Votre rendez-vous hebdomadaire avec les dernières nouvelles des énergies renouvelables revient dès le 4 septembre. Toute l’équipe de l’Observatoire des énergies renouvelables (Observ’ER) et du Journal des Énergies Renouvelables vous remercie pour votre fidélité et vous souhaite un très bel été !
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Lancement de la production de La Mède
Le PDG de Total, Patrick Pouyanné, l’avait annoncé fin mai, c’est désormais chose faite : la bioraffinerie de la Mède, dans les Bouches-du-Rhône, produit ses premiers litres de biocarburants, a annoncé la compagnie dans un communiqué du 3 juillet. La bioraffinerie, issue de la reconversion d’une ancienne raffinerie, produira 500 000 tonnes d’huiles végétales hydrogénées (HVO) par an, un biocarburant de deuxième génération qui sera produit à 60-70 % à partir d’huiles végétales (palme, colza, tournesol, etc.) et à 30-40 % à partir de retraitement de déchets (graisses animales, huiles de cuisson, huiles résiduelles, etc.). L’utilisation d’huile de palme a suscité une polémique, c’est pourquoi Total s’est engagé à en utiliser au maximum 300 000 tonnes par an, « soit moins de 50 % du volume des matières premières nécessaires », ainsi qu’à utiliser au minimum 50 000 tonnes de colza français par an pour valoriser l’agriculture locale. Des chiffres qui ne convainquent pas tout le monde. Greenpeace, par exemple, n’a pas manqué de critiquer « l’hypocrisie de la France » dans un communiqué du 3 juillet. En cause, les « 550 000 tonnes d’huile de palme par an que le gouvernement a autorisé Total à utiliser dans son usine, ce qui correspondrait à une hausse de 64 % du total de l’huile de palme consommée en France », selon l’ONG. « Les biocarburants sont une énergie renouvelable à part entière et une solution immédiatement disponible pour réduire les émissions de CO2 du transport routier et aérien. Lorsqu’ils sont produits à partir de matières premières durables, comme c’est le cas à La Mède, ils émettent plus de 50 % de CO2 en moins que les carburants fossiles. Notre bioraffinerie permettra de produire en France des biocarburants qui étaient jusqu’alors importés », explique de son côté Bernard Pinatel, directeur général Raffinage-chimie de Total.
13 lauréats pour la deuxième période de l’appel d’offres
Le ministère de la Transition écologique et solidaire a annoncé, dans un communiqué du 26 juin, les 13 lauréats de la deuxième tranche de l’appel d’offres sur la petite hydroélectricité. Ces 13 projets, concentrés majoritairement dans les régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence Alpes Côte d’Azur, totaliseront 36,7 MW, avec un prix moyen de 87,1 €/MWh. Cette tranche atteint donc l’objectif de raccorder 35 MW par an de petite hydroélectricité, inscrit dans la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). En outre, 5 des 13 lauréats ont choisi d’avoir recours à l’investissement ou au financement participatif, et recevront une majoration de leur tarif de rachat d’électricité si ce choix est respecté. 14 lauréats avaient été annoncés pour la première tranche de l’appel d’offres l’an dernier, pour un total à 36,9 MW et un prix moyen de 89,6 €/MWh. La troisième tranche de l’appel d’offres sera lancée en décembre 2019.
L’électricité consommée à 44 % renouvelable
Dans un communiqué du 26 juin, le Centre de recherche pour l’énergie solaire et l’hydrogène de Baden-Württemberg (ZSW) et l’Association fédérale allemande de l’énergie et de la maîtrise de l’eau (BDEW) ont annoncé que, sur la première moitié de 2019, 44 % de l’électricité consommée en Allemagne avait été produite à partir de sources renouvelables. C’est un nouveau record pour le pays, pour qui, sur la même période en 2018, ce chiffre n’était que de 39 %. Plusieurs sources d’énergie ont permis d’atteindre un tel niveau, l’éolien sur terre arrivant en tête de liste, suivi par le solaire photovoltaïque. L’éolien en mer connaît quant à lui une croissance importante de 30 % sur la période (première moitié de 2018 – première moitié de 2019). Cependant, selon le ZSW et le BDEW, il y a matière à s’inquiéter. En effet, ces chiffres peuvent être expliqués par des « conditions météorologiques exceptionnelles ». De plus, « il existe des problèmes structurels sous-jacents. Si nous persistons sur cette voie, nous finirons avec seulement 54 % d’énergies renouvelables en 2030 », signale Stefan Kapferer, président du comité de direction générale du BDEW. Pour rappel, l’objectif de l’Allemagne est d’atteindre 65 % d’énergie renouvelable dans la consommation d’électricité d’ici 2030.
