Publié 18/06/2026. Le 4 juin 2026, a été inaugurée le dispositif la production de biométhane lié à la station d’épuration Marea de Lattes, située au sud de Montpellier. Ce projet transforme les eaux usées en énergie renouvelable locale injectée directement dans le réseau de gaz. À terme, la production permettra d’alimenter l’équivalent de 9 000 logements basse consommation (BBC), 3 000 logements en chauffage et eau chaude, ainsi que l’équivalent de 124 bus. Soutenu à hauteur de 3 millions d’euros par l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse, le projet s’inscrit dans la stratégie de transition énergétique de la métropole. La production de biométhane augmentera progressivement jusqu’à atteindre près de 32 GWh par an en 2029. Le projet comprend également la valorisation énergétique des boues et l’installation de panneaux photovoltaïques. Avec un investissement de 165 millions d’euros, les travaux engagés depuis 2023 doivent s’achever en 2027.
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Qualit’EnR a fêté ses 20 ans !
Publié 18/06/2026. Pour célébrer ce cap symbolique, l’association, en charge de qualifier les installateurs d’énergies renouvelables et dont Observ’ER est membre, a convié, en ouverture de sa soirée d’anniversaire, François Gemenne. Le politologue a démonté les trois arguments favoris des détracteurs des énergies renouvelables : leur supposé coût, le risque de perte de compétitivité et la dépendance envers des approvisionnement étrangers. Loin d’être trop chères, elles permettent de baisser le budget colossal (60 milliards d’euros) consacré chaque année à l’importation d’énergie fossile. Les filières renouvelables ne freinent pas non plus la compétitivité des entreprises, bien au contraire, car elles leur permettront de se mettre à l’abri des fluctuations des prix de l’énergie et de se développer sur la base d’une énergie abondante, locale et bon marché. Enfin, elles ne nous engagent pas dans une nouvelle dépendance mais permettent de regagner en souveraineté géopolitique, pour peu que nous arrivions à étendre les installations dans les territoires. Ceci ne sera possible, selon François Gemenne, que si la population accorde sa confiance à ces secteurs. Et c’est précisément la mission que s’est donnée Qualit’EnR il y a 20 ans : faire monter les installateurs en compétence, les accompagner pour les former et faire progresser leur pratique, afin que l’ensemble de leurs clients puissent avoir confiance dans les entreprises qualifiées. Les tables rondes, regroupant institutionnels et organismes représentant les filières, ont montré tout le chemin parcouru depuis sa création. Qualit’EnR est aujourd’hui une association fonctionnant sur la base de processus normés et industrialisés, qui revendique 500 000 demandes de qualifications traitées et 130 000 audits réalisés depuis 2006. Il y a encore du chemin à parcourir pour amener l’ensemble des entreprises œuvrant dans les filières à l’excellence, mais 98 % des particuliers passant par un installateur qualifié par Qualit’EnR se disent satisfaits. Un bon socle pour installer la confiance.
Une filière qui avance peu mais qui fourmille d’idées
Comme chaque année à la même période, les acteurs de la filière se réunissent à l’occasion des États généraux de la chaleur solaire. Un rendez-vous qui s’est ouvert, comme de coutume, par un état des lieux du secteur. Et force est de constater que les constats évoluent peu d’une édition à l’autre. La filière continue de faire valoir ses solides arguments : une technologie désormais éprouvée, capable de répondre à des besoins variés – du logement individuel à l’industrie, en passant par le secteur médico-social ou le tourisme –, des équipements largement fabriqués en France ou en Europe, ainsi que des emplois locaux et non délocalisables pour la mise en œuvre des installations. Pourtant, le solaire thermique demeure un marché de niche. En 2025, moins de 60 000 m² de capteurs ont été installés en métropole, toutes applications confondues (chiffres Observ’ER issus du suivi de l’individuel et du collectif). Une situation qui traduit à la fois un déficit de notoriété auprès des porteurs de projets et une difficulté persistante à trouver sa place dans une politique énergétique gouvernementale largement tournée vers l’électrification des usages et le déploiement massif des pompes à chaleur. Autre immobilisme regretté par les professionnels : la filière n’a toujours pas son plan de relance officiel, alors qu’il a été co-construit avec les services de l’État depuis plus d’un an. Toujours dans l’attente de sa publication, les acteurs y verraient un soutien politique fort et un coup d’éclairage bienvenu. Toutefois, si les grandes lignes du paysage restent inchangées, la filière ne manque pour autant pas d’initiatives. Parmi les orientations mises en avant figure le développement de solutions hybrides associant le solaire thermique à d’autres technologies, notamment le bois-énergie ou les pompes à chaleur. Une voie régulièrement évoquée, même si les réalisations concrètes restent encore peu nombreuses. Autre piste, la possibilité de réaliser des projets solaires thermiques à gouvernance partagée où les utilisateurs seraient fortement associés à l’exploitation des sites, assurant ainsi leur bon fonctionnement. Dans le segment du petit collectif, l’innovation prend la forme du projet Timothé. Ce modèle de tiers-investissement est porté par le bureau d’études Planair, en partenariat avec l’industriel SIRIUS et Forestener, développeur de projets renouvelables à gouvernance partagée, avec le soutien de l’Ademe. Son principe : un investisseur finance et exploite l’installation avant de vendre la chaleur produite à l’établissement bénéficiaire dans le cadre d’un contrat de long terme. Le dispositif cible en priorité des secteurs tels que le tourisme ou le médico-social. Reste une condition indispensable à son déploiement : la pérennisation du Fonds Chaleur. Au-delà des annonces de la filière, ces États généraux ont également mis en lumière la volonté croissante des territoires de renforcer leur autonomie énergétique. Plusieurs régions, dont la Bretagne, les Pays de la Loire et les Hauts-de-France, ont ainsi structuré des réseaux d’opérateurs de Contrat Chaleur Renouvelable Territorial (CCRT) spécialisés dans le solaire thermique. Leur mission : repérer les opportunités, accompagner les porteurs de projets et accélérer le déploiement des installations. Une dynamique qui a déjà démontré son efficacité et qui devrait, à terme, essaimer dans l’ensemble des régions françaises.
