Le marché stagne en 2025 en attendant des jours meilleurs

Publié le 16/04/2026. L’Observatoire des énergies renouvelables (Observ’ER) a publié son étude annuelle sur le marché 2025 des pompes à chaleur (PAC) individuelles, géothermiques ou aérothermiques. Après une année 2024 marquée par un net recul de l’activité dans tous les segments, le marché montre en 2025 des signes de stabilisation. Dans le détail, la géothermie enregistre une légère progression. Les ventes atteignent 3 140 unités, contre 3 005 un an plus tôt, soit une hausse de 4 %. Un frémissement qui reste toutefois modeste au regard de la dynamique observée entre 2021 et 2023. Porté par la flambée des prix de l’électricité, du gaz et du fioul, le marché avait alors culminé à 3 970 unités en 2023. Depuis, l’élan est retombé. Le secteur est revenu à des niveaux comparables à ceux d’avant la crise sanitaire. Malgré le plan national de soutien à la géothermie de surface, la filière peine à changer d’échelle. Encore largement méconnues du grand public, les PAC géothermiques peinent à s’imposer durablement dans le paysage français. Du côté des PAC aérothermiques, la tendance est à l’attentisme. Les ventes restent quasi stables entre 2024 et 2025 (+0,3 %). Cette stabilité concerne à la fois les équipements air/eau, avec 181 750 unités vendues (+0,6 %), et les systèmes air/air, qui totalisent 759 500 unités (+0,2 %). Pour les professionnels du secteur, ce manque de dynamisme s’explique d’abord par un contexte économique dégradé, qui pèse sur l’ensemble de l’économie française. Mais l’instabilité des dispositifs d’aide a également joué un rôle déterminant. La suspension temporaire de MaPrimeRénov’ à l’été 2025 a notamment freiné le marché des PAC air/eau. Le segment des équipements air/air a davantage souffert de la faiblesse persistante de la construction de maisons neuves. Un handicap partiellement compensé par les épisodes de fortes chaleurs estivales, qui ont soutenu l’activité en seconde partie d’année. Pour 2026, les acteurs des pompes à chaleur veulent croire à un rebond. Ils misent notamment sur les récentes hausses des prix du gaz et du fioul pour relancer la demande.

Les énergies renouvelables ont soutenu près de 420 000 emplois directs et indirects en 2024

Publié le 16/04/2026. Après avoir quantifié les recettes fiscales générées par les énergies renouvelables dans les territoires (voir actu du 19 février 2026), le Syndicat des énergies renouvelables (SER) complète son approche en s’attaquant à l’emploi. L’organisation vient de dévoiler une étude consacrée aux retombées locales en la matière, réalisée par l’agence Utopies, en partenariat avec Columbus Consulting. En plus d’une approche très détaillée des résultats, Utopies a développé une méthodologie intégrant non seulement les classiques emplois directs et indirects, mais aussi les emplois induits — ceux issus de la consommation des ménages ou de la dépense publique (exemple : la création d’un poste d’employé municipal à partir des rentrées fiscales d’un site renouvelable local). Les résultats sont éloquents. En 2024, les filières renouvelables produisant électricité, chaleur et froid ont soutenu 249 000 emplois directs, 179  000 emplois indirects et près de 350 000 emplois induits. Autrement dit, chaque emploi direct génère en moyenne deux emplois supplémentaires dans l’économie. Autre enseignement : ces emplois sont largement répartis sur le territoire. À l’image des projets renouvelables, ils se déploient au plus près des besoins locaux et près de la moitié des emplois directs (47 %) se concentrent dans des PME et TPE. Un atout majeur pour les zones les moins urbanisées. Dans le détail, l’aérothermie arrive en tête en matière d’emplois, avec plus de 72 000  ETP directs et près de 43 000 indirects. Elle devance le solaire (44 392  ETP directs et 33 557 ETP indirects) et le chauffage domestique au bois (48 675 ETP directs et 27 016 ETP indirects). Fort de ces résultats, le SER va poursuivre son travail de mise en avant  de l’importance socio-économique des renouvelables, notamment auprès des ministères et des collectivités. Une stratégie de long terme à l’approche d’une échéance clé : l’élection présidentielle de 2027. L’ensemble des résultats est accessible à travers un outil interactif qui permet de visualiser filière par filière et pour chaque département, les retombées fiscales et en emplois des filières renouvelables.

3,35 millions d’euros pour l’hydrogène vert

Publié le 09/04/2026. La chambre de commerce et d’industrie Grand Est (CCI Grand Est) va piloter le projet transfrontalier HySyn visant à structurer une filière industrielle de l’hydrogène vert et décarboné dans le Rhin supérieur. Cette initiative rassemble 26 partenaires issus de France, d’Allemagne et de Suisse. Elle est soutenue par le programme européen Interreg Rhin Supérieur. Doté d’un budget de 3,35 millions d’euros, dont plus de 2  millions financés par l’Union européenne, le projet se déploiera sur plusieurs années. Son ambition est de faire du Rhin supérieur un pôle stratégique de l’hydrogène en Europe. L’hydrogène est identifié comme un levier clé pour décarboner l’industrie et les mobilités lourdes. HySyn vise à structurer toute la chaîne de valeur, de la production aux usages. Le territoire bénéficie d’atouts majeurs comme un tissu industriel dense et des infrastructures logistiques performantes. Le projet prévoit de cartographier les compétences et technologies disponibles. Il entend aussi favoriser les synergies entre entreprises, chercheurs et acteurs publics. Des projets pilotes et démonstrateurs seront développés pour accélérer l’innovation.

