Les lauréats de l’appel à projets pyrogazéification

Publié le 22/01/2026. GRDF a lancé un appel à projets visant à démontrer la faisabilité technique de l’injection dans les réseaux gaziers du biométhane issu de la pyrogazéification, une filière innovante de production de gaz vert. La pyrogazéification repose sur un procédé thermochimique à haute température, sans ou avec très peu d’oxygène. Elle permet de valoriser des résidus organiques solides secs. Après épuration, le gaz produit peut être injecté dans le réseau. Trois entreprises ont été retenues lors de cet appel à projets : Charwood Innovation, Elvéa Energy et Novea. Il permet à GRDF de renforcer ses compétences sur la mise aux spécifications de ce type de gaz et de préparer les réseaux à son intégration. Les premières injections de gaz de pyrogazéification sont attendues dès l’an prochain. GRDF soutient chaque projet à hauteur de 400 000 euros afin de financer les études technico-économiques, les essais technologiques et les travaux nécessaires à l’injection. Les dossiers ont été évalués par un jury associant experts académiques, institutionnels et spécialistes de GRDF, garantissant une sélection rigoureuse. Charwood Innovation se distingue par son ambition de démontrer la faisabilité à l’échelle industrielle et son ancrage sur l’ensemble de la chaîne de valeur. Elvéa Energy propose un procédé optimisé intégrant purification et poste d’injection dédié, avec une forte orientation vers l’industrialisation. Novea valorise son expérience opérationnelle grâce à une unité de démonstration déjà en service et l’intégration d’une brique de méthanation. L’appel à projets cible des unités de taille intermédiaire utilisant aujourd’hui le syngas (gaz de synthèse) localement.

Géothermie : les recommandations de la Cour des comptes

Publié le 22/01/2026. La géothermie, énergie locale, renouvelable et décarbonée disponible en continu, présente de forts atouts pour la transition énergétique mais reste marginale en France, représentant environ 1 % de la consommation finale de chaleur. Dans une nouvelle enquête, la Cour des comptes analyse l’efficacité des soutiens publics dédiés à son développement. Elle constate un écart persistant entre des objectifs ambitieux et un déploiement limité. Les freins identifiés sont principalement les coûts d’investissement élevés, les risques techniques et géologiques ainsi que la complexité et la lenteur des procédures administratives. Les aides mobilisées jusqu’à présent n’ont pas permis de lever ces obstacles. Malgré ses bonnes performances environnementales, la géothermie de surface demeure peu développée, notamment dans le logement collectif. Les objectifs de triplement de la production de chaleur d’ici 2035 apparaissent peu réalistes en l’état. La Cour privilégie la simplification des règles et une meilleure priorisation des soutiens plutôt qu’une augmentation des subventions. La géothermie profonde, surtout destinée aux réseaux de chaleur urbains, est jugée compétitive mais freinée par des investissements initiaux importants et des incertitudes sur la ressource. L’atteinte des objectifs suppose une réduction des délais administratifs et une adaptation de la filière. La géothermie électrogène, limitée en métropole, constitue un enjeu stratégique pour les territoires ultramarins. La Cour conclut que le succès repose avant tout sur une meilleure organisation des soutiens, une gestion plus claire des risques et un renforcement de la connaissance du sous-sol.

Électricité renouvelable : malgré une bonne année 2025, les inquiétudes grandissent

