La France adopte sa troisième Stratégie nationale bas-carbone

Publié le 16/07/2026. Le Gouvernement a adopté la troisième Stratégie nationale bas-carbone (SNBC-3), qui fixe la feuille de route de la France pour atteindre la neutralité carbone en 2050 avec un objectif intermédiaire à – 50 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 par rapport à 1990. Élaborée après concertation avec les collectivités, les entreprises, les associations, les experts et les citoyens, la SNBC-3 s’inscrit aux côtés de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) et du Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC). Elle prévoit la décarbonation de tous les secteurs de l’économie, notamment grâce à la rénovation des bâtiments, à l’électrification des usages, à la transformation industrielle et au renforcement des puits de carbone. La stratégie ambitionne de réduire de 71 à 79 % l’empreinte carbone des Français d’ici 2050. En ce qui concerne le secteur de l’énergie, l’objectif est de réduire les émissions de 39 MtCO₂e entre 2023 et 2050 sur les plus de 450 MtCO₂e à effacer au total pour le pays. La contribution la plus importante sera celle de l’électrification des usages (-10 MtCO₂e), suivie par la décarbonation du raffinage et de la transformation des combustibles (-9 MtCO₂e), celle de la production de chaleur pour les réseaux (-8 MtCO₂e) et de la production d’électricité (-7 MtCO₂e). À noter que 6 MtCO₂e devraient provenir de la capture et du stockage de carbone biogénique.

Énergies marines renouvelables : la filière marque le pas

Publié le 16/07/2026. Le ralentissement se confirme. En 2025, les investissements et l’emploi dans la filière des énergies marines renouvelables (EMR) reculent pour la deuxième année consécutive. Ce constat est au cœur du dixième rapport annuel de l’Observatoire des énergies de la mer (OEM), présenté le 19 mai à Nantes, à l’occasion du salon Seanergy. Si les énergies marines renouvelables regroupent plusieurs technologies – hydrolien, énergie houlomotrice, photovoltaïque flottant ou encore énergie osmotique –, le secteur reste largement dominé par l’éolien en mer, qui représente 2 054 MW des 2 085,9 MW de capacité installée. En 2025, le nombre d’emplois équivalent temps plein (ETP) est passé de 8 254 à 7 695, soit une baisse de 7 % correspondant à la perte de 559 emplois. Les prestataires, fournisseurs et sous-traitants de la chaîne de valeur sont les plus touchés, avec 686  ETP supprimés. Cette contraction s’explique notamment par le ralentissement des mises en service de nouveaux parcs : 441 MW ont été raccordés en 2025, contre 993 MW l’année précédente. Le recul des chantiers se traduit également par une baisse des investissements. Ceux-ci diminuent de 11 %, passant de 3 milliards à 2,7 milliards d’euros. Les infrastructures portuaires continuent toutefois de bénéficier d’efforts significatifs, avec 69 millions d’euros investis en 2025 pour adapter les quais et les équipements aux besoins de la filière. À l’heure où le gouvernement affiche sa volonté d’accélérer l’électrification des usages, les acteurs de la filière s’inquiètent de la dynamique actuelle de leur secteur.

Corsica Sole installe une unité stockage par batteries en Estonie

Publié le 16/07/2026. Corsica Sole met en service Hertz 2, un système de stockage d’énergie par batteries (BESS) de 100 MW/200 MWh, située à Aruküla en Estonie. Développé avec Evecon et Mirova, ce nouveau site complète Hertz 1 pour former un complexe de 200 MW/400 MWh. Reliées au réseau électrique estonien, ces batteries participent au maintien de la stabilité du réseau, facilitent l’intégration des énergies renouvelables, stockent les excédents de production et restituent l’électricité lors des pics de consommation. Elles contribuent également à limiter la volatilité des prix et à renforcer la sécurité d’approvisionnement des pays baltes. Représentant un investissement privé de 170 millions d’euros, le projet a bénéficié du soutien de plusieurs institutions financières internationales. Fort de quinze années d’expérience acquises sur les réseaux insulaires, Corsica Sole confirme son savoir-faire au service du développement de la filière française du stockage.

