Publié le 05/03/2026. Les ventes de pompes à chaleur (PAC) ont progressé de 11 % en 2025 par rapport à l’année précédente dans 16 pays européens*, indique l’association européenne des pompes à chaleur (EHPA). Cette reprise redonne des couleurs au marché après une chute sévère enregistrée en 2024. L’an dernier environ 2,63 millions de PAC ont été vendues, contre 2,38 millions en 2024 et près de 3 millions en 2023. Cette progression vient des mesures prises par certains gouvernements, visant à stabiliser la politique de soutien public aux PAC et à réduire leur coût. La Belgique par exemple a introduit de nouvelles restrictions aux chaudières fossiles, tout en réduisant la TVA sur les PAC dans le neuf, menant à une croissance de 7 % des ventes. La France au contraire fait partie des quatre pays où le marché a reculé au lieu d’augmenter, à cause des interruptions et révision du soutien public. « Le fait que la fiscalité permet de modifier les comportements est le B.A.-BA des règles de gouvernement, rappelle Paul Kenny, directeur général de l’EHPA. Les pays européens doivent agir rapidement pour réduire les taxes sur les pompes à chaleur et l’électricité afin qu’elles deviennent le choix le plus compétitif. Cela doit être consolidé par des politiques stables. C’est ainsi que l’Europe pourra faire passer son système énergétique d’une dépendance vis-à-vis d’importations provenant d’acteurs imprévisibles à une autosuffisance durable. Les événements du week-end en Iran montrent plus clairement que jamais la nécessité d’une telle mesure. »
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Un centre commercial de Hyères passe à la géothermie
Publié le 05/03/2026. Le 2 mars, Accenta, entreprise française spécialisée dans la décarbonation des bâtiments grâce à l’intelligence artificielle et à la géothermie, annonce la décarbonation du centre commercial Centr’Azur à Hyères (Var) grâce à l’installation d’une solution de géothermie basse température, permettant au site d’être désormais chauffé à 100 % par une énergie renouvelable. Les travaux, lancés en septembre 2025, ont consisté à déployer 600 mètres linéaires de sondes géothermiques verticales implantées jusqu’à 200 mètres de profondeur afin d’exploiter la température stable du sous-sol comprise entre 13 et 16°C. En hiver, la chaleur captée est transférée au bâtiment via une pompe à chaleur, tandis qu’en été le système fonctionne en géocooling pour rafraîchir naturellement les espaces sans climatisation énergivore ni rejet d’air chaud. Cette installation permet la suppression définitive de la chaudière gaz et évite l’émission de 19,3 tonnes de CO₂ par an. Elle entraîne également une réduction de 59 % de la consommation énergétique des parties communes, améliore le confort thermique toute l’année pour les visiteurs et commerçants, stabilise les charges énergétiques, limite l’exposition aux fluctuations du prix du gaz.
Notre annuaire des formations est en ligne !
