Alstom SA, constructeur français d’infrastructures de transport et le groupe gazier italien Snam ont conclu un accord sur 5 ans pour le développement de trains à hydrogène renouvelable en Italie. Alstom fabriquera et assurera la maintenance des trains, neufs ou convertis à l’hydrogène et Snam construira les infrastructures nécessaires pour produire et transporter l’hydrogène qui sera produit à partir d’énergies renouvelables. L’objectif est de disposer des installations nécessaires pour construire les trains ainsi que les infrastructures associées d’ici début 2021. Alstom, qui a déjà développé un train à hydrogène en Allemagne, le Coradia iLint (mis en service en 2018), poursuit son expansion dans le secteur. Selon Marco Alvera, directeur général de Snam, « L’hydrogène produit à partir d’énergies renouvelables deviendra compétitif par rapport aux combustibles fossiles dans quelques années et jouera un rôle clé dans la transition énergétique, en particulier dans l’industrie, le chauffage et les transports. »
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La Région Auvergne-Rhône-Alpes mise sur la mobilité hydrogène
L’entreprise drômoise McPhy, spécialisée dans les équipements de production, stockage et distribution d’hydrogène vert, remporte l’appel d’offres lancé par la joint-venture public-privé Hympulsion (Engie, Michelin et Crédit agricole) dans le cadre du projet Zero Emission Valley. Initié par la Région Auvergne-Rhône-Alpes, ce programme pionnier en France et en Europe prévoit le déploiement d’ici fin 2023 de 20 stations hydrogène et d’une flotte de 1 200 véhicules à pile à combustible zéro-émission. Les 15 électrolyseurs de technologie alcaline seront alimentés par de l’électricité d’origine renouvelable locale : hydraulique, photovoltaïque et éolien. Ce projet mobilise près de 52 M€ sur 10 ans dont 15 M€ financés par la Région Auvergne-Rhône-Alpes, 14,4 M€ par l’Ademe et 10,1 M€ de fonds du programme européen CEF Transport.
L’AIE et le FMI publient leur plan d’action
Le 18 juin l’AIE a publié un rapport en coopération avec le FMI pour partager des recommandations sur les politiques publiques et privées de l’énergie à mettre en œuvre afin de construire un futur plus résilient et de réduire notre impact sur l’environnement. Le Sustainable Recovery Plan contient une série d’actions pour les années 2021-2023 visant à relancer l’économie tout en améliorant les systèmes énergétiques. Il permettrait d’atteindre une croissance moyenne de 1,1 % en créant 9 millions d’emplois par an et de réduire de 4,5 milliards de tonnes eqCO2 les gaz à effet de serre émis annuellement d’ici à 2023. Les actions auraient également des impacts positifs sur la santé et amèneraient une réduction des émissions de polluants dans l’atmosphère à hauteur de 5 %, l’accès à des cuisinières propres à plus de 420 millions de personnes ainsi qu’à l’électricité à 270 millions de personnes. L’AIE estime le montant des investissements nécessaires à 1 000 milliards d’US$ par an ce qui ne représente que 0,7 % du PIB mondial.
Un rapport pour mettre la transition énergétique au cœur des politiques de relance économique
Faisant écho au travail de l’AIE et son Sustainable Recovery Plan, l’Agence internationale des énergies renouvelables (IRENA), vient de publier un rapport intitulé Post-COVID recovery: An agenda for resilience, development and equality. Ce document présente un ensemble de recommandations aux gouvernements dans la conduite de leurs investissements et de leurs politiques de relance économique post-COVID-19. Au centre de ce travail, le rôle des énergies renouvelables dans l’atteinte d’un système entièrement décarboné d’ici 2050. Pour l’agence internationale, le doublement des investissements de transition énergétique actuels, pour les porter à 4 500 milliards de dollars annuels au cours des trois prochaines années, fournirait un stimulant efficace aux investissements du secteur privé qui pourraient être multipliés par 3 ou 4. Les retombées économiques avancées par le rapport sont une augmentation du PIB mondial de 1,3 % et la création de 19 millions d’emplois supplémentaires. Chaque million de dollars investi dans les énergies renouvelables créerait trois fois plus d’emplois que dans les combustibles fossiles. Le rapport passe au crible tous les domaines énergétiques et ne se cantonne pas à la seule production d’électricité. Les besoins de chauffage et de refroidissement sont également traités, tout comme les nouvelles mobilités, le stockage de l’énergie, les investissements dans les infrastructures (les réseaux) ou les actions de maîtrise de l’énergie.
