Selon une nouvelle étude du think-tank britannique Ember, la demande globale d’électricité a augmenté de 3 % au premier semestre 2022, soit 389 TWh supplémentaires consommés. Les énergies renouvelables ont pour leur part produit 416 TWh de plus, soit davantage que cette hausse. L’éolien et le solaire ont couvert plus des trois quarts (77 %) de l’augmentation et l’hydraulique a compensé le reste, ce qui a permis d’éviter un recours accru aux énergies fossiles. Le charbon a décliné de 1 % et le gaz de 0,05 %. En conséquence, les émissions de gaz à effet de serre du secteur électrique mondial sont restées stables durant le premier semestre, mais demeurent toutefois à un niveau très élevé. Dans son ensemble, le parc photovoltaïque mondial a produit 619 TWh au premier semestre, ce qui a représenté 5 % de l’électricité mondiale consommée. L’éolien a couvert 8 % de la demande avec 1 102 TWh produits. Éolien et solaire ont par conséquent couvert 13 % de l’électricité mondiale en 2022, près de trois points de mieux qu’à fin 2021. Dans l’Union européenne, confrontée à une crise énergétique due à la guerre en Ukraine, la progression des énergies renouvelables a contenu la progression d’électricité d’origine fossile à 6 % (contre 16 % attendu) permettant ainsi une économie de 29 milliards sur sa facture énergétique.
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Nouvelle chaufferie bois à Angers
Angers Loire Métropole annonce que la chaufferie bois du quartier Montplaisir, actuellement en construction, sera opérationnelle au printemps 2023. Érigée en bordure de l’autoroute A11 et de la route de Briollay, la nouvelle installation permettra de chauffer près de 2 400 logements et des équipements de quartier : gymnase, piscine, relais-mairie, médiathèque, future direction de la voirie, écoles, collèges et lycée. À ce jour, 70 kilomètres de réseaux traversent le sous-sol de la ville pour délivrer la chaleur à 90 000 foyers, à la Roseraie, mais aussi à Belle-Beille où la chaufferie bois est en service depuis 2018. Le bois utilisé provient d’un rayon de 100 kilomètres maximum autour d’Angers et pour la moitié, d’un périmètre inférieur à 50 kilomètres de la ville. La construction de la nouvelle chaufferie recevra le soutien de l’Ademe pour 8,5 millions sur un total de 16 millions d’euros.
Un réseau de chaleur en Seine-Saint-Denis
L’établissement public territorial du Grand Paris, Paris Terres d’Envol, et la société Coriance, spécialisée dans les projets de réseau de chaleur, ont conclu vendredi 23 septembre un contrat de concession de service public pour la création et l’exploitation d’un réseau de chaleur sur les communes de Dugny et du Bourget (Seine-Saint-Denis). Le projet consistera en un réseau de distribution de 20 km et une centrale de production de chaleur produite localement et à 90 % à partir d’énergies renouvelables. Il sera notamment connecté au Village des médias qui accueillera plus de 1 500 journalistes du monde entier lors des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024. Coriance prévoit un investissement de 56 millions d’euros pour ce projet qui fonctionnera dans un premier temps grâce au biogaz puis comprendra en 2025 deux forages géothermiques associés à des pompes à chaleur ainsi que quatre chaudières gaz de secours. Il devrait alimenter l’équivalent de 9 000 logements avec 85 GWh par an.
