Publié le 05/02/2026. Le 3 février, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a publié un rapport consacré à la transition énergétique dans les territoires. Dans cette publication, la CRE souligne que la réussite de la transition énergétique passera nécessairement par sa territorialisation. Pour y parvenir, trois leviers sont identifiés. Le premier concerne l’appropriation par les territoires des enjeux de la transition énergétique, afin de renforcer l’acceptabilité locale. Le second repose sur l’adaptation des projets aux spécificités territoriales. Le troisième porte sur la nécessité d’un assouplissement des contraintes réglementaires et financières. Dans ce cadre, plusieurs recommandations sont formulées. Elles visent notamment à renforcer l’engagement des décideurs publics locaux, à instaurer un dialogue continu avec les citoyens et à diffuser une culture de l’énergie fondée sur des données accessibles et objectivées. Le rapport préconise également la construction de projets de territoire fédérateurs, appuyés sur une gouvernance organisée à l’échelle la plus pertinente et sur un renforcement de l’expertise technique des acteurs locaux. Enfin, plusieurs recommandations portent sur les freins réglementaires et financiers, avec un appel à une application plus lisible des règles, à une plus grande stabilité des dispositifs de soutien et à un renforcement des incitations pour les filières émergentes et les solutions de flexibilité.
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Biométhane issu de déchets dans le Lot-et-Garonne
Publié le 05/02/2026. À Monflanquin (Lot-et-Garonne), une unité de production de biométhane portée par Biogaz Monflanquin, société créée par Valorizon et Avergies, avec la technologie Wagabox de Waga Energy, a commencé le 29 janvier à injecter son gaz vert dans le réseau local exploité par GRDF. Le biogaz issu des déchets enfouis du site de l’Albié à Monflanquin est désormais transformé en gaz renouvelable, substitut au gaz fossile, pour alimenter habitants et entreprises du territoire. L’installation produira environ 12 GWh par an, soit l’équivalent de 2 000 foyers, et évitera près de 3 200 tonnes de CO₂ chaque année. Le site, qui traite environ 30 000 tonnes de déchets par an, devient ainsi un maillon clé de l’économie circulaire locale. Les équipes optimisent le captage du biogaz afin d’assurer une valorisation maximale, y compris pour la mobilité via le bioGNV. Le projet bénéficie du soutien de la Région Nouvelle-Aquitaine dans le cadre de Néo Terra, ainsi que de l’accompagnement de Territoire d’Énergie Lot-et-Garonne via le programme Co’meth 47.
Une année 2025 en demi-teinte pour les pompes à chaleur
Jeudi 5 février, Uniclima a dévoilé les chiffres 2025 de ses activités dans les équipements thermiques, aérauliques et frigorifiques. Pour les filières des énergies renouvelables, le bilan apparaît contrasté. Dans un contexte économique peu porteur, marqué par les évolutions successives des dispositifs d’aide à l’investissement (MaPrimeRénov’ et Coup de pouce chauffage) et par la faiblesse persistante des marchés de la rénovation et du logement neuf, certains segments ont néanmoins fait preuve de résilience. Après un sévère décrochage en 2024, le marché des pompes à chaleur individuelles (PAC) air/eau n’accuse qu’un léger repli, avec 179 377 unités mises en ventes en 2025, soit une baisse de 1,8 % sur un an. Le segment des PAC air/air résiste, affichant une quasi-stabilité à 803 661 unités (-0,1 %). Les épisodes de fortes chaleurs de l’été 2025 ont d’ailleurs généré des pics historiques de ventes, compensant un premier semestre en maussade. Cependant, toutes les filières n’ont pas bénéficié pas de cette dynamique. Les PAC géothermiques et le solaire thermique poursuivent leur recul, avec des baisses respectives de 6,2 % et 18,6 % en 2025. Pour 2026, les perspectives demeurent incertaines, même si un frémissement, qui reste à confirmer, est perceptible du côté de la construction de logements. Dans ce contexte, le message des industriels est sans ambiguïté : leurs équipements, en constante amélioration, sont prêts à se déployer plus largement afin de réduire la dépendance de la France aux énergies fossiles, dont les importations ont représenté une facture de 60 milliards d’euros en 2025. Pour les PAC, la feuille de route apportée par la SNBC 3 convient aux industriels, avec un objectif de 8,8 millions de pompes à chaleur installées dans le parc résidentiel à fin 2030 (contre moins de 5 millions aujourd’hui). Une trajectoire qui suppose toutefois un cadre d’aides lisible et stable, condition indispensable à la mobilisation des ménages comme des professionnels.
