Dans la cadre de sa politique de transition énergétique, Tours Métropole Val de Loire a confié en 2019 à Tours Métropole Énergies Durables, filiale d’Engie Solutions, la création de son nouveau réseau de chaleur à travers une délégation de service public de 23 ans. Ce contrat prévoit le déploiement de 17 km de canalisations. Dès 2024, l’équivalent de 10 000 logements et près de 30 bâtiments publics bénéficieront de chauffage et d’eau chaude sanitaire produits à 74 % à partir de biomasse. Après la mise en place d’une première chaudière biomasse en 2020, une seconde vient d’être inaugurée, toujours alimentée exclusivement par des plaquettes de bois issues de forêts locales situées dans un rayon maximal de 100 kilomètres, avec la création de 5 emplois. À ce jour, plusieurs bâtiments emblématiques de Tours bénéficient déjà de ce réseau de chaleur : Mame et les Beaux-Arts, l’Hôpital Bretonneau et Clocheville, ou encore les logements de Tours Habitat et de Ligéris.
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Méthanisation participative
ilek, fournisseur français d’énergie verte (électricité et gaz) pour particuliers et petites entreprises, vient de clôturer avec succès sa première campagne de financement participatif pour le développement d’un projet de méthaniseur dans le Maine-et-Loire. En partenariat avec Enerfip, une plateforme de financement participatif dédiée aux projets d’énergie renouvelable, une somme de 500 000 euros a été levée en 5 jours grâce à la participation de 200 clients. Cette unité de méthanisation, baptisée Cop’Vert, est située dans une exploitation d’élevage de vaches laitières. Sa construction a débuté en janvier 2021 pour une mise en service prévue au premier trimestre 2022. À terme, plus de 10 870 tonnes de matières organiques seront traitées chaque année par l’installation, qui produira environ 10,6 GWh de biométhane par an. Cela représente l’équivalent de la consommation de gaz annuelle de près de 915 foyers. Avec cette action, ilek cherche à élargir son champ d’action en permettant à ses clients de placer une partie de leur épargne pour financer des projets d’énergie verte. Pour l’année en cours, l’objectif est de lever 5 millions d’euros pour financer une dizaine de projets sur toute la France, et jusqu’à 30 millions d’ici à 2025. La prochaine opération portera sur un producteur indépendant d’énergie renouvelable, qui lance un projet de trois parcs photovoltaïques dans les départements du Tarn-et-Garonne, du Var et du Vaucluse. L’objectif sera de lever 395 000 euros pour ces parcs qui, une fois en service, vendront leur énergie à ilek et permettront d’alimenter environ 4 220 personnes en électricité 100 % renouvelable.
Granulés de bois, pourquoi les prix augmentent ?
Propellet France, l’association nationale du chauffage au granulé de bois, a publié en ce début d’année une note de huit pages, afin d’expliquer l’augmentation du prix du chauffage à granulés. En effet, le prix du granulé au départ d’usine est passé de 220 € la tonne en janvier 2021 à 350 €/tonne en janvier 2022. Cette augmentation serait due à une « surchauffe conjoncturelle », estime l’association. Les ventes d’appareils à granulés ont plus que doublé entre 2020 et 2021, grâce aux aides nationales et aux politiques de sorties des chaudières au fioul et au gaz. D’autre part le marché européen sort d’une période de quasi surproduction de granulés, conduisant à une suroffre et des prix très bas provenant de l’étranger jusqu’au printemps 2021. Mais la crise de l’énergie que nous vivons a fortement impacté les usages des granulés, qui ont été davantage utilisés dans plusieurs pays pour produire de l’électricité, et pour devenir une source de chauffage principal. La hausse des prix a pu affoler certains consommateurs qui ont décidé d’en stocker plus que nécessaire, produisant l’effet « papier toilette » observé lors du premier confinement provoqué par la pandémie de Covid-19. Globalement, Propellet cherche à rassurer les consommateurs qui pourraient voir dans cette situation exceptionnelle une tendance de fond. Bien que les prix ne devraient pas retrouver leur niveau de 2020, cette énergie reste toujours très économique par rapport au gaz (50 % plus cher) et à l’électricité (trois fois plus chère), rappelle l’association.
