Une demande croissante confrontée aux pénuries

Observ’ER vient de publier son étude qualitative 2022 sur le marché des pompes à chaleur (PAC) dans l’individuel. Cette étude bisannuelle complète son étude quantitative publiée en mai dernier. Le marché français des PAC aérothermiques est le second marché d’Europe. Les équipements air/eau ont particulièrement profité des dispositifs MaPrimeRénov’ et Coup de pouce Chauffage (+ 49 % en 2021). Les équipements air/air restent les équipements les plus vendus avec près de 760 000 unités, même si leur croissance est plus mesurée (+ 4 %). Ils ont trouvé leur place sur le marché du neuf. Malgré les problèmes concernant l’approvisionnement en matières premières et la baisse du cours des certificats d’économie d’énergie (CEE), qui aident au financement des installations de PAC, les professionnels restent optimistes pour 2022. Le problème principal est selon eux le manque de main-d’œuvre qualifiée pour suivre la demande. À moyen terme, ils identifient également un risque concernant l’évolution de la réglementation sur les fluides frigorigènes. En effet, à partir de 2024, la mise sur le marché d’équipements ayant un faible GWP (Global Warming Potential) devra s’accélérer. À partir de 2025, ceux ayant un GWP supérieur à 150 ne seront plus autorisés à la vente. Pourtant, ces derniers représentent aujourd’hui la grande majorité du marché, et certains constructeurs voient mal comment il sera possible de faire évoluer toutes les gammes à cette échéance. Sur le secteur de la géothermie, le contexte général reste inchangé bien que le marché soit en légère hausse (3 220 unités en 2021 contre 3 005 en 2020). Il est essentiellement porté par le remplacement d’anciennes PAC. Les professionnels appellent à davantage d’actions de soutien et à encourager la formation d’installateurs spécialisés en géothermie. Les crises sanitaires et énergétiques ont créé un choc sur les prix. Globalement, tous les équipements ont vu leur prix augmenter (entre 5 et 9 %) en 2021, et les acteurs craignent que la situation ne dure.

Biométhane issu des déchets ménagers dans le Pas-de-Calais

Le groupe Séché Environnement, spécialiste de la gestion de déchets, s’associe avec Waga Energy, producteur de biométhane issu de déchets pour la création d’une unité de production dans le Pas-de-Calais. Ce projet d’injection de biométhane sera situé sur le site de stockage de déchets ménagers de Sainte-Marie-Kerque, exploité par Opale Environnement, filiale de Séché Environnement. Waga Energy va construire une unité d’épuration utilisant sa technologie Wagabox, permettant de transformer le gaz émis par fermentation naturelle des déchets (le biogaz) en biométhane. Le site injectera 20 GWh de biométhane par an dans le réseau, soit la consommation d’environ 3 000 foyers.

Énergie osmotique : une première centrale sur le Rhône

La Compagnie Nationale du Rhône (CNR) et la start-up bretonne Sweetch Energy annoncent l’installation de la première centrale osmotique pilote de production d’électricité en France sur le site de l’écluse de Barcarin, à Port-Saint-Louis-du-Rhône (Bouches-du-Rhône). L’énergie osmotique permet de produire de l’électricité renouvelable grâce au mouvement créé par des masses d’eau de salinité différente, en l’occurrence l’eau du Rhône et l’eau de mer. La centrale pilote sera de petite taille et intégrée dans deux conteneurs, qui abriteront le générateur osmotique connecté au Rhône au moyen de tuyauteries et de pompes, afin d’acheminer l’eau douce et l’eau salée nécessaires à son fonctionnement. Une troisième canalisation permettra d’évacuer le mélange des eaux dans la zone du fleuve où l’eau douce et l’eau salée se rencontrent à l’aval de l’écluse. D’une puissance installée de plusieurs dizaines de kilowatts (kW) dans sa phase d’expérimentation, le démonstrateur devrait être mis en service fin 2023 sur le terrain et représentera un investissement de près de 3  millions d’euros sur la durée de test estimée à deux ans. À ce partenariat industriel s’ajoute un partenariat financier avec un investissement de 1,5 million d’euros par CNR pour accompagner le développement de Sweetch Energy.

