Des navires propulsés à l’hydrogène

Le groupe helvético-suédois ABB annonce la signature d’un accord avec l’entreprise bordelaise Hydrogène de France (HDF), spécialiste des technologies de l’hydrogène. Ce partenariat prévoit l’assemblage et la production de piles à combustible de forte puissance (supérieure à 1 MW) destinées à l’alimentation des navires de haute mer. Les piles à combustible transforment l’énergie chimique de l’hydrogène en électricité par une réaction électrochimique. Avec l’utilisation d’énergies renouvelables pour produire de l’hydrogène, toute la chaîne énergétique peut être propre. Le transport maritime étant responsable d’environ 2,5 % du total des émissions de gaz à effet de serre dans le monde, la pression s’accroît pour que l’industrie maritime passe à des sources d’énergie plus durables. « Avec la demande sans cesse croissante de solutions permettant un transport maritime durable et responsable, nous sommes convaincus que les piles à combustible joueront un rôle important pour aider l’industrie maritime à atteindre les objectifs de réduction du CO2 », a déclaré Juha Koskela, directeur général d’ABB Marine & Ports. La production sera assurée par Hydrogène de France à Bordeaux.

Vers une planification basée sur l’économie bas-carbone ?

Dans un communiqué de presse daté du 20 avril, l’IRENA (International Renewable Energy Agency) présente les perspectives développées pour atteindre les objectifs climatiques dans son rapport « Global Renewables Outlook : Energy transformation 2050 ». D’après lui, les investissements nécessaires à une stratégie de décarbonisation pourraient être de l’ordre de 130 000 mds de $ mais engendreraient des bénéfices socio-économiques considérables. La transformation du système énergétique pourrait accroitre le PIB mondial de 98 000 milliards de $ par rapport aux scénarios actuels, faisant passer le nombre d’emplois dans les énergies renouvelables à 45 millions, dans l’efficacité énergétique à 21 millions et dans la flexibilité à 15 millions. Le Directeur général de l’IRENA appelle les gouvernements à « aligner les efforts de récupération à court terme sur les objectifs à moyen et long terme de l’Accord de Paris et du Programme de développement durable des Nations Unies » afin de construire une économie plus résiliente et durable. L’objectif du rapport est de proposer des stratégies afin de réduire d’au moins 70 % les émissions à l’horizon 2050. Si elles diffèrent selon les régions du monde, elles se basent sur des solutions renouvelables atteignant environ 75 % du mix énergétique, ainsi qu’une électrification d’au moins 50% des besoins comme le chauffage et les transports. Cependant les gains au niveau des emplois ne seraient pas répartis équitablement suivant les différentes zones économiques. C’est pourquoi les perspectives de l’IRENA mettent en garde les gouvernements contre leur manque d’ambition, et de coordination aux niveaux international, régional et national, pour notamment soutenir les communautés les plus vulnérables.

Il n’y a plus de temps à perdre !

Jean Jouzel, climatologue du CESE et plusieurs autres personnalités signent une tribune sur @LaCroix qui rappelle que « La crise profonde que nous traversons actuellement ne doit pas nous faire oublier les enjeux du changement climatique ». La France est un très mauvais élève de la transition énergétique et est aujourd’hui le deuxième pays le plus en retard en matière de développement des EnR par rapport aux objectifs 2020. Ses émissions de CO2 baissent très peu malgré des objectifs ambitieux à 2050 qui équivalent à diviser par 6 nos émissions. Le climatologue constate que les mesures prises concrètement sont bien insuffisantes et pointe notamment la baisse de la Contribution climat énergie (CCE). Dans le même temps, les objectifs annoncés pour notre feuille de route climatique sont les mêmes que ceux d’avant la baisse de la CCE, qui devait avoir un rôle très incitatif sur les entreprises… Les mesures de soutien économiques prises dans le cadre de la crise du coronavirus doivent absolument servir d’accélérateur pour « reconfigurer notre économie » et tenter de rattraper le retard pris. Les gouvernants ont un atout gagnant en main, c’est le moment d’en faire usage.