Le hors-série spécial autoconsommation vient de paraître
L’autoconsommation photovoltaïque est un marché en pleine évolution en France, particuliers et professionnels ont aujourd’hui la possibilité d’autoconsommer l’électricité produite par leur installation, mais doivent pour cela comprendre leurs besoins spécifiques, et naviguer parmi les multiples options et modalités existantes, tout en respectant une réglementation changeante. Partant de ce constat, Observ’ER a réalisé un numéro spécial du Journal du Photovoltaïque consacré au sujet, qui propose à ses lecteurs des clés de compréhension pour aborder la pléthore de modèles économiques (et de financement) à disposition et ceux en cours d’ajustement ou d’élaboration : autoconsommation totale ou partielle, avec stockage (batteries, virtuel) ou non, installation à installer soi-même… Particuliers, collectivités et entreprises témoignent. Sans oublier l’autoconsommation collective qui, si elle peine encore à décoller, connaît ses premières réalisations concrètes. Ce hors-série propose illustrations et infographies pédagogiques, reportages et analyses des tendances à venir sur le marché de l’autoconsommation photovoltaïque, et se penche également sur la situation de la filière chez nos voisins européens. Vous pouvez consulter le sommaire ici, ou encore acheter le numéro en ligne.
La Commission appelle les États membres à être plus ambitieux
La Commission européenne a publié le 18 juin son évaluation des plans nationaux intégrés en matière d’énergie et de climat (PNEC) des États membres. Ces PNEC, dont l’élaboration a commencé en décembre dernier dans le cadre du règlement sur la gouvernance de l’union de l’énergie et de l’action pour le climat, listent les objectifs nationaux de chaque pays à l’horizon 2030. « Nos recommandations montrent que des efforts supplémentaires sont nécessaires », indique Maroš Šefčovič, vice-président pour l’union de l’énergie, dans un communiqué. Les plans ont une marge d’amélioration, et les mesures qu’ils contiennent sont insuffisantes, notamment concernant les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique. Dans le document, la Commission indique ainsi que « dans les projets de plans actuels, la part des énergies renouvelables atteinte serait comprise en 30,4 % et 31,9 % en 2030 au niveau de l’Union, au lieu des 32 % prévus ». Certains pays, dont la France, sont déjà en retard sur leurs objectifs en matière d’énergie renouvelable pour l’horizon 2020, comme l’a montré un rapport de la Cour des comptes européenne publié au début du mois. Les États membres doivent modifier leur PNEC afin de pouvoir atteindre les ambitions déclarées à l’échelle de l’Union. Toute la question est de savoir quels sont les états qui vont faire un effort supplémentaire étant donné que l’objectif à atteindre est collectif et non individualisé par État membre, comme dans le cadre de la directive 2009/28. Les PNEC définitifs doivent être soumis en décembre 2019 au plus tard.
Le projet en débat à l’Assemblée nationale
Le projet de loi relatif à l’énergie et au climat, présenté par François de Rugy, est en débat à l’Assemblée nationale depuis le 25 juin. En termes d’énergie, le projet de loi prévoit « d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050 en divisant les émissions de gaz à effet de serre par un facteur supérieur à six entre 1990 et 2050 », de « réduire la consommation énergétique primaire des énergies fossiles de 40 % en 2030 » par rapport à 2012, l’objectif actuel de la loi de transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) étant de 30 %, et enfin de « réduire la part du nucléaire dans la production d’électricité à 50 % à l’horizon 2035 », l’objectif actuel (LTECV) étant à l’horizon 2025. De bonnes nouvelles en théorie pour les énergies renouvelables, qui pourront notamment profiter de l’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Cependant, le report de la sortie progressive du nucléaire pourrait ralentir leur déploiement, et le projet de loi ne contient pour l’instant pas de mesures concrètes afin d’atteindre ces objectifs. Le Haut Conseil pour le Climat (HCC), dans son premier rapport paru le 25 juin, alerte sur le retard d’ores et déjà pris dans la baisse des émissions de gaz à effet de serre. Afin de réduire la consommation d’énergie, un amendement a également été adopté sur les « passoires thermiques », les logements dont le diagnostic de performance énergétique est de F ou G : lors d’une vente, jusqu’à 5 % du prix pourra être bloqué afin d’effectuer des rénovations énergétiques.