Premier bus bioGNV à Lorient
Depuis le lundi 19 septembre, les 10 premiers bus bioGNV (gaz naturel véhicule), alimentés par le biométhane produit au centre local d’enfouissement des déchets, ont été mis en exploitation au sein de l’agglomération de Lorient (Morbihan). Cela constitue la première étape du programme de l’agglomération qui ambitionne une flotte nouvelle génération, totalement décarbonée, d’ici 2030. Au total, près de 5 millions d’euros ont été investis dans l’acquisition de 8 bus articulés de 18 mètres et de 2 bus standards de 12 mètres. En parallèle, l’agglomération a débuté des travaux d’aménagements sur ses deux dépôts afin de mettre en conformité les ateliers aux contraintes spécifiques des véhicules bioGNV et hydrogène. À terme, Lorient Agglomération souhaite remplacer ses 95 bus actuels par 76 véhicules bioGNV (48 standards, 18 articulés) et 19 à hydrogène d’ici à la fin de la décennie. Les premiers bus à hydrogène seront intégrés au réseau en 2023.
La biomasse pour réduire la facture de gaz
Swiss Krono France, fabricant de panneaux de bois à Sully-sur-Loire (Loiret), a annoncé l’investissement de plus de 100 millions d’euros dans le projet Green Energy qui vise à réduire drastiquement les besoins en gaz de son site de production. L’action consistera à réduire de 35 000 tonnes de CO2 par an les émissions de son usine de Sully tout en augmentant sa capacité de production. Concrètement, le projet va s’articuler en trois phases. Tout d’abord deux nouveaux sécheurs basse température, puis une chaudière biomasse multi-combustibles d’une capacité de 63 MW et un condenseur de fumée viendront équiper le site. Ensuite, Swiss Krono France déploiera de nouveaux équipements industriels au service d’une productivité augmentée. Le projet Green Energy a été doublement lauréat du Plan de Relance national puisque 3,8 millions d’euros lui ont été octroyés dans le cadre du dispositif « Efficacité énergétique et décarbonation des procédés » et 11 millions d’euros grâce au dispositif « Biomasse chaleur pour l’industrie » géré par l’Ademe. Le programme devrait s’étaler jusqu’en 2024.
Nouveaux débouchés pour le biométhane breton
En Bretagne, plusieurs communes se sont rassemblées afin de financer un nouveau projet d’agrandissement du réseau de gaz à partir du réseau existant situé à Ploërmel (Morbihan). Le projet est notamment porté par le syndicat départemental d’énergies du Morbihan, Morbihan énergies. Il prévoit la construction de 25,6 km de tuyauterie supplémentaire pour relier Ploërmel à la zone d’activités économique de Caradec à Guédon en passant par trois autres communes : Guillac, Josselin, La Croix-Helléan et Forges de Lanouée. D’après Morbihan énergies plusieurs industries souhaitent également bénéficier d’un raccordement. « Il s’agit de la coopérative Eureden pour son séchoir situé à Bel air sur la commune de La Croix-Helléan, de la société JPA pour son abattoir de porcs, de la société Mix Buffet pour son unité de production basée sur la zone de la Rochette à Josselin, ainsi que le groupe Smurfit Kappa pour son site industriel implanté sur la zone de Caradec à Guégon, précise le syndicat. » GRDF prendra à sa charge 53 % des travaux, soit environ 1,8 millions d’euros. Les 1,59 millions restant sont portés par les communes concernés et les partenaires privés. Ce nouveau réseau permettra notamment l’injection depuis des unités de production de biométhane dont le nombre croît très rapidement en Bretagne. En effet, il s’agit de la troisième région française en termes de nombre d’unités installées (45 d’après SINOE). Plus de 160 autres projets sont également à l’étude d’après GRDF, qui prévoit que 14 % du gaz consommé en Bretagne sera d’origine renouvelable d’ici 2025.
50 MW d’électrolyseurs pour Lhyfe
Lhyfe a conclu un accord avec le fabricant américain Plug Power pour la livraison de dix électrolyseurs de type PEM (membrane d’échange de protons) de 5 MW chacun destinés à la production d’hydrogène vert. Ces 50 MW produiront jusqu’à 20 tonnes d’hydrogène par jour, précise Lhyfe. Ce type d’électrolyseur constitue le plus gros modèle disponible clés en main pouvant être installé en extérieur. Lhyfe les utilisera dès 2023 afin de produire de l’hydrogène à partir d’énergie éolienne et solaire destiné à un large éventail d’applications dans le secteur de la mobilité. Cette production pourra notamment alimenter des chariots élévateurs et des véhicules utilitaires, tels que le Renault Master. À moyen terme, cette importante commande d’électrolyseurs devrait permettre à Lhyfe de pouvoir intervenir sur de multiples sites à travers l’Europe autour d’une activité d’ingénierie la construction d’unités de production d’hydrogène.
