L’ACTU

L’ACTU HEBDOMADAIRE DES ENR

SOLAIRE THERMIQUE
Une filière qui avance peu mais qui fourmille d’idées


Comme chaque année à la même période, les acteurs de la filière se réunissent à l’occasion des États généraux de la chaleur solaire. Un rendez-vous qui s’est ouvert, comme de coutume, par un état des lieux du secteur. Et force est de constater que les constats évoluent peu d’une édition à l’autre. La filière continue de faire valoir ses solides arguments : une technologie désormais éprouvée, capable de répondre à des besoins variés – du logement individuel à l’industrie, en passant par le secteur médico-social ou le tourisme –, des équipements largement fabriqués en France ou en Europe, ainsi que des emplois locaux et non délocalisables pour la mise en œuvre des installations. Pourtant, le solaire thermique demeure un marché de niche. En 2025, moins de 60 000  m² de capteurs ont été installés en métropole, toutes applications confondues (chiffres Observ’ER issus du suivi de l’individuel et du collectif). Une situation qui traduit à la fois un déficit de notoriété auprès des porteurs de projets et une difficulté persistante à trouver sa place dans une politique énergétique gouvernementale largement tournée vers l’électrification des usages et le déploiement massif des pompes à chaleur. Autre immobilisme regretté par les professionnels : la filière n’a toujours pas son plan de relance officiel, alors qu’il a été co-construit avec les services de l’État depuis plus d’un an. Toujours dans l’attente de sa publication, les acteurs y verraient un soutien politique fort et un coup d’éclairage bienvenu. Toutefois, si les grandes lignes du paysage restent inchangées, la filière ne manque pour autant pas d’initiatives. Parmi les orientations mises en avant figure le développement de solutions hybrides associant le solaire thermique à d’autres technologies, notamment le bois-énergie ou les pompes à chaleur. Une voie régulièrement évoquée, même si les réalisations concrètes restent encore peu nombreuses. Autre piste, la possibilité de réaliser des projets solaires thermiques à gouvernance partagée où les utilisateurs seraient fortement associés à l’exploitation des sites, assurant ainsi leur bon fonctionnement. Dans le segment du petit collectif, l’innovation prend la forme du projet Timothé. Ce modèle de tiers-investissement est porté par le bureau d’études Planair, en partenariat avec l’industriel SIRIUS et Forestener, développeur de projets renouvelables à gouvernance partagée, avec le soutien de l’Ademe. Son principe : un investisseur finance et exploite l’installation avant de vendre la chaleur produite à l’établissement bénéficiaire dans le cadre d’un contrat de long terme. Le dispositif cible en priorité des secteurs tels que le tourisme ou le médico-social. Reste une condition indispensable à son déploiement : la pérennisation du Fonds Chaleur. Au-delà des annonces de la filière, ces États généraux ont également mis en lumière la volonté croissante des territoires de renforcer leur autonomie énergétique. Plusieurs régions, dont la Bretagne, les Pays de la Loire et les Hauts-de-France, ont ainsi structuré des réseaux d’opérateurs de Contrat Chaleur Renouvelable Territorial (CCRT) spécialisés dans le solaire thermique. Leur mission : repérer les opportunités, accompagner les porteurs de projets et accélérer le déploiement des installations. Une dynamique qui a déjà démontré son efficacité et qui devrait, à terme, essaimer dans l’ensemble des régions françaises.

Abonnez-vous pour recevoir chaque exemplaire du journal
dès sa parution et bénéficiez d’un tarif préférentiel !