La centrale hydroélectrique de Romanche-Gavet (Isère) vient d’être inaugurée après dix ans de travaux. Commandé par EDF et construit par VINCI Construction France, ce nouvel ouvrage vient remplacer six centrales et cinq barrages anciens par un nouveau barrage et une nouvelle centrale. L’installation, entièrement souterraine, au cœur de la montagne, permet d’augmenter de 40 % la production d’hydroélectricité sur le même tronçon de rivière (La Romanche). D’une puissance de 97 MW, la centrale hydraulique de Gavet produira 560 GWh/an, l’équivalent de la consommation électrique des habitants des villes de Grenoble et Chambéry cumulés soit 230 000 habitants. Le chantier de construction représente un investissement de 400 millions d’euros pour le Groupe EDF. 94 % des investissements ont été réalisés auprès d’entreprises françaises, dont 28 % sont situées en Auvergne-Rhône-Alpes. Au plus fort du chantier, 306 personnes ont travaillé simultanément et 74 emplois d’insertion ont été créés. Mais suite au différend opposant la France et l’Union européenne, qui souhaite que les concessions d’EDF arrivant à expiration soient ouvertes à la concurrence, l’ensemble des autres projets hydroélectriques français sont au point mort depuis plusieurs années. Les acteurs de la filière espèrent voir aboutir les prochaines négociations avec Bruxelles. Un déblocage nécessaire à la fois pour la relance économique et la transition énergétique.
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Nouveau centre de recherche dédié aux gaz verts
Fin septembre, Engie a inauguré le Engie Lab Crigen, un centre de recherche et d’innovation sur le gaz et les énergies renouvelables. Basé à Stains (Seine-Saint-Denis) le laboratoire est désormais l’un des principaux centres de R&D d’Engie dans sa stratégie de transition énergétique. Son budget de fonctionnement est de 40 millions d’euros par an et il emploie deux cents personnes, en grande majorité des chercheurs, de 11 nationalités différentes. Dix équipes couvrent l’ensemble des domaines de recherche. Trois, absorbant à elles seules 45 % du budget, se consacrent aux gaz verts et plus particulièrement à l’ensemble de la chaîne de valeur de l’hydrogène renouvelable. Trois autres sont centrées sur l’activité B to B et trois encore sur des technologies nécessaires pour réussir la transition énergétique comme l’intelligence artificielle pour la maintenance prédictive ou les protocoles d’utilisation de drones ou de robots pour la sécurisation de sites. Une dernière équipe se focalise, entre autres, sur la réduction de l’impact des installations énergétiques, un thème englobant notamment l’impact sur la biodiversité.
Une campagne 100 % renouvelable
Le Syndicat des énergies renouvelables (SER) avec le soutien de l’Ademe et de la FNCCR vient de lancer une campagne de publicité en faveur des énergies renouvelables, intitulée #CestLeBonSens. Prévue pour une durée de deux mois, cette campagne présente 21 contenus qui seront diffusés sur les réseaux sociaux, mêlant des formats vidéo (film manifeste, interviews d’experts), formats d’interpellations (visuels, GIF) et formats d’engagements (quiz, sondages) sur Instagram, Twitter, LinkedIn et Facebook. Cette action vise à informer et sensibiliser les Français aux énergies renouvelables en démontrant qu’elles sont un levier clé pour répondre à l’urgence climatique à laquelle nous faisons face, aussi bien individuellement que collectivement, précise le SER. En 2019, les énergies renouvelables représentaient 17,2 % de la consommation finale brute d’énergie du pays. Dans le cadre de sa politique de transition énergétique, la France s’est fixé l’objectif de porter cette part à 32 % d’ici 2030. « Les énergies renouvelables, c’est le bon sens ! », tel est le slogan de cette nouvelle campagne.