L’Italie peut soutenir sa production de biométhane
La Commission européenne a annoncé en août avoir autorisé le schéma proposé par l’Italie visant à soutenir la production de biométhane. En vigueur jusqu’au 30 juin 2026, le régime validé par la Commission soutiendra la production de biométhane injecté sur le réseau national de gaz à destination des secteurs du transport et du chauffage. Il s’agira concrètement de subventions pour un budget total de 1,7 milliard d’euros, dont le montant par projet pourra s’élever jusqu’à 40 % des coûts d’investissements éligibles. Le dispositif prévoit également des tarifs d’achat (en euros/MWh) du biométhane injecté, attribués par appels d’offres sur une durée de 15 ans d’exploitation pour un budget de 2,8 milliards d’euros. La vice-présidente exécutive chargée de la politique concurrentiel Margrethe Vestager a déclaré que ce régime « aidera l’Italie à atteindre ses objectifs de réduction des émissions, à réduire sa dépendance aux combustibles fossiles russes et à améliorer sa sécurité d’approvisionnement en gaz, tout en limitant les éventuelles distorsions de concurrence. »
Journées nationales du biogaz
Les 18 et 19 septembre prochains auront lieu les Journées Nationales du Biogaz, organisées par l’association des agriculteurs méthaniseurs de France, qui compte 430 adhérents. Cet événement sera l’occasion de faire découvrir au grand public le métier d’agriculteur méthaniseur et les techniques de production de gaz vert issu de déchets agricoles. 22 unités de méthanisation réparties sur l’ensemble du territoire, ouvriront spécialement leurs portes pour l’occasion.
Méthane de synthèse injecté dans le réseau
L’injection dans le réseau de distribution de méthane de synthèse, issu d’un procédé de méthanation, s’est déroulée du 4 au 6 juillet à Sempigny dans les Hauts-de-France. Ce gaz vert est issu d’un démonstrateur conçu par la startup Energo. La méthanation est un processus entièrement industriel qui produit un méthane de synthèse à partir de la synthèse de dioxyde ou du monoxyde de carbone et d’hydrogène. Le gaz obtenu a les mêmes caractéristiques que le gaz d’origine fossile. Le procédé novateur testé par Energo, avec le soutien du Lab Crigen, utilise un plasma froid pour combiner CO2 et hydrogène à pression ambiante et à une température modérée, dans un réacteur très compact. Cela permet de réduire de 20 % les coûts de la méthanation, assure l’entreprise. « Nous sommes extrêmement fiers de cette double première industrielle ici à Sempigny. Première nationale concernant l’injection de gaz de synthèse dans le réseau, et première mondiale concernant l’industrialisation du plasma-catalyse », se réjouit Vincent Piepiora, président d’Energo. Sur un potentiel de production de gaz renouvelables en France estimé à 420 TWh à l’horizon 2050, 50 TWh pourraient être produits par méthanation. Néanmoins, les gaz de synthèse produits par méthanation ne bénéficient actuellement d’aucun droit à l’injection. Dans l’attente d’un cadre réglementaire favorable à l’essor de cette filière, Energo a obtenu, de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), une autorisation d’injection du gaz produit à titre expérimental. La faisabilité technique étant démontrée, la startup appelle désormais à la mise en place de mécanismes de soutien afin d’offrir aux porteurs de projets la visibilité nécessaire à l’industrialisation de la filière.
