L’Ademe a lancé un appel à projet « une ville, un réseau » qui consiste à accompagner financièrement et à fournir du conseil aux initiatives de réseaux de chaleur et de froid renouvelables portées par des Villes ou des Établissements Publics de Coopération Intercommunale (EPCI) de moins de 50 000 habitants. L’appel à projet court du 5 mai au 14 octobre et est financé par le Fonds chaleur, qui a déjà permis de doubler le kilométrage de réseaux en France, passant de 3 450 km en 2009 à 6 200 km actuellement. La France a pour objectif de multiplier par cinq la quantité d’énergie renouvelable livrée par ces réseaux d’ici 2030 par rapport à 2012, soit 40 TWh contre 15 TWh aujourd’hui. Le bâtiment est le premier consommateur d’énergie en France, et le verdissement du chauffage est indispensable à l’atteinte de nos objectifs climatiques. Concrètement « une ville, un réseau » est une solution clé en main qui comprend :- un accompagnement à hauteur de 90 % des études préalables, sous la forme d’une étude de faisabilité, d’un schéma directeur de réseau de chaleur ou encore d’une assistance à maîtrise d’ouvrage (AMO). Les plafonds et niveaux des aides aux forfaits pour les investissements eux-mêmes sont en cours de révision pour être renforcés.- des conseils, en mettant à disposition des cahiers des charges adaptés ainsi que des guides pratiques de l’association Amorce et de l’AFPG (Association Française des professionnels de la géothermie).Pour vérifier l’éligibilité, l’Ademe a mis à disposition un cahier des charges disponible ici.
Archives
Gaz de Bordeaux se diversifie dans le biogaz
Le 6 mai, a été inaugurée l’installation de méthanisation Reims Méthagri’n qui revend 100 % de sa production au fournisseur Gaz de Bordeaux depuis début décembre 2021. Ayant la capacité de traiter près de 11 000 tonnes d’intrants par an, cette unité est capable de produire 12 GWh de gaz renouvelable. Le fournisseur, présent dans près de 50 % des communes de France raccordées au réseau de gaz, vise un volume de 500 GWh de gaz issu de la méthanisation à l’horizon 2024 grâce à 34 futures unités, dont 21 situées en Nouvelle-Aquitaine. Pour Cyril Vincent, directeur général de Gaz de Bordeaux « En achetant 100 % de la production de biogaz [de Méthagri’n, ndlr], nous pouvons servir et satisfaire nos clients particuliers et professionnels, dont l’intérêt pour cette énergie alternative est grandissant. »
Nouvelle centrale biomasse à Cattenom
Le 12 mai dernier, le groupe Idex a mis en service une chaufferie bois située à Cattenom, dans le département de la Moselle. L’unité, d’une puissance de 2 MW, alimente le réseau de chaleur de la ville d’une longueur de 1,5 kilomètres et qui dessert 22 sous-stations. Au total, 23 bâtiments de la ville et de la Communauté de Communes, ainsi que le collège et quelques maisons individuelles seront alimentés en chaleur renouvelable. Ce nouveau réseau de chaleur permet d’éviter 400 tonnes de CO2 par an et la chaufferie est approvisionnée annuellement par 1 100 tonnes de bois (bois de scierie, bois déchet et plaquette forestière), issues de partenaires locaux présents dans un rayon de 90 km autour du site. La ville de Cattenom ne bénéficiant pas d’un accès à un réseau gaz, dû à la proximité d’une centrale nucléaire, une chaudière fioul de 800 kW assure l’appoint.
Un numéro d’Observ’ER Perspectives consacré à l’énergie citoyenne
Mardi 24 mai, Observ’ER a présenté à la presse le nouveau numéro de sa collection Observ’ER Perspectives, consacré à l’énergie citoyenne en France et en Allemagne. La publication a été réalisée avec le soutien de la fondation Heinrich Böll France. Les projets citoyens ont pour principale caractéristique d’être développés par des groupements de citoyens et/ou des collectivités qui participent directement au capital des opérations. Ils en possèdent donc des parts, ce qui leur octroie une place majoritaire ou significative dans la gouvernance des projets. À ne pas confondre avec les projets en financement participatif, qui font seulement appel à l’épargne privée sous la forme de prêts. De plus, les projets citoyens n’ont pas de finalité lucrative et orientent généralement une partie de leurs retombées financières en faveur d’actions de sensibilisation aux questions environnementales ou en faveur de l’économie sociale et solidaire. Porté par un écosystème très dynamique, notamment animé par l’association Énergie Partagée, l’énergie citoyenne en France a permis de faire émerger plus de 515 projets renouvelables dans lesquels plus de 35 500 citoyens et 800 collectivités se sont engagés pour plus de 96 millions d’euros investis. Au travers d’articles d’analyse, d’interviews d’acteurs ou de portraits de réalisations, ce numéro d’Observ’ER Perspectives dresse l’état des lieux de la dynamique actuelle de l’énergie citoyenne, ainsi que des enjeux futurs. Par ailleurs, deux articles sont consacrés à la situation allemande où, si, les projets citoyens ont une définition différente de celle utilisée en France, les réflexions sur le choix des meilleures mesures de soutien à mettre en place sont proches de celles menées en France. L’ouvrage est en libre téléchargement à partir de la page blog des sites de chacun des magazines édités par Observ’ER : Le Journal de l’Éolien, Le Journal du Photovoltaïque et Le Journal des Énergies Renouvelables.
