Le 5 mars dernier, l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), en collaboration avec ses partenaires Sustainable Energy for All (SEforALL), le PNUD et le Fonds vert pour le climat, a lancé une plateforme d’investissement climatique. L’objectif de cette action est d’augmenter le flux de capitaux vers les pays en développement et d’initier de nouveaux projets basés sur des énergies renouvelables. « Alors que l’Agence adopte une approche plus orientée vers l’action, aider les pays en développement à accéder au financement nécessaire pour atteindre leurs objectifs en matière d’énergies renouvelables, tout en soutenant des résultats sociaux et économiques, est une priorité claire », a déclaré le directeur général de l’IRENA, Francesco La Camera. Pour soutenir la mise en œuvre de la plateforme d’investissement climatique, l’IRENA organisera une série de forums régionaux conçus pour mettre en relation les promoteurs de projets enregistrés, les gouvernements et les partenaires financiers. Ces forums seront organisés autour de 14 clusters régionaux permettant d’adapter les activités aux besoins spécifiques des pays. Ces clusters sont construits autour de cinq sous-régions en Afrique, quatre en Asie et deux en Amérique latine ainsi que des clusters spécifiques pour les Caraïbes, les îles du Pacifique et l’Europe du Sud-Est. Les porteurs de projets sont encouragés à enregistrer leurs projets sur la page Web dédiée sous le cluster régional correspondant.
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Le secteur électrique de moins en moins émetteur
Le 20 février, RTE a publié une note de précision sur les bilans CO2 du parc électrique français. Elle porte sur le bilan CO2 associé au secteur, et non à l’évaluation économique des différents leviers d’action. D’après cette note, l’électricité française produite en 2019 est majoritairement décarbonnée : 484 TWh (379 TWh nucléaires, 60 TWh hydrauliques, 45 TWh éoliens et solaires) contre 42 TWh provenant des centrales fossiles. Les émissions du secteur électrique ont diminué ces dernières années pour atteindre 19 millions de tonnes de CO2, et la France est toujours l’un des pays européens avec le contenu carbone de l’électricité le plus faible. A titre de comparaison le secteur électrique en Allemagne émet 270 millions de tonnes, et l’Italie 90 millions. RTE affirme que les énergies renouvelables se sont bien substituées, au cours des années récentes, aux énergies fossiles et non au nucléaire. La production nucléaire a stagné à 63 GW entre 2005 et 2019, et la légère baisse de production est due aux travaux de « grand carénage » d’EDF. L’augmentation de production renouvelable se traduit donc par une réduction des moyens fossiles (5 millions de tonnes de CO2 en France et 17 millions en Europe grâce aux interconnexions électriques). On peut ajouter que l’un des chapitres de la dernière édition de l’État des énergies renouvelables en Europe, publié par EurObserv’ER aborde cette thématique. Ainsi pour l’année 2018, on évalue à 351,3 millions de tep les volumes d’énergies fossiles auxquels se sont substitués des énergies renouvelables pour des besoins électriques, ou de transport.
Le navire Energy Observer reprend son odyssée
Mardi, Energy Observer, le premier bateau autonome à hydrogène a quitté le port de Saint-Malo. Direction le Maroc ou les Canaries selon les conditions météo, le navire mettra ensuite le cap sur Saint-Barthélemy. L’hydrogène à bord d’Energy Observer est produit par électrolyse d’eau de mer dessalinisée par osmose, puis traitée pour être utilisée par un électrolyseur embarqué. Pour cette expédition, une nouvelle pile à combustible fournie par Toyota, permettra de restituer aux moteurs de l’électricité à partir de l’hydrogène stocké. Autre amélioration, les panneaux solaires qui ont été étendu portant la surface totales à 202 m² pour une puissance cumulée de 34 KW. Pour 2020, l’équipage s’est fixé pour objectif de parcourir 37 000 km, presque la circonférence de la terre. La traversée du canal de Panama permettra de rejoindre Hawaï et enfin Tokyo, du 24 juillet au 9 août pour les Jeux Olympiques.
Premier atelier samedi 7 mars
Dans le cadre des débats organisés par la Commission nationale du débat public (CNDP) sur le futur appel d’offres de l’État pour construire un nouveau parc éolien d’une puissance de 1 GW (soit 300 km2 d’emprise) au large des côtes normandes. Le premier atelier d’échanges avec le public aura lieu le samedi 7 mars de 14h à 17h au port du Havre. En petit groupe, les citoyens sont invités à donner leur avis et leurs recommandations sur la localisation des futures machines dans la macrozone préalablement identifiée et qui s’étend de Cherbourg au Tréport. Le débat devra également identifier, au sein de cette même zone de 10 500 km2, d’autres zones de projets potentiels qui seront lancés à partir de 2023.