11,5 millions d’emplois dans le monde en 2019
L’IRENA, vient de publier son rapport annuel sur l’emploi dans les énergies renouvelables « Renewable Energy and Jobs – Annual Review 2019 ». Les chiffres sont en progression par rapport à l’édition précédente puisque les technologies renouvelables représenteraient environ 11,5 millions d’emplois dans le monde en 2019, contre 11 millions en 2018. Sans surprise, avec 3,9 millions d’emplois le secteur du photovoltaïque serait le premier pourvoyeur avec 33 % de la main-d’œuvre mondiale de la branche. En terme de progression nette, les biocarburants sont ceux qui affichent la meilleure performance. Poussés par une croissance de la production de 2 % pour l’éthanol et de 13 % pour le biodiesel en 2019, les emplois dans les biocarburants dans le monde ont atteint le chiffre de 2,5 millions. De son côté, l’éolien emploierait 1,2 million de personnes, dont 21% sont des femmes. Au delà des chiffres, le rapport milite pour un renforcement de la base de compétences nécessaire pour soutenir la transition énergétique mondiale. Il rappelle l’enjeu des formations professionnelles et avance des arguments pour une utilisation accrue des technologies de l’information et des communications pour l’apprentissage à distance. Le rapport est en libre téléchargement sur le site de l’agence.
Marseille passe à la géothermie marine
Engie Solutions annonce les travaux de raccordement du centre commercial marseillais « Les Terrasses du Port » au réseau de géothermie marine Thassalia pour une durée de 10 ans. La géothermie marine consiste à exploiter la différence de température entre l’eau chaude de surface et l’eau froide des fonds marins, pompées grâce à des canalisations. Sur la côte, des échangeurs et des pompes à chaleur permettent de produire, selon les besoins, du chaud ou du froid. L’eau est ensuite acheminée vers les bâtiments pour les chauffer ou les climatiser. L’énergie extraite servira à chauffer ou climatiser le centre commercial, un bâtiment de 63 000 m2, via un réseau d’eau chaude (60°C) et un réseau d’eau glacée (5°C). Projet référent en matière d’énergie renouvelable du fait de la récupération d’environ 70 % des thermies/frigories de la mer, Thassalia affiche un coefficient d’efficacité énergétique extrêmement élevé par rapport à un parc équivalent qui serait équipé d’installations autonomes de chauffage/climatisation. Le bilan est de 70 % de réduction des gaz à effet de serre, à quoi s’ajoute une réduction de 40 % de la consommation d’électricité. Les travaux de raccordement devraient s’achever dans le courant du premier trimestre 2021. L’ensemble du projet bénéficie d’un soutien du Fonds Chaleur de l’Ademe à hauteur de 3,3 millions d’euros.
Marché stable en France métropolitaine en 2019
L’étude annuelle d’Observ’ER sur le marché 2019 des équipements individuels solaires thermiques vient d’être mis en libre téléchargement sur le site d’Observ’ER. Ce travail indique un volume de 20 795 m2 de capteurs solaires thermiques vendus l’an passé en France métropolitaine. Le chiffre est certes faible, mais il marque une quasi-stagnation par rapport à 2018 (+2 %, 20 440 m2). L’année 2019 est ainsi la première année à ne pas enregistrer de baisse des ventes au cours de la dernière décennie. La nouveauté observée vient essentiellement du fait que les ventes des CESI (chauffe-eaux solaires individuels) n’ont pas diminué comparées à celles de 2018. Concernant les systèmes solaires combinés (chauffage + eau chaude), la faible augmentation des surfaces vendues (+1 %) est dans la lignée de ce qui était observé depuis 2017. Cependant, malgré cette pause dans la chute de l’activité, le secteur métropolitain reste précaire, et cela, en dépit des aides à l’investissement disponibles dans la rénovation qui peuvent se révéler très incitatives (voir l’Actu de la semaine dernière). Dans les territoires d’Outre-mer, le solaire thermique reste à des niveaux autrement plus importants (73 625 m2) même si le secteur enregistre un recul de 21 % comparé à 2018.
