Le développeur breton d’hydroliennes sous-marines, Sabella et l’Écossais Nova Innovation, spécialiste en énergies marines annoncent l’obtention d’une concession de 12 MW d’hydrolien au large de l’île de Holy Island, à Anglesey au Pays de Galles pour une superficie de 0,65 km2. Les hydroliennes des deux constructeurs seront immergées et posées sur fonds marins pour une puissance de 6 MW chacune – de quoi alimenter jusqu’à 10 000 foyers par an, selon le groupe Sabella. Ce partenariat franco-écossais s’intègre au projet gallois baptisé « Morlais », qui couvre une superficie de 35 km2 en mer avec un potentiel de 240 MW et pour objectif l’alimentation du réseau électrique d’Anglesey. Les turbines devraient être mises à l’eau en 2023 ou 2024.
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La France désespérément en retard
Observ’ER vient de publier la douzième édition de son baromètre des énergies renouvelables électriques en France. L’ouvrage présente en détail, et par région, l’actualité des huit filières principales de production d’énergie renouvelable électrique sur les 12 derniers mois afin d’éclairer les territoires sur leur trajectoire en matière de transition énergétique. Si au niveau régional, les filières poursuivent leur développement avec une part croissante de projets portés par les collectivités, le retard du pays sur ces filières est de plus en plus flagrant. En effet, la France n’a pas respecté son engagement d’atteindre 27 % de part de renouvelable dans sa consommation totale électrique en 2020. Cette part n’était que de 24,7 % fin 2020. Le prochain objectif du pays est 40 % d’électricité renouvelable en 2030, ce qui ne pourra pas non plus être atteint sans un changement de politique. Certes, le photovoltaïque a connu une très bonne année 2021, avec entre 3 et 3,5 GW de nouvelles capacités raccordées. Mais le solaire va devoir conserver ce même rythme annuel sans faillir durant les sept années à venir, pour espérer revenir dans la trajectoire de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Un pari difficile car la croissance actuelle du photovoltaïque est basée à plus de 70 % sur des grandes centrales au sol, soit des projets qui se heurtent de plus en plus à des limites foncières et d’acceptabilité. Quant à l’éolien terrestre, son rythme de croissance reste désespérément lent. La filière progresse en moyenne d’un seul GW par an alors qu’elle devrait en faire au moins le double. Résultat, l’éolien commence lui aussi à sortir de sa trajectoire et à cumuler du retard. Ainsi, à fin 2028, ce sont entre 15 et 20 GW qui risquent de manquer au pays pour ces deux filières par rapport à ce qui est prévu par la PPE.
Deux partenariats stratégiques pour Hype
L’entreprise Hype, plateforme de mobilité hydrogène, vient d’annoncer deux partenariats. Le premier a été conclu avec le producteur français d’énergies renouvelables Akuo. Le projet est de constituer sur la période 2022–2024 le premier écosystème de mobilité hydrogène pour le territoire francilien, notamment en combinant leurs projets Last Mile et H24byHyp. À terme, l’objectif est de permettre le déploiement en Île-de-France d’au moins 20 stations hydrogène de grande capacité (1 tonne/jour) et 6 stations de plus petite taille à l’horizon 2024. Cette étape est importante dans le programme de Hype qui vise à développer une flotte de 10 000 taxis hydrogène mais également d’utilitaires, de bus ou de camions bennes à ordures ménagères. Le second partenariat concerne Ecolotrans, spécialiste de la logistique urbaine écologique. Hype va faciliter l’intégration de la solution hydrogène au sein de la flotte d’Ecolotrans et l’accompagnera dans le déploiement d’une offre de services d’écomobilité dédiée aux professionnels de la logistique du dernier kilomètre appelée Ecolorent.
