L’hôpital de Lannemezan opte pour la biomasse

Publié le 19/02/2026. La mise en service de la nouvelle chaufferie biomasse de l’hôpital de Lannemezan (Hautes-Pyrénées) marque une avancée vers une énergie locale et durable, couvrant désormais 86 % des besoins en chauffage et eau chaude sanitaire du site. D’une puissance de 1,1 MW, elle remplace 17 anciennes chaudières gaz et permet une baisse de 19,5 % des consommations énergétiques ainsi qu’une réduction de 7 464 tonnes de CO₂ sur huit ans. Exploitée par Engie Solutions, elle est alimentée avec des plaquettes forestières provenant d’un rayon de 40 kilomètres, garantissant un approvisionnement local et limitant l’empreinte carbone du transport. Deux chaudières gaz d’appoint assurent la continuité de service en cas de pic de demande ou de maintenance. La chaleur est distribuée via un réseau interne de 2,5 kilomètres reliant les bâtiments. Soutenu par l’Union européenne, la Région Occitanie et l’Ademe, le projet a bénéficié de 3,9 millions d’euros de subventions couvrant près de 90 % de l’investissement, rendant sa réalisation possible. Cette installation renforce la sécurité énergétique de l’hôpital, réduit sa dépendance aux énergies fossiles, stabilise ses coûts et contribue concrètement à la transition énergétique du territoire.

À Villetaneuse, une nouvelle centrale géothermale exploite le Dogger

Publié le 19/02/2026. Grâce à la nappe du Dogger, l’Île-de-France est la première région géothermale de France. Parmi les centrales exploitant les calories de ces eaux souterraines, il faut désormais compter celle de Villetaneuse, d’une puissance géothermale d’environ 11 MW, inaugurée en décembre dernier. Un doublet géothermique permet d’utiliser l’eau puisée à environ 60°C à 1 700 mètres de profondeur, pour alimenter le nouveau réseau de chaleur du Syndicat Mixte des Réseaux d’Énergie Calorifique (SMIREC) déployé sur la ville et sur ses voisines Épinay-sur-Seine et Pierrefitte-sur-Seine (commune déléguée de Saint-Denis). Des pompes à chaleur rehaussent la température ce qui permet d’atteindre une production de 55 000 MWh/an, soit de quoi couvrir 67 % des besoins en chauffage des abonnés et éviter l’émission d’environ 9 000 tonnes de CO₂ par an. Le complément est assuré par du gaz qui devrait être remplacé ultérieurement par du biométhane. Actuellement en cours de construction, le réseau de chaleur fera à terme 18,5 km. Ses 70 sous-stations permettront de chauffer l’équivalent de 10 000  logements (logements sociaux, copropriétés et équipements publics, dont l’université). Le projet est porté en régie publique pour un montant total de 63,5  millions d’euros, et soutenu à hauteur de 26,7 millions d’euros par le Fonds Chaleur de l’Ademe et la Région Île-de-France. L’ensemble des réseaux du SMIREC dessert aujourd’hui 85 000 équivalents logements et constitue le deuxième réseau le plus important d’Île-de-France.

Les énergies renouvelables ont généré 2,2 milliards de retombées fiscales en 2024

Publié le 19/02/2026. À l’approche des élections municipales, le syndicat des énergies renouvelables (SER) alimente le débat public avec une étude consacrée aux recettes fiscales générées par les filières renouvelables dans les territoires. Réalisé par Columbus Consulting, ce travail évalue les retombées fiscales directes (Ifer, taxe foncière, CFE, redevances spécifiques), indirectes – notamment via la TVA liée à l’installation et à la maintenance des équipements, dont 25 % sont reversés aux collectivités – ainsi que la fiscalité des entreprises de la chaîne de valeur (emplois, bases foncières, contribution économique locale) à l’échelle de la France métropolitaine. Selon cette analyse, fondée sur le parc et l’activité de 2024, les énergies renouvelables produisant électricité, chaleur ou froid ont généré 2,172 milliards d’euros de recettes fiscales locales. Près de 77 % de ces ressources bénéficient directement aux communes et intercommunalités, contre 15 % pour les départements et 8 % pour les régions. Une manne bienvenue dans un contexte marqué par la baisse des dotations de l’État. L’étude souligne également le rôle structurant des renouvelables dans les territoires ruraux : 85 % des communes accueillant au moins un parc éolien comptent moins de 2 000 habitants. Dans celles de moins de 500 habitants, les recettes liées aux renouvelables représentent en moyenne près d’un quart des recettes fiscales locales. À titre d’exemple, un parc de quatre éoliennes de 2,5 MW génère environ 77 000 euros par an pour le bloc communal, soit de quoi financer la rénovation énergétique d’une école primaire en moins de sept ans. L’ensemble des résultats est accessible à travers un atlas interactif qui permet de visualiser filière par filière et pour chaque niveau de collectivité locale, les retombées fiscales générées.