Rafraîchissement urbain et confort d’été
Guillaume Perrin, chef du service chaleur et froid à la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR), vient de publier un ouvrage intitulé Rafraîchissement urbain et confort d’été – Lutter contre les canicules. Avec la récurrence des canicules dans l’hexagone, les records de chaleur ne cessent de se multiplier et d’après les projections du GIEC (groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), le phénomène va s’accentuer dans les années à venir. La ville, avec sa densité, est en première ligne avec la formation d’îlots de chaleur. La ville stocke plus de chaleur que la campagne. Ceci est principalement dû aux propriétés des matériaux qui composent les bâtiments, les voies de circulation et les infrastructures. Leur comportement par rapport au rayonnement et à la chaleur est différent de celui de la terre nue ou végétalisée. Pourtant, des solutions existent et peuvent être mises en place sur le court et le long terme. Matériaux, trames vertes et bleues, architecture bioclimatique ou réseaux de froid urbain, cet ouvrage vise à donner les clés d’action pour les villes et les acteurs privés du territoire souhaitant agir dans le domaine du confort d’été et de la lutte contre les canicules. 176 pages – Éditions Dunod
Une nouvelle centrale en Savoie
Akuo, producteur indépendant français d’énergie renouvelable, vient d’inaugurer la centrale hydroélectrique Aqua Bella. Située sur la rivière Arc, sur les communes d’Aiguebelle et de Randens en Savoie, la centrale est dite de basse chute (5 mètres) « au fil de l’eau ». La spécificité du barrage est d’être gonflable, ce qui permet de maintenir le niveau du plan d’eau. En période de crues, le barrage se dégonfle, laissant ainsi passer l’eau et autres solides. Équipée de 4 turbines, la centrale a une capacité de 2,2 MW et permet d’alimenter 4 820 foyers en électricité. L’originalité du projet a été son ouverture aux riverains via une plateforme de financement participatif (AkuoCoop) qui a permis de récolter 300 000 euros. Méthanor, société spécialisée dans le financement et l’exploitation de projets d’énergies renouvelables, a aussi investi 956 000 euros dans ce projet aux côtés d’Akuo Energy et a fait l’acquisition de 11 % du capital de la centrale, sachant que le coût du financement total s’élève à 12,85 M€.
Un objectif de réduction des GES plus ambitieux pour 2030 ?
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a proposé dans son premier discours sur l’état de l’Union, ce mercredi 16 septembre, de porter à 55 % la réduction des émissions de gaz à effet de serre de l’Union européenne d’ici 2030, contre un objectif de -40 % seulement auparavant. Il s’agit d’un « objectif ambitieux, réalisable et bénéfique pour l’Europe », a assuré Ursula von der Leyen. « Les émissions ont déjà baissé de 25 % depuis 1990, tandis que notre économie a connu une croissance de plus de 60 %. Et maintenant, nous avons davantage de technologie, d’expertise, etc. » L’objectif 2050 est l’un des marqueurs du « Green Deal », le pacte vert européen qu’Ursula von der Leyen défend comme le projet phare de sa présidence. Elle a indiqué que 30 % du plan de relance de 750 milliards seront consacrés à la réalisation des objectifs du « Green Deal ». Ursula von der Leyen répond ainsi à de nombreuses pressions pour intensifier l’effort. Ainsi l’appel lancé par le groupe des investisseurs institutionnels sur le changement climatique (IIGCC), qui compte plus de 250 membres, pour la plupart des fonds de pension et des gestionnaires d’actifs. Ces investisseurs, qui gèrent plus de 33000 milliards d’euros d’actifs, ont appelé à relever de 40 % actuellement à au moins 55 % l’objectif 2030. La déclaration conjointe estime qu’il s’agit là du « niveau minimum d’ambition nécessaire pour atteindre la neutralité carbone en 2050 ». Les eurodéputés de la commission Environnement avaient plaidé eux pour -60 % et les grandes ONG environnementales pour au moins -65 %. Ces dernières se récrient donc, de façon plus ou moins véhémente, devant l’insuffisance du réajustement. « 55 % c’est du travail à moitié fait, qui nous condamne à l’effondrement climatique » peut-on ainsi lire sur le compte Twitter Greenpeace EU qui dénonce également l’inclusion des émissions absorbées par les puits de carbone dans ces objectifs.
