Multiplier par 15 la chaleur solaire en Europe d’ici 2030

Dans le cadre de la préparation d’une nouvelle stratégie pour l’énergie solaire (photovoltaïque, solaire thermique et solaire à concentration), la Commission européenne a lancé une consultation publique auprès de l’ensemble des acteurs de ces technologies. Solar Heat Europe, l’association européenne du solaire thermique, vient ainsi de publier sa feuille de route pour la filière, intitulée « Energising Europe with Solar Heat – A Solar Thermal Roadmap for Europe » (Donner de l’énergie à l’Europe avec la chaleur solaire – Une feuille de route du solaire thermique pour l’Europe). Son objectif est de mettre en évidence les avantages du solaire thermique, de fixer des objectifs pour le secteur, d’améliorer l’environnement commercial pour son industrie et de supprimer les obstacles à un développement plus large. Selon l’association, l’énergie solaire thermique aurait le potentiel pour atteindre une capacité de 140 GWth d’ici 2030 dans le segment des bâtiments (d’habitation ou tertiaires) et 140 autres GWth en intégration à des réseaux de chaleur. Toutefois, le secteur le plus prometteur serait celui de la chaleur industrielle pour lequel la feuille de route de Solar Heat Europe indique qu’une capacité de 280 GWth pourrait être mise en service, toujours à l’horizon 2030. Solar Heat Europe vise ainsi un total de 560 GWth en service en 2030. Par comparaison, la capacité en service en Europe ne cumulait que 37,7 GWh en 2020, selon le dernier baromètre EurObserv’ER. Atteindre une telle capacité installée en 2030  permettrait d’économiser 500 TWh d’énergie thermique par an et de réduire les émissions de CO2 de 106 millions de tonnes. « Le potentiel du solaire thermique a été sous-estimé, comme celui de tout le secteur de la chaleur renouvelable, estime Solar Heat Europe. Il est critique que ce secteur reçoive le même niveau de soutien politique qui a été offert au photovoltaïque et à l’éolien. » D’autant plus, insiste l’organisation, que les fabricants de capteurs sont localisés en Europe. La feuille de route de Solar Heat Europe est actuellement en ligne sur le site de l’association où les acteurs et partisans de la filière peuvent devenir signataires officiels du document et ainsi participer à sa promotion. Plusieurs actions de communication d’envergure sont annoncées au mois de juin prochain qui marqueront les 30 ans de l’association européenne.

Engie crée un label pour les projets renouvelables

Engie a annoncé le 5 mai le lancement du label TED avec le Bureau Veritas, spécialiste de la certification. « TED » pour Transition Énergétique Durable, ce label vise à certifier une méthode qualifiée de « robuste et systémique » dans le développement des projets d’énergie renouvelable. Les projets éoliens et photovoltaïques sont les premiers concernés, mais le label devrait s’appliquer à d’autres projets renouvelables à l’avenir, en commençant par la méthanisation courant 2022. Le label porte sur neuf engagements d’Engie répartis sur trois thématiques clés : territoires, nature, climat. La plupart de ces engagements correspondent aux bonnes pratiques déjà mises en place par les développeurs de projets renouvelables, qui se voient ainsi systématisées chez l’énergéticien. L’aspect territoire est particulièrement mis en avant, car au cœur des préoccupations des citoyens, d’après Engie, qui s’engage à construire les projets avec les collectivités et à leur rendre des comptes. Ainsi, le groupe mènera la concertation autour des projets, via « un dispositif évolutif d’interactions avec les parties prenantes ». Il fournira également aux communes d’implantation des projets une évaluation des impacts positifs sur le territoire et sensibilisera ses salariés aux enjeux d’appropriation et d’intégration des projets dans les territoires. « Nous ne devons pas chercher l’acceptabilité des projets, estimait Catherine MacGregor, directrice générale d’Engie lors de la conférence du 5 mai. Nous proposons une appropriation citoyenne et économique des projets. L’ensemble de ces engagements, qui va au-delà des exigences réglementaires en France, constituera à terme la référence pour le développement et l’exploitation des installations renouvelables d’Engie dans le monde ».

Thionville va produire de l’hydrogène vert

Le producteur français d’hydrogène, H2V, annonce la création d’une gigafactory d’hydrogène renouvelable sur la commune de Thionville, en Moselle, en partenariat avec la plateforme logistique E-Log’In 4 et la Sodevam (Société de développement et d’aménagement de la Moselle). Le site sera situé sur une friche industrielle de 31 hectares et accueillera quatre unités de production de 100 MW. Il produira chaque année 56 000 tonnes d’hydrogène renouvelable par électrolyse de l’eau, grâce à de l’électricité verte, et permettra d’éviter 400 000 tonnes de CO2 par an. L’hydrogène produit sera destiné à l’avitaillement de véhicules lourds : bateaux, camions, véhicules utilitaires sur les espaces aéroportuaires et ferrés. H2V annonce un investissement de 500 millions d’euros et la création de 120 emplois directs et 100 emplois indirects. La mise en service de la première tranche est prévue en 2026.

