Entre 2010 et 2019, 2 600 milliards de dollars ont été investis dans les énergies renouvelables pour un quadruplement de leur capacité, explique un rapport publié le 5 septembre et produit par l’École de finance et de management de Francfort et Bloomberg New Energy Finance (BNEF) avec le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). Les capacités installées de centrales fonctionnant à partir d’énergie renouvelable, exception faite de l’hydroélectricité à grande échelle, sont ainsi passées de 414 GW au début de la décennie à 1 650 GW et ont généré 12,9 % de la production électrique mondiale en 2018. « Investir dans les énergies renouvelables, c’est investir dans un avenir durable et rentable, comme l’a démontré l’incroyable croissance des énergies renouvelables au cours des dix dernières années. Mais nous ne pouvons pas nous permettre de nous reposer sur nos lauriers. Les émissions mondiales du secteur de l’énergie ont augmenté d’environ 10 % au cours de cette période. Il est clair que nous devons accélérer rapidement la transition mondiale vers les énergies renouvelables si nous voulons atteindre les objectifs internationaux en matière de climat et de développement », explique Inger Andersen, la directrice exécutive du programme des Nations unies pour l’environnement.
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Le retard s’accumule
Si en 2018, la part des énergies renouvelables a progressé de 0,4 point, pour atteindre 16,5 % de la consommation finale brute d’énergie en France, le développement de la majorité des filières reste éloigné de ce que prévoyait en 2010 le Plan national d’action en faveur des énergies renouvelables (PNA EnR), explique le Commissariat général au développement durable (CGDD) dans son suivi annuel de la directive européenne 2009/28 relative à la promotion de l’utilisation des énergies renouvelables en France (métropole et Outre-Mer). Pour rappel, l’objectif de la France est fixé à 23 % pour l’année 2020, avec une part d’au moins 10 % à atteindre pour le seul secteur des transports. Depuis 2005, la place des énergies renouvelables s’est accrue dans l’électricité (+7,3 points), les transports (+7,2 points) et dans le chauffage (+9,3 points). « La consommation finale brute d’énergies renouvelables atteint 25,7 Mtep en 2018, contre 15,4 Mtep en 2005, soit une évolution de 67 %. Les filières renouvelables qui contribuent le plus à ce développement sont l’éolien, la filière biomasse solide et déchets renouvelables, le biodiesel et les pompes à chaleur, qui représentent plus de 86 % de la hausse », explique le document publié le 3 septembre, qui souligne par ailleurs que « les plus gros écarts aux cibles 2020 concernent la filière biomasse solide (incluant les déchets urbains renouvelables) et l’éolien offshore. »
Un prototype de 150 kW testé au large du Croisic
Le consortium IHES piloté par Geps Techno a déployé fin août sa première plateforme houlomotrice (tirant son énergie de la houle en convertissant les mouvements du flotteur en énergie électrique) de moyenne puissance au large du Croisic. L’équipement, construit à Saint-Nazaire, va être testé dix-huit mois sur le site du SEM-REV (une zone d’essais de Centrale Nantes dédiée aux énergies marines renouvelables). Outre son système houlomoteur, le prototype Wavegem (qui mesure 21 m de long, 14 m de large et 7 m de haut) est équipé de 68 m2 de panneaux photovoltaïques. L’installation dispose ainsi d’une puissance totale de 150 kW (80 % houlomoteur, 20 % solaire). Dénommée Wavegem, il s’agit d’« une plateforme autonome hybride de production d’énergie destinée à alimenter des installations maritimes ou insulaires n’ayant pas accès au réseau électrique et souhaitant assurer leur production électrique dans le respect des enjeux environnementaux actuels », explique Geps Techno , qui entend livrer ses premières plateformes dès 2021, dans un communiqué. Les 18 mois prévus d’essais en mer permettront de valider performance et fiabilité de l’installation, mais servira également de « maison-témoin » pour permettre aux futurs clients « de mieux appréhender les caractéristiques de la plateforme et sa capacité à répondre à leurs besoins en termes de production d’énergie mais aussi d’hébergement d’applications autonomes ».