Du ciment à partir de biomasse

Le site de La Malle du cimentier Lafarge situé à Bouc-Bel-Air, dans les Bouches-du-Rhône, va utiliser des résidus de biomasse comme combustible pour la fabrication de ses ciments. Il s’agit d’exploiter les fines de bois, qui sont des poussières ou de petites particules issues de la préparation de copeaux ou de broyats de bois. Il y a encore quelques années, entre 3 et 4 millions de tonnes de déchets de bois étaient enfouis par an sans valorisation. L’utilisation de fines de bois permettra d’abaisser la part de combustibles soufrés comme le coke de pétrole dans le processus de combustion pour la production de ciment, contribuant ainsi à réduire de 10 % supplémentaires les émissions de soufre. L’approvisionnement en fine de bois est régional : la cimenterie récupère les fines de bois principalement à Fuveau ou dans le Var, grâce à des connexions directes avec des centrales biomasse, comme la centrale de Gardanne dans les Bouches-du-Rhône.

Jupiter 1 000 injecte de l’e-méthane dans le réseau

Début juillet, le démonstrateur power-to-gas Jupiter 1 000 situé sur le complexe industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) a commencé à injecter dans le réseau de gaz de l’e-méthane produit par le procédé de méthanation. Ce procédé consiste à faire réagir de l’hydrogène renouvelable avec du CO2 issu du recyclage de fumées d’Asco Industries, l’usine sidérurgique voisine, pour obtenir un gaz de synthèse. L’hydrogène vert provient des deux électrolyseurs de McPhy – PEM (Proton exchange membrane) et alcalin – d’une capacité de 1 MW. L’installation affiche une capacité de production d’e-méthane de 25  nm3/heure. Le réacteur de méthanation, le « méthaneur », a quant à lui été construit par Khimod (groupe Alcen) avec l’appui du CEA. «  Jupiter 1000 est la première expérience française à l’échelle du mégawatt. Et il est le premier projet à valoriser du CO2 de fumées industrielles, indique Sylvain Lemelletier, directeur de projet chez Rice, le centre de recherche et d’innovation de GRTgaz. Les campagnes d’essais, entamées en février 2020 avec une première injection d’hydrogène, se poursuivront jusqu’en 2023 sous la coordination du CEA. À cette date, Jupiter 1000 célèbrera les dix ans des premières réflexions qui ont abouti au montage du projet. »

Un nouveau président pour le Syndicat des énergies renouvelables

Avec 75 % des voix contre 25 %, Jules Nyssen, jusque-là délégué général de Régions de France, vient d’être élu à la présidence du Syndicat des énergies renouvelables (SER). Jules Nyssen succède ainsi à Jean-Louis Bal qui occupait la présidence depuis mars 2011 et dont le mandat se terminera officiellement le 24 octobre prochain. « Ma principale ambition consiste à mieux faire connaître le SER du grand public pour porter un discours positif sur les énergies renouvelables. Si, aujourd’hui, tout le monde est d’accord pour développer les énergies renouvelables, la mise en œuvre sur le terrain est plus compliquée. Nous devons faire de la pédagogie pour montrer en quoi le développement des énergies renouvelables est indispensable et compatible avec les projets territoriaux. Il faut lever les inquiétudes parfois amplifiées par certains. Le SER devra mettre en valeur les projets exemplaires et démontrer leur valeur ajoutée sociale et territoriale », a déclaré le nouveau président dont le mandat est de trois ans.

Le nouveau site Internet d’Observ’ER est en ligne !

Mercredi dernier, Observ’ER (l’Observatoire des énergies renouvelables), acteur de référence dans le domaine des énergies renouvelables et de la transition énergétique en France et en Europe a dévoilé son tout nouveau site Internet. Sont présentés les différents domaines d’activité d’Observ’ER, les magazines avec Le Journal des Énergies Renouvelables, Le Journal du Photovoltaïque et Le Journal de l’Éolien, les études et baromètres thématiques (en consultation libre), les actualités les plus marquantes des différentes filières en France, en Europe et à l’international ; les Clés de la transition énergétique, également en consultation libre, dédiées à la transition énergétique dans les territoires, en zones rurales et dans les entreprises. Des fiches consacrées aux différents secteurs des énergies renouvelables sont également en libre accès. Pour la visite c’est ICI.