De l’hydrogène vert à l’aéroport de Toulouse
L’aéroport Toulouse-Blagnac, l’Agence régionale énergie climat d’Occitanie et Hydrogène France (Engie Solutions) viennent de signer une convention cadre pour la réalisation d’une station de production et de distribution d’hydrogène vert sur le site aéroportuaire de Toulouse-Blagnac. Intitulé Hyport, ce projet prévoit l’installation d’un électrolyseur de technologie alcaline alimenté par de l’électricité d’origine renouvelable locale : hydraulique (barrages pyrénéens), photovoltaïque et éolien. Cette station, dont la construction démarrera cette année, assurera la fourniture d’hydrogène vert au service non seulement de la mobilité (bus destinés à assurer le transport des passagers entre l’aérogare et les avions, véhicules utilitaires légers, flottes captives, etc.) mais aussi des applications aéronautiques et industrielles. Le projet toulousain Hyport a reçu le soutien de la Région Occitanie, de l’Ademe et de l’Europe à travers le programme JIVE2 (Joint Initiative for hydrogen Vehicles across Europe).
Qualit’EnR lance la qualification QualiPV 0 à 250 kWc
L’association Qualit’EnR œuvre pour la formation et la qualification des entreprises d’installation de production d’énergie renouvelable. Qualit’EnR lance une nouvelle qualification pour le solaire photovoltaïque qui couvrira les installations de panneaux photovoltaïques jusqu’à 250 kWc, QualiPV 0 à 250 kWc. Celle ci répond aux exigences du référentiel « Reconnu garant de l’environnement » (GRE) et permet aux installations réalisées par des installateurs qualifiés de bénéficier du tarif d’achat ou de la prime d’autoconsommation si elles y sont éligibles. Jusque là, QualiPV module Élec ne couvrait que les installations jusqu’à 36 kWc. Maintenant, les installateurs qui réalisent également de grandes toitures pourront demander uniquement la qualification 0 à 250 kWc. Ceux qui ne réalisent que des installations de petite taille devront garder la 0-36 kWc, car ils ne pourront se faire auditer sur une installation de puissance supérieure à 36 kWc, ce qui est nécessaire pour valider la qualification.
Les progrès dans les renouvelables toujours trop limités au secteur électrique
Le think tank spécialisé dans les énergies renouvelables REN21 a sorti son rapport annuel le 16 juin faisant le bilan des énergies renouvelables dans le monde et proposant des recommandations afin de surmonter les obstacles auxquels font face les secteurs du transport et du chauffage. En effet, des progrès impressionnants ont été réalisés ces 5 dernières années, mais toujours limités au secteur de l’électricité. La part des énergies renouvelables dans la consommation totale n’est passée que de 9,6 % en 2013 à 11 % en 2018. Si l’électricité renouvelable représente un quart de la production mondiale, dans le chauffage et le refroidissement, le renouvelable ne représente que 10 % du total, et seulement 3 % dans les transports. D’autre part, REN21 explique que ces progrès sont notamment dus à des politiques publiques initiées il y a des années, très favorables dans le secteur de l’électricité, mais que les obstacles rencontrés il y a 10 ans sont toujours les mêmes pour les secteurs du chauffage et refroidissement et des transports. Ces secteurs ont plus que jamais besoin du soutien de politiques publiques efficaces afin de créer les conditions propices à leur développement, indispensable à la lutte contre le changement climatique.
