Une feuille de route pour la filière batterie en France

Publié le 02/04/26 – Le ministère de l’Industrie annonce la création de France Batterie, initié par les acteurs du comité stratégique de filière Nouveaux Systèmes Énergétiques et l’État pour structurer une filière française compétitive des batteries. L’initiative a été présentée sur le site de l’usine Automotive Cells Company, spécialisée dans la fabrication de batteries pour véhicules électriques et située dans le Pas-de-Calais. Elle s’inscrit dans une stratégie visant à renforcer la souveraineté industrielle et accélérer l’électrification. L’association réunit 40 industriels et des organismes de recherche couvrant toute la chaîne de valeur. Elle repose sur une feuille de route commune avec l’État et les partenaires sociaux. Trois priorités sont définies : développer des gigafactories, sécuriser les matières premières et structurer la seconde vie des batteries. L’objectif est d’atteindre 100 à 120 GWh de capacité de production d’ici 2030. La filière mise aussi sur le recyclage et les innovations technologiques. Elle développe notamment des solutions lithium-ion, sodium-ion et batteries solides. Depuis 2019, plus de 3 milliards d’euros publics ont été investis pour soutenir cet écosystème.

Urgence d’un plan chaleur pour répondre à la crise énergétique

Publié le 02/04/26 À l’occasion de la Journée nationale de la chaleur et du froid renouvelables, organisée le 31 mars à Paris, la Fedene, Amorce et le syndicat des énergies renouvelables (SER) ont dressé un état des lieux d’un secteur stratégique, celui de la production de chaleur et de froid, qui représente 40 % de la consommation finale d’énergie du pays et subit de plein fouet la récente flambée des prix des énergies fossiles. S’appuyant sur le panorama 2025 de la chaleur renouvelable et de récupération, dévoilé lors de l’événement, les professionnels ont rappelé l’ambition de la nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3). Celle-ci fixe un objectif de 297 TWh à l’horizon 2030  pour la production de chaleur renouvelable (ce qui devrait représenter alors 38 % de la consommation de chaleur du pays) contre 179 TWh fin 2024, puis une fourchette comprise entre 328 et 421 TWh d’ici 2035. Une telle trajectoire implique une nette accélération du rythme de développement, avec une croissance annuelle estimée à +8 % entre 2024 et 2030. Un cap jugé atteignable par les acteurs du secteur, qui mettent en avant un vivier important de projets, en cours ou en attente de validation. La géothermie profonde, notamment, concentre à elle seule une centaine d’initiatives, mais nécessite une simplification et une accélération des dispositifs d’accompagnement pour se concrétiser plus rapidement. Autre domaine à fort enjeu, le développement des réseaux de chaleur, qui constituent très souvent la solution technologique la plus compétitive pour les usagers. Parmi les dispositifs d’accompagnement à renforcer, le Fonds chaleur demeure l’outil central de soutien aux projets dans le collectif et l’industrie. Mais son niveau actuel est jugé insuffisant. « Avec 800 millions d’euros, on reste très en deçà des besoins au regard des objectifs de la PPE3, il faudrait au moins 1,5  milliard », estime Nicolas Garnier, délégué général d’Amorce. En conclusion, Jules Nyssen, président du SER, appelle le gouvernement à compléter le futur plan d’électrification des usages par un véritable plan dédié à la chaleur : « Un tel plan permettrait de piloter la transition énergétique dans le domaine de la chaleur en définissant les actions prioritaires en matière de dispositifs d’aide, de réforme de la fiscalité du gaz, de simplification des procédures ou encore de stabilité des budgets publics. Cela donnerait la visibilité indispensable aux acteurs pour investir. »

