ÉNERGIES RENOUVELABLES
PPE3 : coup de frein sur l’éolien terrestre et le photovoltaïque
Publié le 12/02/2026. Après avoir finalement adopté son budget pour 2026, le gouvernement entend
publier le vendredi 13 février la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3), attendue depuis près de trois ans. Cette feuille de route énergétique, qui fixe les orientations du pays jusqu’en 2035, aurait en effet dû être adoptée avant le 1
er juillet 2023. Le gouvernement envoie des signaux contrastés aux filières des énergies renouvelables. Certes, aucun moratoire ne sera appliqué mais les objectifs assignés à l’éolien et au photovoltaïque sont nettement revus à la baisse par rapport à la version précédente du texte. Pour l’éolien terrestre, la cible est désormais fixée à 31 GW de capacité raccordée en 2030, puis entre 35 et 40 GW en 2035, contre respectivement 33 GW et une fourchette de 40 à 45 GW auparavant. Un nouveau rythme qui se situe entre les trajectoires R2 et R3 du bilan prévisionnel de RTE de décembre dernier. Cependant, avec 24 GW actuellement en service et 13,5 GW de projets déjà retenus toujours en cours d’instruction, les marges de manœuvre pour lancer de nouveaux parcs via de futurs appels d’offres apparaissent très limitées. En mer, la réduction est plus mesurée. La nouvelle trajectoire prévoit 15 GW d’éolien offshore installés en 2035, contre 18 GW annoncés précédemment. Cette révision entérine surtout le retard pris dans le lancement d’un appel d’offres stratégique d’environ 8 à 10 GW, attendu par la filière depuis plus d’un an. Le photovoltaïque connaît lui aussi un ajustement à la baisse. La PPE3 vise désormais 48 GW de capacité installée en 2030 (trajectoire R3 du bilan RTE) et entre 55 et 80 GW en 2035 (de R2 à au-delà de R3 du bilan RTE), contre 54 GW et une fourchette de 65 à 95 GW dans la version initiale. Après avoir atteint en fin d’année dernière 30 GW de puissance cumulée, grâce notamment à une année 2025 marquée par près de 6 GW de nouvelles capacités raccordées, le secteur devrait désormais évoluer à un rythme annuel proche de 3,5 GW, soit un ralentissement de 40 %. Les professionnels redoutent que ces coups de frein ne fragilisent les efforts de structuration engagés ces dernières années, avec à la clé une casse sociale. Au-delà du seul secteur électrique, la décarbonation de la chaleur – qui représente plus de 40 % de la consommation d’énergie – constitue également un enjeu majeur. La PPE3 prévoit de doubler le rythme actuel de déploiement de la chaleur renouvelable et de récupération. Elle mise en particulier sur l’essor des pompes à chaleur, mais aussi sur le développement du solaire thermique, de la géothermie, du biogaz, du chauffage au bois et des chaufferies biomasse, ainsi que sur l’extension des réseaux de chaleur. Enfin il est à noter que la PPE3 intègre une clause de revoyure en 2027 pour adapter le texte « aux besoins réels ».