Isabelle Guichard
Le 1er janvier 2022, Isabelle Guichard a été nommée Directrice Générale du Pôle de compétitivité DERBI, en remplacement de Gilles Charier. Avant de rejoindre DERBI, elle occupait le poste de Déléguée aux Affaires Européennes pour le Pôle de compétitivité Agri Sud-Ouest Innovation.
Optimiser les réseaux de chaleur
La FNCCR et Efficacity lancent un appel à manifestation d’intérêt (AMI) pour aider les collectivités à développer ou à optimiser leurs réseaux de chaleur et de froid. Efficacity, institut de recherche dédié à la transition énergétique et écologique des villes, ainsi que le Centre Scientifique et technique du bâtiment (CSTB) ont développé l’outil PowerDIS pour simuler, à l’échelle d’un quartier, tous les flux énergétiques. Ainsi il permet aux collectivités d’évaluer et de comparer un grand nombre de solutions techniques envisageables pour leurs réseaux. Dans le cadre de cet AMI, l’accompagnement est financé à 50 % par Efficacity. Il vise à étudier la possibilité de généraliser cet outil auprès des collectivités ou de l’aménageur en charge du réseau de chaleur, afin d’accélérer la transition énergétique des villes pour l’atteinte des objectifs fixés par la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) et la Stratégie nationale bas carbone (SNBC). Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 11 mars 2022.
Le port de Marseille Fos produira de l’hydrogène vert
Le groupe H2V, producteur et développeur français d’hydrogène renouvelable, et le port de Marseille Fos annoncent la construction d’un site de production d’hydrogène renouvelable dans la zone du Caban à Fos-sur-Mer. Le projet a pour objectif la décarbonation de la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer en substituant la consommation d’hydrogène d’origine fossile par celle d’hydrogène vert et sera déployé sur une surface de 36 hectares. L’usine de production sera composée de six unités d’électrolyse de 100 MW chacune, soit 600 MW pour une production annuelle d’hydrogène estimée à 84 000 tonnes par an. L’hydrogène sera produit par électrolyse de l’eau grâce à de l’électricité d’origine renouvelable, via l’achat de garanties d’origine. Cette opération de 750 millions d’euros permettra la création de 165 emplois directs et 100 emplois indirects avec pour objectif d’éviter le rejet de 750 000 tonnes de CO2 par an. La mise en service des six tranches de 100 MW sera échelonnée entre 2026 et 2031. H2V a déjà lancé deux autres projets similaires ces dernières années. Son projet d’usine d’électrolyse de 200 MW dans la zone industrielle de Port-Jérôme (Seine-Maritime) a été racheté en octobre dernier par Air Liquide et rebaptisé Air Liquide Normand’Hy. Il devrait entrer en service en 2025. Le projet H2V59 vise pour sa part à créer une usine de production d’hydrogène vert, également de 200 à 300 MW, sur le Grand Port Maritime de Dunkerque (Nord). Sa mise en service pourrait aussi intervenir d’ici 2025.
Séverine Jouanneau Si Larbi
Depuis le 1er janvier dernier, Séverine Jouanneau Si Larbi, est Déléguée Générale de Tenerrdis, pôle de compétitivité dédié à la transition énergétique basé à Grenoble. Elle succède à Elisabeth Logeais. Séverine Jouanneau Si Larbi travaillait précédemment au CEA-Liten, centre de recherche européen dédié à la transition énergétique.
