs basse-température à l’aide d’une pompe à chaleur (de marque française Lemasson). Celle-ci relèvera la température pour assurer le chauffage des 100 m² de surface (puissance de 8,45 kW, Cop de 4,6). L’été, l’installation permettra, à l’inverse, de rafraîchir les locaux. L’ensemble a coûté 62 000 euros dont 65 % couverts par des aides de l’Ademe et du Feder. Les travaux devraient être terminés en janvier.

Des boues et du biogaz en Alsace

Le syndicat intercommunal à vocations multiples (SIVOM) de la région mulhousienne et Suez ont inauguré le 24 novembre l’unité de méthanisation de Sausheim située en Alsace dans le département du Haut-Rhin. Le site traitera les boues d’épuration de 490 000  équivalent-habitants de l’agglomération mulhousienne et produira 2 000  000 Nm3 de biométhane épuré par an. Ce biométhane servira à alimenter en carburant vert les bus de l’agglomération. Grâce à un procédé mis au point par Suez qui permet de récupérer le phosphore sur les digestats liquides, le site produira aussi des granules de 1 à 3 millimètres qui seront utilisés à des fins agricoles pour fertiliser les sols.

L’Ademe propose 4 scénarios de neutralité carbone

Après l’association Negawatt, l’Ademe dévoile 4 scénarios prospectifs pour que la France atteigne la neutralité carbone en 2050. Le scénario S1 « Génération frugale » propose des changements de société profonds, avec une redéfinition des indicateurs de bien-être pour tendre vers une véritable frugalité, en se basant sur des solutions maîtrisées et éprouvées, et la généralisation des techniques low-tech. À l’inverse, le scénario S4 « Pari réparateur » propose peu de changements de mode de vie par rapport à aujourd’hui, mais parie sur une croissance économique soutenue et des révolutions technologiques, notamment sur la capture et le stockage de CO2, le stockage d’énergie et l’efficacité énergétique. Si le scénario S1 se heurte à des risques de clivages politiques forts au sein de la société, le S4, lui, se heurte au réalisme technologique et aux limites physiques. Les scénarios S2 « Coopérations territoriales » et S3 « Technologies vertes » se présentent ainsi comme des voies médianes, mais exigent également de profondes transformations. Pour ces 4 scénarios l’Ademe prend comme hypothèse une part de 70 % d’énergie renouvelable dans le mix énergétique, avec une forte électrification des usages comme le proposent déjà les scénarios de RTE (« Futurs énergétiques 2050 ») et Negawatt. Quels que soient les choix de société, l’Ademe appelle à organiser un débat structurant sur 5  problématiques : la sobriété, les puits de carbone, les régimes alimentaires, le bâtiment, et le modèle industriel.

Station d’hydrogène vert dans le Vaucluse

Le 22 novembre s’est déroulée une conférence de presse à Monteux au cours de laquelle les représentants de la Communauté de communes Les Sorgues du Comtat (Vaucluse) et l’entreprise Hynoé ont présenté le projet de station d’hydrogène vert, qui devrait s’installer à Sorgue, l’une des cinq communes de l’intercommunalité. Il est prévu qu’elle fournisse jusqu’à 400 kg d’hydrogène vert par jour d’ici 2024, afin d’alimenter des poids lourds, bus, bennes à ordures et chariots-élévateur. L’hydrogène doit être produit par des électrolyseurs alimentés par de l’électricité photovoltaïque, provenant d’installations construites sur le territoire des Sorgues du Comtat. Les élus mettent en avant la diminution de la pollution atmosphérique comme les particules fines, mais également une réduction de la pollution sonore. La jeune société Hynoé, basée à Marseille qui compte 70 salariés pour un chiffres d’affaires de 15 millions d’euros, affirme vouloir investir 4 millions d’euros dans ce projet de station d’hydrogène vert.

Une chaufferie biomasse à Compiègne

Initiés en 2020, les travaux de construction de la chaufferie biomasse de Compiègne avancent à grand pas avec une mise en service prévue pour début 2022. Pour la rénovation de son réseau de chaleur, la Ville de Compiègne a mandaté Engie Solutions qui est chargé de construire une chaufferie biomasse d’une puissance de 14 MW alimentée par des bois de récupération issus de l’entretien des forêts ainsi que du bois de palettes (caisses, cagettes…) provenant d’un rayon inférieur à 100  kilomètres. À la mise en service, le réseau sera alimenté à 65 % par de la chaleur renouvelable issue de la biomasse. Le réseau de chaleur de Compiègne alimente 66 sous-stations, fournit chauffage et eau chaude sanitaire à 9 000 équivalents logements, dont 6 000 foyers sur un total de 16 kilomètres de réseau. Ce projet bénéficie du soutien de l’Ademe dans le cadre du Fonds Chaleur.