Création des certificats de production de biogaz

Le 26 avril a été publié au Journal Officiel le nouveau décret mettant en application le dispositif de certificats de production de biogaz (CPB), prévus par la loi Climat et résilience de 2021. Par ce nouveau dispositif, les fournisseurs qui souhaitent proposer des offres de gaz intégrant du biométhane devront restituer à l’État des CPB. Sur le modèle des garanties d’origine pour l’électricité verte, le producteur injectant du biométhane dans le réseau, obtient par la même occasion des certificats de production de biogaz. Ainsi, les fournisseurs de gaz peuvent les obtenir soit en produisant eux-mêmes du biométhane, soit en achetant les certificats à des producteurs. En complément des dispositifs de soutien actuels, le marché des CPB permettra d’impliquer davantage les fournisseurs dans le développement de la production de biométhane en France. Le gouvernement, après consultation avec les acteurs de la filière, a décidé de fixer la date d’entrée en vigueur de l’obligation au 1er juillet 2023. Seuls les fournisseurs commercialisant plus de 400 GWh de gaz par an seront concernés dans un premier temps, puis chaque année, ce seuil sera réduit de 100 GWh, pour concerner tous les fournisseurs au bout de 5 ans. Pour booster la production de gaz renouvelable, la Commission de régulation de l’énergie propose également, dans une délibération du 14 avril, de mettre en place des appels d’offres « réservés aux installations ne parvenant pas à se développer dans le cadre du dispositif de marché de CPB ».

Inauguration d’une nouvelle station bioGNC en Occitanie

En région Occitanie, l’entreprise Seven poursuit l’extension de son réseau de stations BioGNC (Biogaz naturel comprimé). Moins de six mois après l’ouverture de la station d’Ayguesvives, en Haute-Garonne, l’opérateur vient d’inaugurer dans le Tarn celle de Saint-Sulpice. Soutenue par l’Ademe dans le cadre du Programme d’Investissements d’Avenir, cette nouvelle installation est le fruit de la coopération entre différents acteurs locaux, parmi lesquels figurent la région Occitanie, la communauté de Communes Tarn-Agout et la société publique locale d’Un Point à l’Autre. Le GNC est un gaz naturel utilisé comme carburant. Il s’agit d’une technologie mature et éprouvée puisqu’il est, depuis 2011, le premier carburant alternatif utilisé dans le monde. Le BioGNC, sa version renouvelable, provient du biométhane issu de la méthanisation des déchets organiques récoltés sur le territoire. Raccordée au réseau Teréga, opérateur de transport de gaz, la nouvelle station est dotée de quatre pistes d’avitaillement et offre un débit de 900 Nm3/h. Elle est accessible à tous types de véhicules GNC, du poids lourd à la voiture particulière. Un accord a d’ailleurs été signé pour que les quinze autocars du réseau régional de transport liO s’y ravitaillent. D’ici fin 2023, la station de Saint-Sulpice accueillera aussi une solution d’avitaillement pour les véhicules à hydrogène.

L’aérothermie explose dans l’habitat individuel

Observ’ER vient de publier son étude annuelle de suivi du marché des pompes à chaleur (PAC) individuelles (jusqu’à 30 kW). Le marché des PAC aérothermiques a progressé de 12,4 % en 2021. Avec 1 011 410 unités vendues, il dépasse pour la première fois le seuil du million d’équipements installés en une année, hors chauffe-eau thermodynamiques. Par comparaison, l’ensemble des PAC géothermiques commercialisées l’an dernier ne totalisait que 3 220 appareils. Un résultat certes en hausse par rapport à 2020 (+7,2 %), mais qui reste en deçà du niveau d’avant la crise sanitaire (3 475 unités vendues en 2019). Ces équipements sont relativement chers à l’achat, notamment comparés à leurs équivalents aérothermiques, mais sont surtout mal connus du grand public. La mise en place de Coup de pouce chauffage, proposant une aide entre 2 500 et 4 000 euros, n’a pas permis au secteur de rebondir.En ce qui concerne l’aérothermie, les trois quarts du marché reviennent aux PAC air/air, qui progressent de 3,9 %. Les acteurs ont observé un recul des ventes en été, rappelant que, sur ce segment, les achats restent très dépendants des pics de chaleur. Toutefois, la progression de l’aérothermie est surtout due à la dynamique du marché des PAC air/eau qui croît de 48,6 %, avec 253 140 unités vendues. Les aides publiques comme Coup de pouce chauffage et MaPrimeRenov’, ainsi que le remplacement des équipements installés il y a une quinzaine d’années, ont porté l’activité en 2021.Enfin, les ventes de chauffe-eau thermodynamiques enregistrent également une très bonne année (+ 40 %) avec 153 300 unités écoulées et cela grâce notamment aux installations réalisées dans les logements neufs, dont les mises en chantier sont reparties à la hausse en 2021.

