La géothermie de surface peut désormais se targuer de reposer sur des technologies éprouvées. Encore faut-il que leur mise en œuvre réponde aux contraintes du terrain et aux recommandations des fournisseurs. Dans un guide présenté fin septembre, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) s’efforce d’aborder une à une toutes les problématiques techniques qu’il faut résoudre afin de garantir la performance d’une installation : le dimensionnement de la pompe à chaleur (PAC) ou du champ de sondes, la maintenance des ouvrages souterrains, l’optimisation des débits de circulation… S’appuyant sur deux cents retours d’expérience jugés « extrêmement positifs », l’Ademe invite à ne pas exagérer les risques de dysfonctionnements. L’objectif n’étant pas que chacun se renvoie la balle si un imprévu pointe le bout du nez, l’agence rappelle toutefois la nécessité de se poser une vingtaine de questions en amont des projets et définit les responsabilités des uns et des autres dans la durée. Dans le cas d’un pompage sur nappe par exemple, le bureau d’études techniques se doit lors de la phase de conception de dimensionner les équipements selon la hauteur de relevage ou les pertes de charges. Mais il est tout aussi essentiel de vérifier les hypothèses de départ au moment de l’installation. Puis de choisir un exploitant capable de garantir qu’il respectera les recommandations propres à la pompe immergée. De même, c’est durant l’intégralité de la vie de l’installation que la température de l’eau chaude sanitaire doit être garantie en tout point du réseau pour éviter les risques de développement de légionelles. Ou qu’il faut vérifier que la taille des équipements est toujours adaptée à la consommation.
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Les contrats territoriaux ont leur guide
Un guide sur les contrats d’objectifs territoriaux et patrimoniaux pour les projets énergies renouvelables thermiques a été publié par la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR). Ce récent outil de financement proposé par l’Ademe est adapté aux « petits » projets thermiques, « petits dans le sens où ils ne pouvaient passer les fourches des seuils minimaux du Fonds Chaleur, tout en notant toutefois que ces projets avaient besoin de subventions pour émerger », explique la FNCCR. Les contrats sont actuellement portés aussi bien par des communautés de communes, des syndicats d’énergie que des métropoles. Sur 36 pages, le guide présente les spécificités de cet outil de financement, les différents opérateurs qui peuvent les porter et de nombreux retours d’expérience.
Le soutien public soumis à la question
L’Institut de développement durable et des relations internationales (Iddri) et le think tank Agora Energiewende ont dévoilé le 21 octobre une évaluation et un calculateur en libre accès basés sur trois scénarios de référence d’évolution du mix électrique français pour évaluer le besoin de financement public pour les énergies renouvelables électriques à l’horizon 2040. « La baisse conséquente des coûts de production des technologies éolienne et photovoltaïque favorisera leur développement à moindre coût pour les dépenses publiques », assurent les partenaires. « La différence entre les prix garantis aux producteurs renouvelables et leurs revenus tirés sur le marché serait bien plus faible que par le passé et, dans certains cas, négligeable, poursuivent-ils. Ces mécanismes de soutien pourraient même devenir une source de financement pour l’État, dans certains cas et pour certaines technologies, si les prix de marché passent durablement au-dessus des prix garantis aux producteurs d’énergies renouvelables. » L’Iddri et Agora Energiewende ajoute : « malgré les progrès récents de l’industrie, les mécanismes de soutien fournissent une garantie qui reste utile pour réduire le coût de financement (et donc le coût de production) des énergies renouvelables avec des engagements financiers faibles pour le budget public. Une approche pragmatique passerait donc par une modification progressive de ces mécanismes pouvant passer par une baisse de la durée des contrats garantis ou la limitation du soutien à certains volumes de production pour « passer la main » progressivement aux acteurs privés pour les technologies matures. »
Le Tiger est lâché
Le programme européen Interreg France Angleterre de coopération transfrontalière a annoncé, le 16 octobre, l’approbation du projet hydrolien Tiger (pour Tidal Stream Industry Energiser). « Nous sommes fiers d’annoncer que nous avons approuvé le plus gros projet Interreg qui soit ! », précise l’entité dans un communiqué. Le coût total du projet s’élève en effet à 46,8 millions d’euros (dont 69 % des fonds nécessaires, soit 28 M€, proviennent du Fonds européen de développement régional (FEDER). 19 partenaires, français et anglais, sont impliqués dans le projet, qui sera mené par Offshore Renewable Energy (ORE) Catapult depuis Hayle, au Royaume-Uni. « Le projet a pour but de stimuler la croissance dans le domaine des énergies hydroliennes en développant une capacité hydrolienne allant jusqu’à 8 MW sur des sites dans la région de la Manche et tout autour, engendrant par là-même l’innovation et le développement de nouveaux produits et services », précise encore Interreg. L’objectif est également économique puisqu’il s’agit de passer d’un coût de production de 300 €/MWh aujourd’hui à 150 €/MWh en 2025 puis 100 €/MWh en 2030.