EDF Renouvelables acquiert le colifornien PowerFlex Systems
EDF Renouvelables a annoncé le 3 septembre l’acquisition de PowerFlex Systems, spécialisée dans le domaine des technologies de recharge. Cette société basée en Californie a développé une technologie brevetée, ce qui lui a permis de déployer des dispositifs de recharge de véhicules électriques évolués « permettant d’optimiser la fourniture d’électricité aux véhicules et de limiter, voire de supprimer, des investissements d’adaptation aux réseaux électriques », explique EDF Renouvelables dans un communiqué. Avec la technologie développée par PowerFlex Systems, « nous sommes à présent en mesure de fournir aux bâtiments commerciaux et industriels un écosystème énergétique unique ; celui-ci permet de fournir une électricité fiable, compétitive et sans émission de carbone, où et quand nos clients en ont besoin », explique Raphaël Declerq, vice-président exécutif solutions décentralisées et stratégie chez EDF Renouvelables aux États-Unis.
Appel à projets photovoltaïque
APPEL A PROPOSITIONS POUR LA REALISATION ET L’EXPLOITATION DE CENTRALES PHOTOVOLTAÏQUES RACCORDÉES AU RÉSEAU SUR L’AÉRODROME RÉGIONAL DE BERRE LA FARE
Dans le cadre de son Plan Climat « Une COP d’avance », la Région SUD Provence-Alpes-Côte d’Azur a décidé de mettre à la disposition d’investisseurs des surfaces sur l’aérodrome de Berre la Fare afin de réaliser et exploiter des installations de production d’électricité d’origine photovoltaïque raccordées au réseau.
En application de l’art. L.2122-1-1 du code général de la propriété des personnes publiques, la Région SUD Provence-Alpes-Côte d’Azur lance à cette fin un appel à propositions ayant pour finalité la délivrance d’une autorisation d’occupation temporaire constitutive de droits réels sur le domaine public.
Date limite de remise des candidatures et des offres : 14 octobre 2019 à 12h
Vous pouvez télécharger le dossier de consultation de l’appel à propositions en cliquant ici
Une énergie indispensable pour la transition, selon la CRE
La Commission de Régulation de l’Énergie (CRE) a publié le 9 juillet un rapport intitulé « le verdissement du gaz », qui étudie le rôle de trois filières du biogaz (méthanisation, pyrogazéification et power-to-gas) dans le système énergétique du pays. Pour la CRE, « il existe […] un consensus sur la nécessité de verdir le gaz » ; lequel est actuellement responsable d’un cinquième des émissions de gaz à effet de serre en France, et dont la consommation pourrait augmenter, à travers son utilisation dans les transports, le logement et la production de chaleur. Le rapport souligne que la méthanisation est « la technologie la plus prometteuse, [et] connaît un développement rapide », malgré un coût de production important (entre 90 et 120 €/MWh) comparé au gaz naturel importé. Ce développement rend réaliste l’objectif de 10 % de gaz renouvelable dans la consommation de gaz d’ici 2030, qui nécessiterait une production de biométhane de 39 à 42 TWh. Le rapport souligne que la filière méthanisation doit pour cela développer un modèle économique rentable, ce qui peut passer par la prise en compte de ses externalités positives (réduction des émissions de gaz à effet de serre, développement de l’économie circulaire, soutien au monde agricole, dépendance moindre aux imports de gaz naturel, etc.). La pyrogazéification et le power-to-gas sont quant à elles moins matures, estime la CRE, elles auront un rôle encore minime pour atteindre l’objectif de 2030, mais pourraient se développer à l’avenir.
Le projet de Génissiat ne verra pas le jour
HydroQuest, Constructions Mécaniques de Normandie (CMN) et la Compagnie Nationale du Rhône (CNR) ont annoncé, dans un communiqué le 8 juillet, leur décision d’interrompre le projet pilote d’hydrolien fluvial à Génissiat. Ce projet devait accueillir, dès 2020, 30 hydroliennes de HydroQuest pour une puissance totale de 2 MW. Le communiqué évoque des contraintes sur le site d’implantation (entre les aménagements CNR de Génissiat et de Seyssel sur le Rhône), « non résolues au terme de deux années d’études techniques poussées et de tests de modélisation hydraulique fine du parc d’hydroliennes ». Le projet avait été annoncé en février 2017, et avait connu des retards afin de conclure les études techniques. Cependant, les trois entreprises se veulent rassurantes et affirment que « cette décision ne remet en aucun cas en cause la technologie des hydroliennes fluviales. » Ce, alors que la filière peine à se remettre du retrait de Naval Énergies (cf. article pp 26-27 du Journal des Énergies Renouvelables n° 247).