Publié le 22/01/2026. Mercredi 21 janvier, l’Observatoire des énergies renouvelables (Observ’ER) a dévoilé l’édition 2025 de son baromètre de l’électricité renouvelable en France, lors d’une conférence de presse avec les deux partenaires du projet, l’Ademe et la FNCCR. Un document de près de 180 pages qui dresse l’état des lieux de huit filières et analyse leur évolution au cours des douze derniers mois. Le constat est clair : si les capacités installées ont continué de progresser en 2025, les incertitudes sur les trajectoires futures s’accentuent. Avec plus de 5 GW raccordés en un an, le photovoltaïque confirme son rôle de moteur, représentant à lui seul près des trois quarts des nouvelles capacités mises en service. Cette dynamique contraste toutefois fortement avec les difficultés rencontrées par les autres filières. L’éolien terrestre a enregistré son plus mauvais millésime depuis plus de dix ans, tandis que l’éolien en mer peine à rattraper les retards accumulés sur les premiers projets. De son côté, l’hydroélectricité reste cantonnée à la rénovation de l’existant, sans véritables perspectives de nouveaux développements. Au total, l’électricité d’origine renouvelable représente désormais plus de 32 % de la consommation française. Un atout stratégique pour la souveraineté énergétique du pays, dans un contexte géopolitique de plus en plus tendu. Pour maintenir la dynamique à l’horizon 2030 et au-delà, l’ensemble des acteurs de la filière – développeurs, industriels et collectivités – appelle l’État à publier sans plus attendre la nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Attendue depuis trois ans, celle-ci doit fixer des objectifs clairs et donner de la visibilité aux investissements. Mais les professionnels redoutent une révision à la baisse des ambitions, à la suite du bilan prévisionnel publié par RTE en décembre dernier, qui pointait une électrification des usages trop lente menant à une surcapacité de production électrique. Selon les acteurs du secteur, la France dispose aujourd’hui grâce à cela d’une électricité abondante, décarbonée et compétitive – autant de conditions favorables pour accélérer l’électrification de l’économie et la sortie des énergies fossiles, tout en poursuivant le développement des énergies renouvelables

BIOCARBURANTS

Publié le 15/01/2026. Le projet AeroVerde marque le lancement d’une collaboration entre Haffner Energy et IGNIS P2X pour développer des carburants d’aviation durables en Espagne. Le projet repose sur la technologie de Haffner Energy, qui transforme des résidus de biomasse sans conflit d’usage en gaz de synthèse riche en hydrogène. Ce syngaz (gaz de synthèse) permet la production de carburant vert pour l’aviation, Sustainable Aviation Fuel en anglais ou SAF, via différentes voies technologiques. Le CO₂ biogénique généré pourra être combiné à de l’hydrogène renouvelable produit par IGNIS P2X pour fabriquer le carburant. Le programme ReFuelEU Aviation de l’Union européenne impose une incorporation de 6 % de SAF dans le transport aérien d’ici 2030. Pourtant, les SAF ne représentaient que 0,6 % des carburants aériens en Europe en 2024, selon l’Agence européenne de la sécurité aérienne. Une grande partie provenait d’importations de matières premières asiatiques, critiquées pour leur empreinte carbone par l’International Air Transport Association. AeroVerde vise à répondre à ces limites par une production locale et circulaire. Le site sera implanté de manière à optimiser l’accès aux résidus de biomasse et la proximité des zones de consommation.

Neoen et RTE s’associent pour expérimenter le « grid forming »

Publié le 15/01/2026. Neoen vient d’annoncer la signature d’un contrat avec le gestionnaire du réseau de transport de l’électricité RTE pour soutenir la stabilité du réseau de transport d’électricité français. L’objet de leur collaboration se nomme Breizh Big Battery (BBB), une batterie ayant une fonction « grid forming », capable de contribuer à l’équilibre du réseau. En France, les centrales de stockage par batterie actuelles fonctionnent en mode « grid following », selon lequel les onduleurs se synchronisent sur une mesure de la fréquence du réseau électrique. Par nature « suiveuses », ces installations offrent une réponse plus lente et plus limitée aux variations du réseau électrique. En changeant le mode de synchronisation des onduleurs (rétrofit), les batteries de grid forming sont capables de contribuer à stabiliser la tension et la fréquence du réseau électrique de manière autonome en compensant les variations. Sans dépendre d’une source de référence externe, le grid forming permet de réagir instantanément aux perturbations du réseau électrique, apportant un effet de stabilisation plus rapide au système. Pour évaluer les bénéfices du grid forming, RTE et Neoen viennent de s’engager, pour une année au moins, dans une expérimentation qui vise à tester le rétrofit de l’onduleur du mode grid following au mode grid forming. D’une puissance de 92 MW / 183 MWh, la BBB sera l’une des plus grandes batteries de France et la plus grande de Bretagne. La batterie lithium-ion sera située dans la commune de Pleyber-Christ, dans le Finistère. Actuellement en construction, elle devrait entrer en service au cours de l’été 2026.

