Lettre ouverte de la filière hydrolienne

Publié le 10/07/2026. Dans une lettre ouverte adressée au Premier ministre et au gouvernement, les porteurs des projets hydroliens FloWatt et NH1, accompagnés de leurs partenaires industriels, demandent à l’État de respecter ses engagements en faveur de la filière hydrolienne. Alors que la Programmation pluriannuelle de l’énergie prévoit un premier appel d’offres commercial de 250 MW au raz Blanchard (courant marin situé entre le cap de la Hague, à la pointe nord-ouest du Cotentin, et l’île anglo-normande d’Aurigny) d’ici 2030, les deux fermes pilotes, représentant près de 30  MW, restent bloquées. Les signataires soulignent que ces retards ne sont liés ni à des difficultés techniques, ni à des recours administratifs, ni à une opposition locale, mais uniquement à l’absence de notification des dispositifs de soutien à la Commission européenne et de publication de l’arrêté tarifaire. Sans ces décisions, aucun financement ni lancement industriel ne peut être engagé. Ils estiment que chaque mois de retard fragilise les investissements, les emplois et l’ensemble de la chaîne de valeur française en cours de structuration.

Un quart des usages est électrifié en France

Publié le 10/07/2026. L’électrification des usages poursuit sa progression en France, mais à un rythme encore insuffisant. C’est le principal enseignement de l’Observatoire de l’électrification que vient de publier l’Union Française de l’Électricité (UFE), l’association professionnelle du secteur, à partir des données 2024. Selon l’UFE, le taux d’électrification des usages a atteint 27 % en 2024. Un niveau supérieur à la moyenne de l’Union européenne (24 %) et qui rapproche la France de l’objectif de 34 % fixé pour 2030 dans le cadre de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3). L’association souligne toutefois que cette progression reste beaucoup trop modeste : le taux n’a gagné que 0,5 point depuis 2019 et seulement 0,8 point au cours des dix dernières années. À l’international, la France se positionne devant l’Allemagne (23 %) et les États-Unis (25 %), mais demeure en retrait par rapport à la Chine (30 %), à la Suède (35  %) et, plus encore, à la Norvège, où l’électricité couvre déjà 54 % des usages énergétiques. Dans le détail, le secteur du bâtiment est celui où l’électrification est la plus avancée, avec un taux de 47 % des besoins couverts par l’électricité. Il devance l’industrie (36 %) et l’agriculture (13 %). Le principal défi reste toutefois celui des transports. Avec un taux d’électrification limité à 2 %, ce secteur demeure très largement dépendant des énergies fossiles. Ce résultat est principalement porté par le ferroviaire, dont le taux d’électrification atteint 81 %. Pour l’UFE, l’accélération du déploiement des véhicules électriques apparaît donc comme un levier essentiel, alors que le parc français n’a progressé que de 11 % en 2024 par rapport à 2023.

La Région Nouvelle-Aquitaine accélère sa transition énergétique

Publié le 10/07/2026. Réuni à la préfecture de région, le Comité régional de l’énergie de Nouvelle-Aquitaine a adopté la proposition de territorialisation des objectifs de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3), en cohérence avec les orientations nationales à l’horizon 2030 et 2035. Élaborée conjointement par l’État, la Région, les collectivités, les gestionnaires de réseaux et les acteurs économiques, cette feuille de route vise à renforcer la souveraineté énergétique tout en contribuant à la neutralité carbone. Elle prévoit notamment de doubler la production régionale d’énergies renouvelables d’ici 2035 et de réduire de moitié la dépendance aux énergies fossiles. Le document mise sur l’accélération du photovoltaïque, de l’éolien terrestre, du biométhane, de la géothermie, des pompes à chaleur et des réseaux de chaleur, tout en intégrant les filières émergentes comme l’éolien en mer, les énergies marines renouvelables, les gaz verts, les biocarburants, les électro-carburants et l’hydrogène. Cette stratégie entend concilier transition énergétique, compétitivité économique, préservation des ressources naturelles et acceptabilité des projets par les territoires, dans le cadre de la feuille de route régionale Néo Terra.