Hydrogène vert compétitif en Espagne
HyDeal España engage sa phase opérationnelle et entend débuter la production d’hydrogène vert à partir d’électricité photovoltaïque dès 2025. Issue de l’initiative HyDeal Ambition, HyDeal España est une joint venture créé en novembre dernier par l’entreprise spécialisée dans la production d’hydrogène DH2 Energy, le groupe sidérurgique ArcelorMittal, le transporteur de gaz espagnol Enagás et le conglomérat de l’industrie chimique Grupo Fertiberia. Le projet consiste en une plateforme de production d’hydrogène située dans le nord de l’Espagne, qui affichera une capacité photovoltaïque totale d’ici 2030 de 9,5 GW pour 7,4 GW d’électrolyseurs. L’hydrogène sera livré à un complexe industriel situé dans la région des Asturies, au nord du pays. La taille du projet devrait lui permettre d’atteindre des coûts de production d’hydrogène vert « compétitif ». De futurs clients comme ArcelorMittal ou Grupo Fertiberia ont rejoint le projet afin de décarboner leurs procédés industriels, grands consommateurs d’hydrogène gris. À terme, l’hydrogène de HyDeal España devrait remplacer l’équivalent de 5 % des importations de gaz fossile de l’Espagne, et réduire de 4 % les émissions de CO2 du pays.
Électricité renouvelable, une belle année 2021
Le Syndicat des énergies renouvelables, RTE, Enedis et l’agence ORE ont publié le 17 février la 29e édition du Panorama de l’électricité renouvelable. Il détaille la production et le parc installé, par technologie et par région, au 31 décembre 2021. Près de 4 GW (3 951 MW) ont été installés durant l’année, dont 2 687 MW pour le photovoltaïque et 1 202 MW pour l’éolien. Le parc total de production d’électricité renouvelable, toutes filières confondues, s’établit désormais à 59 781 MW, et a produit 117,5 TWh d’électricité sur les 12 mois précédents. Cela correspond à 24,9 % de la consommation d’électricité française sur la même période. L’hydroélectricité reste de loin la première source mais stagne avec une production annuelle de 58,4 TWh, soit 49,7 % du total produit par les sources renouvelables, et représente un parc de 25 718 MW. Seconde technologie, l’éolien a produit 36,8 TWh sur la période, en baisse de 7,2 % par rapport à l’année précédente, qui avait été exceptionnellement ventée. Le parc éolien installé s’élève à 18 783 MW au 31 décembre. Enfin sur la troisième marche, le solaire photovoltaïque a quant à lui connu sa meilleure année en termes d’installation et passe de 10 380 MW en 2020 à 13 067 MW. Sa production sur la période s’élève à 14,3 TWh, en hausse de 12,6 %. Nouveauté 2022, ce panorama compare les installations en service et en projet dans chaque région aux objectifs définis dans les schémas de planification régionaux (SRADDET).
Une école de Lyon se chauffe au biogaz
La Ville de Lyon annonce que l’école Simone Signoret, située dans le 8e arrondissement, est désormais chauffée à 25 % par du biogaz provenant, via des garanties d’origine, de l’unité de méthanisation Chand’énergies, située dans l’Ain. Ce site, mis en service en novembre 2020 par deux agriculteurs, traite des déchets agricoles locaux et plus particulièrement des effluents d’élevage pour une valorisation de 10 000 tonnes de matières organiques par an, soit du chauffage pour 2 400 équivalents-logements. Les élèves sont aussi associés à ce projet avec la mise en place, depuis le début de l’année, d’un projet éducatif baptisé « Défi class’énergie », piloté par l’Agence locale de l’énergie, ayant pour mission de sensibiliser les plus jeunes aux enjeux environnementaux. L’utilisation du biogaz n’est pas nouvelle pour la ville de Lyon qui chauffe déjà une quarantaine de bâtiments municipaux, tels que l’Hôtel de Ville, 5 mairies d’arrondissement, 4 piscines d’hiver, 9 écoles et 9 crèches, ainsi qu’un établissement culturel ou sportif par arrondissement (Maison de la Danse, musée des Beaux-arts, patinoire Charlemagne, etc.).
Dix mesures d’urgence pour les renouvelables
Le 10 février dernier, le Syndicat des énergies renouvelables a présenté le second volet de son Livre blanc, qui contient notamment 10 mesures indispensables à mettre en œuvre dans le prochain quinquennat. Pour son président Jean-Louis Bal, « La France doit dès à présent passer à la vitesse supérieure en matière de renouvelables. […] les candidats doivent se saisir des outils déjà existants et être en capacité d’en faire émerger de nouveaux ». Le SER estime par exemple indispensable de créer un « Fonds social pour le climat » pour protéger les plus vulnérables ou de mettre en place des formations professionnalisantes pour décrocher un emploi compatible avec la transition énergétique. Il demande également un programme industriel pour renforcer la souveraineté dans les technologies stratégiques, à l’instar des renouvelables, tout en programmant une sortie des énergies fossiles dans les secteurs qui en sont encore trop dépendants. Tout ceci ne pourra se faire sans un « programme national d’information » sur les énergies renouvelables pour un débat éclairé. 50 mesures sectorielles ont également été élaborées afin de guider les différents secteurs des politiques publiques.