L’environnement et les énergies renouvelables en 2e position
Mazars, organisme international spécialisé dans l’audit, et l’association Financement participatif France (FPF) viennent de publier le baromètre des plateformes de financement alternatif et participatif (crowdfunding) en France. 2019 est annoncé comme une année record avec + 56 % de fonds collectés pour atteindre 629 millions d’euros. L’environnement et les énergies renouvelables, avec 92,2 millions d’euros, arrivent en deuxième position des investissements derrière l’immobilier. Cet excellent chiffre vient corroborer les indicateurs du 6e baromètre de l’Ademe, qui révèle que 52 % des Français sont favorables aux énergies renouvelables. Le financement participatif poursuit donc sa croissance et n’est plus un phénomène de mode. En cinq ans il est devenu une source de financement non négligeable pour les porteurs de projets.
RTE annonce une nouvelle baisse de la consommation
Avec 473 TWh, 2019 a été l’année qui a affiché la plus faible consommation française d’électricité depuis 10 ans. Le chiffre représente une baisse de 0,5 % par rapport à 2018 (corrigée de l’aléa météorologique). La production électrique sur le territoire a été également en baisse de 2 % par rapport à 2018, soit 537,7 TWh. La France reste cependant le plus grand exportateur européen avec un flux de 84 TWh exportés à ses frontières contre 28,3 TWh importés. Dans le détail, l’énergie charbonnière a diminué de 71,9 % pour des raisons d’orientation de politique énergétique du pays (confirmées par la PPE), celle d’origine nucléaire de 3,5 % pour des problèmes de disponibilité de certaines centrales et l’hydroélectricité de 12,1 % pour cause de sécheresse accrue. En revanche, l’énergie éolienne a connu une hausse de 21,3 % et le solaire photovoltaïque 7,8 %. Ces évolutions du mix productif électrique 2019 ont conduit à une baisse des émissions de CO2 de 6 % par rapport à l’année précédente. RTE n’indique pas l’impact de ces évolutions sur les émissions de CO2 induites par nos importations d’énergie en provenance de pays où le mix est davantage carboné. En 2019 RTE a investi 1 456 M€ pour sécuriser et adapter le réseau aux nouveaux besoins du mix, notamment avec des interconnexions avec l’Italie (Savoie-Piémont) et l’Angleterre (IFA 2), ainsi que les travaux d’Avelin-Gavrelle pour la sécurité d’alimentation des Hauts-de-France. C’est également l’année de lancement des travaux de raccordement du parc éolien en mer de Saint-Nazaire. Au total, 128 km de lignes aériennes ont été supprimées au profit de 213 km de lignes souterraines. Le réseau du transporteur national compte désormais 105 942 kilomètres de lignes électriques.
L’État veut montrer l’exemple
Premier propriétaire immobilier de France avec 99 millions de mètres carrés, l’État entend montrer l’exemple dans l’application du décret tertiaire issu de la loi Elan, caractérisé par des objectifs drastiques de réduction de consommation énergétique dans des délais courts. C’est ainsi qu’à la suite du Conseil de Défense écologique du 12 février et dans le cadre de la stratégie pour des services publics éco-responsables, la Direction de l’immobilier de l’État et la Direction de l’Habitat, de l’Urbanisme et des Paysages lancent un deuxième appel à projets auprès des services de l’Etat pour financer des travaux « à gains rapides » présentant un temps de retour sur investissement (RSI) court grâce aux économies d’énergie réalisées. Un premier appel à projets avait été lancé en 2018 dans le cadre du Grand plan d’investissement. Il avait permis de financer pour 1 milliard d’euros, 39 projets de rénovation ou de reconstruction des cités administratives et finançant principalement des travaux concourant à la performance énergétique. Les travaux ciblés doivent correspondre à des actions « simples, immédiates et économes » permettant de réaliser facilement des économies d’énergie à moindre coût, tout en prenant en compte le confort des occupants. Ces projets doivent permettre de mettre en avant une démarche « Services publics eco-responsables » avec des objectifs ambitieux de réduction de 2/3 de la facture énergétique et de 50 % de l’émission des gaz à effet de serre. De plus, leur mise en œuvre devra s’accompagner d’une information auprès des occupants, afin de les associer à la démarche. Les actions présentant un temps de retour sur investissement entre 1 et 5 ans sont privilégiées. Le plafond est fixé à 10 ans.
