BOIS-ÉNERGIE
La transition énergétique devra compter sur le bois domestique
Publié le 07/05/2026. Alors que le gouvernement entend accélérer nettement l’électrification des usages pour réduire au plus vite la dépendance aux énergies fossiles – dont les importations coûtent près de 60 milliards d’euros par an – le Syndicat des Énergies Renouvelables (SER) rappelle que le bois énergie devra, lui aussi, prendre toute sa place dans la transition énergétique. Première source d’énergie renouvelable du pays avec 6,3 Mtep, le bois équipe aujourd’hui près de 8 millions de logements, soit 43 % des maisons en résidence principale. Un poids qui en fait un levier incontournable, sans pour autant entrer en concurrence frontale avec la pompe à chaleur : le bois se positionne davantage comme une solution complémentaire, voire alternative selon les situations. Lors d’une conférence de presse, le SER a mis en avant les progrès significatifs réalisés par la filière au cours des dernières décennies. La consommation de combustible des appareils a ainsi été divisée par quatre en quarante ans, tandis que leur efficacité énergétique a doublé. La création du label Flamme Verte en 2000, conjuguée aux innovations des fabricants – stimulées notamment par les directives Ecodesign de la Commission européenne – a également permis de réduire fortement les émissions de particules liées à la combustion du bois, qu’il s’agisse de bûches ou de granulés. Dans un contexte marqué par la forte volatilité des prix des énergies fossiles, le chauffage au bois domestique apparaît comme une solution à la fois fiable, performante et de plus en plus innovante. À l’horizon 2035, la filière vise un parc de 10 millions d’appareils, tout en réduisant de 15 % la consommation de combustible par rapport à 2023. Un objectif qui repose sur un double enjeu : accélérer le renouvellement des équipements les plus anciens, souvent moins performants, et conquérir de nouveaux utilisateurs. Cela passe aussi bien par l’installation de chaudières comme mode de chauffage principal que par l’usage du bois en appoint, en complément d’une pompe à chaleur lors des périodes les plus froides. Selon le SER, cette combinaison pourrait permettre d’éviter le recours à 10 GW de puissance électrique, sur la base de 2,6 millions de logements équipés.