Du lithium made in Europe : le pari d’EuGeli
Produire du lithium localement et avec une faible empreinte environnementale : c’est l’un des enjeux du développement croissant des véhicules électriques en Europe. Grâce au projet de recherche et d’innovation européen EuGeli (European Geothermal Lithium Brines), une piste sérieuse se dessine. Achevé en décembre dernier après trois ans de travail et financé par l’Institut Européen d’Innovation et de technologie, celui-ci a permis de développer un procédé d’extraction du lithium des saumures géothermales situées à la frontière franco-allemande. Concrètement, des colonnes sont remplies d’un matériau adsorbant qui capte de façon sélective le lithium dans les saumures. Ces colonnes peuvent être installées sur la branche de réinjection d’un puits de géothermie existant, ce qui offre l’avantage de pouvoir exploiter sur un même site le métal et la chaleur géothermique. Un fois adsorbé, le lithium est récupéré en faisant passer de l’eau légèrement saline dans les colonnes. Une solution concentrée en lithium est obtenue, qui doit être purifiée avant la précipitation du carbonate de lithium de qualité batterie. Dans le cadre du projet, mené par huit partenaires français, allemands et belges sous la coupe du groupe français Eramet, deux pilotes d’extraction ont été réalisés avec succès sur un puits de géothermie en Alsace. Prochaine étape : trouver un modèle économique pour rendre possible une exploitation du procédé à l’échelle industrielle, avec en ligne de mire la réduction d’importation de lithium d’Amérique Latine, d’Australie et de Chine.
Un timbre pour le four solaire d’Odeillo
Le 28 mars prochain, La Poste mettra en circulation un timbre à l’effigie du four solaire d’Odeillo, situé sur la commune de Font-Romeu-Odeillo-Via dans le département des Pyrénées-Orientales. On doit le four solaire d’Odeillo à Félix Trombe qui, en 1946, dirige le laboratoire du CNRS des terres rares à Meudon. Il parvient à concentrer la lumière du soleil à l’aide d’un miroir pour obtenir de hautes températures en milieu confiné avec pour objectif de fondre des minerais de terres rares et d’extraire des matériaux purs afin d’étudier leurs propriétés. En 1947, le laboratoire est transféré à Mont-Louis dans les Pyrénées-Orientales et devient une unité de recherche dédiée à l’énergie solaire. C’est en 1963 qu’est construit le four solaire d’Odeillo sur la commune de Font-Romeu-Odeillo-Via, à dix kilomètres de Mont-Louis. Plus grand que l’arc de triomphe, il mesure 54 mètres de haut, 48 mètres de large et possède 63 miroirs pour une puissance de 1 000 kW. Aujourd’hui, le four solaire d’Odeillo est un laboratoire du CNRS, le laboratoire Promes (Procédés, Matériaux, Énergie Solaire), une infrastructure de recherche nationale et européenne, spécialisée dans l’étude des matériaux en conditions extrêmes (industrie, domaine spatial, centrales solaires…), et dans la conversion, le stockage et le transport de l’énergie.
NégaWatt s’invite dans la Présidentielle
À l’issue d’un webinaire qui s’est déroulé le 27 janvier, l’association négaWatt a présenté un certain nombre de propositions afin d’abreuver le débat pour la présidentielle 2022 : « Les mesures structurantes à engager lors du prochain quinquennat ». Celles-ci se basent sur son scénario publié fin 2021 afin d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050. Parmi les mesures proposées, l’association appelle les candidats à engager un grand programme de rénovation performante des bâtiments. En 2030, la France devrait ainsi viser environ 3 millions de maisons individuelles, 1,3 millions de logements sociaux et 640 000 logements en copropriété rénovés au niveau Bâtiment basse consommation (BBC-rénovation) ou équivalent. Pour cela, les trois mesures clés proposées sont une loi de programmation de la rénovation performante, un plan de formation des artisans et un accompagnement assorti de financements simplifiés des projets de rénovation. L’association invite également à réorienter la stratégie industrielle de la France vers les industries comme celle de l’éolien offshore, de la méthanisation, du photovoltaïque et des batteries, industries essentielles à la décarbonation des transports, secteur le plus en retard. Dans l’optique d’un scénario sans nucléaire, négaWatt appelle non seulement à planifier l’arrêt progressif d’exploitation des 56 réacteurs existants, mais également à ne pas démarrer l’EPR de Flamanville ni lancer la construction d’aucun autre réacteur de nouvelle génération. NégaWatt proposera également des webinaires thématiques tout au long de l’année 2022 pour détailler ces mesures.
