La transition bas-carbone a besoin de bras

Publié le 21/05/2026. L’association Shift Project a publié cinq notes sectorielles et une analyse transversale sur les besoins en emploi et en compétences induits par la décarbonation. Elles portent sur la maintenance automobile, l’éolien et le photovoltaïque, le train, le fret routier et le logement. Dans l’automobile, l’essor des véhicules électriques transforme les métiers de la réparation et suppose une adaptation des formations. Dans les renouvelables, le développement des installations solaires et éoliennes dépendra de recrutements localisés et de compétences parfois rares. Le ferroviaire devra former suffisamment de cheminots pour accompagner la hausse visée du trafic voyageurs et la relance du fret. Dans le transport routier de marchandises, le secteur pourrait connaître une baisse de 50 % de ses effectifs d’ici 2050 à mesure que la décarbonation progresse. Cette diminution pourrait être en partie absorbée par les départs à la retraite des chauffeurs routiers, à condition d’adapter la formation. Le logement nécessite davantage de professionnels pour les rénovations d’ampleur, notamment autour de l’installation et la maintenance des pompes à chaleur. Ces publications prolongent un rapport du Shift Project publié en avril, « Réussir la transition dans l’incertitude », qui identifiait 20 chantiers pour atteindre la neutralité carbone en 2050 et insistait sur l’anticipation des besoins en main-d’œuvre.

Un marché des appareils à bois stable en 2025

Publié le 21/05/2026. Observ’ER publie son étude annuelle sur le marché 2025 des appareils de chauffage domestique au bois. Elle complète une première livraison diffusée fin mars (voir actu du 26 mars 2026), centrée uniquement sur les volumes de vente. Le constat est celui d’un marché très contrasté. En 2025, les appareils à granulés enregistrent une forte progression (+24 % en moyenne), à rebours des équipements à bûches, dont les ventes reculent nettement (-16 %). Au final, le marché reste globalement stable sur un an, avec 290 510 unités vendues, soit un léger repli de 2,3 %. Cette poussée des appareils à granulés n’est pas sans conséquence sur la structure du marché. Contrairement aux appareils à bûches, davantage produits en France, les équipements automatiques à granulés sont massivement importés (à 95 %). Résultat : la part des importations ne cesse de croître, passant de 57 % en 2023 à 68 % en 2024, puis à 78 % en 2025. Autre enseignement : le marché reste largement tiré par la rénovation. Les installations dans l’existant représentent 92 % des cas. Le remplacement d’anciens appareils par des équipements plus performants, lui, recule légèrement, à 33 % des ventes contre 37 % un an plus tôt. Côté prix, après les fortes hausses observées entre 2021 et 2023, la tendance se calme. Les indices font état de progressions modérées, comprises entre 1 et 3 %. L’étude est disponible en libre téléchargement sur le site de l’Observatoire des énergies renouvelables. Elle s’accompagne d’une courte vidéo dans laquelle Frédéric Tuillé, responsable des études chez Observ’ER, revient sur les principaux enseignements.

Une nouvelle plateforme d’investissement dédiée aux renouvelables

Publié le 13/05/2026. Tenergie et huit Caisses régionales du Crédit Agricole annoncent la création de CATENER, une plateforme d’investissement dédiée à l’exploitation d’actifs photovoltaïques et éoliens en France. Ce partenariat stratégique vise à accélérer le développement des énergies renouvelables au cœur des territoires grâce à une gouvernance locale et un engagement de long terme. À l’origine du projet, les Caisses régionales Pyrénées-Gascogne et Aquitaine, se sont associées à Tenergie pour mutualiser leurs expertises dans le financement et l’exploitation d’installations vertes. En avril 2026, six nouvelles Caisses régionales ont rejoint l’initiative, renforçant l’ancrage territorial du dispositif. Dès son lancement, CATENER s’appuie sur un portefeuille de 75 MW d’actifs éoliens et photovoltaïques en exploitation dans plusieurs départements français, notamment les Deux-Sèvres, les Landes, la Charente-Maritime, la Somme et le Var. Le véhicule d’investissement détient 49 % de ce portefeuille acquis auprès de Tenergie et a vocation à intégrer progressivement de nouveaux projets. Au-delà de l’aspect financier, CATENER ambitionne de mobiliser l’épargne régionale et les capacités d’investissement locales afin de favoriser une transition énergétique ancrée dans les territoires.