Paris récupère la chaleur des eaux usées

Publié le 02/07/2026. Paris Habitat a inauguré dans une résidence parisienne de 42 logements un démonstrateur destiné à valoriser la chaleur des eaux usées. Cette technologie permet de récupérer jusqu’à 60 % de la chaleur contenue dans les eaux grises et noires afin de préchauffer l’eau chaude sanitaire ou d’alimenter un réseau de chauffage. L’objectif est de réduire de 25 à 45 % la consommation d’énergie liée à la production d’eau chaude, tout en diminuant les charges des habitants et en renforçant le recours aux énergies renouvelables et de récupération. Entièrement compatible avec les bâtiments existants, le système repose sur un échangeur thermique haute performance, des cuves de stockage temporaire et une régulation intelligente intégrant l’intelligence artificielle. Trois innovations brevetées optimisent le transfert de chaleur tout en garantissant une séparation totale entre les eaux usées et l’eau sanitaire. Cette solution peut être installée dans les immeubles résidentiels, les bâtiments tertiaires, les collectivités ou les sites industriels. Décorrélée des fluctuations du prix des énergies fossiles et éligible aux certificats d’économies d’énergie (CEE), cette innovation pourrait constituer une nouvelle source d’énergie locale, durable et compétitive.

La géothermie peut aider contre la canicule

Publié le 02/07/2026. À l’heure où les vagues de chaleur se multiplient, l’Association française des professionnels de la géothermie (AFPG) rappelle que la géothermie de proximité constitue une réponse efficace pour rafraîchir les bâtiments tout en réduisant leur empreinte carbone. Grâce au géocooling, la fraîcheur naturelle du sous-sol est utilisée pour climatiser les bâtiments sans recourir à un groupe frigorifique classique, avec une consommation énergétique jusqu’à dix fois inférieure à celle d’une climatisation traditionnelle. Pour un appartement de 60 m², le coût annuel du rafraîchissement est estimé entre 15 et 25 euros. Au-delà du confort d’été, cette technologie permet également de chauffer les bâtiments, de réduire les coûts d’exploitation et d’offrir des installations durables pouvant fonctionner plusieurs décennies. Déjà déployée dans plusieurs centaines de milliers de bâtiments en France, la géothermie équipe des logements, des bâtiments tertiaires et des équipements publics. L’AFPG met en avant de nombreuses réalisations exemplaires, comme le cinéma Le Louxor à Paris, une résidence à Pantin, l’écoquartier de l’Îlot Allar à Marseille ou encore la ZAC Étoile à Strasbourg. Pour la filière, la géothermie représente un levier essentiel de la transition énergétique, de la souveraineté énergétique et de l’adaptation des territoires au changement climatique.

L’hydroélectricité reprend son développement en France

Publié le 02/07/2026. Longtemps freinée par un contentieux avec la Commission européenne sur le renouvellement des concessions hydroélectriques, la filière entend désormais accélérer son développement. L’adoption, le 17 juin, d’une loi mettant un terme à près de dix ans de blocage ouvre la voie à une nouvelle phase d’investissements. Réunis mardi 30 juin au siège du Syndicat des Énergies Renouvelables (SER), aux côtés de France Hydro Énergie et de l’Union française de l’électricité (UFE), les représentants de la filière ont présenté leur feuille de route pour relancer l’hydroélectricité en France. Leur ambition est claire : atteindre les objectifs fixés par la troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3), qui prévoit le raccordement de 2,8 GW de capacités supplémentaires d’ici à 2035. Pour y parvenir, le secteur mise sur un double levier. D’une part, la construction de nouvelles centrales, afin d’exploiter une partie du potentiel recensé par la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC) en 2022. D’autre part, la modernisation des installations existantes, notamment des barrages. Au total, les investissements nécessaires sont évalués à au moins 4,5 milliards d’euros. Les professionnels appellent toutefois les pouvoirs publics à lever plusieurs obstacles réglementaires. Leur plan d’action s’articule autour de quatre priorités : accélérer la délivrance et le renouvellement des autorisations, simplifier les procédures administratives, adapter les exigences environnementales et réglementaires à la nature des projets, et reconnaître les opérations de rénovation comme des projets d’intérêt public majeur. L’enjeu est de taille. Aujourd’hui, l’obtention des autorisations nécessaires à la construction d’un nouvel ouvrage peut nécessiter entre cinq et dix ans, un délai jugé incompatible avec l’objectif fixé pour 2035. La filière réclame également le lancement d’appels d’offres spécifiques pour les stations de transfert d’énergie par pompage (STEP), la création d’un mécanisme de soutien à la rénovation des centrales hydroélectriques, ainsi que le renouvellement du tarif d’achat H16, qui arrive à échéance cette année.