94 % des Français favorables aux renouvelables
Pour sa 6e édition, le baromètre de l’Ademe révèle que 52 % des Français pensent qu’il serait possible, d’ici une vingtaine d’année, de produire quasiment toute l’énergie nécessaire au pays à partir d’énergies renouvelables et 64 % déclarent qu’ils seraient prêts à payer plus cher pour passer d’une énergie classique à une énergie renouvelable. « L’augmentation moyenne consentie atteint près de 12 %, un record depuis 2014 », assure l’agence dans un communiquédu 11 février. La production d’EnR à domicile fait des émules. Ainsi, 68 % des Français, + 2 points, seraient prêts à payer un peu plus cher pour produire eux-mêmes leur propre électricité. La production locale d’énergies renouvelables a également le vent en poupe : 86 % des sondés plébiscitent la production locale d’EnR même si elle coûtait un peu plus cher, 57 % (+3 points) seraient prêts à participer personnellement au financement de ce type de projet en y plaçant une partie de leur argent et 31 % (+ 3 points) pourraient même y investir plus de 500 euros. Toutefois, le baromètre révèle que les Français ont une très mauvaise connaissance de l’existence de ce type de projets : seuls 8 % des Français savent si de tels projets existent dans leur région. Enfin, le baromètre révèle que les attitudes hostiles à l’implantation d’installations d’EnR (syndrome « Pas dans mon jardin ») déclarées par l’ensemble de la population sont également minoritaires et/ou en régression.
Un outil pour suivre les consommations énergétiques étatiques
Le gouvernement a annoncé que l’État se dotait d’un outil de suivi de ses consommations de gaz, d’électricité, d’eau, de fioul, de chauffage urbain. « L’objectif est de mieux gérer son énergie et piloter son parc Immobilier », expliquent Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire, Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics et Emmanuelle Wargon, secrétaire d’État auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire dans un communiqué commun en date du 14 février. Cet outil (OSFI, pour Outil de suivi des fluides interministériel), développé avec l’entreprise française Deepki, « permet de dresser une cartographie des consommations énergétiques du parc immobilier et ainsi d’être un véritable outil d’aide à la décision. » Il permet de : détecter une anomalie sur facture ; optimiser son contrat ; analyser les consommations via des courbes de charges ; de prendre les décisions d’investissements les plus judicieuses visant à réduire les consommations énergétiques. Le déploiement d’OSFI fait partie d’une série de mesures pour réduire les consommations énergétiques et émissions de Co2 des bâtiments publics. Tout comme, notamment, l’éradication du chauffage au fioul d’ici 2029, l’interdiction dès 2020 de l’achat de nouveaux systèmes de chauffage au fioul et la mise en open data dès maintenant des diagnostics de performance énergétique (DPE) des bâtiments publics.
La FNCCR regrette un manque d’ambition
La Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR) a réagi le 19 février à la consultation publique de la stratégie nationale bas carbone (SNBC) et de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Si l’organisme rassemblant des collectivités territoriales spécialisées dans les services publics locaux en réseau salue « une approche conciliant compétitivité et dynamique d’emplois créés et développés dans les territoires grâce à la transition énergétique », le ton change à propos du biogaz. Ainsi, la FNCCR demande de renforcer la place du biogaz et soutenir financièrement son développement. La fédération « regrette une cible de production de biogaz trop modeste, à l’horizon 2023 : 6 TWh injectés contre 8 TWh inscrits dans la précédente PPE (2016). Cette réduction va ainsi à contre-courant de l’accélération du développement de la filière constatée en 2019. Par ailleurs, la FNCCR regrette le manque d’ambition concernant l’objectif de gaz renouvelable dans la consommation de gaz en 2030, fixée à seulement 7 %, loin des ambitions initiales de 10 %. » Et d’ajouter, « il paraît nécessaire de limiter les appels d’offres à des productions élevées (supérieures à 30 GWh annuels) et de sanctuariser des volumes de production en guichet ouvert pour faciliter l’industrialisation et la baisse des coûts. Dans le même temps, il semble indispensable de mettre en place des outils pour faciliter le développement des projets (analyse des gisements au niveau départemental, aide à la faisabilité, aides spécifiques pour le gaz porté…). »
