Notre guide des formations est en ligne !

La nouvelle version du Guide des formations aux énergies renouvelables édité par l’Observatoire des énergies renouvelables (Observ’ER) est disponible en ligne et interrogeable grâce à un moteur de recherche. Cette nouvelle base de données permet de choisir la formation souhaitée selon plusieurs critères : région, type de formation, filière, niveau… Ce guide se révélera utile aux étudiants devant renseigner leurs vœux dans Parcoursup : il présente 300 formations ayant trait aux énergies renouvelables et à l’écoconstruction, allant de BAC+2 à Bac+5. Les professionnels en recherche de qualifications supplémentaires pourront consulter les formations continues de longue durée ou de courte durée ou les formations dispensées par des industriels et des bureaux d’études. Le guide en version papier est par ailleurs toujours disponible ICI.

Centrale solaire thermique pour Lactalis

Le fournisseur de chaleur renouvelable, Newheat, a inauguré le 8 décembre sa centrale solaire thermique, baptisée Lactosol et située à Verdun (55). Elle alimente l’un des sites du groupe Lactalis qui transforme le lactosérum liquide, coproduit issu de la fabrication du fromage, en poudre de lactosérum destinée à l’industrie agroalimentaire. Couvrant une superficie de 15 000 m², ce projet d’envergure vise à réduire de 2 000 tonnes par an les émissions de CO2 de la tour de séchage du site, soit environ 7 % des émissions totales. La tour de séchage, inaugurée en novembre 2021, était initialement alimentée par une chaudière à gaz. Lactalis poursuit ses efforts en matière d’efficacité énergétique en installant une chaudière biomasse d’ici à 2026, remplaçant près de 50 % du gaz consommé par une énergie renouvelable.

Des projets citoyens en Occitanie

Au cours de la dernière décennie, le mouvement des énergies citoyennes s’est développé en Occitanie. Au fil du temps, les initiatives visant à monter des projets d’énergies renouvelables gérés localement ont essaimé sur le territoire, ont bénéficié de l’appui la Région et de l’Ademe et se sont fédérées autour des réseaux Énergies Citoyennes Locales et Renouvelables (ECLR Occitanie) et Énergie Partagée. En 2023, le territoire d’Occitanie compte 200 projets citoyens de différentes tailles et déployés sur plusieurs technologies (petites toitures accueillant du photovoltaïque, parc de 6 éoliennes…). Au total, ces installations représentent 23 MW de puissance, et produisent 49 GWh par an. 7 millions d’euros d’épargne ont été investis dans ces projets coopératifs, portés par 130 collectivités actionnaires et 7 300 citoyens occitans sociétaires. Pour les années à venir, les initiatives d’énergie coopérative pourront de nouveau compter sur le soutien de la Région Occitanie et de l’Ademe. Ces derniers ont signé avec ECLR Occitanie une nouvelle convention, le 13 décembre 2023, lors du salon Energaïa.

La géothermie au service de la menuiserie

Désormais, au sein de la Menuiserie Meslin (Groupe Lorillard), à La Haye (Manche), les Compagnons menuisiers travaillent à une température stable. Un système géothermique a été inauguré en octobre dernier, après un an de travaux. Il assure le chauffage et la climatisation des 5 000 m² d’ateliers et de bureaux alors qu’auparavant seule une partie des bureaux était chauffée par une chaudière au fioul. Avoir une température régulière facilite également la production. Dans l’atelier, les variations de température et d’hygrométrie au gré des saisons et de la météo jouaient en effet sur la stabilité du bois et sur la durée de séchage des menuiseries et des colles cellulosiques. Le dispositif a nécessité un investissement de 450 000 € financé en partie par l’Ademe. Il comprend 23 sondes géothermiques installées dans des puits de forage à 100 mètres de profondeur et reliées à 4 pompes à chaleur de 50 kW. Les sondes ont été fournies par la société Elydan, spécialiste de la géothermie, qui propose également des systèmes de captage horizontaux et par corbeilles. Ces dernières sont depuis cet automne proposées avec des tubes spiralés qui réduisent, selon la société, jusqu’à 20 % la résistance thermique du fluide caloporteur et les pertes de charges par rapport à des tubes lisses standards, et assurent ainsi une meilleure restitution de la chaleur et du froid. Le dimensionnement de l’installation a, lui, été réalisé par le bureau hydrogéologie Études & Mesures Philippe Berlandier (EMPB).

La Réunion passe du fioul à la biomasse

Le 4 décembre, EDF, via sa filiale Production Énergie Insulaire (PEI) a inauguré sa centrale électrique de Port-Est située sur l’île de La Réunion qui vient d’être convertie à la biomasse solide. Équipée de douze moteurs initialement alimentés au fioul, la centrale tourne désormais à la biomasse liquide issue d’huile de colza. Cette initiative vise à soutenir l’objectif de la Réunion d’atteindre 100 % d’énergies renouvelables d’ici 2030, tout en réduisant chaque année les émissions de CO₂ de 500 000 tonnes. « La consommation en biomasse liquide sera de l’ordre de 120 000 tonnes, pour une production de plus de 500 GWh/an », précise l’étude d’impact du projet. Certifiée conforme aux normes de durabilité de la directive européenne sur les énergies renouvelables (RED 2), la biomasse liquide améliore la qualité de l’air en éliminant les émissions de soufre et en réduisant les émissions de poussière tout en garantissant une puissance électrique de 212 MW.