Relance des appels d’offres pour l’éolien et le photovoltaïque

Publié le 02/04/26 – Ce jeudi, un mois et demi après la publication de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3), le ministre de l’Économie, Roland Lescure, et la ministre déléguée chargée de l’Énergie, Maud Brégeon, ont annoncé le lancement de nouveaux appels d’offres pour reprendre le développement des énergies renouvelables et réduire la dépendance aux importations d’énergies fossiles. Au programme : éolien, terrestre ou en mer, et photovoltaïque. Pour l’éolien en mer, l’objectif est d’atteindre les 15 GW prévus par la PPE à fin 2035, contre un peu plus de 2 GW actuellement en service et 5,6 GW en développement. Pour y parvenir, une procédure portant sur 10  GW sera prochainement lancée, un volume inédit en France. Les premières désignations de lauréats sont attendues entre fin 2026 et début 2027, soit avant la prochaine élection présidentielle. Les futurs parcs seront répartis sur l’ensemble des façades maritimes : Fécamp-Grand Large, Bretagne Nord-Ouest, Bretagne Sud, Oléron, Narbonnaise Sud Hérault, golfe du Lion Centre et golfe de Fos. La conception de cet appel d’offres visera également à optimiser le coût des projets, les mesures prévues par le gouvernement ayant ainsi pour objectif d’atteindre un tarif moyen d’attribution inférieur à 100 €/MWh.  Pour le photovoltaïque, la France vise 48 GW installés d’ici à 2030, contre 30 GW aujourd’hui. Seuls 2,9 GW de projets seront ainsi appelés par appels d’offres en 2026. Le rythme est ralenti pour l’éolien terrestre : 800 MW seront mis en jeu en 2026, contre 925 MW appelés les années précédentes. Ce coup de frein assumé s’inscrit dans la logique de la PPE3 : face à une consommation d’électricité qui peine à décoller le gouvernement ajuste le tempo du développement des renouvelables.

Ventes des appareils de chauffage 2025 : peut mieux faire

Publié le 26/03/2026. Observ’ER vient de mettre en ligne son étude annuelle de suivi du marché des appareils de chauffage domestique au bois, et les chiffres sont contrastés selon les segments d’appareils. Avec un volume de 290 510  pièces en 2025 contre 297 430 un an auparavant, le marché dans son ensemble enregistre un recul de 2,3 %, mais les fortes baisses de 2023  (-18 %) et 2024 (-29,5 %) sont enrayées. Ce moment de répit est le bienvenu, mais il inscrit le marché à son niveau le plus bas observé au cours des 14 dernières années. Si l’on regarde plus en détail les différentes dynamiques, 2025 a été marquée par une nouvelle baisse sensible des ventes d’appareils à bûches. Quasiment tous les types d’appareils sont concernés : inserts et foyers fermés (-16 %), poêles manuels (-23 %), chaudières (-28 %) ou cuisinières (-47 %). Seule la niche des poêles de masse tire son épingle du jeu (+14 %), mais sur un marché minuscule (1 140 appareils). Ce mouvement, déjà amorcé en 2024, s’est poursuivi en 2025. Le constat est totalement opposé dans le camp des appareils automatiques à granulés, qui confirme son rebond pour tenter d’oublier le crash de 2023 (-63 % des ventes). Les poêles à granulés ont progressé de 35 % (118 000 ventes en 2025) et les chaudières automatiques de 18 % (8 060 unités). Les segments des appareils à bûches paient plus durement les frais d’une année 2025  agitée par les réductions des aides de MaPrimeRénov’ et par un contexte économique national tendu. Pourtant, le chauffage au bois conserve tous ses avantages. Les combustibles bois restent la solution énergétique la moins chère en centimes d’euro par kWh parmi les principales utilisées par les particuliers en France, notamment vis-à-vis du gaz naturel, qui repart actuellement à la hausse.

