Le groupe Idex a inauguré une chaufferie biomasse à Bussy-Saint-Georges le 26 septembre 2023, alimentant actuellement 2 300 logements. D’ici 2028, plus de 6 000 logements seront connectés, réduisant significativement l’empreinte carbone du territoire. Le projet est soutenu par la Communauté d’Agglomération Marne et Gondoire (CAMG) et la ville de Bussy-Saint-Georges pour chauffer l’écoquartier du Sycomore. Idex prévoit d’augmenter la part d’énergies renouvelables dans le réseau de 70 % à 80 % tout en étendant le réseau de 7 km à 12,4 km pour utiliser la chaleur fatale d’une unité de valorisation énergétique à Saint-Thibault-Des-Vignes. Le projet a reçu un soutien financier de la Région Île-de-France et de l’Ademe.
Archives
ÉNERGIES RENOUVELABLES
Après son étude annuelle sur le détail des ventes 2022 des appareils de chauffage domestique au bois (voir actu du 27 avril 2023), Observ’ER revient sur le secteur avec, cette fois, une approche plus qualitative destinée à mieux comprendre les évènements qui ont rendu l’année 2022 si singulière. Basé des entretiens menés auprès de professionnels, le bureau d’études analyse les mouvements observés sur la structuration du marché, les crises rencontrées ou les évolutions de la réglementation. Ce travail présente notamment les conséquences du boom des ventes d’appareils de chauffage à bûches et les difficultés d’organisation que cela a engendré pour l’ensemble de la chaine d’activité. L’étude couvre également la crise des granulés. Les professionnels se sont exprimés sur cette période au cours de laquelle le combustible est devenu difficile à trouver et a atteint des prix multipliés par 2 ou 3. Les industriels reviennent sur la chute brutale de leurs ventes au second semestre 2022 et surtout sur l’inquiétante absence de reprise en 2023 alors que les conditions de marché sur le combustible sont redevenues normales. Autre sujet d’importance, la future évolution des normes d’Ecolabelling. La Commission européenne veut remettre à plat les méthodologies utilisées pour le calcul des étiquettes énergétiques de l’ensemble des produits à vecteur air. Une nouvelle approche qui favoriserait les pompes à chaleur et que les acteurs du secteurs bois dénoncent.
Belle progression du marché en 2022
Après quasiment une décennie de résultats décevants, le marché du solaire thermique individuel connaît enfin une croissance significative. En 2022, les ventes de chauffe-eaux solaires individuels (CESI) et de systèmes solaires combinés (SSC), produisant à la fois eau chaude sanitaire et chauffage) en métropole ont progressé de 22 % pour atteindre un total de 44 250 m2. Certes la progression est inférieure à celle de 2021 (+ 53 %) mais le secteur semble avoir définitivement rompu avec la période 2011 – 2019, durant laquelle l’activité avait été réduite d’un facteur six. Le solaire thermique séduit à nouveau les particuliers dans un contexte où les ménages sont désormais sensibilisés aux hausses futures annoncées du gaz et de l’électricité et où les systèmes à fioul sont appelés à disparaître du marché. Ce sont d’ailleurs les systèmes combinés qui enregistrent les meilleurs résultats avec un doublement des ventes (13 750 contre 6 400 un an auparavant). Toutefois, cette nouvelle dynamique arrive trop tard pour que la filière dans son ensemble (applications individuelles et collectives ou industrielles) atteigne les objectifs de la programmation pluriannuelle de l’énergie. Alors que le texte actuel prévoyait 1,75 TWh d’énergie finale produite en métropole à fin 2023, la filière n’en a généré que 1,28 TWh en 2022. Avec un rythme de progression de l’ordre de 0,01 à 0,02 TWh par an au cours des années passées, la messe est dite : le secteur va rater son objectif de fin d’année de 0,4 TWh.