Stockage hydraulique en Corse
Publié le 12/06/2026. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a retenu le projet de station de transfert d’énergie par pompage (STEP) porté par Next Step Energy à Ajaccio, en Corse. Cette décision marque un tournant pour le stockage d’électricité en France, puisqu’il s’agit de la première nouvelle STEP construite dans le pays depuis plus de quarante ans. Implantée sur le site de Saint-Antoine, cette infrastructure de 12 MW permettra de stocker l’électricité excédentaire et de la restituer lors des pics de consommation. Elle contribuera également à renforcer la stabilité du réseau électrique corse grâce à des services d’inertie et de réglage de fréquence. Le projet sera développé en moins de 18 mois en partenariat avec la Ville d’Ajaccio et de nombreux acteurs locaux. Les STEP constituent aujourd’hui le principal moyen de stockage d’électricité en France avec près de 5 GW installés. Les projections nationales estiment les besoins futurs entre 20 et 30 GW de capacités de stockage. Le projet corse illustre ainsi le rôle stratégique des STEP dans la transition énergétique et la sécurisation de l’approvisionnement électrique.
Année 2025 mitigée pour le solaire thermique français
Publié le 12/06/2026. Observ’ER vient de publier son suivi annuel du marché 2025 solaire thermique chez les particuliers et les résultats sont mitigés. Pour le segment principal, celui des chauffe-eaux solaires individuels (CESI), les chiffres de marché font état de 18 100 m², soit un niveau très proche de l’activité de 2024 (18 500 m²). Après l’embellie des années 2021-2023, où les ventes annuelles se sont situées entre 28 150 et 30 500 m², les CESI ont perdu environ 35 % de leur activité pour revenir à un rythme proche de celui des années pré-Covid 19. Pour les systèmes solaires combinés (qui associent production de chaleur et d’eau chaude sanitaire), le recul enregistré en 2025 est plus net avec 10 465 m² vendus, soit -42,7 %. Les professionnels de ce segment dénoncent l’impact de la suspension du parcours accompagné du dispositif MaPrimeRénov’ entre le 23 juin et le 30 septembre comme l’une des causes de ces mauvais résultats. Plus globalement, dans un contexte général d’incertitude économique, les ménages ont restreint leurs investissements. Une situation qui a été observée dans d’autres secteurs comme les pompes à chaleur ou les appareils de chauffage domestique au bois. L’enjeu pour la filière solaire thermique est de trouver sa place dans la transition énergétique française dont le crédo actuel est celui de l’électrification des usages avec les pompes à chaleur comme équipement phare. Pour cela, les professionnels du secteur attendent, notamment, l’annonce d’un programme national d’actions de relance du solaire thermique, un plan plusieurs fois repoussé mais qui pourrait être officiellement lancé le 17 juin prochain à l’occasion des États généraux de la chaleur solaire.
240 MW de batteries en soutien du réseau dans la Marne
Publié le 04/06/2026. TagEnergy a annoncé le 27 mai la mise en service d’un système de stockage d’électricité par batteries à Cernay-lès-Reims, dans la Marne. D’une puissance de 240 MW pour une capacité de 480 MWh, ce parc de batteries serait le plus grand équipement de ce type en France à ce jour. Le projet a été développé avec plusieurs partenaires, dont RTE, la société d’intérêt collectif agricole d’électricité (Sicae) de la Somme et du Cambraisis, ainsi que des acteurs locaux, parmi lesquels la commune de Cernay-lès-Reims et la communauté urbaine du Grand Reims. L’installation est par ailleurs détenue conjointement avec la Banque des Territoires. Sa mise en service intervient dans un contexte de développement du stockage par batteries en France, dont la puissance installée est passée de moins de 50 MW il y a cinq ans à environ 1,5 GW début 2026.