Un centre d’expertise pour les pompes à chaleur

Publié le 19/03/26. Le Centre d’expertise pour les pompes à chaleur (Cepac), a été lancé le 11 mars par l’Association française pour les pompes à chaleur (Afpac) dans le cadre du plan gouvernemental en faveur de cette technologie. Cette nouvelle structure vise à accélérer le déploiement des PAC en France. Elle rassemble des acteurs engagés dans la décarbonation du bâtiment. Sa gouvernance réunit plusieurs acteurs clés du secteur énergétique et industriel : le Centre technique des industries aérauliques et thermiques (Cetiat), Domofinance, EDF et Uniclima. Sa mission est de produire et diffuser des ressources fiables et des bonnes pratiques. Il s’appuie sur des données vérifiées et des retours d’expérience terrain. Le centre couvre toutes les technologies, aérothermiques et géothermiques. Il apportera un soutien opérationnel aux prescripteurs, installateurs et exploitants. Il agit en complément de l’Afpac, qui représente la filière auprès des pouvoirs publics. L’objectif est de faciliter un déploiement massif des pompes à chaleur. Le Cepac contribuera à la décarbonation des bâtiments et à la souveraineté énergétique. Il vise aussi à renforcer la crédibilité et la performance de la filière. Soutenu par l’Ademe, le centre sera officiellement présenté le 20 mai lors de la Journée de la PAC à Paris.

Chaudière biomasse sur site industriel dans l’Yonne

Publié le 19/03/26. Syensqo, multinationale belge spécialisée dans la chimie et les matériaux, annonce un partenariat avec Engie Solutions pour installer une chaudière biomasse sur son site de Clamecy (Yonne). Ce projet vise à réduire les émissions de CO2 jusqu’à 7 000 tonnes par an, soit environ 70 % des émissions du site. La mise en service de la chaudière biomasse est prévue pour mi-2027 avec le soutien de l’Ademe. Elle remplacera le gaz fossile utilisé pour la production de vapeur. Engie Solutions prendra en charge la conception, le financement, l’exploitation et la maintenance de l’installation. Le projet s’inscrit dans une stratégie globale de décarbonation déjà engagée. En 2024, un système de récupération de condensats a permis de réduire les émissions de CO2 jusqu’à 1 000 tonnes par an et en 2025, un parc solaire de 17,9 MW a été mis en service sur 25 hectares.

Micro-station de méthanisation à Colmar

Publié le 13/03/2026. Arkeale a inauguré le 19 février 2026 à Colmar sa première BioCapsule, une micro-station de méthanisation destinée à produire de l’énergie renouvelable à partir de biodéchets. Installée chez un maraîcher biologique, cette unité compacte de 6 x 6 mètres valorise chaque année environ 400 tonnes de biodéchets issus de l’exploitation agricole et d’une brasserie voisine. Elle permet de produire 100 MWh d’électricité et 100 MWh de chaleur utilisée pour les besoins de l’exploitation, ainsi que 350 tonnes de digestats réutilisés comme fertilisants organiques. Grâce à cette installation, l’exploitation atteint près de 40 % d’autonomie énergétique tout en valorisant ses déchets dans une logique d’économie circulaire. Les biodéchets sont broyés puis dégradés dans un digesteur enterré où des bactéries produisent du biogaz transformé ensuite en électricité et chaleur. La production est supervisée à distance par les équipes d’Arkeale pour assurer un suivi en temps réel. L’investissement pour une BioCapsule est d’environ 400 000 euros, avec un retour sur investissement estimé à six ans grâce aux économies d’énergie et aux aides publiques. Après ce premier projet, Arkeale prévoit d’installer trois nouvelles unités en 2026 et ambitionne de produire dix BioCapsules par an d’ici 2028.

