De l’hydrogène renouvelable en Vendée

Un an après la pose de la première pierre, le producteur nantais d’hydrogène renouvelable, Lhyfe, a inauguré le jeudi 30 septembre son unité de production située sur le port du Bec à Bouin dans le département de la Vendée. L’électricité produite par les huit éoliennes situées à proximité du site alimente désormais un électrolyseur qui délivre aujourd’hui 300 kg d’hydrogène vert par jour pour passer à une tonne dans les mois à venir. La production alimentera quatre stations-services situées dans l’Ouest de la France dont celle de La Roche-sur-Yon qui sera opérationnelle dans les prochains jours. Une cinquantaine de véhicules lourds, bus, bennes à ordures ménagères pourront rouler à l’hydrogène renouvelable dans les départements de la Loire-Atlantique, de la Sarthe, de la Vendée d’abord, puis dans d’autres départements, notamment via le projet Vallée Hydrogène Grand Ouest (VHyGO).

Une centrale électrique flexible et bas carbone en Guyane

La société d’investissement Meridiam, Hydrogène de France (HdF) et la Société anonyme de la raffinerie des Antilles (SARA) viennent d’annoncer le lancement du chantier de la centrale électrique de l’Ouest Guyanais (CEOG) sur la commune de Mana. A partir de source solaire, cette centrale couplée à du stockage hydrogène et à des batteries fournira de l’électricité sans interruption pour l’équivalent de 10 000 foyers (50  GWh par an), pour un coût inférieur aux autres centrales du territoire fonctionnant au diesel. De jour (de 8h à 20h) le complexe disposera de 10 MW de capacité, et de 3 MW la nuit. Sa capacité de stockage s’élèvera à 128 MWh et elle permettra d’éviter 39 000 tonnes de CO2 dans l’atmosphère par an. Représentant un investissement total de 170 millions d’euros, ce projet débutera le 30  septembre pour une mise en service prévue en avril 2024. Pendant les 25  années de son fonctionnement CEOG devrait générer un chiffre d’affaires de 17 millions d’euros auprès d’entreprises locales. Le projet se situe sur une parcelle de 140 hectares louée par l’Office national des forêts, incluant 62 hectares de forêt humide que les porteurs de projet s’engagent à préserver et protéger.

Une centrale solaire thermique à la malterie d’Issoudun

La malterie Boortmalt d’Issoudun, la société d’investissement Kyotherm, spécialisée dans la production de chaleur renouvelable, et l’Ademe annoncent la mise en service de centrale solaire thermique de la malterie d’Issoudun située dans l’Indre, en région Centre-Val de Loire. D’une surface de 14  252 m2, la centrale produira 8,5 GWh de chaleur par an, soit 10 % des besoins du site et évitera le rejet de 2 100 tonnes de CO2, soit l’équivalent des émissions annuelles de 1 050 véhicules thermiques. Le mix énergétique de la malterie d’Issoudun est désormais composé de 50 % de gaz, 15 % de cogénération, 25 % de biomasse et 10 % de solaire thermique. Le projet a été développé et financé par Kyotherm, pour un montant de 6 millions d’euros et a été subventionné à hauteur de 3  millions d’euros par l’Ademe.

Projets de méthanisation dans les régions : suivez le guide !

Dans le but d’accompagner les régions dans le développement de leur politique de méthanisation, le Cler-Réseau pour la transition énergétique vient de mettre en ligne un guide intitulé « Les clés d’une méthanisation durable ». Réalisé en partenariat avec GRDF et Solagro, acteur historique de l’agro-écologie, ce document pratique s’adresse aux élus, aux techniciens des Conseils régionaux ainsi qu’à tous les acteurs et partenaires de la filière. Le guide contient sept fiches thématiques comprenant des analyses et des pistes d’actions tout en interrogeant le secteur sur ses nouveaux enjeux comme l’appropriation locale des projets, l’amélioration des pratiques, le soutien à l’innovation ou encore la formation aux métiers de la méthanisation. Disponible en libre téléchargement sur le site de l’association, cet ouvrage est le premier opus d’une nouvelle collection baptisée « Les Régions en action » et qui devrait s’étoffer dans les mois à venir.