Publié le 05/03/2026. La nouvelle version de l’annuaire des formations aux énergies renouvelables édité par l’Observatoire des énergies renouvelables (Observ’ER) est consultable en ligne grâce à un moteur de recherche. Cette nouvelle base de données permet de choisir la formation souhaitée selon plusieurs critères : région, type de formation, filière, niveau… Cet annuaire présente 204 formations ayant trait aux énergies renouvelables et à l’écoconstruction, allant de BAC+2 à Bac+5. Les professionnels en recherche de qualifications supplémentaires pourront consulter les formations continues de longue durée ou de courte durée ou les formations dispensées par des industriels et des bureaux d’études. Selon Stéphane Ducuing, qui a identifié les différentes formations : « La palette des formations incluant les énergies renouvelables dans le secteur de l’énergie s’est élargie à tous les échelons d’enseignement, du bac professionnel au master spécialisé en passant par les licences professionnelles ou plus récemment les Bachelors Universitaires Technologiques (BUT). La période post-covid a fondamentalement modifié les formats d’enseignement et a permis de toucher un public plus vaste et plus diversifié. La mise à jour de cette année offre un focus complet sur les cursus et les débouchés de la filière, qui se révèlera tout aussi utile à l’étudiant faisant ses vœux sur Parcoursup qu’à l’ingénieur cherchant à se spécialiser ou l’installateur souhaitant renforcer ses compétences. »
Biométhane made in Bretagne
Publié le 26/02/2026. Le 19 février, Tenea Énergies a réalisé sa première injection de biométhane dans le réseau grâce à un méthaniseur développé en Ille-et-Vilaine. Créée en 2021 suite à l’alliance entre Homea et Tenergie, l’entreprise vise à accélérer la méthanisation à la ferme, de taille moyenne. Ce premier projet, développé avec un couple d’agriculteurs locaux, valorise effluents d’élevage, sous-produits végétaux, optimise les ressources agricoles et renforce l’autonomie énergétique du territoire. Avec une production de 115 Nm³/h, le site couvrira l’équivalent de la consommation de 2 000 foyers et contribuera à la décarbonation du mix gazier. Deux autres chantiers sont actuellement en phase finale de réalisation et douze nouveaux chantiers seront prochainement ouverts. Au total, plus de 70 projets de méthanisation sont portés par Tenea Énergies.
Bilan des appels d’offres de la PPE2
Publié le 26/02/2026. La Commission de régulation de l’énergie a publié un état des lieux au 30 juin 2025 des appels d’offres lancés dans le cadre de la programmation pluriannuelle de l’énergie 2029-2028 (PPE2) pour la production d’électricité renouvelable. Le rapport couvre les filières photovoltaïques et éolienne terrestre. Pour ces deux technologies, 2 074 projets ont été retenus entre fin 2021 et mi-2025, pour une puissance cumulée de 18,2 GW, soit 78 % des volumes appelés. Les aides associées aux contrats de rémunération accordés à ces lauréats représenteraient en moyenne 238 millions d’euros par an entre 2024 et 2047 (5,7 milliards d’euros au total sur la période), dans un scénario où le prix de marché atteindrait 70 €/MWh en 2030. Il ressort également du rapport que les prix proposés lors des dernières périodes fin 2025 diminuent pour le photovoltaïque. Ils s’établissent à 96,48 €/MWh pour les installations sur bâtiment (-5 % depuis mi-2023) et à 74,13 €/MWh pour le solaire au sol (-10 %). L’éolien terrestre, lui, se maintient à 86,62 €/MWh. En outre, le paysage concurrentiel demeure diversifié, sans acteur en position dominante. EDF (9 % des projets), Neoen (8 %) et Urbasolar (5 %) restent les principaux groupes lauréats des projets. Enfin, du point de vue de la provenance des équipements, plus de 96 % des capacités éoliennes retenues reposent sur des turbines européennes, dominées par Vestas et Nordex, tandis que 89 % des panneaux photovoltaïques des projets sur bâtiment sont d’origine asiatique.
L’hôpital de Lannemezan opte pour la biomasse
Publié le 19/02/2026. La mise en service de la nouvelle chaufferie biomasse de l’hôpital de Lannemezan (Hautes-Pyrénées) marque une avancée vers une énergie locale et durable, couvrant désormais 86 % des besoins en chauffage et eau chaude sanitaire du site. D’une puissance de 1,1 MW, elle remplace 17 anciennes chaudières gaz et permet une baisse de 19,5 % des consommations énergétiques ainsi qu’une réduction de 7 464 tonnes de CO₂ sur huit ans. Exploitée par Engie Solutions, elle est alimentée avec des plaquettes forestières provenant d’un rayon de 40 kilomètres, garantissant un approvisionnement local et limitant l’empreinte carbone du transport. Deux chaudières gaz d’appoint assurent la continuité de service en cas de pic de demande ou de maintenance. La chaleur est distribuée via un réseau interne de 2,5 kilomètres reliant les bâtiments. Soutenu par l’Union européenne, la Région Occitanie et l’Ademe, le projet a bénéficié de 3,9 millions d’euros de subventions couvrant près de 90 % de l’investissement, rendant sa réalisation possible. Cette installation renforce la sécurité énergétique de l’hôpital, réduit sa dépendance aux énergies fossiles, stabilise ses coûts et contribue concrètement à la transition énergétique du territoire.