Pompes à chaleur : les aides pour le matériel « made in Europe »
Publié le 29/01/2026. Le gouvernement annonce une évolution des aides à l’achat des pompes à chaleur individuelles. Désormais, ces aides seront conditionnées à la performance environnementale des équipements. La production en Europe devient également un critère central d’éligibilité. Cette décision s’inscrit dans le plan national de développement des pompes à chaleur lancé en 2024. L’objectif est de réduire la dépendance de la France aux énergies fossiles. Les pompes à chaleur permettent aussi d’améliorer le confort thermique des ménages. Les dispositifs d’aide existants, comme MaPrimeRénov’ – interrompue en attendant l’adoption du projet de loi de finances pour 2026 – et les certificats d’économie d’énergie, sont maintenus. Ils restent ciblés en priorité sur les ménages les plus modestes. Seuls les modèles de PAC agréés par l’État pourront bénéficier d’un soutien renforcé. Ces équipements devront répondre à des critères stricts de qualité et de fabrication européenne. Une consultation publique sur les textes réglementaires est actuellement ouverte. Une plateforme permet déjà aux fabricants de déposer leurs demandes d’agrément. La liste officielle des modèles éligibles sera publiée en juillet 2026. La bonification des aides sera conditionnée à la préférence européenne dès septembre 2026. Cette mesure vise à soutenir l’industrie européenne et accélérer la transition écologique.
UE : solaire et éolien produisent plus que les fossiles
Publié le 29/01/2026. Le 22 janvier dernier, Ember a publié son analyse annuelle du mix électrique de l’Union européenne pour 2025. Il en ressort que, pour la première fois, l’éolien et le solaire ont produit davantage d’électricité que l’ensemble des énergies fossiles. À eux deux, ils ont représenté 30 % de la production européenne, contre 29 % pour les combustibles fossiles. Cette évolution s’inscrit dans une tendance de fond observée depuis cinq ans, avec une montée continue de l’éolien et du solaire et un recul des énergies fossiles. Le photovoltaïque poursuit sa percée, en hausse de plus de 20 % pour la quatrième année consécutive. Le solaire a fourni 13 % de l’électricité de l’UE, dépassant à la fois le charbon et l’hydroélectricité. Malgré une légère baisse de sa production liée aux conditions météorologiques, l’éolien a conservé sa place de deuxième source d’électricité, avec 17 % du total, devant le gaz. Au global, les énergies renouvelables ont assuré 48 % de la production électrique européenne en 2025. Le rapport note toutefois une hausse de la production à partir de gaz, conséquence du recul de la production hydroélectrique. Cette augmentation a entraîné une hausse de la facture d’importation de gaz et contribué à des tensions sur les prix de l’électricité. Le charbon, de son côté, poursuit son déclin et atteint un niveau historiquement bas dans la majorité des États membres.