Lettre ouverte de la filière hydrolienne

Publié le 10/07/2026. Dans une lettre ouverte adressée au Premier ministre et au gouvernement, les porteurs des projets hydroliens FloWatt et NH1, accompagnés de leurs partenaires industriels, demandent à l’État de respecter ses engagements en faveur de la filière hydrolienne. Alors que la Programmation pluriannuelle de l’énergie prévoit un premier appel d’offres commercial de 250 MW au raz Blanchard (courant marin situé entre le cap de la Hague, à la pointe nord-ouest du Cotentin, et l’île anglo-normande d’Aurigny) d’ici 2030, les deux fermes pilotes, représentant près de 30  MW, restent bloquées. Les signataires soulignent que ces retards ne sont liés ni à des difficultés techniques, ni à des recours administratifs, ni à une opposition locale, mais uniquement à l’absence de notification des dispositifs de soutien à la Commission européenne et de publication de l’arrêté tarifaire. Sans ces décisions, aucun financement ni lancement industriel ne peut être engagé. Ils estiment que chaque mois de retard fragilise les investissements, les emplois et l’ensemble de la chaîne de valeur française en cours de structuration.

Un quart des usages est électrifié en France

Publié le 10/07/2026. L’électrification des usages poursuit sa progression en France, mais à un rythme encore insuffisant. C’est le principal enseignement de l’Observatoire de l’électrification que vient de publier l’Union Française de l’Électricité (UFE), l’association professionnelle du secteur, à partir des données 2024. Selon l’UFE, le taux d’électrification des usages a atteint 27 % en 2024. Un niveau supérieur à la moyenne de l’Union européenne (24 %) et qui rapproche la France de l’objectif de 34 % fixé pour 2030 dans le cadre de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3). L’association souligne toutefois que cette progression reste beaucoup trop modeste : le taux n’a gagné que 0,5 point depuis 2019 et seulement 0,8 point au cours des dix dernières années. À l’international, la France se positionne devant l’Allemagne (23 %) et les États-Unis (25 %), mais demeure en retrait par rapport à la Chine (30 %), à la Suède (35  %) et, plus encore, à la Norvège, où l’électricité couvre déjà 54 % des usages énergétiques. Dans le détail, le secteur du bâtiment est celui où l’électrification est la plus avancée, avec un taux de 47 % des besoins couverts par l’électricité. Il devance l’industrie (36 %) et l’agriculture (13 %). Le principal défi reste toutefois celui des transports. Avec un taux d’électrification limité à 2 %, ce secteur demeure très largement dépendant des énergies fossiles. Ce résultat est principalement porté par le ferroviaire, dont le taux d’électrification atteint 81 %. Pour l’UFE, l’accélération du déploiement des véhicules électriques apparaît donc comme un levier essentiel, alors que le parc français n’a progressé que de 11 % en 2024 par rapport à 2023.

La Région Nouvelle-Aquitaine accélère sa transition énergétique

Publié le 10/07/2026. Réuni à la préfecture de région, le Comité régional de l’énergie de Nouvelle-Aquitaine a adopté la proposition de territorialisation des objectifs de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3), en cohérence avec les orientations nationales à l’horizon 2030 et 2035. Élaborée conjointement par l’État, la Région, les collectivités, les gestionnaires de réseaux et les acteurs économiques, cette feuille de route vise à renforcer la souveraineté énergétique tout en contribuant à la neutralité carbone. Elle prévoit notamment de doubler la production régionale d’énergies renouvelables d’ici 2035 et de réduire de moitié la dépendance aux énergies fossiles. Le document mise sur l’accélération du photovoltaïque, de l’éolien terrestre, du biométhane, de la géothermie, des pompes à chaleur et des réseaux de chaleur, tout en intégrant les filières émergentes comme l’éolien en mer, les énergies marines renouvelables, les gaz verts, les biocarburants, les électro-carburants et l’hydrogène. Cette stratégie entend concilier transition énergétique, compétitivité économique, préservation des ressources naturelles et acceptabilité des projets par les territoires, dans le cadre de la feuille de route régionale Néo Terra.

Paris récupère la chaleur des eaux usées

Publié le 02/07/2026. Paris Habitat a inauguré dans une résidence parisienne de 42 logements un démonstrateur destiné à valoriser la chaleur des eaux usées. Cette technologie permet de récupérer jusqu’à 60 % de la chaleur contenue dans les eaux grises et noires afin de préchauffer l’eau chaude sanitaire ou d’alimenter un réseau de chauffage. L’objectif est de réduire de 25 à 45 % la consommation d’énergie liée à la production d’eau chaude, tout en diminuant les charges des habitants et en renforçant le recours aux énergies renouvelables et de récupération. Entièrement compatible avec les bâtiments existants, le système repose sur un échangeur thermique haute performance, des cuves de stockage temporaire et une régulation intelligente intégrant l’intelligence artificielle. Trois innovations brevetées optimisent le transfert de chaleur tout en garantissant une séparation totale entre les eaux usées et l’eau sanitaire. Cette solution peut être installée dans les immeubles résidentiels, les bâtiments tertiaires, les collectivités ou les sites industriels. Décorrélée des fluctuations du prix des énergies fossiles et éligible aux certificats d’économies d’énergie (CEE), cette innovation pourrait constituer une nouvelle source d’énergie locale, durable et compétitive.