Enchère européenne pour des projets d’hydrogène

La Commission européenne lance les premières enchères organisées par la banque européenne de l’hydrogène afin de soutenir la filière. Un montant initial de 800 millions d’euros est mis à disposition par l’intermédiaire du Fonds pour l’innovation. Ces enchères prennent la forme d’une prime fixe par kilo d’hydrogène produit, attribuée au producteur. Elles visent à combler l’écart entre les coûts de production et le prix que les consommateurs sont aujourd’hui disposés à payer. Ces enchères contribuent à l’objectif du plan REPowerEU consistant à produire 10 millions de tonnes d’hydrogène sur le marché intérieur d’ici à 2030. Dans le cadre des enchères pilotes, les producteurs d’hydrogène renouvelable pourront soumettre des offres en vue d’obtenir une aide de l’UE pour un certain volume de production d’hydrogène. Ces offres devront reposer sur une proposition de surprix par kilogramme d’hydrogène renouvelable produit, limité à 4,5 €/kg. La subvention accordée pour les projets sélectionnés s’ajoutera aux recettes des ventes d’hydrogène réalisées, pendant une durée maximale de 10 ans. Une fois les conventions de subvention des projets signées, les industriels ont cinq ans pour commencer à produire. Les promoteurs de projets ont jusqu’au 8 février 2024 pour soumettre leur demande. La Commission propose un nouveau mécanisme dit « Auctions-as-a-Service », pour les projets qui n’ont pas pu bénéficier de la prime et prévoit également de lancer un deuxième cycle d’enchères en 2024.

Avis de l’Ademe sur le bois énergie

Le 20 novembre, l’Ademe a publié un avis sur le bois énergie. L’institution confirme son soutien au développement de la filière. Le bois énergie est la première source d’énergies renouvelables en France, représentant 33 % de la consommation d’énergie. Aujourd’hui en France, 1  Français sur 4 se chauffe au bois. Cette énergie peut prendre différentes formes : cheminées, inserts, poêles et chaudières à bûches ou granulés. Dans les logements collectifs ou sur les sites industriels, ce sont des chaufferies, qui s’approvisionnent en bois issus de la forêt, en résidus de bois des scieries, en déchets de bois, en bois d’élagage de haies ou de bocage. L’Ademe rappelle que tout en accompagnant la croissance des besoins en énergie renouvelable, il est important de maintenir une priorité à des usages en tant que matériau pour venir en alternative à des produits non renouvelables tels que l’acier ou encore le béton. La chaleur produite à partir de bois génère des impacts environnementaux. La filière est consciente de ces limites et œuvre pour les limiter. L’Ademe a fait plusieurs recommandations sur l’origine du bois et les pratiques sylvicoles et aussi pour limiter les émissions polluantes du bois énergie.

Limoges Métropole décarbone à l’énergie fatale

Le 21  novembre, Limoges Métropole et Engie Solutions ont annoncé le lancement de deux projets de réseau de chaleur pour alimenter plus largement la ville en chaleur durable. Le premier réseau desservira le centre-ville et permettra d’étendre et de verdir le réseau de chaleur existant de l’Hôtel de Ville. Les installations passeront de 740 mètres linéaires et 10 sous-stations à 23 kilomètres et 135 points de livraison pour distribuer 64 GWh à quelque 9 470 équivalents-logements. La nouvelle Chaufferie de l’Est sera, à terme, alimentée majoritairement par la Centrale Énergie Déchets de Limoges Métropole (CEDLM). Grâce à la récupération de la chaleur fatale, issue de l’incinération des déchets, le réseau sera alimenté à terme à 97 % d’énergies renouvelables et de récupération. Pour limiter au maximum les perturbations occasionnées aux riverains, les travaux s’étaleront entre 2023 et 2028 pour une mise en service lors de la saison de chauffe 2028-2029. Le second réseau de chaleur servira la Rive Gauche de la ville. Il va tirer parti de l’énergie fatale des eaux usées de Limoges Métropole. La métropole profite en effet des travaux de modernisation de la STEP (station d’épuration principale) pour installer un système de récupération de la chaleur des eaux de rejet. Trois pompes à chaleur valoriseront les calories récupérées pour alimenter le réseau de chaleur. En complément, une chaudière biomasse d’une puissance de 8,5 MW sera installée dans la centrale de production. Alimentée par de la biomasse d’origine locale, elle permettra au réseau d’atteindre près de 98 % d’énergie renouvelable. Avec 14,3 km de réseau et 40 GWh distribués à 51 points de livraison, ce réseau de chaleur permettra de distribuer environ 5 880  équivalents-logements.

Aux Lilas, les forages géothermiques ont commencé

UniGéo entre en action. La société, créée en février 2022 par le Syndicat intercommunal de la périphérie de Paris, pour les énergies et les réseaux de Communication (Sipperec) et les villes des Lilas, de Pantin et du Pré Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis), a démarré en septembre les travaux de forage pour l’installation, aux Lilas, de la centrale géothermique du réseau de chaleur intercommunal. Quatre puits (deux de production et deux de réinjection) doivent être creusés pour atteindre 1  600 mètres de profondeur et pouvoir exploiter les calories de la nappe du Dogger à environ 57 degrés. Pour cela, une foreuse de 40 mètres de haut a été installée en contrebas du Fort de Romainville des Lilas. Afin de réduire le bruit et la pollution liés à l’utilisation de groupes électrogènes, il s’agit d’une foreuse 100 % électrique. Les forages devraient être terminés début 2024. Commenceront alors les travaux de construction du réseau de chaleur, long de 28 km, qui devrait être mis en service progressivement en 2025 pour alimenter 20 000 équivalents logements. Le budget, pour l’ensemble des travaux, s’élève à plus de 80  millions d’euros. Environ un tiers seront payés grâce à des aides de l’Ademe et de la Région Île-de-France.