22,5 GWh de biogaz en Gironde
Le 22 septembre a eu lieu l’inauguration de l’unité de méthanisation Mélusine Énergie, située à Aillas en Gironde. Le fournisseur de gaz Gaz de Bordeaux se porte acquéreur de l’intégralité de la production de biogaz, qui sera transporté à travers le réseau de Téréga, gestionnaire de gaz implanté dans le Grand Sud-Ouest. L’unité, en fonctionnement depuis 2022, a la capacité de valoriser près de 30 500 tonnes d’intrants chaque année. L’agriculteur François Guillomon, propriétaire de l’installation, avait fait le choix de diversifier son activité en raison de la crise menaçant le secteur laitier européen. Il possède plus de 400 vaches dont les effluents d’élevage (fumier, lisier, paille, sciure…) sont collectés et directement revalorisés dans le méthaniseur. À cela s’ajoutent des cosubstrats, provenant de l’exploitation ou d’exploitations voisines. La production annuelle de l’unité s’élève à 22,5 GWh et fournit en énergie plus de 5 600 logements. « Faire le choix d’un achat à 100 % c’est soutenir l’essor de la filière du biogaz et celui de la filière agricole en les accompagnant dans l’évolution de leur activité principale », a expliqué Cyril Vincent, directeur général de Gaz de Bordeaux.
Lithium dans la vallée du Rhin
Des analyses récentes réalisées par des chercheurs de l’Institut de technologie de Karlsruhe (KIT) ont montré que des puits géothermiques situés dans la vallée du Rhin supérieur permettraient d’extraire du lithium de manière fiable pendant plusieurs décennies sans que ces sources ne s’épuisent. Avec l’avènement de la voiture électrique et du stockage par batteries, l’Europe aura besoin de grandes quantités de lithium dans les années à venir. Mais jusqu’à présent, la part de l’Europe dans la production mondiale de lithium n’était que de 1 %. Pour cette raison, les chercheurs du KIT ont étudié les moyens d’extraire le lithium des sources géothermiques. « En théorie, les centrales géothermiques de la vallée du Rhin supérieur et du bassin nord de l’Allemagne pourraient couvrir entre 2 % et 12 % de la demande annuelle de lithium de l’Allemagne », explique Valentin Goldberg de l’Institut des géosciences appliquées (AGW) du KIT. Lors de l’utilisation de l’énergie géothermique, l’eau extraite est réinjectée dans le sol via un deuxième forage. « Nous savions déjà que les sources géothermiques pouvaient fournir une énergie renouvelable pendant des décennies. Notre étude révèle désormais qu’une seule centrale électrique géothermique dans la vallée du Rhin supérieur pourrait couvrir jusqu’à 3 % de la consommation annuelle allemande de lithium », déclare Thomas Kohl de AGW, professeur d’énergie géothermique et de technologie des réservoirs et directeur des activités de recherche correspondantes.
Biomasse pour l’université de Caen
Le 15 septembre, l’université de Caen Normandie a inauguré sa nouvelle chaufferie biomasse. Cette dernière s’inscrit dans la restauration complète du réseau de chaleur d’un de ses campus, le Campus 1, composé de 36 bâtiments représentant 135 000 m² à chauffer. Cela représente près de 47% du patrimoine bâti de l’université. D’un budget de 8,8 millions d’euros, le projet a été financé en totalité par France Relance. Cette transition s’inscrit dans la stratégie DDRS (développement durable des établissements d’enseignement supérieur) de l’université. Ce label récompense les établissements d’enseignement supérieur engagés dans une démarche de développement durable et de responsabilité sociétale. Caen Normandie cherche donc à réduire son empreinte environnementale en rénovant son patrimoine tout en apportant un meilleur confort aux usagers. Ses principaux objectifs sont de cesser la production de chaleur à partir d’énergies fossiles, de garantir l’indépendance énergétique de l’établissement et de réduire les émissions de gaz à effet de serre.
9 MW de biomasse en Bretagne
Le 7 septembre dernier, un partenariat pour l’installation d’une chaufferie biomasse a été conclu entre le groupe Even, via sa filiale laitière Laïta, et le groupe Guyot. Située sur le site Laïta de Créhen, dans les Côtes d’Armor, cette chaufferie d’une capacité de 9 MW, couvrira 70 % des besoins en vapeur du site. Elle alimentera les différents ateliers de transformation laitière, à partir de bois en fin de vie collecté et valorisé en combustible par Guyot environnement. Les travaux de construction débuteront au 1er semestre 2024 et l’unité devrait être mise en service courant 2025. Ce projet est lauréat de l’appel à projets BCIAT depuis 2018. Il coûte 16 millions d’euros et est financé par Guyot énergies qui bénéficie d’une subvention de l’Ademe à hauteur de 4,2 millions d’euros dans le cadre du plan France Relance et du fonds chaleur.