Le solaire thermique renaît en Autriche
Le solaire thermique reprend du poil de la bête en Autriche. Après 12 ans de baisse du chiffre d’affaires du secteur, la dégringolade a cessé en 2021. Lors du second semestre, les surfaces raccordées ont enregistré un bond, notamment grâce aux projets de grande taille comme celui de Friesach comptant 5 740 m2 de capteurs. Début 2022, on ne recense pas moins de 13 projets d’envergure en phase d’étude dans le cadre du programme de soutien national autrichien. Ces projets représenteraient une surface de capteurs de 303 107 m², c’est-à-dire 212 MW. Ce chiffre impressionnant correspondrait à quatre fois le chiffre installé en 2020 (53 MW). GreenOneTech, leader du secteur en Europe et basé en Autriche, a vu son chiffre d’affaires augmenter en 2021 de plus de 80 % par rapport à l’année précédente, d’après son directeur Robert Kanduth. Ce rebond du solaire thermique est tout de même conditionné à une forte volonté politique, à l’image du Fonds pour le climat et l’énergie qui a vu son budget croître de 45 millions d’euros en mai 2021. En octobre 3,5 millions d’euros ont ainsi été alloués à quatre projets à l’issue d’appels à candidatures. Trois études de faisabilité, dont le potentiel pourrait représenter 54 580 m², ont également obtenu 206 350 euros de financement. La prochaine session d’appels à candidatures aura lieu courant avril 2022.
Nouveau plan climat en Allemagne
Le ministre allemand de l’Économie et de la Protection du climat, Robert Habeck, a présenté mardi 11 janvier un rapport sur l’avancement de son pays en matière de transition énergétique. Globalement, le bilan n’est pas bon et le ministre a pointé le retard dans l’effort de réduction des émissions de CO2. Alors que le pays devait les avoir abaissé de 40 % en 2020 par rapport à 1990, la baisse n’est que de 38 % fin 2021. Pourtant l’ambition de l’Allemagne est de baisser ses émissions de 65 % d’ici 2030 avant d’atteindre la neutralité carbone en 2045. Robert Habeck a ainsi annoncé une série de mesures destinées à corriger rapidement le tir. La nouvelle coalition au pouvoir entend notamment porter la part des énergies renouvelables à 80 % dans sa consommation d’électricité d’ici à 2030. Parmi les actions les plus significatives figure la révision d’ici au printemps de la loi sur les énergies renouvelables (loi EEG). Outre une augmentation des volumes d’appel d’offres, la nouvelle mouture de la loi entérinera le principe selon lequel l’expansion des énergies renouvelables sert un intérêt général primordial et participe à la sécurité du pays. Pour développer l’éolien terrestre, chaque Land devra consacrer 2 % de sa surface à l’éolien. Fin 2020, seul 0,8 % du territoire était ouvert à la construction de parcs, dont 0,5 % effectivement disponible. Les servitudes liées aux radars météorologiques militaires seront revues afin de libérer des terrains pour l’éolien. Pour sa part, le photovoltaïque sera rendu obligatoire sur toute nouvelle construction. En termes de capacité en service en 2030, le gouvernement vise 200 GW pour le photovoltaïque (54 GW fin 2020), 100 GW pour l’éolien terrestre (55 GW fin 2020) et 30 GW pour l’éolien en mer (7,8 GW fin 2020). Cela suppose d’installer jusqu’à 15 GW d’éolien et 20 GW de solaire par an, d’ici la fin de la décennie. Le pays veut aller vite car l’ensemble des mesures annoncées devraient être opérationnelles à la fin de l’année 2022.
Le biogaz s’invite dans les écoles
Teréga, opérateur du réseau de transport de gaz du sud ouest de la France, devient mécène du projet « Biogaz » initié par le ministère de l’Éducation Nationale, de la Jeunesse et des Sports, en partenariat avec l’Association Française pour le Développement de l’Enseignement Technique (AFDET). Ce mécénat a pour but de sensibiliser les élèves et apprentis de la 6ème au BTS aux énergies renouvelables et à la filière biogaz en particulier. Pendant deux ans, Teréga va mettre à la disposition des enseignants des ressources pédagogiques, qui seront disponibles sur la plateforme pédagogique ETINCEL. Les contenus du projet « Biogaz » se feront en collaboration avec les équipes pédagogiques du Campus des métiers et des qualifications Transition Énergétique rattaché au lycée des métiers de l’habitat, des énergies et de l’automobile Sixte-Vignon, situé dans les Hautes-Pyrénées.