Les délégations régionales de l’Ademe en danger

Publié le 13/05/2026. L’Ademe joue depuis des années un rôle central dans l’accompagnement de la transition énergétique grâce à son expertise, ses informations fiables et ses dispositifs d’aides accessibles aux territoires, aux entreprises et aux citoyens. Son organisation actuelle, fondée sur des délégations régionales proches du terrain, permet d’apporter des réponses adaptées aux enjeux locaux et de favoriser des débats fondés sur des données objectives. Le projet de loi visant à intégrer ces délégations aux services préfectoraux suscite de fortes inquiétudes tant au sein de l’Ademe que parmi les associations et les professionnels de l’énergie et de l’écologie. Dans une tribune publiée par Le Nouvel Obs le 5 mai dernier, des associations et des personnalités indiquent que « si cette décision était mise en œuvre, les salariés de l’Ademe se retrouveraient ainsi directement soumis à l’autorité hiérarchique [des préfets], faisant dépendre la priorisation de leurs missions d’une logique administrative relevant du ministère de l’Intérieur. » Préserver l’indépendance et l’organisation actuelle de l’Ademe apparaît essentiel pour continuer à soutenir le développement des énergies renouvelables, l’efficacité énergétique et l’accompagnement des collectivités et des porteurs de projets locaux. Dans un contexte climatique et énergétique exigeant, maintenir des structures expertes et de proximité constitue un enjeu majeur pour donner une réelle chance à la transition énergétique en France. Une pétition a été déposée sur le site de l’Assemblée nationale visant à la conservation des délégations régionales de l’Ademe en l’état. Vous êtes invités à la signer ici.

La transition énergétique devra compter sur le bois domestique

Publié le 07/05/2026. Alors que le gouvernement entend accélérer nettement l’électrification des usages pour réduire au plus vite la dépendance aux énergies fossiles – dont les importations coûtent près de 60 milliards d’euros par an – le Syndicat des Énergies Renouvelables (SER) rappelle que le bois énergie devra, lui aussi, prendre toute sa place dans la transition énergétique. Première source d’énergie renouvelable du pays avec 6,3 Mtep, le bois équipe aujourd’hui près de 8 millions de logements, soit 43 % des maisons en résidence principale. Un poids qui en fait un levier incontournable, sans pour autant entrer en concurrence frontale avec la pompe à chaleur : le bois se positionne davantage comme une solution complémentaire, voire alternative selon les situations. Lors d’une conférence de presse, le SER a mis en avant les progrès significatifs réalisés par la filière au cours des dernières décennies. La consommation de combustible des appareils a ainsi été divisée par quatre en quarante ans, tandis que leur efficacité énergétique a doublé. La création du label Flamme Verte en 2000, conjuguée aux innovations des fabricants – stimulées notamment par les directives Ecodesign de la Commission européenne – a également permis de réduire fortement les émissions de particules liées à la combustion du bois, qu’il s’agisse de bûches ou de granulés. Dans un contexte marqué par la forte volatilité des prix des énergies fossiles, le chauffage au bois domestique apparaît comme une solution à la fois fiable, performante et de plus en plus innovante. À l’horizon 2035, la filière vise un parc de 10 millions d’appareils, tout en réduisant de 15 % la consommation de combustible par rapport à 2023. Un objectif qui repose sur un double enjeu : accélérer le renouvellement des équipements les plus anciens, souvent moins performants, et conquérir de nouveaux utilisateurs. Cela passe aussi bien par l’installation de chaudières comme mode de chauffage principal que par l’usage du bois en appoint, en complément d’une pompe à chaleur lors des périodes les plus froides. Selon le SER, cette combinaison pourrait permettre d’éviter le recours à 10 GW de puissance électrique, sur la base de 2,6 millions de logements équipés.

Les pompes à chaleur profitent de la hausse des prix des énergies fossiles

Publié le 07/05/2026. L’association européenne des pompes à chaleur (European Heat Pump Association, EHPA) a publié un état du marché des pompes à chaleur résidentielles au premier trimestre 2026. La période étudiée inclut notamment la fermeture du détroit d’Ormuz, et la forte progression des prix du gaz et du pétrole qui s’en est suivie. Dans les 11 pays européens couverts par l’étude, 575 000 unités ont été vendues, contre 494 000 au premier trimestre 2025, soit une hausse de 17 %. Dans le détail, les ventes ont augmenté en moyenne de 25 % en France, en Allemagne et en Pologne. À l’inverse, l’Autriche pèse sur la moyenne européenne, avec des ventes en baisse de 30 % en l’absence d’aides publiques.