Une première mondiale en Haute-Vienne
Engie Solutions, Siemens Gas and Power, Centrax, Arttic, le Centre aérospatial allemand (DLR) et quatre universités européennes annoncent le lancement du projet Hyflexpower. Déployé à Saillat-sur-Vienne (Haute-Vienne) sur le site de Smurfit Kappa, une entreprise spécialisée dans la fabrication de papier recyclé, ce programme a pour objectif la mise en service du démonstrateur industriel « power-to-X-to-power » qui intégrera une turbine à gaz fonctionnant à l’hydrogène vert. La preuve que l’hydrogène renouvelable peut servir de moyen flexible de stockage de l’électricité excédentaire, le stockage des productions variables d’origine renouvelable étant l’un des principaux enjeux de la transition énergétique. Ce projet européen a été initié dans le cadre du programme-cadre pour la recherche et l’innovation Horizon 2020 et sera étalé sur quatre ans. Le budget total est de 15,2 millions d’euros, dont 10,5 millions sont financés par l’Union européenne. Après une phase de transition où la turbine fonctionnera sur un mix gaz naturel et hydrogène, l’objectif final est d’atteindre une exploitation 100 % à l’hydrogène en 2023.
Le SER dévoile ses propositions
Le 9 juin était organisé par le Syndicat des énergies renouvelables (SER) une conférence de presse en ligne sur le thème de la relance post-Covid, à l’occasion de la publication de son rapport « Les énergies renouvelables : un levier de la relance économique ». Ce dernier dévoile les propositions, filière par filière, qu’il considère nécessaires afin de permettre une relance cohérente avec les objectifs nationaux. Parmi celles présentées, la fiscalité carbone reste l’une des plus emblématiques, avec notamment une redistribution à destination des ménages et des collectivités nécessaire afin de faciliter l’abandon des énergies fossiles au niveau local. Le syndicat prône également une simplification et une accélération des délais d’autorisation et des appels d’offres, d’autant plus utiles dans un contexte de prise de retard due à la crise sanitaire. Il met également au premier plan le besoin de soutenir l’industrie nationale par la préservation des outils de production et du rythme des appels d’offres. Le SER appelle par ailleurs à une accélération du développement des réseaux de gaz renouvelable via l’augmentation des plafonds d’investissement pour les gestionnaires de réseaux dans le cadre du droit à l’injection, et ce jusqu’en 2023 au moins. Le rapport fait l’inventaire, filière par filière, des préconisations du SER, ainsi que de celles spécifiques aux territoires ultra-marins, dont les problématiques sont très spécifiques.
La géothermie en attente de politiques volontaristes
L’association européenne de la géothermie, l’EGEC, a publié le 8 juin son rapport sur le marché européen au sens large (incluant l’Islande et la Turquie) de l’année 2019. Le marché de la géothermie se développe rapidement selon l’EGEC, en particulier son versant électrique, mais est très sensible aux politiques de soutien mises en place. À fin 2019, on dénombrait 130 centrales géothermiques électriques, 36 projets en développement et 124 projets en cours de planification, pour un total de 3.3 GWe. Ces chiffres indiquent que le nombre de centrales géothermiques en opération, qui fonctionnent en base, pourrait doubler dans les 5 à 8 prochaines années. L’Europe est un des principaux marchés de la géothermie sur réseaux de chaleur et de froid. En 2019, 5,5 GWth ont été installés dans 25 pays et de nombreux projets lancés par rapport à 2018. Le marché de la pompe à chaleur géothermique, à quant à lui, franchi le cap des 2 millions de PAC en opération, avec la Suède qui en comptabilise à elle seule plus de 600 000, montrant ainsi l’importance des politiques en place pour développer les énergies renouvelables plutôt que conventionnelles. Selon l’EGEC, la géothermie a besoin, pour continuer sa croissance, d’un cadre stable de soutien, de systèmes d’assurances adaptés, du développement d’une réelle politique de R&D, d’un prix du carbone et de la fin du soutien aux énergies fossiles, gaz compris.