Nouveau réseau de chaleur pour la métropole lilloise

Publié le 12/02/2026. La Métropole Européenne de Lille a confié à un groupement réunissant Coriance et la Banque des Territoires, la création et l’exploitation d’un réseau de chaleur urbain intercommunal desservant Tourcoing, Wattrelos, Bondues et Neuville-en-Ferrain dans le cadre d’une délégation de service public de 20 ans. Alimenté à 95 % par des énergies bas-carbone issues principalement de la biomasse et de la chaleur fatale industrielle et des eaux usées, le réseau permettra d’éviter environ 22 000 tonnes de CO2 par an. Les partenaires investiront 117 millions d’euros pour construire une chaufferie biomasse de 26 MW, installer des pompes à chaleur, intégrer un stockage d’énergie de 300 m3 et prévoir des chaudières gaz d’appoint et de secours. À terme, 134 GWh de chaleur seront livrés chaque année, soit l’équivalent du chauffage de près de 15000 logements, via un réseau de 46 kilomètres et 219  sous-stations. La mise en service sera progressive jusqu’en 2031. Ce projet vise à fournir une chaleur locale, durable et compétitive, notamment dans les zones de renouvellement urbain.

PPE3 : coup de frein sur l’éolien terrestre et le photovoltaïque

Publié le 12/02/2026. Après avoir finalement adopté son budget pour 2026, le gouvernement entend publier le vendredi 13 février la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3), attendue depuis près de trois ans. Cette feuille de route énergétique, qui fixe les orientations du pays jusqu’en 2035, aurait en effet dû être adoptée avant le 1er juillet 2023. Le gouvernement envoie des signaux contrastés aux filières des énergies renouvelables. Certes, aucun moratoire ne sera appliqué mais les objectifs assignés à l’éolien et au photovoltaïque sont nettement revus à la baisse par rapport à la version précédente du texte. Pour l’éolien terrestre, la cible est désormais fixée à 31 GW de capacité raccordée en 2030, puis entre 35 et 40 GW en 2035, contre respectivement 33 GW et une fourchette de 40 à 45 GW auparavant. Un nouveau rythme qui se situe entre les trajectoires R2 et R3 du bilan prévisionnel de RTE de décembre dernier. Cependant, avec 24 GW actuellement en service et 13,5 GW de projets déjà retenus toujours en cours d’instruction, les marges de manœuvre pour lancer de nouveaux parcs via de futurs appels d’offres apparaissent très limitées. En mer, la réduction est plus mesurée. La nouvelle trajectoire prévoit 15 GW d’éolien offshore installés en 2035, contre 18 GW annoncés précédemment. Cette révision entérine surtout le retard pris dans le lancement d’un appel d’offres stratégique d’environ 8 à 10 GW, attendu par la filière depuis plus d’un an. Le photovoltaïque connaît lui aussi un ajustement à la baisse. La PPE3 vise désormais 48 GW de capacité installée en 2030 (trajectoire R3 du bilan RTE) et entre 55 et 80 GW en 2035 (de R2 à au-delà de R3 du bilan RTE), contre 54 GW et une fourchette de 65 à 95 GW dans la version initiale. Après avoir atteint en fin d’année dernière 30 GW de puissance cumulée, grâce notamment à une année 2025 marquée par près de 6 GW de nouvelles capacités raccordées, le secteur devrait désormais évoluer à un rythme annuel proche de 3,5 GW, soit un ralentissement de 40 %. Les professionnels redoutent que ces coups de frein ne fragilisent les efforts de structuration engagés ces dernières années, avec à la clé une casse sociale. Au-delà du seul secteur électrique, la décarbonation de la chaleur – qui représente plus de 40 % de la consommation d’énergie – constitue également un enjeu majeur. La PPE3 prévoit de doubler le rythme actuel de déploiement de la chaleur renouvelable et de récupération. Elle mise en particulier sur l’essor des pompes à chaleur, mais aussi sur le développement du solaire thermique, de la géothermie, du biogaz, du chauffage au bois et des chaufferies biomasse, ainsi que sur l’extension des réseaux de chaleur. Enfin il est à noter que la PPE3 intègre une clause de revoyure en 2027 pour adapter le texte « aux besoins réels ».