Un futur site de production près de Toulouse

La start-up H2V, filiale du groupe industriel Samfi, qui investit, développe et construit des centrales de production d’hydrogène renouvelable, a annoncé le 10 juin dernier l’officialisation de son futur site de production sur le parc d’activités des Portes du Tarn près de Toulouse en Occitanie. En effet, les élus ont validé ce projet lors du Comité d’Engagement et de Suivi des Portes du Tarn le 8 juin, dans le cadre du développement du parc d’activités afin d’attirer des entreprises notamment spécialisées dans la Cleantech, c’est-à-dire des techniques et services industriels qui utilisent les ressources naturelles, l’énergie, l’eau, les matières premières dans une perspective d’amélioration importante de l’efficacité de la productivité. Le projet d’H2V pourrait entrer en service en 2028 mais son dimensionnement reste inconnu. En plus des entreprises implantées sur le parc, il pourrait notamment alimenter la mobilité lourde, ainsi que des aéroports proches comme celui de Toulouse Blagnac.

Réseau de chaleur : le solaire remplace le gaz

La société de projet Emasol, filiale de Newheat, entreprise spécialisée dans le solaire thermique, a mis en service une centrale de 1 800 m2, soit 1,4 MW thermiques installés sur la ville de Pons, en Charente-Maritime. Il s’agit de la première centrale de ce type alimentant un réseau de chaleur équipée de trackers (systèmes mécaniques permettant d’orienter les panneaux face au soleil). Son objectif est de doper la productivité de la centrale et d’apporter de la flexibilité au réseau de chaleur urbain qu’elle alimente. Ce réseau de chaleur, initialement fourni en énergie par des chaudières gaz et biomasse, atteignait déjà un taux de chaleur renouvelable de 73 %. Avec cette nouvelle centrale Emasol, il devrait atteindre un taux supérieur à 90 %, en effaçant la quasi-totalité du gaz fossile utilisé sur la période estivale. Cette centrale solaire thermique est prévue pour une durée de 25 ans minimum. Lauréate de l’Appel à projet « Grandes Installations Solaires Thermiques » du Fond Chaleur de l’Ademe, elle bénéficie d’un soutien de 580 000 euros, ainsi que de 167 500 euros de la Région Nouvelle-Aquitaine. Ce projet Emasol s’inscrit dans un cadre plus large, celui du financement organisé en 2020 par Newheat de cinq centrales de production de chaleur solaire et de récupération en France, comprenant un financement bancaire de 13 millions d’euros. Divers acteurs de la transition énergétique sont également actionnaires minoritaires, ainsi que la ville de Pons (5 %) en contrepartie de la mise à disposition du terrain d’implantation de la centrale.

Les acteurs de la géothermie de nouveau rassemblés

Les journées de la géothermie 2022 ont été l’occasion de retrouvailles pour la filière. Organisé les 9 et 10 juin derniers à Aix-les-Bains (Savoie) par l’Association française des professionnels de la géothermie (AFPG), en partenariat avec l’Ademe et le BRGM, l’événement n’avait pas eu lieu depuis 2016. Les 300 participants ont pu assister à des conférences sur des thématiques aussi variées que le développement du marché, l’innovation, la recherche, l’économie, la compétitivité, l’emploi, l’acceptabilité de la filière… Témoignages de collectivités et retours d’expériences ont montré le caractère incontournable de cette technologie, qui permet de produire à la fois du chaud et du froid, dans un contexte urgent de réchauffement climatique et de crise énergétique. Ces journées ont également été l’occasion du renouvellement des instances de l’AFPG et de la réélection de Jean-Jacques Graff au poste de président pour un mandat de trois ans. Deux projets innovants ont en outre été récompensés par les adhérents : celui du girondin AbSolar dans la catégorie géothermie de surface, et celui de l’exploitant de la centrale géothermique de Soultz-sous-Forêts (Bas-Rhin), ES géothermie, pour la géothermie profonde. Le premier répond à la problématique de variabilité des énergies renouvelables par un système associant «  stockage d’énergie souterrain intersaisonnier » et « énergie solaire thermique ». Le second a permis, au sein du projet de recherche et d’innovation européen EuGeli, de développer un procédé d’extraction du lithium des saumures géothermales. Enfin, Ann Robertson-Tait, présidente de WING International (Women In Geothermal), a annoncé la création d’une branche française. Rendez-vous dans trois ans pour la sixième édition.