Une ferme pilote houlomotrice à l’île Maurice

Publié le 13/03/2026. Seaturns annonce le lancement de son premier projet offshore pré-commercial de production d’électricité à partir de l’énergie des vagues à l’île Maurice. L’entreprise française a été sélectionnée dans le cadre de l’appel à projets NSEPCRET Round 3 soutenu par la Mauritius Renewable Energy Agency, avec un contrat d’achat d’électricité prévu avec l’opérateur national. Le projet prévoit d’abord l’installation d’une ferme pilote houlomotrice offshore de 2 MW connectée au réseau mauricien afin de démontrer la fiabilité et les performances de la technologie en conditions réelles. En fonction des résultats, une extension de 8 MW supplémentaires pourrait être déployée pour atteindre une capacité totale de 10 MW. L’initiative s’inscrit dans la stratégie du gouvernement mauricien visant à diversifier le mix énergétique et renforcer la sécurité d’approvisionnement. La technologie Seaturns se distingue par un design simple, adaptable et compétitif, avec une maintenance offshore optimisée et une faible empreinte visuelle et environnementale. Le projet est développé en partenariat avec Taylor Smith Group, acteur majeur du secteur maritime à l’île Maurice, qui contribuera à la fabrication locale et aux opérations d’installation et de maintenance. Cette coopération doit également favoriser l’émergence d’une chaîne de valeur industrielle régionale autour de l’énergie marine.

Le marché européen des pompes à chaleur repart à la hausse

Publié le 05/03/2026. Les ventes de pompes à chaleur (PAC) ont progressé de 11 % en 2025 par rapport à l’année précédente dans 16 pays européens*, indique l’association européenne des pompes à chaleur (EHPA). Cette reprise redonne des couleurs au marché après une chute sévère enregistrée en 2024. L’an dernier environ 2,63 millions de PAC ont été vendues, contre 2,38 millions en 2024 et près de 3 millions en 2023. Cette progression vient des mesures prises par certains gouvernements, visant à stabiliser la politique de soutien public aux PAC et à réduire leur coût. La Belgique par exemple a introduit de nouvelles restrictions aux chaudières fossiles, tout en réduisant la TVA sur les PAC dans le neuf, menant à une croissance de 7 % des ventes. La France au contraire fait partie des quatre pays où le marché a reculé au lieu d’augmenter, à cause des interruptions et révision du soutien public. « Le fait que la fiscalité permet de modifier les comportements est le B.A.-BA des règles de gouvernement, rappelle Paul Kenny, directeur général de l’EHPA. Les pays européens doivent agir rapidement pour réduire les taxes sur les pompes à chaleur et l’électricité afin qu’elles deviennent le choix le plus compétitif. Cela doit être consolidé par des politiques stables. C’est ainsi que l’Europe pourra faire passer son système énergétique d’une dépendance vis-à-vis d’importations provenant d’acteurs imprévisibles à une autosuffisance durable. Les événements du week-end en Iran montrent plus clairement que jamais la nécessité d’une telle mesure. »

Un centre commercial de Hyères passe à la géothermie

Publié le 05/03/2026. Le 2 mars, Accenta, entreprise française spécialisée dans la décarbonation des bâtiments grâce à l’intelligence artificielle et à la géothermie, annonce la décarbonation du centre commercial Centr’Azur à Hyères (Var) grâce à l’installation d’une solution de géothermie basse température, permettant au site d’être désormais chauffé à 100 % par une énergie renouvelable. Les travaux, lancés en septembre 2025, ont consisté à déployer 600 mètres linéaires de sondes géothermiques verticales implantées jusqu’à 200 mètres de profondeur afin d’exploiter la température stable du sous-sol comprise entre 13 et 16°C. En hiver, la chaleur captée est transférée au bâtiment via une pompe à chaleur, tandis qu’en été le système fonctionne en géocooling pour rafraîchir naturellement les espaces sans climatisation énergivore ni rejet d’air chaud. Cette installation permet la suppression définitive de la chaudière gaz et évite l’émission de 19,3  tonnes de CO₂ par an. Elle entraîne également une réduction de 59 % de la consommation énergétique des parties communes, améliore le confort thermique toute l’année pour les visiteurs et commerçants, stabilise les charges énergétiques, limite l’exposition aux fluctuations du prix du gaz.