Le Grand Reims veut un réseau à 90 % renouvelable

La communauté urbaine du Grand Reims vient d’annoncer un partenariat avec Engie Solutions (filiale du groupe Engie) afin de l’accompagner dans sa stratégie de performance environnementale. L’objectif fixé est d’atteindre une part de 90 % d’énergies renouvelables et de récupération d’ici 2022 dans le mix énergétique du réseau urbain de chaud et froid de la communauté urbaine. Pour ce faire, le projet ambitionne de remplacer définitivement l’utilisation du charbon dans le réseau par de la biomasse à hauteur de 35 %. L’économie circulaire est favorisée par l’utilisation de bois issu de la région, provenant de déchetteries, de démolitions ou de récupération d’industries et de commerces. Cette transition énergétique porterait de 17 000 à 22 000  l’équivalents-logements qui seront alimentés par le réseau urbain à partir d’énergie thermique verte. Créée en 2017, la communauté urbaine du Grand Reims rassemble 300 000 habitants répartis sur 143 communes.

Une unité de méthanisation en Seine-et-Marne

CVE et Île-de-France Énergies ont inauguré le 16 septembre dernier, l’unité de méthanisation Equimeth, située sur la commune de Moret-Loing-et-Orvanne en Seine-et-Marne. En service après 12 mois de travaux, cette unité traitera les biodéchets issus de la restauration, de l’agroalimentaire et de l’agriculture émis dans un rayon de 60 kilomètres autour du site. 25 000 tonnes de biodéchets seront valorisées par an et 250 Nm3 de biométhane injectés par heure dans le réseau de GRDF, soit l’équivalent de la consommation en gaz de 4 000 foyers. Le biométhane produit alimentera les communes de Moret-Loing-et-Orvanne, Saint-Mammès, Thomery, Champagne-sur-Seine, Avon et Fontainebleau, à hauteur de 15 % de la consommation en gaz des habitants. Ce projet de 12 millions d’euros a reçu le soutien financier de la Région Île-de-France, de l’Ademe et du Fonds européen FESI-FEDER.

Le Grand Genève inspecte son sous-sol

Les Services industriels de Genève (SIG) ont lancé, lundi 13 septembre, une vaste campagne de prospection géothermique. Leur ambition : localiser précisément une ressource qui pourrait couvrir 20 % des besoins de chaleur du canton d’ici 2035. Les mesures dureront six semaines et s’étendront sur 12 000 parcelles des deux côtés de la frontière : sur la communauté de communes du Genevois, l’agglomération d’Annemasse et le Pays de Gex en ce qui concerne la France. Elles privilégieront les zones suffisamment denses pour justifier le forage de puits pour alimenter les réseaux de chaleur. Cette campagne cherche d’abord des poches d’eau dont la température et le débit peuvent être suffisamment élevés dans les couches géologiques du Jurassique et du Crétacé. Elle identifiera aussi d’éventuelles fragilités qui pourraient provoquer des risques sismiques. Pour effectuer ses mesures, les SIG s’appuient sur des camions dits « vibreurs » ou « à chute de poids ». Tous les vingt à cinquante mètres, ils captent des données qui permettront d’établir une cartographie du sous-sol en trois dimensions (en complément d’autres informations récoltées entre 2014 et 2020). À noter que dans un pays où la géothermie n’a pas toujours eu bonne presse, l’établissement autonome de droit public et la collectivité ont multiplié les communications en direction des riverains, à la fois pour expliquer la manière dont les mesures seront effectuées, et pour justifier la nécessité de s’appuyer sur l’énergie locale et renouvelable qu’est la géothermie, en complément d’autres ressources comme le bois et l’énergie captée dans le lac Léman. Les SIG se donnent cinq ans pour déployer leurs premiers réseaux géothermiques.