Une centrale électrique virtuelle de la Manche

Publié le 26/06/2026. Le Syndicat Départemental d’Énergies de la Manche (SDEM50) et Voltalis ont inauguré la première « centrale électrique virtuelle » du département en connectant le siège du SDEM50, à Agneaux (Manche), à la plateforme de flexibilité de Voltalis. Livré en 2023, ce bâtiment à énergie positive de 1 950 m² est équipé de 323 panneaux photovoltaïques, de pompes à chaleur géothermiques, d’un système de rafraîchissement innovant, de bornes de recharge pour véhicules électriques et d’une batterie de stockage. Grâce à cette centrale virtuelle, la batterie peut ajuster son fonctionnement en fonction des besoins du réseau électrique et restituer l’énergie stockée lors des périodes de forte consommation. Cette solution permet de valoriser la production solaire locale tout en contribuant à l’équilibre du réseau et à l’intégration des énergies renouvelables. Pour Voltalis, cette technologie de flexibilité est désormais mature et peut être déployée à grande échelle sur les bâtiments équipés de chauffage électrique ou de batteries.

Étude : solaire thermique dans le collectif et les grandes installations

Publié le 26/06/2026. Observ’ER vient de publier son étude 2026 consacrée au suivi du marché du solaire thermique dans les bâtiments collectifs et pour les installations de grande taille. Réalisée tous les deux ans, cette analyse combine un état des lieux quantitatif des ventes de capteurs solaires avec une enquête qualitative fondée sur des entretiens menés auprès des principaux acteurs du secteur. Le constat est préoccupant pour le segment des bâtiments collectifs. En 2025, moins de 9 000 m² de capteurs solaires thermiques ont été commercialisés (8 750 m2), un niveau historiquement bas. La raréfaction des nouveaux projets portés par les bailleurs sociaux, les promoteurs immobiliers et les collectivités locales explique en grande partie ce recul de l’activité. Malgré ce contexte difficile, les professionnels de la filière restent mobilisés. Les acteurs du secteur concentrent désormais leurs efforts sur des applications jugées plus porteuses, notamment dans les domaines du tourisme et du médico-social. Cette évolution s’accompagne de l’émergence de nouveaux modèles économiques, fondés sur des offres de tiers-investissement, qui facilitent le financement des installations. L’étude souligne également le rôle déterminant du Fonds Chaleur, qui demeure un levier essentiel pour concrétiser les projets, ainsi que l’efficacité des réseaux régionaux d’animateurs. Leurs actions contribuent à faire émerger de nouvelles opérations grâce à des missions de sensibilisation, de formation et d’accompagnement des maîtres d’ouvrage. Les régions Bretagne, Pays-de-la-Loire et Hauts-de-France apparaissent aujourd’hui comme les plus avancées dans ce domaine. Du côté des grandes installations, le bilan est plus contrasté. Bien que les volumes annuels mis en service restent très variables, le segment a enregistré plus de 71 500 m² de capteurs installés depuis 2025, dont 12 545 m² au cours de la seule année passée. Ces projets se développent principalement dans l’industrie agroalimentaire, les serres agricoles et les réseaux de chaleur. La filière estime que ce marché dispose d’un potentiel de croissance important. Toutefois, son développement se heurte à plusieurs freins réglementaires. L’étude pointe notamment les effets de la politique de zéro artificialisation nette (ZAN), qui pénalise les projets de solaire thermique alors que les installations photovoltaïques ne sont pas soumises aux mêmes contraintes. Les professionnels dénoncent également un manque de visibilité sur la disponibilité du foncier dans les appels d’offres, un facteur qui complique la planification des futurs projets. L’étude est disponible en libre téléchargement sur le site de l’Observatoire des énergies renouvelables. Elle s’accompagne d’une courte vidéo dans laquelle Frédéric Tuillé, responsable des études chez Observ’ER, revient sur les principaux enseignements.