La géothermie peut aider contre la canicule

Publié le 02/07/2026. À l’heure où les vagues de chaleur se multiplient, l’Association française des professionnels de la géothermie (AFPG) rappelle que la géothermie de proximité constitue une réponse efficace pour rafraîchir les bâtiments tout en réduisant leur empreinte carbone. Grâce au géocooling, la fraîcheur naturelle du sous-sol est utilisée pour climatiser les bâtiments sans recourir à un groupe frigorifique classique, avec une consommation énergétique jusqu’à dix fois inférieure à celle d’une climatisation traditionnelle. Pour un appartement de 60 m², le coût annuel du rafraîchissement est estimé entre 15 et 25 euros. Au-delà du confort d’été, cette technologie permet également de chauffer les bâtiments, de réduire les coûts d’exploitation et d’offrir des installations durables pouvant fonctionner plusieurs décennies. Déjà déployée dans plusieurs centaines de milliers de bâtiments en France, la géothermie équipe des logements, des bâtiments tertiaires et des équipements publics. L’AFPG met en avant de nombreuses réalisations exemplaires, comme le cinéma Le Louxor à Paris, une résidence à Pantin, l’écoquartier de l’Îlot Allar à Marseille ou encore la ZAC Étoile à Strasbourg. Pour la filière, la géothermie représente un levier essentiel de la transition énergétique, de la souveraineté énergétique et de l’adaptation des territoires au changement climatique.

L’hydroélectricité reprend son développement en France

Publié le 02/07/2026. Longtemps freinée par un contentieux avec la Commission européenne sur le renouvellement des concessions hydroélectriques, la filière entend désormais accélérer son développement. L’adoption, le 17 juin, d’une loi mettant un terme à près de dix ans de blocage ouvre la voie à une nouvelle phase d’investissements. Réunis mardi 30 juin au siège du Syndicat des Énergies Renouvelables (SER), aux côtés de France Hydro Énergie et de l’Union française de l’électricité (UFE), les représentants de la filière ont présenté leur feuille de route pour relancer l’hydroélectricité en France. Leur ambition est claire : atteindre les objectifs fixés par la troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3), qui prévoit le raccordement de 2,8 GW de capacités supplémentaires d’ici à 2035. Pour y parvenir, le secteur mise sur un double levier. D’une part, la construction de nouvelles centrales, afin d’exploiter une partie du potentiel recensé par la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC) en 2022. D’autre part, la modernisation des installations existantes, notamment des barrages. Au total, les investissements nécessaires sont évalués à au moins 4,5 milliards d’euros. Les professionnels appellent toutefois les pouvoirs publics à lever plusieurs obstacles réglementaires. Leur plan d’action s’articule autour de quatre priorités : accélérer la délivrance et le renouvellement des autorisations, simplifier les procédures administratives, adapter les exigences environnementales et réglementaires à la nature des projets, et reconnaître les opérations de rénovation comme des projets d’intérêt public majeur. L’enjeu est de taille. Aujourd’hui, l’obtention des autorisations nécessaires à la construction d’un nouvel ouvrage peut nécessiter entre cinq et dix ans, un délai jugé incompatible avec l’objectif fixé pour 2035. La filière réclame également le lancement d’appels d’offres spécifiques pour les stations de transfert d’énergie par pompage (STEP), la création d’un mécanisme de soutien à la rénovation des centrales hydroélectriques, ainsi que le renouvellement du tarif d’achat H16, qui arrive à échéance cette année.

Une centrale électrique virtuelle de la Manche

Publié le 26/06/2026. Le Syndicat Départemental d’Énergies de la Manche (SDEM50) et Voltalis ont inauguré la première « centrale électrique virtuelle » du département en connectant le siège du SDEM50, à Agneaux (Manche), à la plateforme de flexibilité de Voltalis. Livré en 2023, ce bâtiment à énergie positive de 1 950 m² est équipé de 323 panneaux photovoltaïques, de pompes à chaleur géothermiques, d’un système de rafraîchissement innovant, de bornes de recharge pour véhicules électriques et d’une batterie de stockage. Grâce à cette centrale virtuelle, la batterie peut ajuster son fonctionnement en fonction des besoins du réseau électrique et restituer l’énergie stockée lors des périodes de forte consommation. Cette solution permet de valoriser la production solaire locale tout en contribuant à l’équilibre du réseau et à l’intégration des énergies renouvelables. Pour Voltalis, cette technologie de flexibilité est désormais mature et peut être déployée à grande échelle sur les bâtiments équipés de chauffage électrique ou de batteries.