Publié le 04/06/2026. TagEnergy a annoncé le 27 mai la mise en service d’un système de stockage d’électricité par batteries à Cernay-lès-Reims, dans la Marne. D’une puissance de 240 MW pour une capacité de 480 MWh, ce parc de batteries serait le plus grand équipement de ce type en France à ce jour. Le projet a été développé avec plusieurs partenaires, dont RTE, la société d’intérêt collectif agricole d’électricité (Sicae) de la Somme et du Cambraisis, ainsi que des acteurs locaux, parmi lesquels la commune de Cernay-lès-Reims et la communauté urbaine du Grand Reims. L’installation est par ailleurs détenue conjointement avec la Banque des Territoires. Sa mise en service intervient dans un contexte de développement du stockage par batteries en France, dont la puissance installée est passée de moins de 50 MW il y a cinq ans à environ 1,5 GW début 2026.
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Essais en mer pour un prototype d’hydrolienne
Publié le 04/06/2026. La startup néerlandaise Equinox Ocean Turbines franchit une étape majeure dans le développement de l’énergie marémotrice avec les essais en mer de son prototype d’hydrolienne Mobula 5 à échelle réduite. Soutenue par InnoEnergy, l’entreprise lance également une nouvelle levée de fonds pour préparer un démonstrateur de 2 MW d’ici 2028 et un déploiement commercial à partir de 2030. Son ambition est d’exploiter les courants océaniques continus afin de produire une électricité renouvelable, prévisible et compétitive. Les tests prévus fin juin 2026 doivent permettre d’atteindre le niveau TRL 6, une étape clé vers la maturité industrielle. Equinox cible notamment le Japon, l’Afrique du Sud et la côte est des États-Unis, où les conditions sont particulièrement favorables. Avec un potentiel mondial estimé à plus de 700 GW, cette filière pourrait devenir un pilier du mix énergétique, estime la start-up. InnoEnergy accompagne activement cette montée en puissance en apportant financement, expertise industrielle et accès au marché.
Pompes à chaleur industrielles : un deuxième appel d’offres européen
Publié le 28/05/2026. L’Union européenne a confirmé le lancement d’un deuxième appel d’offres dédié à la chaleur décarbonée après la demande formulée par l’Association européenne des pompes à chaleur (EHPA) et plusieurs partenaires industriels. Cette initiative vise à accélérer l’électrification des procédés industriels grâce aux pompes à chaleur. Le programme est financé par les revenus du marché carbone européen. L’annonce a été faite lors de la conférence européenne Cleantech, qui s’est tenue à Bruxelles le 19 mai et qui était organisée par l’Agence exécutive européenne pour le climat, les infrastructures et l’environnement (Cinea) et la Direction générale de l’Action pour le climat de la Commission européenne. La Commission considère désormais les pompes à chaleur comme une technologie stratégique pour la compétitivité et la sécurité énergétique. Sa présidente, Ursula von der Leyen, a rappelé que deux tiers des pompes à chaleur européennes sont fabriquées en Europe. L’EHPA salue cette décision mais demande un système plus simple et plus prévisible pour les industriels. L’association souhaite aussi un budget plus important et des critères plus accessibles pour les petits projets. Les grandes pompes à chaleur permettent de réduire la dépendance aux énergies fossiles dans l’industrie et les réseaux de chaleur. L’Europe veut désormais accélérer le développement et la fabrication de ces technologies propres sur son territoire.
Géothermie profonde en Île-de-France : l’ouest et le sud aussi ont du potentiel
Publié le 28/05/2026. Si l’Île-de-France concentre aujourd’hui le plus grand nombre d’installations de géothermie profonde en France et en Europe, cette technologie est peu développée dans l’ouest et le sud du territoire. En cause, la méconnaissance du sous-sol dans ces secteurs. C’est pourquoi l’État, via l’Ademe Île-de-France, la Région Île-de-France et le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) ont lancé en novembre 2023 le programme Geoscan Île-de-France, visant à identifier les zones les plus favorables au développement de la technologie dans cette partie de la région. D’une durée de deux ans, il a permis d’étudier le sous-sol au droit de près de 300 communes, sur près de 2 000 km² du territoire. Résultat : le Dogger, l’aquifère profond du bassin parisien, présente bien un potentiel géothermique dans la zone, bien que moins performant qu’à l’est de Paris. La température de la ressource varie de 50°C jusqu’à près de 80°C d’ouest en est. Une autre nappe souterraine, l’Oxfordien, apparaît comme une ressource très prometteuse, sur une grande partie de la zone étudiée. Enfin dans le troisième aquifère, le Trias, l’étude a identifié trois réservoirs d’intérêt. Ces données constituent des outils stratégiques pour les collectivités du territoire et devraient donner lieu à de nouveaux projets de géothermie profonde dans cette partie de l’Île-de-France.