Un projet de décret pour limiter le risque de concurrence avec l’alimentation
Consultation publique organisée du 5 au 26 mai suite à la publication d’un projet de décret relatif aux cultures utilisées pour la production de biogaz et de biocarburants. Les énergies renouvelables produites à base de matière organique, comme les biocarburants et le biogaz, sont soumises à une législation limitant la part des cultures dites « principales » dans leur production. Le code de l’environnement limite cette part à 15% pour la méthanisation, et l’usage des biocarburants produits à partir de biomasse destinée à l’alimentation humaine ou animale est « limité à 7% de la consommation d’énergie du secteur des transports routier et ferroviaire ». Cependant aujourd’hui il subsiste un manque de clarté pour bien identifier et comptabiliser les cultures principales et intermédiaires. Les retours d’expériences montrent que les définitions actuelles peuvent conduire à des mauvaises interprétations et qu’elles sont insuffisantes pour limiter les risques de concurrence entre les cultures destinées à l’alimentation et celles destinées à la production d’énergie. Ce projet de décret propose d’amener de la clarification. Ainsi pour être considérée comme principale, une culture devrait remplir au moins une des 5 conditions définies dans le projet de décret.
Journées Portes Ouvertes des énergies renouvelables les 24 et 25 mai
Lancées en 2018 par le Syndicat des énergies renouvelables (SER) et ses partenaires (l’Ademe, la FNCCR, le réseau Amorce, le CLER et le syndicat ELE), les « Journées Portes Ouvertes des énergies renouvelables », sont l’occasion de découvrir des installations habituellement fermées au public et de rencontrer les personnes qui travaillent sur ces sites. Cette année, l’évènement se déroulera les vendredi 24 et samedi 25 juin sur toute la France. Ainsi, en Ile-de-France, le public pourra découvrir le fonctionnement de la centrale géothermique de la ville de Fresnes. Dans les Hauts-de-France, c’est la plateforme technologique solaire de Lumiwatt, située à Loos-en-Gohelle, qui ouvrira ses portes. Dans l’Indre (Centre-Val de Loire), le réseau de chaleur bois de la commune de Luçay-le-Mâle présentera aux visiteurs son installation et son fonctionnement. L’ensemble des sites ouverts sont visibles sur le site internet dédié à l’opération. A noter qu’il est nécessaire de s’inscrire à l’avance pour les visites proposées, ces inscriptions pouvant se faire en ligne.
Multiplier par 15 la chaleur solaire en Europe d’ici 2030
Dans le cadre de la préparation d’une nouvelle stratégie pour l’énergie solaire (photovoltaïque, solaire thermique et solaire à concentration), la Commission européenne a lancé une consultation publique auprès de l’ensemble des acteurs de ces technologies. Solar Heat Europe, l’association européenne du solaire thermique, vient ainsi de publier sa feuille de route pour la filière, intitulée « Energising Europe with Solar Heat – A Solar Thermal Roadmap for Europe » (Donner de l’énergie à l’Europe avec la chaleur solaire – Une feuille de route du solaire thermique pour l’Europe). Son objectif est de mettre en évidence les avantages du solaire thermique, de fixer des objectifs pour le secteur, d’améliorer l’environnement commercial pour son industrie et de supprimer les obstacles à un développement plus large. Selon l’association, l’énergie solaire thermique aurait le potentiel pour atteindre une capacité de 140 GWth d’ici 2030 dans le segment des bâtiments (d’habitation ou tertiaires) et 140 autres GWth en intégration à des réseaux de chaleur. Toutefois, le secteur le plus prometteur serait celui de la chaleur industrielle pour lequel la feuille de route de Solar Heat Europe indique qu’une capacité de 280 GWth pourrait être mise en service, toujours à l’horizon 2030. Solar Heat Europe vise ainsi un total de 560 GWth en service en 2030. Par comparaison, la capacité en service en Europe ne cumulait que 37,7 GWh en 2020, selon le dernier baromètre EurObserv’ER. Atteindre une telle capacité installée en 2030 permettrait d’économiser 500 TWh d’énergie thermique par an et de réduire les émissions de CO2 de 106 millions de tonnes. « Le potentiel du solaire thermique a été sous-estimé, comme celui de tout le secteur de la chaleur renouvelable, estime Solar Heat Europe. Il est critique que ce secteur reçoive le même niveau de soutien politique qui a été offert au photovoltaïque et à l’éolien. » D’autant plus, insiste l’organisation, que les fabricants de capteurs sont localisés en Europe. La feuille de route de Solar Heat Europe est actuellement en ligne sur le site de l’association où les acteurs et partisans de la filière peuvent devenir signataires officiels du document et ainsi participer à sa promotion. Plusieurs actions de communication d’envergure sont annoncées au mois de juin prochain qui marqueront les 30 ans de l’association européenne.