Nouvel ouvrage disponible sur l’accès à l’électricité en Afrique rurale
La Fondation Énergies pour le Monde (Fondem) publie le 23 octobre un ouvrage de référence sur l’électrification rurale décentralisée (ERD) par énergies renouvelables : « Électrifier l’Afrique rurale, un défi économique, un impératif humain ». Cet ouvrage propose d’établir un diagnostic complet de la situation de l’accès à l’électricité en zone rurale en Afrique subsaharienne, d’en tirer des leçons et de formuler des préconisations pour les années à venir. Concret, précis, fouillé et nourri de nombreux exemples, il est mis à disposition librement afin que toutes les parties prenantes se saisissent de la question de l’accès à l’énergie, se forment, s’informent et agissent. Edité par Observ’ER (éditeur également du Journal des Énergies Renouvelables), cet ouvrage a été financé par l’Ademe, l’Institut de la francophonie pour le développement durable (IFDD) et Synergie Solaire. Le PDF est à télécharger (gratuitement) ici.
Retour sur les États généraux de la chaleur solaire
Le 15 octobre se sont tenues à Lille les États généraux de la chaleur solaire 2019. Le choix des Hauts de France venait saluer les différentes actions de la région en matière de solaire dont notamment la création en 2018 du collectif Coresol (Collectif Régional de l’énergie Solaire). Ce rendez-vous annuel est l’occasion pour le secteur du solaire thermique de faire le point sur ses progrès ainsi que sur ses obstacles. Du côté des points positifs, les professionnels ont salués les opérations issues des appels d’offres grandes surfaces organisés par l’Ademe qui ont débouché sur de belles réalisations sur réseaux de chaleur ou dans l’industrie, avec souvent des surfaces unitaires de plusieurs milliers de m2. Autres axes importants : la rénovation, où plusieurs exemples d’installations sont venues illustrer la pertinence du solaire thermique comme solution performante que ce soit dans l’habitat, le tertiaire ou pour répondre à des besoins spécifiques dans l’hôtellerie ou le médico-social. Parmi les obstacles à un développement plus large figure encore la trop grande méconnaissance du solaire thermique par les prescripteurs, les bailleurs ou les promoteurs immobiliers. Autre motif d’inquiétude, l’incertitude sur la place du solaire thermique dans la prochaine RE2020 qui régira la construction neuve.
La chaleur renouvelable à la traîne
Le « Panorama de la chaleur renouvelable et de récupération » fustige « l’écart considérable entre les objectifs de la loi de transition énergétique et du plan national d’action en faveur des énergies renouvelables, qui tablait sur 33 % de chaleur renouvelable dans la consommation de chaleur en 2020, et la réalité sur le terrain. » Publié le 14 octobre par le CIBE, la Fedene, le Syndicat des énergies renouvelables (SER) et Uniclima, avec la participation de l’Ademe, ce document avance en effet une part de la chaleur renouvelable certes en hausse de 1,2 point en un an, mais ressortant à 19,9 % de la consommation finale brute de chaleur en 2018 (18,7 % en 2017). Ce retard est d’autant plus préoccupant que « la chaleur représente en effet 50 % de notre consommation énergétique », rappelle le Panorama. « Afin de combler ce retard, il est essentiel que l’État mobilise l’ensemble des leviers de développement de la production de chaleur renouvelable et de récupération, en particulier le Crédit d’Impôt à la Transition Énergétique et le Fonds Chaleur, qui représentent deux vecteurs essentiels d’accélération. En parallèle, les conditions d’une reprise de la trajectoire de la Contribution Climat Energie, outil stratégique de développement des filières thermiques renouvelables, devront être analysées », préconise le SER dans un communiqué.
