Afin de soutenir le développement de contrats de long terme d’approvisionnement en électricité (power purchase agreement ou PPA), le gouvernement a présenté un nouveau fonds de garantie destiné aux industriels. Il vise à couvrir le risque de défaut des acheteurs et permettrait de sécuriser une partie du coût d’approvisionnement en électricité renouvelable. Le dispositif sera opéré par Bpifrance, la banque publique d’investissement dont la mission est de financer le développement des entreprises, et pourrait concerner des PPA à partir de 2023. La somme constituant le fonds n’est pas encore précisée, mais ce dernier sera dimensionné pour couvrir la consommation équivalente à une ville comme Bordeaux. Il devrait être en partie alimenté par les revenus excédentaires des contrats de complément de rémunération en période de prix de marché supérieur aux tarifs d’achat public.
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Nette progression du marché en 2021
En complément de son travail sur les applications individuelles solaires thermiques, Observ’ER vient de mettre en ligne un second volet consacré aux installations collectives en France. Cette étude associe un suivi quantitatif des ventes du segment à un volet qualitatif, qui commente plus en détail l’actualité des 18 derniers mois. Si, globalement, l’orientation du marché français a été en nette progression en 2021, la bonne activité (33 120 m2, départements et régions d’Outre-mer compris) a surtout été le fait d’opérations de grande taille. En effet, trois réseaux de chaleur (Narbonne, Pons et Cadaujac) ont permis l’ajout d’un total de près de 5 700 m2 de capteurs solaires thermiques. Dans le secteur industriel, les résultats ont été encore plus impressionnants avec notamment la mise en service de la centrale solaire du site de la malterie franco-suisse à Issoudun (15 580 m2). Ces projets sont le plus souvent issus du dispositif d’appels à projets animé par l’Ademe, qui vise spécifiquement ce type de réalisations, et dont les lauréats bénéficient de subventions à l’investissement provenant du Fonds chaleur. Après plusieurs années de gestation, plus d’une quinzaine d’installations solaires thermiques de grande surface sur sites industriels ou réseaux de chaleur sont ainsi dernièrement entrées en service en France. La crise économique a jeté une lumière nouvelle sur les technologies solaires thermiques et plusieurs très grosses réalisations ont été mises en place, venant valider techniquement les solutions. Ce segment est désormais l’un des principaux relais de croissance identifiés par les professionnels de la filière. L’étude est en téléchargement libre sur le site de l’Observatoire des énergies renouvelables.
Énergies marines, un potentiel largement inexploité
Le dernier baromètre EurObserv’ER publié en octobre traite des énergies marines renouvelables dans l’Union européenne. Les énergies marémotrice, houlomotrice, hydrolienne, ou encore thermique des mers, bien que très peu développées à l’échelle industrielle, comptent de nombreux prototypes. Ces sources peuvent présenter plusieurs avantages pour le réseau électrique : leurs productions sont relativement stables dans l’année et sont aisément prédictibles. Surtout, leur potentiel est énorme. En 2021, l’Union européenne comptait 21 sites en activité, soit 249,2 MW installés. Leur production s’est élevée à 502,8 GWh, en grande majorité issue de l’usine marémotrice de La Rance en France qui reste aujourd’hui encore, et de loin, la principale installation d’énergie marine en Europe (240 MW). D’ici 2030, l’Europe souhaite atteindre 1 GW d’installations et 40 GW en 2050. C’est l’une des raisons pour lesquelles la Commission soutient financièrement la quasi-totalité des projets pilotes à travers différents programmes, tels que Forward-2030 qui vise à accélérer le déploiement des projets marémoteurs. Pour Ocean Energy Europe, l’association regroupant les professionnels de la filière, ce sont près de 100 GW qui pourraient être installés en Europe à l’horizon 2050.
50 % de croissance dans le résidentiel en 2021
Observ’ER vient de mettre en ligne deux études de suivi du marché des applications individuelles solaires thermiques en France. Une première analyse se penche sur les chiffres du marché 2021 et les résultats sont bons. Après plus d’une décennie de bilans décevants, le segment des applications individuelles a connu une croissance particulièrement importante l’an passé. Les ventes de chauffe-eau solaires individuels (CESI) et de systèmes solaires combinés (SSC) ont progressé de plus de 50 % en métropole pour s’établir à 34 550 m2, contre 22 530 en 2020. Dans les territoires d’outre-mer, l’activité enregistre certes un recul en 2021 (89 050 m2 contre 101 285 m2 en 2020) mais reste à un niveau largement supérieur à celui de la métropole. Portés par des subventions finançant une large part des équipements, les chauffe-eau solaires individuels équipent désormais une bonne partie des particuliers des départements et régions d’outre-mer (DROM). La seconde étude est qualitative. Elle se base sur une dizaine d’entretiens avec des professionnels du secteur. Pour les acteurs du marché, la crise énergétique, l’augmentation des prix de l’électricité ou du gaz et la volonté d’autonomie toujours plus affirmée de la part des consommateurs sont les moteurs de ce rebond. Leurs perspectives à moyen terme sont bonnes puisque l’activité au cours du premier semestre 2022 continue de progresser. Les entreprises saluent également le rôle de MaPrimeRénov’, qui a permis d’élargir le nombre de consommateurs concernés, car le dispositif propose des aides financières bonifiées pour les revenus les plus modestes. En revanche, les professionnels estiment que la nouvelle réglementation environnementale des bâtiments neufs, la RE2020, ne valorise pas correctement les solutions solaires, prolongeant ainsi un biais déjà dénoncé dans la précédente réglementation (RT2012). Les deux études sont librement disponibles en téléchargement sur le site d’Observ’ER.