Retard du déploiement des réseaux de chaleur renouvelable

Le chauffage urbain produit à partir d’énergies renouvelables, est « une contribution efficace à la transition énergétique qui reste insuffisamment exploitée » en France, déplore la Cour des comptes dans un rapport publié le 7  septembre. En 2015, la loi a fixé comme objectif pour la France de multiplier par cinq entre 2012 et 2030 la quantité de chaleur et de froid renouvelables, et vise à cet horizon une production de chaleur renouvelable représentant 3,4 millions de tonnes d’équivalent pétrole (Mtep). Or, la consommation de chaleur renouvelable par les réseaux est passée de 0,68 à 1,21 Mtep entre 2012 et 2019, une croissance annuelle de 10 % insuffisante. Le rapport analyse la manière dont les pouvoirs publics, État et collectivités territoriales, mettent en œuvre l’objectif national de développement des réseaux de chaleur dans un contexte de politiques d’économie d’énergie. En raison du poids des investissements nécessaires, 80 % des réseaux de chaleur font l’objet d’une délégation de service public (DSP). Or la Cour relève plusieurs cas de contrôles « lacunaires » de la part des collectivités. Le rapport appelle aussi à plus de transparence sur les données économiques, notamment le prix de vente de la chaleur de la part des exploitants de réseau, qui les rendent peu accessibles. Enfin, le soutien public au chauffage urbain pourrait être renforcé. Le taux réduit de TVA (5,5 %) sur les réseaux alimentés par des énergies renouvelables, l’un des principaux leviers pour leur développement, représente une dépense fiscale somme toute assez légère de 67 millions d’euros par an. « Si elle peut présenter un risque d’incompatibilité avec la réglementation européenne, cette mesure est cependant efficace et incitative pour le développement des énergies renouvelables » conclut la Cour.

Google choisit Engie pour décarboner 80 % de son activité en Allemagne

Un nouvel accord entre Engie et Google vient de se conclure en vue d’une décarbonation de l’activité du groupe américain en Allemagne. Dans ce partenariat, Engie élaborera et négociera un portefeuille énergétique afin de fournir à son client une électricité renouvelable issue d’énergie solaire ou éolienne pour alimenter ses centres de données et plateformes cloud. Au total, Engie fournira à Google 140 MW d’électricité renouvelable pendant 3 ans. L’énergéticien s’appuiera soit sur la construction de nouveaux parcs, soit sur des actifs déjà existants. Il proposera également une offre de services de gestion de l’énergie, notamment en matière de fourniture résiduelle, d’équilibrage ou de gestion de réseau. Cet accord s’intègre dans le programme  « Carbon-Free Energy » que Google s’est fixé à l’horizon 2030. Pour y arriver, le groupe américain entend déjà décarboner 80 % de ses opérations allemandes d’ici 2022. Ce partenariat entre les deux groupes n’est cependant pas une première. En 2019, Google et Engie avaient signé un premier contrat d’achat d’électricité en Belgique pour cinq ans, prévoyant la fourniture d’énergie renouvelable à partir d’un projet éolien offshore. L’énergéticien français a également remporté un contrat similaire aux Pays-Bas.

Ikea se lance dans l’électricité verte

Le géant de l’ameublement et de la décoration vient d’annoncer la mise sur le marché de son offre d’électricité verte en Suède. Cette offre est le fruit d’un partenariat avec le fabricant de modules photovoltaïques, Svea Solar, qui équipe déjà les kits solaires vendus par le groupe aux particuliers. L’électricité proposée proviendra exclusivement de parcs solaires ou éoliens basés en Suède et l’offre sera vendue sous forme d’un abonnement mensuel fixe, auquel s’ajoutera un prix variable en fonction de la consommation. Avec cette initiative, le Suédois poursuit sa transition énergétique en indiquant qu’actuellement la consommation énergétique de ses 456 magasins répartis dans le monde, bureaux, entrepôts et usines est couverte à 51 % par des sources renouvelables.