Engie crée un label pour les projets renouvelables
Engie a annoncé le 5 mai le lancement du label TED avec le Bureau Veritas, spécialiste de la certification. « TED » pour Transition Énergétique Durable, ce label vise à certifier une méthode qualifiée de « robuste et systémique » dans le développement des projets d’énergie renouvelable. Les projets éoliens et photovoltaïques sont les premiers concernés, mais le label devrait s’appliquer à d’autres projets renouvelables à l’avenir, en commençant par la méthanisation courant 2022. Le label porte sur neuf engagements d’Engie répartis sur trois thématiques clés : territoires, nature, climat. La plupart de ces engagements correspondent aux bonnes pratiques déjà mises en place par les développeurs de projets renouvelables, qui se voient ainsi systématisées chez l’énergéticien. L’aspect territoire est particulièrement mis en avant, car au cœur des préoccupations des citoyens, d’après Engie, qui s’engage à construire les projets avec les collectivités et à leur rendre des comptes. Ainsi, le groupe mènera la concertation autour des projets, via « un dispositif évolutif d’interactions avec les parties prenantes ». Il fournira également aux communes d’implantation des projets une évaluation des impacts positifs sur le territoire et sensibilisera ses salariés aux enjeux d’appropriation et d’intégration des projets dans les territoires. « Nous ne devons pas chercher l’acceptabilité des projets, estimait Catherine MacGregor, directrice générale d’Engie lors de la conférence du 5 mai. Nous proposons une appropriation citoyenne et économique des projets. L’ensemble de ces engagements, qui va au-delà des exigences réglementaires en France, constituera à terme la référence pour le développement et l’exploitation des installations renouvelables d’Engie dans le monde ».
Thionville va produire de l’hydrogène vert
Le producteur français d’hydrogène, H2V, annonce la création d’une gigafactory d’hydrogène renouvelable sur la commune de Thionville, en Moselle, en partenariat avec la plateforme logistique E-Log’In 4 et la Sodevam (Société de développement et d’aménagement de la Moselle). Le site sera situé sur une friche industrielle de 31 hectares et accueillera quatre unités de production de 100 MW. Il produira chaque année 56 000 tonnes d’hydrogène renouvelable par électrolyse de l’eau, grâce à de l’électricité verte, et permettra d’éviter 400 000 tonnes de CO2 par an. L’hydrogène produit sera destiné à l’avitaillement de véhicules lourds : bateaux, camions, véhicules utilitaires sur les espaces aéroportuaires et ferrés. H2V annonce un investissement de 500 millions d’euros et la création de 120 emplois directs et 100 emplois indirects. La mise en service de la première tranche est prévue en 2026.
Création des certificats de production de biogaz
Le 26 avril a été publié au Journal Officiel le nouveau décret mettant en application le dispositif de certificats de production de biogaz (CPB), prévus par la loi Climat et résilience de 2021. Par ce nouveau dispositif, les fournisseurs qui souhaitent proposer des offres de gaz intégrant du biométhane devront restituer à l’État des CPB. Sur le modèle des garanties d’origine pour l’électricité verte, le producteur injectant du biométhane dans le réseau, obtient par la même occasion des certificats de production de biogaz. Ainsi, les fournisseurs de gaz peuvent les obtenir soit en produisant eux-mêmes du biométhane, soit en achetant les certificats à des producteurs. En complément des dispositifs de soutien actuels, le marché des CPB permettra d’impliquer davantage les fournisseurs dans le développement de la production de biométhane en France. Le gouvernement, après consultation avec les acteurs de la filière, a décidé de fixer la date d’entrée en vigueur de l’obligation au 1er juillet 2023. Seuls les fournisseurs commercialisant plus de 400 GWh de gaz par an seront concernés dans un premier temps, puis chaque année, ce seuil sera réduit de 100 GWh, pour concerner tous les fournisseurs au bout de 5 ans. Pour booster la production de gaz renouvelable, la Commission de régulation de l’énergie propose également, dans une délibération du 14 avril, de mettre en place des appels d’offres « réservés aux installations ne parvenant pas à se développer dans le cadre du dispositif de marché de CPB ».