Rapport sur les réseaux dits intelligents

Publié le 08/01/2026. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) vient de rendre public son rapport 2025 sur les réseaux dits intelligents. Cet exercice sert à mesurer le degré de « numérisation » et d’agilité du système électrique français, ainsi qu’à évaluer les points d’attention, afin que les volumes de capacités renouvelables et de stockage réellement raccordables restent compatibles avec les trajectoires 2030-2050. Dans l’ensemble, la Commission constate que les technologies numériques sont largement déployées et utilisées de manière industrielle à tous les niveaux des réseaux d’électricité, ce qui place les gestionnaires de réseaux français en bonne position par rapport à leurs homologues européens. La bonne utilisation de ces technologies génère des économies significatives pour le consommateur. Toutefois, la CRE estime que les gestionnaires de réseaux peuvent encore aller plus loin, alors que le système est en pleine transformation. Notamment en matière de raccordements optimisés : si les offres de raccordement dites  « intelligentes » ou flexibles (avec modulation de puissance) restent encore minoritaires, leur usage progresse. Quinze parcs d’énergie renouvelable ont été raccordés en raccordement flexible (ORA-MP) en 2024, contre cinq en 2023. Pour aller plus loin, la CRE juge même que le plafond de 30 % de puissance limitée devrait être assoupli, voire supprimé, afin d’accueillir davantage d’énergie renouvelable sur le réseau sans attendre la fin des travaux de renforcement – et même, parfois, d’éviter des investissements coûteux. La CRE demande également aux gestionnaires de réseaux de continuer à veiller à la fiabilité des données qu’ils mettent à disposition des acteurs, compte tenu de leur rôle essentiel dans le développement de nouvelles offres. Les données récoltées et partagées sont de plus en plus nombreuses et variées : cartographie des réseaux, capacités, production, consommation, stockage. Elles sont aussi de plus en plus consultées par les consommateurs sur les plateformes d’open data, dont la fréquentation a quasiment quadruplé depuis 2021, passant de 10 000 visiteurs à 38 500 en 2024.

Versailles passe à la géothermie

Publié le 08/01/2026. La Ville de Versailles confie à Engie la transformation, la modernisation et la décarbonation de son réseau de chaleur pour une durée de 32 ans. Deux doublets géothermiques seront forés à 1 500 mètres de profondeur afin d’exploiter la nappe du Dogger. À l’horizon 2030, cette énergie locale et renouvelable couvrira 69 % du mix énergétique du réseau, contribuant à verdir durablement le patrimoine immobilier de la Ville. La nouvelle chaufferie, implantée sur le site existant, accueillera quatre échangeurs géothermiques d’une puissance totale de 24 MW et huit pompes à chaleur. Les chaudières gaz actuelles seront rénovées et conserveront un rôle d’appoint. Cette modernisation permettra de réduire d’environ 70 % les émissions de CO₂, soit près de 900 000 tonnes évitées sur l’ensemble de la durée du contrat. Engie prévoit un investissement global de 110 millions d’euros, avec le soutien attendu du Fonds Chaleur de l’Ademe. Parallèlement, le réseau sera étendu en centre-ville et sur le plateau de Satory, pour atteindre 35 kilomètres de canalisations et alimenter à terme près de 19 600  équivalents-logements.