Une plateforme de recherche inaugurée à Toulouse
Une « Plateforme Hydrogène » a été inaugurée le 10 octobre sur le campus de Toulouse INP. Si elle existe depuis 2010 avec le Laboratoire plasma et conversion d’énergie (Laplace), la plateforme en héberge aujourd’hui 3 autres, aux compétences complémentaires : le CIRIMAT (matériaux), le LGC (génie chimique) et l’IMFT (mécanique des fluides), sous tutelle du CNRS, de Toulouse INP et de l’université Toulouse III – Paul Sabatier. Une large place est faite au développement des technologies utilisant l’hydrogène-énergie : les piles à combustible (vieillissement et multifonctionnalité : capables de fournir de l’électricité, de la chaleur, de l’eau et des gaz inertes) et, plus récemment, les technologies pour maîtriser la combustion de l’hydrogène. Les chercheurs travaillent aussi sur l’allègement des composants, l’approvisionnement et le stockage de l’hydrogène. Avec leurs partenaires industriels, ils étudient également la faisabilité de l’introduction des piles à combustible dans les applications aéronautiques. Le projet PACAERO, qui couvre la période 2015-2020 a apporté 6 M€ à la Plateforme Hydrogène. Ce financement a permis d’augmenter de 400 m² la surface de la plateforme et d’acquérir de nouveaux équipements.
300 M€ et 25 mesures pour la chaleur et le froid renouvelables
Afin de « développer massivement la chaleur décarbonée », « le Fonds chaleur va être porté à 350 millions d’euros l’année prochaine. C’était 250 l’année dernière et 300 cette année », a déclaré, Élisabeth Borne, lors d’un discours prononcée le 7 octobre à Reims. Accompagnée de sa secrétaire d’État, Emmanuelle Wargon, la ministre de la Transition écologique et solidaire a par ailleurs dévoilé les conclusions des travaux du groupe de travail « chaleur et froid renouvelables », soit « 25 décisions concrètes » dont la liste détaillée est à retrouver ici. « Les propositions faites par le groupe de travail et validées par les ministres visent à renforcer l’attractivité des réseaux de chaleur et de froid, leurs bienfaits pour les consommateurs et l’environnement, ainsi que leur compétitivité économique. L’objectif est d’inciter les collectivités territoriales et leurs partenaires à agir dès maintenant pour atteindre les objectifs nationaux à l’horizon 2030, à savoir une multiplication par 5 des quantités de chaleur et de froid renouvelables et de récupération livrées par rapport à 2012 », explique le gouvernement.
(Re)mise à l’eau de la turbine de Sabella à Ouessant
Dans le cadre du projet porté par Akuo Energy, la turbine de l’hydrolienne de la PME Sabella a été de nouveau immergée avec succès sur son embase le 5 octobre au large de l’île d’Ouessant (Finistère). « Malgré la tempête Lorenzo provoquant une forte houle et n’autorisant qu’une étroite fenêtre météo, les opérations ont été parfaitement menées », s’est félicité le 8 octobre l’entreprise bretonne, précisant que ce prototype de 10 mètres de diamètre (D10) et 1 MW de puissance commencera à injecter de l’électricité sur le réseau de l’île avant la fin du mois. Pour rappel, la machine avait été immergée de juin 2015 à juillet 2016 entre Molène et Ouessant, puis sortie de l’eau pendant deux ans, pour des contrôles et des améliorations. Immergée à nouveau en octobre 2018, elle a dû remettre pied à terre en avril dernier suite à un défaut détecté dans le système de refroidissement de la nacelle qui limitait ses conditions d’utilisation. Sabella prévoit de la retirer en 2021 pour laisser la place aux deux D12, des machines d’un MW également mais de 12 mètres de diamètre.