La transition bas-carbone a besoin de bras
Publié le 21/05/2026. L’association Shift Project a publié cinq notes sectorielles et une analyse transversale sur les besoins en emploi et en compétences induits par la décarbonation. Elles portent sur la maintenance automobile, l’éolien et le photovoltaïque, le train, le fret routier et le logement. Dans l’automobile, l’essor des véhicules électriques transforme les métiers de la réparation et suppose une adaptation des formations. Dans les renouvelables, le développement des installations solaires et éoliennes dépendra de recrutements localisés et de compétences parfois rares. Le ferroviaire devra former suffisamment de cheminots pour accompagner la hausse visée du trafic voyageurs et la relance du fret. Dans le transport routier de marchandises, le secteur pourrait connaître une baisse de 50 % de ses effectifs d’ici 2050 à mesure que la décarbonation progresse. Cette diminution pourrait être en partie absorbée par les départs à la retraite des chauffeurs routiers, à condition d’adapter la formation. Le logement nécessite davantage de professionnels pour les rénovations d’ampleur, notamment autour de l’installation et la maintenance des pompes à chaleur. Ces publications prolongent un rapport du Shift Project publié en avril, « Réussir la transition dans l’incertitude », qui identifiait 20 chantiers pour atteindre la neutralité carbone en 2050 et insistait sur l’anticipation des besoins en main-d’œuvre.
Un marché des appareils à bois stable en 2025
Publié le 21/05/2026. Observ’ER publie son étude annuelle sur le marché 2025 des appareils de chauffage domestique au bois. Elle complète une première livraison diffusée fin mars (voir actu du 26 mars 2026), centrée uniquement sur les volumes de vente. Le constat est celui d’un marché très contrasté. En 2025, les appareils à granulés enregistrent une forte progression (+24 % en moyenne), à rebours des équipements à bûches, dont les ventes reculent nettement (-16 %). Au final, le marché reste globalement stable sur un an, avec 290 510 unités vendues, soit un léger repli de 2,3 %. Cette poussée des appareils à granulés n’est pas sans conséquence sur la structure du marché. Contrairement aux appareils à bûches, davantage produits en France, les équipements automatiques à granulés sont massivement importés (à 95 %). Résultat : la part des importations ne cesse de croître, passant de 57 % en 2023 à 68 % en 2024, puis à 78 % en 2025. Autre enseignement : le marché reste largement tiré par la rénovation. Les installations dans l’existant représentent 92 % des cas. Le remplacement d’anciens appareils par des équipements plus performants, lui, recule légèrement, à 33 % des ventes contre 37 % un an plus tôt. Côté prix, après les fortes hausses observées entre 2021 et 2023, la tendance se calme. Les indices font état de progressions modérées, comprises entre 1 et 3 %. L’étude est disponible en libre téléchargement sur le site de l’Observatoire des énergies renouvelables. Elle s’accompagne d’une courte vidéo dans laquelle Frédéric Tuillé, responsable des études chez Observ’ER, revient sur les principaux enseignements.
Une nouvelle plateforme d’investissement dédiée aux renouvelables
Publié le 13/05/2026. Tenergie et huit Caisses régionales du Crédit Agricole annoncent la création de CATENER, une plateforme d’investissement dédiée à l’exploitation d’actifs photovoltaïques et éoliens en France. Ce partenariat stratégique vise à accélérer le développement des énergies renouvelables au cœur des territoires grâce à une gouvernance locale et un engagement de long terme. À l’origine du projet, les Caisses régionales Pyrénées-Gascogne et Aquitaine, se sont associées à Tenergie pour mutualiser leurs expertises dans le financement et l’exploitation d’installations vertes. En avril 2026, six nouvelles Caisses régionales ont rejoint l’initiative, renforçant l’ancrage territorial du dispositif. Dès son lancement, CATENER s’appuie sur un portefeuille de 75 MW d’actifs éoliens et photovoltaïques en exploitation dans plusieurs départements français, notamment les Deux-Sèvres, les Landes, la Charente-Maritime, la Somme et le Var. Le véhicule d’investissement détient 49 % de ce portefeuille acquis auprès de Tenergie et a vocation à intégrer progressivement de nouveaux projets. Au-delà de l’aspect financier, CATENER ambitionne de mobiliser l’épargne régionale et les capacités d’investissement locales afin de favoriser une transition énergétique ancrée dans les territoires.