À Villetaneuse, une nouvelle centrale géothermale exploite le Dogger
Publié le 19/02/2026. Grâce à la nappe du Dogger, l’Île-de-France est la première région géothermale de France. Parmi les centrales exploitant les calories de ces eaux souterraines, il faut désormais compter celle de Villetaneuse, d’une puissance géothermale d’environ 11 MW, inaugurée en décembre dernier. Un doublet géothermique permet d’utiliser l’eau puisée à environ 60°C à 1 700 mètres de profondeur, pour alimenter le nouveau réseau de chaleur du Syndicat Mixte des Réseaux d’Énergie Calorifique (SMIREC) déployé sur la ville et sur ses voisines Épinay-sur-Seine et Pierrefitte-sur-Seine (commune déléguée de Saint-Denis). Des pompes à chaleur rehaussent la température ce qui permet d’atteindre une production de 55 000 MWh/an, soit de quoi couvrir 67 % des besoins en chauffage des abonnés et éviter l’émission d’environ 9 000 tonnes de CO₂ par an. Le complément est assuré par du gaz qui devrait être remplacé ultérieurement par du biométhane. Actuellement en cours de construction, le réseau de chaleur fera à terme 18,5 km. Ses 70 sous-stations permettront de chauffer l’équivalent de 10 000 logements (logements sociaux, copropriétés et équipements publics, dont l’université). Le projet est porté en régie publique pour un montant total de 63,5 millions d’euros, et soutenu à hauteur de 26,7 millions d’euros par le Fonds Chaleur de l’Ademe et la Région Île-de-France. L’ensemble des réseaux du SMIREC dessert aujourd’hui 85 000 équivalents logements et constitue le deuxième réseau le plus important d’Île-de-France.
Les énergies renouvelables ont généré 2,2 milliards de retombées fiscales en 2024
Publié le 19/02/2026. À l’approche des élections municipales, le syndicat des énergies renouvelables (SER) alimente le débat public avec une étude consacrée aux recettes fiscales générées par les filières renouvelables dans les territoires. Réalisé par Columbus Consulting, ce travail évalue les retombées fiscales directes (Ifer, taxe foncière, CFE, redevances spécifiques), indirectes – notamment via la TVA liée à l’installation et à la maintenance des équipements, dont 25 % sont reversés aux collectivités – ainsi que la fiscalité des entreprises de la chaîne de valeur (emplois, bases foncières, contribution économique locale) à l’échelle de la France métropolitaine. Selon cette analyse, fondée sur le parc et l’activité de 2024, les énergies renouvelables produisant électricité, chaleur ou froid ont généré 2,172 milliards d’euros de recettes fiscales locales. Près de 77 % de ces ressources bénéficient directement aux communes et intercommunalités, contre 15 % pour les départements et 8 % pour les régions. Une manne bienvenue dans un contexte marqué par la baisse des dotations de l’État. L’étude souligne également le rôle structurant des renouvelables dans les territoires ruraux : 85 % des communes accueillant au moins un parc éolien comptent moins de 2 000 habitants. Dans celles de moins de 500 habitants, les recettes liées aux renouvelables représentent en moyenne près d’un quart des recettes fiscales locales. À titre d’exemple, un parc de quatre éoliennes de 2,5 MW génère environ 77 000 euros par an pour le bloc communal, soit de quoi financer la rénovation énergétique d’une école primaire en moins de sept ans. L’ensemble des résultats est accessible à travers un atlas interactif qui permet de visualiser filière par filière et pour chaque niveau de collectivité locale, les retombées fiscales générées.