Renouvelables en Europe : le défi à relever d’ici à 2030
Dans sa mission d’observation des dynamiques des énergies renouvelables en Europe, EurObserv’ER propose une première estimation de la part de ces filières dans la consommation brute d’énergie finale pour chacun des États membres de l’Union européenne à fin 2021. Alors que l’UE à 27 avait affiché un ratio global de 22,09 % fin 2020, réalisant ainsi son objectif de 20 %, l’ensemble de l’Union aurait peu progressé en 2021. Les premières estimations avancent une part de 22,45 %, soit 0,36 point de mieux en un an. L’ensemble des filières renouvelables a fourni 15,2 Mtep d’énergie en plus l’an passé, passant de 209,6 à 224,8 Mtep, soit une croissance de 7,3 %. Toutefois, la consommation totale brute d’énergie finale (renouvelable et non renouvelable) de l’Union européenne aurait nettement augmenté, passant de 948,9 à 1 001,6 Mtep (+5,6 %). Ce phénomène s’explique essentiellement par l’effet de rattrapage de l’activité économique après une année 2020 marquée par un exceptionnel ralentissement mondial. La photo détaillée par pays permet de se rendre compte que des États membres auraient reculé en 2021, passant même pour certains en deçà de leur objectif fixé à fin 2020. C’est le cas du Luxembourg (passant de 11,7 % à 10,01 % pour un objectif 2020 à 11 %), de la Belgique (passant de 13 % à 11,4 % pour un objectif 2020 à 13 %) mais surtout de l’Irlande (passant de 16,16 % à 12,87 % pour un objectif 2020 à 16 %). Ces pays avaient utilisé en 2020 un mécanisme de flexibilité prévu par la directive énergies renouvelables permettant d’afficher dans leur bilan des Mtep produits dans un autre pays de l’Union avec lequel ils auraient passé un accord. Les données sur les transferts réalisés en 2021 n’étant pas encore publiques, EurObserv’ER ne les a pas intégrées dans sa simulation. La publication des premiers résultats officiels, probablement fin décembre, sera l’occasion de voir si ces pays ont reconduit ces transferts statistiques. Et la France dans tout cela ? Elle gagne à peine 0,2 point avec 19,3 % de part des énergies renouvelables dans son bilan total. Le pays, qui n’avait pas eu recours à des transferts l’an passé, n’a donc toujours pas atteint le seuil de 23 % fixé pour 2020 et affiche désormais une différence de 13,7 points à combler d’ici à 2030 pour atteindre le prochain objectif de 33 %. Le défi est gigantesque. D’une part, il implique une croissance deux fois plus importante des énergies renouvelables que celle constatée au cours de la dernière décennie. D’autre part, l’objectif national devrait, en toute logique, encore être rehaussé si l’Union européenne valide son programme RepowerEU qui vise une part de 45 % d’énergies renouvelables en 2030, contre 40 % pour l’instant.
La nappe du Dogger exploitée à Saint-Denis
Après la biomasse, la géothermie. Le Syndicat mixte des réseaux d’énergie calorifique (Smirec) prévoit d’exploiter la nappe du Dogger qui se cache sous le Bassin parisien pour alimenter le réseau de chaleur de Saint-Denis, l’Île-Saint-Denis, Stains et Pierrefitte, dans le département de la Seine-Saint-Denis, en complément des chaufferies bois existantes. Si celles-ci permettent d’atteindre actuellement un taux d’énergie renouvelable de 55 %, le délégataire prévoit en effet d’étendre le réseau de 9 km vers le centre-ville d’Aubervilliers et les nouveaux quartiers de Port chemin vert et du Fort, et souhaite garder un taux d’alimentation par les énergies renouvelables supérieur à 50 %. Deux forages seront creusés à l’est de la commune de Saint-Denis, à un peu plus de 1 600 mètres de profondeur. Le premier extraira de l’eau du Dogger à environ 57 °C, qui sera réinjectée après utilisation via le second forage. Des pompes à chaleur (18 MW) récupéreront de la chaleur sur l’eau des retours du réseau pour la transférer à l’eau de départ. L’eau sera ainsi réinjectée non pas à 45 °C mais à 33 °C en moyenne sur l’année. L’ensemble de l’installation devrait ainsi permettre de produire 50 GWh/an, pour des besoins estimés à Aubervilliers à 52,7 GWh/an en 2025, l’appoint se faisant au gaz. L’investissement total représente 31 millions d’euros dont 9,5 millions apportés par l’Ademe et la région Île-de-France. L’enquête publique est actuellement en cours, les travaux devant débuter en février 2023 pour une mise en service à l’été 2024.