Les lauréats de l’appel à projets pyrogazéification
Publié le 22/01/2026. GRDF a lancé un appel à projets visant à démontrer la faisabilité technique de l’injection dans les réseaux gaziers du biométhane issu de la pyrogazéification, une filière innovante de production de gaz vert. La pyrogazéification repose sur un procédé thermochimique à haute température, sans ou avec très peu d’oxygène. Elle permet de valoriser des résidus organiques solides secs. Après épuration, le gaz produit peut être injecté dans le réseau. Trois entreprises ont été retenues lors de cet appel à projets : Charwood Innovation, Elvéa Energy et Novea. Il permet à GRDF de renforcer ses compétences sur la mise aux spécifications de ce type de gaz et de préparer les réseaux à son intégration. Les premières injections de gaz de pyrogazéification sont attendues dès l’an prochain. GRDF soutient chaque projet à hauteur de 400 000 euros afin de financer les études technico-économiques, les essais technologiques et les travaux nécessaires à l’injection. Les dossiers ont été évalués par un jury associant experts académiques, institutionnels et spécialistes de GRDF, garantissant une sélection rigoureuse. Charwood Innovation se distingue par son ambition de démontrer la faisabilité à l’échelle industrielle et son ancrage sur l’ensemble de la chaîne de valeur. Elvéa Energy propose un procédé optimisé intégrant purification et poste d’injection dédié, avec une forte orientation vers l’industrialisation. Novea valorise son expérience opérationnelle grâce à une unité de démonstration déjà en service et l’intégration d’une brique de méthanation. L’appel à projets cible des unités de taille intermédiaire utilisant aujourd’hui le syngas (gaz de synthèse) localement.
Géothermie : les recommandations de la Cour des comptes
Publié le 22/01/2026. La géothermie, énergie locale, renouvelable et décarbonée disponible en continu, présente de forts atouts pour la transition énergétique mais reste marginale en France, représentant environ 1 % de la consommation finale de chaleur. Dans une nouvelle enquête, la Cour des comptes analyse l’efficacité des soutiens publics dédiés à son développement. Elle constate un écart persistant entre des objectifs ambitieux et un déploiement limité. Les freins identifiés sont principalement les coûts d’investissement élevés, les risques techniques et géologiques ainsi que la complexité et la lenteur des procédures administratives. Les aides mobilisées jusqu’à présent n’ont pas permis de lever ces obstacles. Malgré ses bonnes performances environnementales, la géothermie de surface demeure peu développée, notamment dans le logement collectif. Les objectifs de triplement de la production de chaleur d’ici 2035 apparaissent peu réalistes en l’état. La Cour privilégie la simplification des règles et une meilleure priorisation des soutiens plutôt qu’une augmentation des subventions. La géothermie profonde, surtout destinée aux réseaux de chaleur urbains, est jugée compétitive mais freinée par des investissements initiaux importants et des incertitudes sur la ressource. L’atteinte des objectifs suppose une réduction des délais administratifs et une adaptation de la filière. La géothermie électrogène, limitée en métropole, constitue un enjeu stratégique pour les territoires ultramarins. La Cour conclut que le succès repose avant tout sur une meilleure organisation des soutiens, une gestion plus claire des risques et un renforcement de la connaissance du sous-sol.