L’état des énergies renouvelables en Europe

EurObserv’ER vous invite à découvrir, le 23 avril 2020 à 11h, les points clés de son rapport annuel récemment paru. Dans ce webinaire d’une heure, vous découvrirez où l’Union européenne se situe par rapport à ses objectifs 2020, quels secteurs énergies renouvelables sont les plus créateurs d’emplois et quels pays en profitent davantage, quelles sont les tendances d’investissement à l’oeuvre dans ces secteurs… Le webinaire dévoilera combien de tonnes de CO2 ont été évitées grâce à l’usage des énergies renouvelables en Europe et quel est le niveau de flexibilité des systèmes électriques des différents pays. Pour vous inscrire cliquez ici. Vous pouvez aussi télécharger librement le rapport ici.

Union sacrée pour une relance verte européenne

Dans une tribune publiée dans Le Monde daté du 14 avril, Pascal Canfin, président de la commission Environnement du Parlement européen appelle à une « alliance européenne pour une relance verte » post-crise sanitaire liée au Covid-19. Les quelque 180 signataires indiquent notamment que « L’alliance s’engage à proposer les solutions d’investissement nécessaires, et alignées avec les engagements pour le climat, pour relancer l’économie après la crise. Si nous relançons l’économie dans la mauvaise direction, nous irons encore plus vite dans le mur de la crise climatique. » Parmi les signataires on compte 79 eurodéputés des groupes du Parlement européen Renew Europe, 37 patrons et hauts responsables d’entreprise, 28 associations d’entreprises, 11 ministres européens, 7 ONG et 6 think tanks. Cette tribune a été aussi publiée dans sept quotidiens européens.

L’IRENA publie un guide méthodologique pour l’évaluation des projets de stockage

L’IRENA (l’agence internationale des énergies renouvelables) a publié en mars son rapport Electricity Storage Valuation Framework. Divisé en trois parties, il s’adresse à la fois aux décideurs, aux régulateurs et aux experts techniques. La méthode proposée pour évaluer la valeur économique du stockage se décline en 5 phases, allant de l’identification des solutions techniques les plus pertinentes à l’évaluation de la viabilité des projets. Par exemple, les batteries fournissent une réponse rapide à des signaux et les STEPs du stockage plus long terme de gros volume en période creuse. L’objectif du rapport est d’offrir les clés pour une meilleure intégration des énergies renouvelable électriques, notamment solaires et éoliennes, grâce à une meilleure compréhension de la valeur offerte par les moyens de stockage par rapport à d’autres techniques de flexibilité. Le rapport se conclut par l’analyse de 8 types de cas concrets, illustrés par de nombreux exemples en services aujourd’hui à travers le monde.

Les EnR ont représenté les trois quarts de la puissance électrique installée dans le monde en 2019

Selon un rapport publié par l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), le secteur des énergies renouvelables a ajouté 176 gigawatts (GW) de capacités nouvelles de production dans le monde en 2019. Si ce chiffre est légèrement inférieur à celui qui avait été enregistré en 2018 (179 GW), le fait marquant est que les technologies renouvelables ont représenté 72 % de l’ensemble des nouvelles capacités installées en 2019 sur le globe et cela pour toutes les filières confondues (fossiles et nucléaire inclus). Jamais depuis 2012, première année où les capacités électriques renouvelables annuellement installées ont été supérieures à celles des énergies fossiles, la domination des technologies renouvelables n’a été aussi prégnante. Ainsi l’an passé leur rythme de progression a été 2,6 fois supérieur à celui des énergies fossiles. Sans surprise, l’éolien et le photovoltaïque sont les principaux moteurs de cette dynamique avec à eux seuls 90 % des 176 GW mis en place en 2019. Ainsi, l’énergie solaire a ajouté 98 GW, dont 60 % en Asie, et l’énergie éolienne a progressé de près de 60 GW, tirée par la croissance en Chine (26 GW) et aux États-Unis (9 GW). Les technologies renouvelables ont représenté au moins 70 % de l’expansion totale de la capacité électrique dans presque toutes les régions du monde hormis en Afrique et au Moyen-Orient, où elles représentaient respectivement 52 % et 26 % des ajouts nets. Ces ajouts ont porté la part renouvelable de toute la capacité électrique mondiale à 34,7 %, contre 33,3 % fin 2018. « Bien que la trajectoire soit positive, il faut en faire plus pour mettre l’énergie mondiale sur la voie du développement durable et de l’atténuation du climat – qui offrent tous deux des avantages économiques importants », a déclaré le directeur général de l’IRENA, Francesco La Camera. « En cette période difficile, nous voyons l’importance de renforcer la résilience de nos économies. Dans ce qui doit être une décennie d’action, des politiques volontaristes sont nécessaires pour augmenter les investissements et accélérer l’adoption des énergies renouvelables. »