Des équipements financés à 100 % pour les revenus les plus faibles
Suite à l’annonce du plan de relance national et son volet écologique, la ministre déléguée au Logement, Emmanuelle Wargon, a apporté des précisions sur la réforme de l’aide « MaPrimeRénov », outil phare de l’aide à la transition énergétique pour les particuliers en France. Un nouveau barème des aides est actuellement en réflexion pour une mise en action prévue à partir du 1er octobre 2020. La ministre a, par ailleurs, assuré que les critères environnementaux seraient davantage pris en compte, ce qui devrait mettre en valeur les équipements « énergie renouvelable » par rapport à ceux utilisant des énergies fossiles. Cependant, sans même attendre la revalorisation annoncée, le corpus des aides à l’investissement des particuliers dans les EnR est d’ores et déjà ambitieux dans les niveaux proposés, mais cette information ne semble pas encore suffisamment connue du grand public. Ainsi « MaPrimeRénov », qui peut se cumuler à d’autres aides comme les certificats d’économie d’énergie (CEE) ou des primes régionales ou locales, a été relativement peu utilisé depuis sa mise en place au 1er janvier 2020. Après 9 mois d’existence, alors que le gouvernement attendait plus de 200 000 dossiers, seulement 90 000 ont été déposés auprès de l’Anah, qui gère le dispositif. La crise sanitaire et économique du début d’année n’a pas poussé les particuliers à investir, pourtant, dans plusieurs cas de figure d’investissement EnR, les niveaux d’aides disponibles sont réellement attractifs. Pour illustrer ce point, Observ’ER a utilisé le simulateur d’aide mis à disposition sur le site du réseau FAIRE. Étant donné la multitude des aides régionales ou locales pouvant exister, les simulations ont porté sur des opérations localisées dans deux villes : Évry (Île-de-France) et Orléans (Centre-Val de Loire). Ainsi, l’association de « MaPrimeRénov », dans sa version actuelle, aux CEE et parfois complétée par des aides « Action Logement », permet une aide à l’investissement oscillant entre 88 % et 100 % pour des équipements EnR tels qu’une pompe à chaleur eau/eau, un chauffe-eau solaire individuel, un système solaire combiné ou un poêle à bois. Ces taux portent sur une simulation pour un foyer de 4 personnes appartenant à la tranche de revenus la plus basse (moins de 30 572 € hors Région Île-de-France et moins de 42 381 € en Île-de-France). Pour la tranche intermédiaire, ces niveaux d’aide évoluent entre 24 et 51 %. Soit des niveaux nettement supérieurs à ce que proposait la mesure de crédit d’impôt dans des cas similaires. De plus, pour la partie de l’investissement qui n’est pas aidée, les particuliers peuvent se tourner vers l’éco-prêt à taux zéro (Éco-PTZ) qui permet de financer des travaux de rénovation énergétique des logements. Les tranches de revenus les plus élevées sont également concernées, mais avec des niveaux d’aides très faibles (de l’ordre de 2 à 4 %). Bien sûr, dans tous les cas de figure, les aides ne sont possibles que si les équipements ont été installés par un professionnel qualifié RGE. Aussi, au-delà de la revalorisation annoncée, l’enjeu pour les professionnels des secteurs des énergies renouvelables est de faire connaître ces dispositifs qui, s’ils se distinguent par les niveaux des aides proposés, peuvent en revanche se révéler complexes à solliciter.