À Montpellier, une station d’épuration produit du biogaz

Publié 18/06/2026. Le 4 juin 2026, a été inaugurée le dispositif la production de biométhane lié à la station d’épuration Marea de Lattes, située au sud de Montpellier. Ce projet transforme les eaux usées en énergie renouvelable locale injectée directement dans le réseau de gaz. À terme, la production permettra d’alimenter l’équivalent de 9 000 logements basse consommation (BBC), 3  000 logements en chauffage et eau chaude, ainsi que l’équivalent de 124  bus. Soutenu à hauteur de 3 millions d’euros par l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse, le projet s’inscrit dans la stratégie de transition énergétique de la métropole. La production de biométhane augmentera progressivement jusqu’à atteindre près de 32 GWh par an en 2029. Le projet comprend également la valorisation énergétique des boues et l’installation de panneaux photovoltaïques. Avec un investissement de 165 millions d’euros, les travaux engagés depuis 2023 doivent s’achever en 2027.

Qualit’EnR a fêté ses 20 ans !

Publié 18/06/2026. Pour célébrer ce cap symbolique, l’association, en charge de qualifier les installateurs d’énergies renouvelables et dont Observ’ER est membre, a convié, en ouverture de sa soirée d’anniversaire, François Gemenne. Le politologue a démonté les trois arguments favoris des détracteurs des énergies renouvelables : leur supposé coût, le risque de perte de compétitivité et la dépendance envers des approvisionnement étrangers. Loin d’être trop chères, elles permettent de baisser le budget colossal (60 milliards d’euros) consacré chaque année à l’importation d’énergie fossile. Les filières renouvelables ne freinent pas non plus la compétitivité des entreprises, bien au contraire, car elles leur permettront de se mettre à l’abri des fluctuations des prix de l’énergie et de se développer sur la base d’une énergie abondante, locale et bon marché. Enfin, elles ne nous engagent pas dans une nouvelle dépendance mais permettent de regagner en souveraineté géopolitique, pour peu que nous arrivions à étendre les installations dans les territoires. Ceci ne sera possible, selon François Gemenne, que si la population accorde sa confiance à ces secteurs. Et c’est précisément la mission que s’est donnée Qualit’EnR il y a 20 ans : faire monter les installateurs en compétence, les accompagner pour les former et faire progresser leur pratique, afin que l’ensemble de leurs clients puissent avoir confiance dans les entreprises qualifiées. Les tables rondes, regroupant institutionnels et organismes représentant les filières, ont montré tout le chemin parcouru depuis sa création. Qualit’EnR est aujourd’hui une association fonctionnant sur la base de processus normés et industrialisés, qui revendique 500 000 demandes de qualifications traitées et 130 000 audits réalisés depuis 2006. Il y a encore du chemin à parcourir pour amener l’ensemble des entreprises œuvrant dans les filières à l’excellence, mais 98 % des particuliers passant par un installateur qualifié par Qualit’EnR se disent satisfaits. Un bon socle pour installer la confiance.