Appel pour un marché européen de la chaleur

Dans une lettre adressée à la Présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen, publiée le 7 Avril, l’EGEC (European Geothermal Energy Council) appelle à la création d’un marché européen de la chaleur à l’image de ceux existants pour l’électricité ou le gaz. L’EGEC est une organisation à but non lucratif comptant plus de 120 membres issus de l’industrie de la géothermie, qui promeut l’information et le développement de l’énergie géothermique. D’après l’association, l’existence de marchés pour l’électricité et le gaz les avantagerait aux dépends de la chaleur, et notamment la chaleur renouvelable. La moitié de la consommation d’énergie en Europe passe par la chaleur, et 80 % de celle-ci vient des énergies fossiles, qui ne sont actuellement pas soumises à un prix du carbone uniformisé. De plus, les énergies fossiles bénéficient de subventions directes et indirectes, incompatibles avec l’accord de Paris, et les objectifs européens. Ainsi les solutions de chauffage et de refroidissement renouvelables peinent à se développer dans la plupart des États membres. Le secrétaire général de l’EGEC appelle donc à soutenir la chaleur renouvelable par la création d’un marché européen de la chaleur, par une législation appropriée et l’institutionnalisation d’un opérateur de réseau de chaleur qui serait chargé de gérer des infrastructures dédiées aux sources de chaleur renouvelables. Une façon également de sortir par le haut de la crise économique actuelle en investissant dans des énergies peu carbonées et créatrices d’emplois.

Un réseau de chaleur à Champs-sur-Marne

Après trois mois de chantier en plein cœur de la cité Descartes de Champs-sur-Marne (Seine-et-Marne), la phase de forage vient de s’achever. La communauté d’agglomération Paris-Vallée de la Marne (CAPVM) et son délégataire de service public GéoMarne (filiale locale du Groupe Engie), annoncent la réalisation de deux forages déviés de 1 900 mètres dans le Dogger (nappe d’eau souterraine où la température de l’eau se situe entre 50 et 95 °C). D’ici quelques semaines, un réseau de chaleur alimenté à 82 % par la géothermie sera effectif et permettra d’alimenter une dizaine de quartiers de Champs-sur-Marne et de Noisiel, soit environ 10 000 équivalent logements, et de faire fonctionner le futur centre aquatique. Cette réalisation représente un investissement de 40 millions d’euros. La Région Ile-de-France accompagne ce projet à hauteur de 4 millions d’euros et l’Ademe, 6 millions. La fin du chantier marque également la clôture de la collecte de financement participatif. Les citoyens locaux et plus largement, les Franciliens, avaient la possibilité de prendre part au projet grâce à un dispositif ouvert sur la plateforme Lumo. Cette collecte a atteint début février la somme d’un million d’euros.

Avant goût de la transition énergétique en Belgique

Le confinement impose un ralentissement économique d’ampleur, et par conséquent une réduction de la consommation globale d’énergie. L’APERe (Association pour la Promotion des Energies Renouvelables) rapporte qu’en Belgique, la consommation a diminué de 10% par rapport à une année classique sur la même période. Ce chiffre résulte d’une réduction de 15% de la consommation des entreprises, compensée pour partie par l’augmentation de celle des ménages. Le 28 mars de 9h à 17h, plus de la moitié de la consommation d’électricité en Belgique était fournie par des sources renouvelables. Le solaire représentait 33 %, l’éolien 28 % et la biomasse 3%. Bien que la météo ait été particulièrement propice, l’APERe explique qu’en diminuant notre consommation, il est possible d’intégrer davantage de renouvelables dans le mix. C’est ce que vise la Transition énergétique : une plus grande sobriété énergétique afin de couvrir notre consommation d’énergie par des sources renouvelables. Sur les marchés cependant, les prix négatifs lors de certaines périodes creuses nous invitent à repenser l’organisation du système électrique centralisé afin de pouvoir intégrer la flexibilité de la demande et de l’offre. L’APERe rappelle également que « le confinement ne perturbe pas le fonctionnement de nos installations renouvelables, contrairement aux centrales fossiles et nucléaires qui doivent actuellement – comme d’autres secteurs d’activité – fonctionner avec un personnel réduit, ce qui pose d’importantes questions de sécurité ».