Nouveau réseau de chaleur pour la métropole lilloise
Publié le 12/02/2026. La Métropole Européenne de Lille a confié à un groupement réunissant Coriance et la Banque des Territoires, la création et l’exploitation d’un réseau de chaleur urbain intercommunal desservant Tourcoing, Wattrelos, Bondues et Neuville-en-Ferrain dans le cadre d’une délégation de service public de 20 ans. Alimenté à 95 % par des énergies bas-carbone issues principalement de la biomasse et de la chaleur fatale industrielle et des eaux usées, le réseau permettra d’éviter environ 22 000 tonnes de CO2 par an. Les partenaires investiront 117 millions d’euros pour construire une chaufferie biomasse de 26 MW, installer des pompes à chaleur, intégrer un stockage d’énergie de 300 m3 et prévoir des chaudières gaz d’appoint et de secours. À terme, 134 GWh de chaleur seront livrés chaque année, soit l’équivalent du chauffage de près de 15000 logements, via un réseau de 46 kilomètres et 219 sous-stations. La mise en service sera progressive jusqu’en 2031. Ce projet vise à fournir une chaleur locale, durable et compétitive, notamment dans les zones de renouvellement urbain.
PPE3 : coup de frein sur l’éolien terrestre et le photovoltaïque
Publié le 12/02/2026. Après avoir finalement adopté son budget pour 2026, le gouvernement entend publier le vendredi 13 février la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3), attendue depuis près de trois ans. Cette feuille de route énergétique, qui fixe les orientations du pays jusqu’en 2035, aurait en effet dû être adoptée avant le 1er juillet 2023. Le gouvernement envoie des signaux contrastés aux filières des énergies renouvelables. Certes, aucun moratoire ne sera appliqué mais les objectifs assignés à l’éolien et au photovoltaïque sont nettement revus à la baisse par rapport à la version précédente du texte. Pour l’éolien terrestre, la cible est désormais fixée à 31 GW de capacité raccordée en 2030, puis entre 35 et 40 GW en 2035, contre respectivement 33 GW et une fourchette de 40 à 45 GW auparavant. Un nouveau rythme qui se situe entre les trajectoires R2 et R3 du bilan prévisionnel de RTE de décembre dernier. Cependant, avec 24 GW actuellement en service et 13,5 GW de projets déjà retenus toujours en cours d’instruction, les marges de manœuvre pour lancer de nouveaux parcs via de futurs appels d’offres apparaissent très limitées. En mer, la réduction est plus mesurée. La nouvelle trajectoire prévoit 15 GW d’éolien offshore installés en 2035, contre 18 GW annoncés précédemment. Cette révision entérine surtout le retard pris dans le lancement d’un appel d’offres stratégique d’environ 8 à 10 GW, attendu par la filière depuis plus d’un an. Le photovoltaïque connaît lui aussi un ajustement à la baisse. La PPE3 vise désormais 48 GW de capacité installée en 2030 (trajectoire R3 du bilan RTE) et entre 55 et 80 GW en 2035 (de R2 à au-delà de R3 du bilan RTE), contre 54 GW et une fourchette de 65 à 95 GW dans la version initiale. Après avoir atteint en fin d’année dernière 30 GW de puissance cumulée, grâce notamment à une année 2025 marquée par près de 6 GW de nouvelles capacités raccordées, le secteur devrait désormais évoluer à un rythme annuel proche de 3,5 GW, soit un ralentissement de 40 %. Les professionnels redoutent que ces coups de frein ne fragilisent les efforts de structuration engagés ces dernières années, avec à la clé une casse sociale. Au-delà du seul secteur électrique, la décarbonation de la chaleur – qui représente plus de 40 % de la consommation d’énergie – constitue également un enjeu majeur. La PPE3 prévoit de doubler le rythme actuel de déploiement de la chaleur renouvelable et de récupération. Elle mise en particulier sur l’essor des pompes à chaleur, mais aussi sur le développement du solaire thermique, de la géothermie, du biogaz, du chauffage au bois et des chaufferies biomasse, ainsi que sur l’extension des réseaux de chaleur. Enfin il est à noter que la PPE3 intègre une clause de revoyure en 2027 pour adapter le texte « aux besoins réels ».