Extension de réseau à Sartrouville

Engie solutions annonce le développement futur d’un réseau de chaleur sur la commune de Sartrouville, via sa filiale Cristal Éco Chaleur. La ville a en effet approuvé le développement de ce réseau, en accord avec le Syndicat Intercommunal pour le Traitement des Résidus Urbains (SITRU), qui consistera en une extension de celui qui couvre déjà les communes de Carrières-sur-Seine, Chatou, Houilles et Montesson (département des Yvelines). Ce réseau d’une longueur actuelle de 18 km fournit de l’eau chaude pour du chauffage collectif, et de l’eau chaude sanitaire à l’équivalent de 4 800 logements. Les travaux de l’extension de Sartrouville débuteront en septembre 2022 pour développer 2,7 km de canalisations supplémentaires, pour un raccordement des premiers consommateurs en avril 2023. Les 48 000 MWh thermiques distribués par ce réseau seront à 83 % issus de l’unité d’incinération des déchets (chaleur fatale) du SITRU, ce qui permet d’éviter 14 300 tonnes de CO2  par an.

Formation à la pose de poêles à granulés

Propellet, l’association nationale du chauffage au granulé, lance la première formation qualifiante d’installation et d’entretien de poêles à granulés. Cette initiative est venue de l’identification d’un point de tension sur la question du recrutement de professionnels qualifiés pour une filière qui a vu ses ventes très fortement progresser en 2021 (+ 41 % pour les poêles à granulés). Pour faire face à la forte croissance du secteur, Propellet estime un besoin de 370 installateurs supplémentaires en 2022, et de 960 en 2023. C’est dans ce contexte qu’un premier parcours de formation test a débuté le lundi 24 janvier 2022 avec huit adultes en recherche d’emploi. En partenariat avec le Pôle formation Isère, cette formation pilote a été financée par un Contrat d’Aide et de Retour à l’Emploi Durable (CARED), dispositif de la Région Auvergne Rhône Alpes. À travers cette formation, Propellet s’engage à faire monter en compétences les professionnels déjà présents au sein de la filière mais également les chauffagistes souhaitant se former à ce mode de chauffage. Deux autres sessions de formation en alternance pour une dizaine de participants, sont d’ores et déjà prévues en 2022. L’objectif est de pérenniser cette formation et de la proposer à l’échelle nationale pour répondre au besoin important de recrutement et accompagner la croissance de la filière. Cette formation sera acceptée pour le référent technique dans le cadre de la qualication RGE Qualibois air.

65 % d’énergie renouvelable pour Compiègne

Le réseau de chaleur déployé par Engie Solutions dans la ville de Compiègne (Hauts-de-France) affiche désormais 65 % d’énergie renouvelable dans son mix grâce à la mise en service d’une chaufferie biomasse de 14 MW. La chaufferie est approvisionnée directement en palettes non réutilisables et en résidus de l’exploitation forestière. 80 % du bois consommé proviennent d’un rayon inférieur à 100 km. Au-delà de l’aspect énergétique et environnemental, la récupération et valorisation de cette ressource locale répond également à l’envolée des prix des énergies fossiles. Le choix d’une ressource locale stable, associé à un taux de TVA réduit (5,5 %) ouvert à tous les réseaux proposant au moins 50 % de chaleur verte, est un levier non négligeable pour stabiliser les prix pour les abonnés. Le réseau de chaleur de Compiègne sillonne la ville grâce à ses 16 km de canalisations qui fournissent chauffage et eau chaude sanitaire à 9 000 équivalents logements dont 6 000 foyers. Avec un mix énergétique majoritairement renouvelable, le réseau permettra d’éviter l’émission de 12 000 tonnes de CO2 par an. L’investissement nécessaire à cette opération s’est élevé à 11,2 millions d’euros et l’opération a reçu un soutien de l’Ademe à hauteur de 4,83 millions d’euros dans le cadre du Fonds Chaleur.

Méthanisation innovante dans la Nièvre

L’opérateur et développeur spécialisé dans la production de biogaz, Evergaz, annonce la mise en service de l’unité de méthanisation de Prémery située dans la Nièvre (58) et d’ une capacité de 150 Nm3/h. Cette nouvelle unité utilise le procédé DualMetha, mis au point par Evergaz, qui est une méthanisation dite « immergée ». Elle combine la méthanisation en voie sèche discontinue avec la voie liquide continue dans le but de traiter tout type de matières sans aucune préparation. Un procédé plus économe car l’utilisation de tout type d’intrants implique une absence de préparation des matières et évite les stades de broyage, de séparation des indésirables et de dilution. La sortie des digestats par grappin évite aussi la présence d’une coûteuse presse à vis traditionnelle. DualMetha est un procédé français, lauréat d’un Programme d’Investissement d’Avenir de l’Ademe.