Les délégations régionales de l’Ademe en danger
Publié le 13/05/2026. L’Ademe joue depuis des années un rôle central dans l’accompagnement de la transition énergétique grâce à son expertise, ses informations fiables et ses dispositifs d’aides accessibles aux territoires, aux entreprises et aux citoyens. Son organisation actuelle, fondée sur des délégations régionales proches du terrain, permet d’apporter des réponses adaptées aux enjeux locaux et de favoriser des débats fondés sur des données objectives. Le projet de loi visant à intégrer ces délégations aux services préfectoraux suscite de fortes inquiétudes tant au sein de l’Ademe que parmi les associations et les professionnels de l’énergie et de l’écologie. Dans une tribune publiée par Le Nouvel Obs le 5 mai dernier, des associations et des personnalités indiquent que « si cette décision était mise en œuvre, les salariés de l’Ademe se retrouveraient ainsi directement soumis à l’autorité hiérarchique [des préfets], faisant dépendre la priorisation de leurs missions d’une logique administrative relevant du ministère de l’Intérieur. » Préserver l’indépendance et l’organisation actuelle de l’Ademe apparaît essentiel pour continuer à soutenir le développement des énergies renouvelables, l’efficacité énergétique et l’accompagnement des collectivités et des porteurs de projets locaux. Dans un contexte climatique et énergétique exigeant, maintenir des structures expertes et de proximité constitue un enjeu majeur pour donner une réelle chance à la transition énergétique en France. Une pétition a été déposée sur le site de l’Assemblée nationale visant à la conservation des délégations régionales de l’Ademe en l’état. Vous êtes invités à la signer ici.
La transition énergétique devra compter sur le bois domestique
Publié le 07/05/2026. Alors que le gouvernement entend accélérer nettement l’électrification des usages pour réduire au plus vite la dépendance aux énergies fossiles – dont les importations coûtent près de 60 milliards d’euros par an – le Syndicat des Énergies Renouvelables (SER) rappelle que le bois énergie devra, lui aussi, prendre toute sa place dans la transition énergétique. Première source d’énergie renouvelable du pays avec 6,3 Mtep, le bois équipe aujourd’hui près de 8 millions de logements, soit 43 % des maisons en résidence principale. Un poids qui en fait un levier incontournable, sans pour autant entrer en concurrence frontale avec la pompe à chaleur : le bois se positionne davantage comme une solution complémentaire, voire alternative selon les situations. Lors d’une conférence de presse, le SER a mis en avant les progrès significatifs réalisés par la filière au cours des dernières décennies. La consommation de combustible des appareils a ainsi été divisée par quatre en quarante ans, tandis que leur efficacité énergétique a doublé. La création du label Flamme Verte en 2000, conjuguée aux innovations des fabricants – stimulées notamment par les directives Ecodesign de la Commission européenne – a également permis de réduire fortement les émissions de particules liées à la combustion du bois, qu’il s’agisse de bûches ou de granulés. Dans un contexte marqué par la forte volatilité des prix des énergies fossiles, le chauffage au bois domestique apparaît comme une solution à la fois fiable, performante et de plus en plus innovante. À l’horizon 2035, la filière vise un parc de 10 millions d’appareils, tout en réduisant de 15 % la consommation de combustible par rapport à 2023. Un objectif qui repose sur un double enjeu : accélérer le renouvellement des équipements les plus anciens, souvent moins performants, et conquérir de nouveaux utilisateurs. Cela passe aussi bien par l’installation de chaudières comme mode de chauffage principal que par l’usage du bois en appoint, en complément d’une pompe à chaleur lors des périodes les plus froides. Selon le SER, cette combinaison pourrait permettre d’éviter le recours à 10 GW de puissance électrique, sur la base de 2,6 millions de logements équipés.
Les pompes à chaleur profitent de la hausse des prix des énergies fossiles
Publié le 07/05/2026. L’association européenne des pompes à chaleur (European Heat Pump Association, EHPA) a publié un état du marché des pompes à chaleur résidentielles au premier trimestre 2026. La période étudiée inclut notamment la fermeture du détroit d’Ormuz, et la forte progression des prix du gaz et du pétrole qui s’en est suivie. Dans les 11 pays européens couverts par l’étude, 575 000 unités ont été vendues, contre 494 000 au premier trimestre 2025, soit une hausse de 17 %. Dans le détail, les ventes ont augmenté en moyenne de 25 % en France, en Allemagne et en Pologne. À l’inverse, l’Autriche pèse sur la moyenne européenne, avec des ventes en baisse de 30 % en l’absence d’aides publiques.