De la géothermie à l’ouest de Paris ?
Il se pourrait bien qu’en 2029-2030, les villes de Bois-d’Arcy, Fontenay-le-Fleury et Saint-Cyr-l’École, situées dans les Yvelines à l’ouest de Paris, disposent d’un réseau de chaleur commun alimenté par la géothermie. C’est en tout cas ce que ces communes à forte densité urbaine et aux besoins en chauffage importants espèrent. Pour mener à bien ce projet, un permis de recherche géothermique sur les trois territoires a été déposé en juin dernier par Engie Solutions. Les sondages permettront de mener des études minières sur les caractéristiques du sous-sol (débit, température…) et d’étudier les potentialités d’implantation et de valorisation d’une centrale géothermique qui, pour être rentable, devra être capable de fournir en énergie 12 000 équivalents logements. Si les résultats sont favorables, la deuxième phase du projet pourra commencer : la création d’une co-entreprise (SAS LTE), avec pour actionnaires Engie Solutions et les communes concernées, pour construire la centrale à Bois-d’Arcy, dans le quartier de la Croix-Bonnet, et l’exploiter pendant au moins 30 ans. Parallèlement, les collectivités lanceront un appel d’offres pour désigner l’opérateur chargé de concevoir, construire et exploiter le réseau de chaleur alimenté par la centrale.
Hub énergétique pour Lhyfe et TSE
Le producteur et fournisseur d’hydrogène vert et renouvelable Lhyfe et le producteur d’énergie solaire TSE ont formé un consortium pour créer un hub énergétique vert dans la Vienne. Le tribunal de commerce de Paris a en effet accepté le 30 août dernier le rachat par Lhyfe et TSE des actifs fonciers et immobiliers des deux sites des Fonderies du Poitou. Le site des Fonderies d’Ingrandes grand de 43 hectares sera repris par les deux entreprises et le Centre d’Enfouissement Technique d’Oyré s’étalant sur 35 hectares, par TSE. Les deux partenaires installeront notamment un parc photovoltaïque et une unité de production d’hydrogène vert. Le projet de rachat, en cours depuis plus d’un an et demi, a été soutenu par la Région Nouvelle-Aquitaine, l’agglomération de Grand Châtellerault, la Préfecture de la Vienne et la Sous-Préfecture de Châtellerault. « Le projet consiste d’abord à démanteler les infrastructures existantes et à dépolluer le site pour le rendre conforme au processus d’industrialisation grâce aux Fonds verts (1) et ensuite à bâtir les fondations d’un véritable parc industriel écologique où les entreprises travailleront en synergie », explique Ghislain Robert, directeur commercial France de Lhyfe. À terme, entre 250 et 300 emplois devraient être créés. (1) Fonds versés par le ministère de la Transition écologique et de la cohésion des territoires. Les projets doivent permettre au moins 30 % d’économies d’énergie par rapport à avant la rénovation.
BIOMASSE
Le 28 août dernier, le site de production de nourriture animale Prodeva, a annoncé la mise en place de deux nouveaux foyers de biomasse bois. Située à Vatry dans la Marne, l’entreprise est une filiale du groupe agro-industriel Cristal Union spécialisé dans la production de sucre, alcool et bioéthanol. Ces deux installations permettront au site de s’affranchir de l’usage de lignite (charbon) pour la déshydratation de luzernes et de pulpes de betteraves. En passant au 100 % biomasse, elle supprime ses émissions de CO2 de 23 000 tonnes par an. La première ligne est opérationnelle depuis fin juin 2023 et la seconde depuis août. Prodeva a déjà entrepris des stratégies de décarbonation et d’optimisation énergétique en renouvelant leur matériel de plaine et en adoptant de nouveaux procédés techniques et organisationnels (préfanage, ramassage de nuit…). L’entreprise vise désormais l’autonomie totale en eau d’ici trois ans.