Le plan d’électrification des usages est enfin une réalité

Publié le 30/04/2026. Maintes fois annoncé, le plan d’électrification des usages est enfin une réalité. Sur fond de guerre en Iran, qui fait flamber les prix des hydrocarbures, le gouvernement a dévoilé, jeudi 23 avril, une liste de 22 mesures destinées à stimuler la demande en électricité. Six grands secteurs de consommation sont visés : le logement, la mobilité, l’industrie, l’artisanat, le numérique et la pêche. L’objectif est de réduire la part des énergies fossiles dans la consommation finale d’énergie, de 58 % aujourd’hui à 29 % en 2030, tout en faisant passer celle de l’électricité de 27 % à 38 % sur la même période. Parmi les mesures phares figure la mise en place de « 100 territoires d’électrification ». Encore flou quant à leur périmètre, ces territoires devraient être identifiés d’ici l’été afin de pouvoir être accompagner financièrement dans leurs actions de sortie du gaz et du fioul, ou encore leur transition vers des mobilités tout électrique. Autre mesure structurante : fluidifier la liste d’attente des raccordements, notamment en lançant dès mai 2026 des travaux sur la réforme du principe du « premier prêt, premier servi ». En matière de financement, le plan mise sur le recours massif aux certificats d’économie d’énergie (CEE), à hauteur de 10 milliards d’euros. En revanche, les aides à la rénovation énergétique globale des logements via MaPrimeRénov’ seront supprimées si un chauffage au gaz est maintenu. L’enjeu majeur sera alors d’accélérer l’installation des pompes à chaleur (PAC) air-eau, avec un objectif de 1 million d’unités par an d’ici à 2030.

L’électricité renouvelable dépasse le charbon dans le monde

Publié le 30/04/2026. La dernière édition du rapport Global Electricity Review publiée le 21 avril par le think tank britannique Ember met en évidence la montée en puissance des sources bas carbone dans le paysage électrique mondial. Pour la première fois depuis un siècle, les renouvelables dépassent en 2025 le charbon dans le mix électrique mondial, prenant une part de 33,8 % (10 730 TWh) contre 33 % (10 476 TWh) pour le charbon. Sur l’année, la production mondiale d’électricité décarbonée a progressé de 887 TWh. Le solaire en a été le principal contributeur. Sa production a enregistré une hausse de 30 % sur un an (+ 636 TWh). Ce volume a ainsi couvert à lui seul les trois quarts de l’augmentation de la demande en électricité, évaluée à 849 TWh. En y ajoutant les performances de l’éolien (+ 205 TWh), c’est près de la quasi-totalité des besoins mondiaux supplémentaires en électricité qui a été couverte par des sources renouvelables. Par ailleurs, la production électrique issue d’énergies fossiles a légèrement reculé (- 38 TWh), pour la première fois depuis 2020. Une diminution qui s’observe également dans les grands pays consommateurs. En Chine, la production d’électricité fossile a reculé de 56 TWh, une première baisse depuis 2015. En Inde, elle a diminué de 52 TWh, après plusieurs années de hausse.

Une batterie modulaire et empilable

Publié le 24/04/26. Atmoce annonce le lancement de BattBank, une batterie destinée aux marchés tertiaires et industriels, avec une architecture modulaire et empilable visant à répondre aux besoins évolutifs du stockage d’énergie. Le système fonctionne en courant alternatif et en très basse tension, en rupture avec les solutions traditionnelles en courant continu haute tension, souvent plus complexes à déployer. Chaque module offre une capacité de 16,08 kWh et peut être assemblé en blocs extensibles, permettant d’adapter progressivement les installations sans refonte complète. Cette approche vise à mieux ajuster les investissements aux besoins réels des entreprises et à limiter les surdimensionnements initiaux. La solution peut atteindre 112 kWh par bloc et être étendue sans limite théorique en combinant plusieurs unités. Conçue pour s’intégrer à des installations existantes, notamment photovoltaïques, elle peut aussi fonctionner de manière autonome. Le dispositif se veut compatible avec les contraintes techniques des sites tertiaires, notamment en termes d’espace et de délais de mise en service. La BattBank sera disponible à partir de juillet 2026.

Corsica Sole et la Banque des Territoires accélèrent le stockage d’énergie en France

Publié le 24/04/26. Corsica Sole, producteur indépendant d’énergie solaire, et la Banque des Territoires lancent une plateforme d’investissement dédiée au stockage d’électricité appelée « Corsica Sole Hexagone ». La Banque des Territoires détient 49 % du capital, tandis que Corsica Sole conserve 51 %. Cette initiative vise à financer et déployer des infrastructures de stockage à grande échelle sur tout le territoire français. Dans un contexte de forte croissance des énergies renouvelables, le stockage devient essentiel pour garantir la stabilité du réseau électrique. Il permet de compenser l’intermittence des productions comme le solaire et l’éolien. Le programme prévoit une capacité totale proche de 2 GWh d’ici 2029, équivalente à la consommation annuelle d’une grande ville. Une enveloppe d’investissement pouvant atteindre 150 millions d’euros est mobilisée pour soutenir les projets. Ces financements couvriront la construction et la mise en service progressive des installations. Corsica Sole entend ainsi changer d’échelle et devenir un leader du stockage en France. Un premier projet est en cours à Beuvry, avec une capacité de 50 MW / 100 MWh et une mise en service prévue début 2027. Il est implanté sur une ancienne friche industrielle, illustrant une reconversion réussie. Ce site accueille déjà une centrale solaire du groupe.