Les territoires au cœur de la transition énergétique

Publié le 05/02/2026. Le 3 février, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a publié un rapport consacré à la transition énergétique dans les territoires. Dans cette publication, la CRE souligne que la réussite de la transition énergétique passera nécessairement par sa territorialisation. Pour y parvenir, trois leviers sont identifiés. Le premier concerne l’appropriation par les territoires des enjeux de la transition énergétique, afin de renforcer l’acceptabilité locale. Le second repose sur l’adaptation des projets aux spécificités territoriales. Le troisième porte sur la nécessité d’un assouplissement des contraintes réglementaires et financières. Dans ce cadre, plusieurs recommandations sont formulées. Elles visent notamment à renforcer l’engagement des décideurs publics locaux, à instaurer un dialogue continu avec les citoyens et à diffuser une culture de l’énergie fondée sur des données accessibles et objectivées. Le rapport préconise également la construction de projets de territoire fédérateurs, appuyés sur une gouvernance organisée à l’échelle la plus pertinente et sur un renforcement de l’expertise technique des acteurs locaux. Enfin, plusieurs recommandations portent sur les freins réglementaires et financiers, avec un appel à une application plus lisible des règles, à une plus grande stabilité des dispositifs de soutien et à un renforcement des incitations pour les filières émergentes et les solutions de flexibilité.

Biométhane issu de déchets dans le Lot-et-Garonne

Publié le 05/02/2026. À Monflanquin (Lot-et-Garonne), une unité de production de biométhane portée par Biogaz Monflanquin, société créée par Valorizon et Avergies, avec la technologie Wagabox de Waga Energy, a commencé le 29 janvier à injecter son gaz vert dans le réseau local exploité par GRDF. Le biogaz issu des déchets enfouis du site de l’Albié à Monflanquin est désormais transformé en gaz renouvelable, substitut au gaz fossile, pour alimenter habitants et entreprises du territoire. L’installation produira environ 12 GWh par an, soit l’équivalent de 2 000 foyers, et évitera près de 3 200 tonnes de CO₂ chaque année. Le site, qui traite environ 30 000 tonnes de déchets par an, devient ainsi un maillon clé de l’économie circulaire locale. Les équipes optimisent le captage du biogaz afin d’assurer une valorisation maximale, y compris pour la mobilité via le bioGNV. Le projet bénéficie du soutien de la Région Nouvelle-Aquitaine dans le cadre de Néo Terra, ainsi que de l’accompagnement de Territoire d’Énergie Lot-et-Garonne via le programme Co’meth 47.

