CHALEUR RENOUVELABLE
Urgence d’un plan chaleur pour répondre à la crise énergétique
Publié le 02/04/26 À l’occasion de la Journée nationale de la chaleur et du froid renouvelables, organisée le 31 mars à Paris, la Fedene, Amorce et le syndicat des énergies renouvelables (SER) ont dressé un
état des lieux d’un secteur stratégique, celui de la production de chaleur et de froid, qui représente 40 % de la consommation finale d’énergie du pays et subit de plein fouet la récente flambée des prix des énergies fossiles. S’appuyant sur le panorama 2025 de la chaleur renouvelable et de récupération, dévoilé lors de l’événement, les professionnels ont rappelé l’ambition de la nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3). Celle-ci fixe un objectif de 297 TWh à l’horizon 2030 pour la production de chaleur renouvelable (ce qui devrait représenter alors 38 % de la consommation de chaleur du pays) contre 179 TWh fin 2024, puis une fourchette comprise entre 328 et 421 TWh d’ici 2035. Une telle trajectoire implique une nette accélération du rythme de développement, avec une croissance annuelle estimée à +8 % entre 2024 et 2030. Un cap jugé atteignable par les acteurs du secteur, qui mettent en avant un vivier important de projets, en cours ou en attente de validation. La géothermie profonde, notamment, concentre à elle seule une centaine d’initiatives, mais nécessite une simplification et une accélération des dispositifs d’accompagnement pour se concrétiser plus rapidement. Autre domaine à fort enjeu, le développement des réseaux de chaleur, qui constituent très souvent la solution technologique la plus compétitive pour les usagers. Parmi les dispositifs d’accompagnement à renforcer, le Fonds chaleur demeure l’outil central de soutien aux projets dans le collectif et l’industrie. Mais son niveau actuel est jugé insuffisant.
« Avec 800 millions d’euros, on reste très en deçà des besoins au regard des objectifs de la PPE3, il faudrait au moins 1,5 milliard », estime Nicolas Garnier, délégué général d’Amorce. En conclusion, Jules Nyssen, président du SER, appelle le gouvernement à compléter le futur plan d’électrification des usages par un véritable plan dédié à la chaleur :
« Un tel plan permettrait de piloter la transition énergétique dans le domaine de la chaleur en définissant les actions prioritaires en matière de dispositifs d’aide, de réforme de la fiscalité du gaz, de simplification des procédures ou encore de stabilité des budgets publics. Cela donnerait la visibilité indispensable aux acteurs pour investir. »