Réseau de chaleur de plus en plus vert à Soissons
La Ville de Soissons (Hauts-de-France) a confié à Idex la délégation de service public de son réseau de chaleur pour une période de 20 ans. Le nouveau délégataire aura pour mission de poursuivre la mue du réseau vers 85 % d’énergies renouvelables (contre 46 % actuellement) et ainsi de permettre à l’équivalent des 2 550 logements raccordés de profiter d’une énergie vertueuse. Une nouvelle chaufferie biomasse sera réalisée et la consommation d’électricité totale du réseau sera alimentée à 100 % par des sources renouvelables. Par ailleurs, le réseau sera modernisé et étendu, passant de 9,9 km à 26 km. Soixante sous-stations supplémentaires seront créées afin de concrétiser ce projet qui s’adresse aussi bien aux logements individuels qu’à l’habitat social et collectif. Le projet pourra bénéficier du soutien financier de l’Ademe, via son Fonds chaleur, du mécanisme des Certificats d’Économies d’Énergie ainsi que d’un dispositif de financement participatif qui proposera des taux bonifiés pour les Soissonnais.
L’État s’intéresse enfin à la géothermie de surface
Le Haut-Commissariat au Plan, organe de l’État chargé de la réflexion prospective, a publié un plan destiné à développer la géothermie de surface (jusqu’à 200 mètres de profondeur). Élaboré avec l’appui du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), il décline un plan d’action en quatre volets pour rendre effectif le déploiement de cette énergie sur l’ensemble du territoire métropolitain. Le premier concerne la formation de professionnels du secteur avec un programme de sept ans pour 60 millions d’euros. Le second concerne l’offre de forage et d’équipement de chauffage des professionnels avec une montée en puissance sur sept ans pour pouvoir répondre à une future demande. Le troisième se concentre sur l’accessibilité au niveau des particuliers et des consommateurs tertiaires afin de réduire les coûts d’investissement et le risque financier grâce à des soutiens publics et ciblés. Enfin le quatrième volet propose de cartographier le territoire selon les zones les plus propices, notamment pour réduire les coûts et les risques des forages. La géothermie est aujourd’hui le moyen de chauffage renouvelable le moins développé en France. Elle présente pourtant un réel intérêt de par sa longévité et ses très faibles émissions de gaz à effet de serre, comme l’explique Observ’ER dans sa dernière étude qualitative du marché des pompes à chaleur individuelles.
Un car retrofité au biogaz en Auvergne Rhône-Alpes
Lors du salon Autocar Expo qui s’est tenu le 13 octobre dernier, la Région Auvergne-Rhône-Alpes, CRMT (Centre de Recherche en Machines Thermiques), le groupe isérois de transport Berthelet, l’Ademe et GRDF ont présenté un car scolaire diesel converti au biogaz. Les cars scolaires roulent en moyenne 20 000 kilomètres par an, sont contrôlés tous les six mois et sont donc en très bon état après plusieurs années d’utilisation. Ils n’ont pas besoin d’une grande autonomie (300 kilomètres) et n’utilisent pas ou peu les soutes à bagages qui peuvent donc accueillir les réservoirs de gaz. Ce car retrofité est le premier d’une série de 16 véhicules qui seront affectés à des lignes de transport scolaire autour de Crémieu, dans le Nord-Isère.
Plan de transition à La Réunion
La Région Réunion et l’Agence Française de Développement (AFD) ont signé le 5 octobre une convention pour le développement des énergies renouvelables. En plus de ces deux organismes étaient également présents les représentants de la SPL Horizon (Société publique locale pour la transition énergétique à la Réunion). D’après Marie-Pierre Nicollet, directrice de l’Agence Réunion de l’AFD, trois points principaux seront étudiés : l’élaboration d’un plan solaire, la prospective sur les gisements en biomasse, et les bases d’un futur plan hydrogène vert. La présidente de Région, Huguette Bello, a qualifié ce partenariat d’« historique ». Le président de la SPL Horizon, Jean-Pierre Chabriat, affirme croire « en l’autonomie énergétique de l’île », qui aujourd’hui reste malgré tout dépendante à plus 87 % des énergies fossiles.