Une année 2025 en demi-teinte pour les pompes à chaleur

Jeudi 5 février, Uniclima a dévoilé les chiffres 2025 de ses activités dans les équipements thermiques, aérauliques et frigorifiques. Pour les filières des énergies renouvelables, le bilan apparaît contrasté. Dans un contexte économique peu porteur, marqué par les évolutions successives des dispositifs d’aide à l’investissement (MaPrimeRénov’ et Coup de pouce chauffage) et par la faiblesse persistante des marchés de la rénovation et du logement neuf, certains segments ont néanmoins fait preuve de résilience. Après un sévère décrochage en 2024, le marché des pompes à chaleur individuelles (PAC) air/eau n’accuse qu’un léger repli, avec 179 377 unités mises en ventes en 2025, soit une baisse de 1,8 % sur un an. Le segment des PAC air/air résiste, affichant une quasi-stabilité à 803 661 unités (-0,1 %). Les épisodes de fortes chaleurs de l’été 2025 ont d’ailleurs généré des pics historiques de ventes, compensant un premier semestre en maussade. Cependant, toutes les filières n’ont pas bénéficié pas de cette dynamique. Les PAC géothermiques et le solaire thermique poursuivent leur recul, avec des baisses respectives de 6,2 % et 18,6 % en 2025. Pour 2026, les perspectives demeurent incertaines, même si un frémissement, qui reste à confirmer, est perceptible du côté de la construction de logements. Dans ce contexte, le message des industriels est sans ambiguïté : leurs équipements, en constante amélioration, sont prêts à se déployer plus largement afin de réduire la dépendance de la France aux énergies fossiles, dont les importations ont représenté une facture de 60 milliards d’euros en 2025. Pour les PAC, la feuille de route apportée par la SNBC 3 convient aux industriels, avec un objectif de 8,8 millions de pompes à chaleur installées dans le parc résidentiel à fin 2030 (contre moins de 5 millions aujourd’hui). Une trajectoire qui suppose toutefois un cadre d’aides lisible et stable, condition indispensable à la mobilisation des ménages comme des professionnels.

Pompes à chaleur : les aides pour le matériel « made in Europe »

Publié le 29/01/2026. Le gouvernement annonce une évolution des aides à l’achat des pompes à chaleur individuelles. Désormais, ces aides seront conditionnées à la performance environnementale des équipements. La production en Europe devient également un critère central d’éligibilité. Cette décision s’inscrit dans le plan national de développement des pompes à chaleur lancé en 2024. L’objectif est de réduire la dépendance de la France aux énergies fossiles. Les pompes à chaleur permettent aussi d’améliorer le confort thermique des ménages. Les dispositifs d’aide existants, comme MaPrimeRénov’ – interrompue en attendant l’adoption du projet de loi de finances pour 2026 – et les certificats d’économie d’énergie, sont maintenus. Ils restent ciblés en priorité sur les ménages les plus modestes. Seuls les modèles de PAC agréés par l’État pourront bénéficier d’un soutien renforcé. Ces équipements devront répondre à des critères stricts de qualité et de fabrication européenne. Une consultation publique sur les textes réglementaires est actuellement ouverte. Une plateforme permet déjà aux fabricants de déposer leurs demandes d’agrément. La liste officielle des modèles éligibles sera publiée en juillet 2026. La bonification des aides sera conditionnée à la préférence européenne dès septembre 2026. Cette mesure vise à soutenir l’industrie européenne et accélérer la transition écologique.

UE : solaire et éolien produisent plus que les fossiles

Publié le 29/01/2026. Le 22 janvier dernier, Ember a publié son analyse annuelle du mix électrique de l’Union européenne pour 2025. Il en ressort que, pour la première fois, l’éolien et le solaire ont produit davantage d’électricité que l’ensemble des énergies fossiles. À eux deux, ils ont représenté 30 % de la production européenne, contre 29 % pour les combustibles fossiles. Cette évolution s’inscrit dans une tendance de fond observée depuis cinq ans, avec une montée continue de l’éolien et du solaire et un recul des énergies fossiles. Le photovoltaïque poursuit sa percée, en hausse de plus de 20 % pour la quatrième année consécutive. Le solaire a fourni 13  % de l’électricité de l’UE, dépassant à la fois le charbon et l’hydroélectricité. Malgré une légère baisse de sa production liée aux conditions météorologiques, l’éolien a conservé sa place de deuxième source d’électricité, avec 17 % du total, devant le gaz. Au global, les énergies renouvelables ont assuré 48 % de la production électrique européenne en 2025. Le rapport note toutefois une hausse de la production à partir de gaz, conséquence du recul de la production hydroélectrique. Cette augmentation a entraîné une hausse de la facture d’importation de gaz et contribué à des tensions sur les prix de l’électricité. Le charbon, de son côté, poursuit son déclin et atteint un niveau historiquement bas dans la majorité des États membres.