La géothermie s’invite dans une copropriété à Gex

Publié le 23/12/2025. Accenta et Foncia ont inauguré, le 15 décembre, un système de chauffage géothermique à la résidence Les Vertes Campagnes, à Gex, dans l’Ain. Construite en 1960, cette copropriété de 61 logements répartis sur trois bâtiments a remplacé ses équipements vieillissants de chauffage au gaz. L’objectif est de réduire à la fois les charges énergétiques et l’empreinte carbone du site. Après une isolation thermique par l’extérieur réalisée en 2014, les copropriétaires ont engagé ce projet en mai 2022. L’installation repose sur un dispositif hybride associant 17 sondes géothermiques de 200 mètres de profondeur, deux pompes à chaleur géothermiques et des panneaux solaires thermiques en toiture. Un appoint au gaz, assuré par trois chaudières, complète le système. L’ensemble est piloté par une régulation automatisée et prédictive, qui ajuste la production de chaleur en temps réel et privilégie le recours aux énergies renouvelables. Les performances attendues font état d’une baisse estimée de 76 % de la consommation énergétique liée au chauffage. Les émissions de CO₂ devraient, quant à elles, reculer de 91 %. Le projet s’inscrit dans le cadre d’un contrat de performance énergétique conclu sur 30 ans. Ce mécanisme repose sur un engagement d’Accenta qui garantit les économies d’énergie réalisées. Il permet également un financement de long terme, étalé sur 25 ans.

Les PAC géothermiques gagnent les bâtiments collectifs

Publié le 23/12/2025. L’Observatoire des énergies renouvelables (Observ’ER) vient de mettre en ligne un travail d’analyse de la dynamique des pompes à chaleur géothermiques dans les bâtiments collectifs. L’étude a été réalisée à partir d’une série d’entretiens menés auprès de professionnels du secteur afin de commenter les principaux aspects de ce segment encore peu connu du grand public. Profitant du plan national d’action en faveur de la géothermie lancé en 2023, et également du travail de plusieurs réseaux d’acteurs, les opérations de pompes à chaleur dans des bâtiments tertiaires, résidentiels collectifs ou industriels ont pris une nouvelle dimension depuis 2021. Les réalisations dans le tertiaire sont ainsi passées de 100 en 2020 à près de 250 en 2024. Solutions trop souvent écartées hâtivement par le passé, les technologies de géothermie dite de minime importance ont largement étoffé leurs réseaux de bureaux d’études, d’installateurs et de foreurs afin de pouvoir proposer leurs services pour produire de la chaleur comme du rafraîchissement sur l’ensemble du territoire de France continentale. Le principal obstacle à un développement plus large réside dans un coût d’investissement (Capex) élevé, qui peut dissuader malgré l’assurance d’un coût d’exploitation (Opex) stable et très allégé pendant les nombreuses années de fonctionnement des équipements géothermiques. Pour avancer sur ce point, et en complément du Fonds chaleur encore essentiel pour l’émergence de nouvelles réalisations, la filière propose depuis quelques années des montages en tiers-investissement. Bien calibrée, cette solution permet à un maître d’ouvrage un investissement indolore grâce à des contrats d’achat de chaleur sur le long terme. Une approche qui a déjà fait ses preuves dans d’autres filières, notamment dans le cadre de grandes opérations de solaire thermique dans l’industrie, comme celle des 15 000 m2 de capteurs installés sur le site de production de Lacto Sérum France, filiale du groupe Lactalis, situé à Fromeréville-les-Vallons près de Verdun – Meuse (voir actu du 4 février 2021).

Hyd’Occ produit sa première molécule d’hydrogène renouvelable

Publié le 18/12/2025. Qair annonce la production de la première molécule d’hydrogène renouvelable de son unité Hyd’Occ, située à Port-La Nouvelle (Aude). Cette étape marque la fin de la phase de tests et le début de la montée en puissance industrielle du site, avant sa mise en service commerciale début 2026. À l’occasion de l’escale du navire Energy Observer, cette première molécule a été transmise symboliquement à son équipage, illustrant un engagement commun en faveur de la transition énergétique. Hyd’Occ, confirme ainsi le bon fonctionnement de ses équipements d’électrolyse. Sa première phase, d’une puissance de 20 MW, permettra de produire 2 700  tonnes d’hydrogène renouvelable par an. Cette production alimentera notamment les stations hydrogène d’Occitanie, à commencer par celle de Béziers. Une seconde phase portera la capacité du site à 40 MW et 5 400  tonnes par an. Cette réalisation s’inscrit dans une dynamique européenne visant à décarboner la mobilité lourde et les transports grâce à l’hydrogène renouvelable.