Essais en mer pour un prototype d’hydrolienne
Publié le 04/06/2026. La startup néerlandaise Equinox Ocean Turbines franchit une étape majeure dans le développement de l’énergie marémotrice avec les essais en mer de son prototype d’hydrolienne Mobula 5 à échelle réduite. Soutenue par InnoEnergy, l’entreprise lance également une nouvelle levée de fonds pour préparer un démonstrateur de 2 MW d’ici 2028 et un déploiement commercial à partir de 2030. Son ambition est d’exploiter les courants océaniques continus afin de produire une électricité renouvelable, prévisible et compétitive. Les tests prévus fin juin 2026 doivent permettre d’atteindre le niveau TRL 6, une étape clé vers la maturité industrielle. Equinox cible notamment le Japon, l’Afrique du Sud et la côte est des États-Unis, où les conditions sont particulièrement favorables. Avec un potentiel mondial estimé à plus de 700 GW, cette filière pourrait devenir un pilier du mix énergétique, estime la start-up. InnoEnergy accompagne activement cette montée en puissance en apportant financement, expertise industrielle et accès au marché.
Pompes à chaleur industrielles : un deuxième appel d’offres européen
Publié le 28/05/2026. L’Union européenne a confirmé le lancement d’un deuxième appel d’offres dédié à la chaleur décarbonée après la demande formulée par l’Association européenne des pompes à chaleur (EHPA) et plusieurs partenaires industriels. Cette initiative vise à accélérer l’électrification des procédés industriels grâce aux pompes à chaleur. Le programme est financé par les revenus du marché carbone européen. L’annonce a été faite lors de la conférence européenne Cleantech, qui s’est tenue à Bruxelles le 19 mai et qui était organisée par l’Agence exécutive européenne pour le climat, les infrastructures et l’environnement (Cinea) et la Direction générale de l’Action pour le climat de la Commission européenne. La Commission considère désormais les pompes à chaleur comme une technologie stratégique pour la compétitivité et la sécurité énergétique. Sa présidente, Ursula von der Leyen, a rappelé que deux tiers des pompes à chaleur européennes sont fabriquées en Europe. L’EHPA salue cette décision mais demande un système plus simple et plus prévisible pour les industriels. L’association souhaite aussi un budget plus important et des critères plus accessibles pour les petits projets. Les grandes pompes à chaleur permettent de réduire la dépendance aux énergies fossiles dans l’industrie et les réseaux de chaleur. L’Europe veut désormais accélérer le développement et la fabrication de ces technologies propres sur son territoire.
Géothermie profonde en Île-de-France : l’ouest et le sud aussi ont du potentiel
Publié le 28/05/2026. Si l’Île-de-France concentre aujourd’hui le plus grand nombre d’installations de géothermie profonde en France et en Europe, cette technologie est peu développée dans l’ouest et le sud du territoire. En cause, la méconnaissance du sous-sol dans ces secteurs. C’est pourquoi l’État, via l’Ademe Île-de-France, la Région Île-de-France et le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) ont lancé en novembre 2023 le programme Geoscan Île-de-France, visant à identifier les zones les plus favorables au développement de la technologie dans cette partie de la région. D’une durée de deux ans, il a permis d’étudier le sous-sol au droit de près de 300 communes, sur près de 2 000 km² du territoire. Résultat : le Dogger, l’aquifère profond du bassin parisien, présente bien un potentiel géothermique dans la zone, bien que moins performant qu’à l’est de Paris. La température de la ressource varie de 50°C jusqu’à près de 80°C d’ouest en est. Une autre nappe souterraine, l’Oxfordien, apparaît comme une ressource très prometteuse, sur une grande partie de la zone étudiée. Enfin dans le troisième aquifère, le Trias, l’étude a identifié trois réservoirs d’intérêt. Ces données constituent des outils stratégiques pour les collectivités du territoire et devraient donner lieu à de nouveaux projets de géothermie profonde dans cette partie de l’Île-de-France.
La transition bas-carbone a besoin de bras
Publié le 21/05/2026. L’association Shift Project a publié cinq notes sectorielles et une analyse transversale sur les besoins en emploi et en compétences induits par la décarbonation. Elles portent sur la maintenance automobile, l’éolien et le photovoltaïque, le train, le fret routier et le logement. Dans l’automobile, l’essor des véhicules électriques transforme les métiers de la réparation et suppose une adaptation des formations. Dans les renouvelables, le développement des installations solaires et éoliennes dépendra de recrutements localisés et de compétences parfois rares. Le ferroviaire devra former suffisamment de cheminots pour accompagner la hausse visée du trafic voyageurs et la relance du fret. Dans le transport routier de marchandises, le secteur pourrait connaître une baisse de 50 % de ses effectifs d’ici 2050 à mesure que la décarbonation progresse. Cette diminution pourrait être en partie absorbée par les départs à la retraite des chauffeurs routiers, à condition d’adapter la formation. Le logement nécessite davantage de professionnels pour les rénovations d’ampleur, notamment autour de l’installation et la maintenance des pompes à chaleur. Ces publications prolongent un rapport du Shift Project publié en avril, « Réussir la transition dans l’incertitude », qui identifiait 20 chantiers pour atteindre la neutralité carbone en 2050 et insistait sur l’anticipation des besoins en main-d’œuvre.