Le hors-série spécial rumeurs de l’éolien vient de paraître
Inefficace, coûteux, dangereux pour la santé et pour la faune, polluant, bruyant… C’est peu dire que l’éolien a parfois mauvaise presse, peu aidé, parfois par certains relais d’opinion, de bonne foi ou non. Conséquence, la filière est vue par certains citoyens comme une source de nuisances multiples, voire une arnaque pure et simple. C’est en partie pour répondre à ces nombreux fantasmes et rétablir quelques vérités que Le Journal de l’Éolien a choisi de consacrer ce nouveau hors-série aux rumeurs colportées sur l’éolien. Reportages, enquêtes et analyses apporteront les clés pour répondre aux questions, légitimes, que pose le développement de l’éolien sur terre et en mer, mais aussi pour couper court aux fausses polémiques et autres contrevérités. Le magazine répond ainsi point par point aux interrogations que suscitent les turbines : impact écologique des fondations en béton, conséquences sur la santé et sur la faune, incidence sur la valeur mobilière, coûts et bénéfices économiques pour la société, recyclabilité des matériaux… Sans oublier de se pencher sur les nombreux sujets sur lesquels la filière travaille activement, dont l’amélioration de l’intégration paysagère et de l’acceptabilité en général. Vous pouvez consulter le sommaire ici, ou encore acheter le numéro en ligne.
L’Actu revient le 4 septembre
Votre rendez-vous hebdomadaire avec les dernières nouvelles des énergies renouvelables revient dès le 4 septembre. Toute l’équipe de l’Observatoire des énergies renouvelables (Observ’ER) et du Journal des Énergies Renouvelables vous remercie pour votre fidélité et vous souhaite un très bel été !
Lancement de la production de La Mède
Le PDG de Total, Patrick Pouyanné, l’avait annoncé fin mai, c’est désormais chose faite : la bioraffinerie de la Mède, dans les Bouches-du-Rhône, produit ses premiers litres de biocarburants, a annoncé la compagnie dans un communiqué du 3 juillet. La bioraffinerie, issue de la reconversion d’une ancienne raffinerie, produira 500 000 tonnes d’huiles végétales hydrogénées (HVO) par an, un biocarburant de deuxième génération qui sera produit à 60-70 % à partir d’huiles végétales (palme, colza, tournesol, etc.) et à 30-40 % à partir de retraitement de déchets (graisses animales, huiles de cuisson, huiles résiduelles, etc.). L’utilisation d’huile de palme a suscité une polémique, c’est pourquoi Total s’est engagé à en utiliser au maximum 300 000 tonnes par an, « soit moins de 50 % du volume des matières premières nécessaires », ainsi qu’à utiliser au minimum 50 000 tonnes de colza français par an pour valoriser l’agriculture locale. Des chiffres qui ne convainquent pas tout le monde. Greenpeace, par exemple, n’a pas manqué de critiquer « l’hypocrisie de la France » dans un communiqué du 3 juillet. En cause, les « 550 000 tonnes d’huile de palme par an que le gouvernement a autorisé Total à utiliser dans son usine, ce qui correspondrait à une hausse de 64 % du total de l’huile de palme consommée en France », selon l’ONG. « Les biocarburants sont une énergie renouvelable à part entière et une solution immédiatement disponible pour réduire les émissions de CO2 du transport routier et aérien. Lorsqu’ils sont produits à partir de matières premières durables, comme c’est le cas à La Mède, ils émettent plus de 50 % de CO2 en moins que les carburants fossiles. Notre bioraffinerie permettra de produire en France des biocarburants qui étaient jusqu’alors importés », explique de son côté Bernard Pinatel, directeur général Raffinage-chimie de Total.