Bientôt un nouveau réseau dans l’Est parisien
« En 2012, la mise en route du doublet géothermique de Lognes a permis de faire baisser la facture des usagers d’environ 30 % », retrace Xavier Vanderbise, conseiller communautaire en charge de l’aménagement, de l’urbanisme et des réseaux de la communauté d’agglomération Paris-Vallée de la Marne. « Les élus ont donc souhaité que cette énergie soit plus utilisée sur le territoire. » Et ce sera bientôt chose faite : un contrat de délégation de service public a été signé mi-avril entre la communauté d’agglomération et la filiale locale d’Engie Réseaux GeoMarne pour la création d’une centrale géothermique et d’un réseau de chaleur sur les communes de Champs-sur-Marne et de Noisiel. Le doublet géothermique puisera de l’eau à environ 71 °C à 1 900 mètres de profondeur pour fournir 97 GWh/an de chaleur le long de 19 km de réseau, soit auprès de 10 000 équivalents logements. « Nous alimenterons ainsi des bâtiments publics, des copropriétés, de l’habitat social et des bâtiments neufs qui seront construits à court et moyen termes », précise Grégoire Wintrebert, directeur de la direction des confluences chez Engie Réseaux. « Cela représente un investissement de 39 M€, mais le résultat est vertueux : le réseau disposera d’un taux de couverture par les énergies renouvelables de 82 %. » Engie Réseaux devrait lancer les travaux de forage en décembre prochain. La construction de la centrale (qui comprendra 6 MW de pompes à chaleur pour l’optimisation du doublet géothermique et une chaufferie centrale au gaz) se déroulera en 2020 et 2021 pour une mise en service prévue au dernier trimestre 2021.
11 millions d’emplois en 2018, selon l’Irena
La filière des énergies renouvelables représenterait 11 millions d’emplois à travers le monde en 2018, selon le dernier compte rendu de l’Agence internationale de l’énergie renouvelable (Irena), publié le 13 juin. Un chiffre en hausse par rapport à l’année 2017 (10,3 millions), qui pourrait cependant être expliqué en partie par un affinage des méthodologies utilisées par l’agence. Les 11 millions d’emplois recensés restent majoritairement concentrés dans plusieurs régions du monde, notamment la Chine (39 % de tous les emplois de la filière), l’Inde, le Brésil, les États-Unis et l’Union européenne (UE). La part d’emplois diffère aussi selon les sources d’énergies. Ainsi, la Chine représente 61 % des emplois du photovoltaïque, qui est la première source d’énergie renouvelable en terme de nombres d’emplois, tandis que le secteur des biocarburants, deuxième plus gros employeur, est dominé par le Brésil (40 %) et les États-Unis. L’UE accumule un total de 1,2 millions d’emplois, dont 387 000 dans la biomasse solide et 314 000 dans l’éolien. L’Allemagne demeure l’acteur le plus important de l’UE, suivi par le Royaume-Uni et la France. Le compte rendu souligne que seuls 32 % des emplois dans les énergies renouvelables sont tenus par des femmes, et que les chaînes de production ont tendance à être plus mécanisés aux États-Unis et dans l’UE qu’en Asie et en Amérique du sud.
Un plan ambitieux pour le climat
Le ministère des Communications, de l’action pour le climat et de l’environnement irlandais (DCCAE) a révélé le 17 juin un plan d’action pour le climat, avec des objectifs ambitieux en matière d’énergies renouvelables. Selon le DCCAE, le mix énergétique de l’Irlande est composé à 85 % d’énergies fossiles, et seulement 30 % de l’électricité produite provient de sources renouvelables. Le pays est en retard sur ses objectifs 2020, et le rapport de la Cour des comptes européenne publié le 6 juin montre qu’il doit augmenter de 5,3 points de pourcentage la part des énergies renouvelables dans sa consommation finale brute d’énergie entre 2017 et 2020 pour atteindre son objectif de 16 %. Le nouveau plan climat a pour but affiché de pallier ce retard, et liste ainsi des objectifs importants dans plusieurs secteurs concernés. Dans le secteur de l’électricité, l’objectif est d’arriver à 70 % d’énergie renouvelable dans la production d’ici 2030 (soit l’ajout de 12 GW, dont une majorité d’éolien terrestre, en prenant en compte les fermetures de centrales fossiles), d’électrifier le transport en ajoutant 950 000 véhicules électriques sur les routes (et ainsi atteindre la barre du million de véhicules électriques) et en créant une infrastructure nationale de bornes de rechargement, et enfin de développer l’autoconsommation et permettre aux particuliers de revendre leur électricité sur le réseau.