Électricité renouvelable : malgré une bonne année 2025, les inquiétudes grandissent
Publié le 22/01/2026. Mercredi 21 janvier, l’Observatoire des énergies renouvelables (Observ’ER) a dévoilé l’édition 2025 de son baromètre de l’électricité renouvelable en France, lors d’une conférence de presse avec les deux partenaires du projet, l’Ademe et la FNCCR. Un document de près de 180 pages qui dresse l’état des lieux de huit filières et analyse leur évolution au cours des douze derniers mois. Le constat est clair : si les capacités installées ont continué de progresser en 2025, les incertitudes sur les trajectoires futures s’accentuent. Avec plus de 5 GW raccordés en un an, le photovoltaïque confirme son rôle de moteur, représentant à lui seul près des trois quarts des nouvelles capacités mises en service. Cette dynamique contraste toutefois fortement avec les difficultés rencontrées par les autres filières. L’éolien terrestre a enregistré son plus mauvais millésime depuis plus de dix ans, tandis que l’éolien en mer peine à rattraper les retards accumulés sur les premiers projets. De son côté, l’hydroélectricité reste cantonnée à la rénovation de l’existant, sans véritables perspectives de nouveaux développements. Au total, l’électricité d’origine renouvelable représente désormais plus de 32 % de la consommation française. Un atout stratégique pour la souveraineté énergétique du pays, dans un contexte géopolitique de plus en plus tendu. Pour maintenir la dynamique à l’horizon 2030 et au-delà, l’ensemble des acteurs de la filière – développeurs, industriels et collectivités – appelle l’État à publier sans plus attendre la nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Attendue depuis trois ans, celle-ci doit fixer des objectifs clairs et donner de la visibilité aux investissements. Mais les professionnels redoutent une révision à la baisse des ambitions, à la suite du bilan prévisionnel publié par RTE en décembre dernier, qui pointait une électrification des usages trop lente menant à une surcapacité de production électrique. Selon les acteurs du secteur, la France dispose aujourd’hui grâce à cela d’une électricité abondante, décarbonée et compétitive – autant de conditions favorables pour accélérer l’électrification de l’économie et la sortie des énergies fossiles, tout en poursuivant le développement des énergies renouvelables
BIOCARBURANTS
Publié le 15/01/2026. Le projet AeroVerde marque le lancement d’une collaboration entre Haffner Energy et IGNIS P2X pour développer des carburants d’aviation durables en Espagne. Le projet repose sur la technologie de Haffner Energy, qui transforme des résidus de biomasse sans conflit d’usage en gaz de synthèse riche en hydrogène. Ce syngaz (gaz de synthèse) permet la production de carburant vert pour l’aviation, Sustainable Aviation Fuel en anglais ou SAF, via différentes voies technologiques. Le CO₂ biogénique généré pourra être combiné à de l’hydrogène renouvelable produit par IGNIS P2X pour fabriquer le carburant. Le programme ReFuelEU Aviation de l’Union européenne impose une incorporation de 6 % de SAF dans le transport aérien d’ici 2030. Pourtant, les SAF ne représentaient que 0,6 % des carburants aériens en Europe en 2024, selon l’Agence européenne de la sécurité aérienne. Une grande partie provenait d’importations de matières premières asiatiques, critiquées pour leur empreinte carbone par l’International Air Transport Association. AeroVerde vise à répondre à ces limites par une production locale et circulaire. Le site sera implanté de manière à optimiser l’accès aux résidus de biomasse et la proximité des zones de consommation.
Neoen et RTE s’associent pour expérimenter le « grid forming »
Publié le 15/01/2026. Neoen vient d’annoncer la signature d’un contrat avec le gestionnaire du réseau de transport de l’électricité RTE pour soutenir la stabilité du réseau de transport d’électricité français. L’objet de leur collaboration se nomme Breizh Big Battery (BBB), une batterie ayant une fonction « grid forming », capable de contribuer à l’équilibre du réseau. En France, les centrales de stockage par batterie actuelles fonctionnent en mode « grid following », selon lequel les onduleurs se synchronisent sur une mesure de la fréquence du réseau électrique. Par nature « suiveuses », ces installations offrent une réponse plus lente et plus limitée aux variations du réseau électrique. En changeant le mode de synchronisation des onduleurs (rétrofit), les batteries de grid forming sont capables de contribuer à stabiliser la tension et la fréquence du réseau électrique de manière autonome en compensant les variations. Sans dépendre d’une source de référence externe, le grid forming permet de réagir instantanément aux perturbations du réseau électrique, apportant un effet de stabilisation plus rapide au système. Pour évaluer les bénéfices du grid forming, RTE et Neoen viennent de s’engager, pour une année au moins, dans une expérimentation qui vise à tester le rétrofit de l’onduleur du mode grid following au mode grid forming. D’une puissance de 92 MW / 183 MWh, la BBB sera l’une des plus grandes batteries de France et la plus grande de Bretagne. La batterie lithium-ion sera située dans la commune de Pleyber-Christ, dans le Finistère. Actuellement en construction, elle devrait entrer en service au cours de l’été 2026.