La géothermie pour l’industrie

Publié le 09/04/2026. L’Association Technique Énergie Environnement (ATEE) et l’Association française des professionnels de la géothermie (AFPG) annoncent la création d’un groupe de travail dédié à la géothermie dans l’industrie. Cette initiative vise à renforcer la maîtrise de l’énergie et à répondre aux enjeux environnementaux, notamment la réduction des émissions de CO2. Elle s’inscrit dans les missions des deux associations, engagées dans la promotion des énergies renouvelables. La géothermie est présentée comme une solution locale, durable et stratégique pour la souveraineté énergétique. Le groupe de travail favorisera les échanges entre acteurs industriels et experts du secteur. Il contribuera à améliorer les références techniques et l’intégration de la géothermie dans les procédés industriels. L’objectif est également de renforcer les compétences des bureaux d’études et des professionnels du secteur. Le groupe identifiera les leviers techniques et organisationnels pour accélérer son adoption. Il sera animé par l’ATEE avec l’appui technique de l’AFPG et ouvert à leurs adhérents. La feuille de route 2026 prévoit des actions de communication, des retours d’expérience et des outils concrets pour soutenir la décarbonation industrielle.

Une feuille de route pour la filière batterie en France

Publié le 02/04/26 – Le ministère de l’Industrie annonce la création de France Batterie, initié par les acteurs du comité stratégique de filière Nouveaux Systèmes Énergétiques et l’État pour structurer une filière française compétitive des batteries. L’initiative a été présentée sur le site de l’usine Automotive Cells Company, spécialisée dans la fabrication de batteries pour véhicules électriques et située dans le Pas-de-Calais. Elle s’inscrit dans une stratégie visant à renforcer la souveraineté industrielle et accélérer l’électrification. L’association réunit 40 industriels et des organismes de recherche couvrant toute la chaîne de valeur. Elle repose sur une feuille de route commune avec l’État et les partenaires sociaux. Trois priorités sont définies : développer des gigafactories, sécuriser les matières premières et structurer la seconde vie des batteries. L’objectif est d’atteindre 100 à 120 GWh de capacité de production d’ici 2030. La filière mise aussi sur le recyclage et les innovations technologiques. Elle développe notamment des solutions lithium-ion, sodium-ion et batteries solides. Depuis 2019, plus de 3 milliards d’euros publics ont été investis pour soutenir cet écosystème.

Urgence d’un plan chaleur pour répondre à la crise énergétique

Publié le 02/04/26 À l’occasion de la Journée nationale de la chaleur et du froid renouvelables, organisée le 31 mars à Paris, la Fedene, Amorce et le syndicat des énergies renouvelables (SER) ont dressé un état des lieux d’un secteur stratégique, celui de la production de chaleur et de froid, qui représente 40 % de la consommation finale d’énergie du pays et subit de plein fouet la récente flambée des prix des énergies fossiles. S’appuyant sur le panorama 2025 de la chaleur renouvelable et de récupération, dévoilé lors de l’événement, les professionnels ont rappelé l’ambition de la nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3). Celle-ci fixe un objectif de 297 TWh à l’horizon 2030  pour la production de chaleur renouvelable (ce qui devrait représenter alors 38 % de la consommation de chaleur du pays) contre 179 TWh fin 2024, puis une fourchette comprise entre 328 et 421 TWh d’ici 2035. Une telle trajectoire implique une nette accélération du rythme de développement, avec une croissance annuelle estimée à +8 % entre 2024 et 2030. Un cap jugé atteignable par les acteurs du secteur, qui mettent en avant un vivier important de projets, en cours ou en attente de validation. La géothermie profonde, notamment, concentre à elle seule une centaine d’initiatives, mais nécessite une simplification et une accélération des dispositifs d’accompagnement pour se concrétiser plus rapidement. Autre domaine à fort enjeu, le développement des réseaux de chaleur, qui constituent très souvent la solution technologique la plus compétitive pour les usagers. Parmi les dispositifs d’accompagnement à renforcer, le Fonds chaleur demeure l’outil central de soutien aux projets dans le collectif et l’industrie. Mais son niveau actuel est jugé insuffisant. « Avec 800 millions d’euros, on reste très en deçà des besoins au regard des objectifs de la PPE3, il faudrait au moins 1,5  milliard », estime Nicolas Garnier, délégué général d’Amorce. En conclusion, Jules Nyssen, président du SER, appelle le gouvernement à compléter le futur plan d’électrification des usages par un véritable plan dédié à la chaleur : « Un tel plan permettrait de piloter la transition énergétique dans le domaine de la chaleur en définissant les actions prioritaires en matière de dispositifs d’aide, de réforme de la fiscalité du gaz, de simplification des procédures ou encore de stabilité des budgets publics. Cela donnerait la visibilité indispensable aux acteurs pour investir. »

Relance des appels d’offres pour l’éolien et le photovoltaïque

Publié le 02/04/26 – Ce jeudi, un mois et demi après la publication de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3), le ministre de l’Économie, Roland Lescure, et la ministre déléguée chargée de l’Énergie, Maud Brégeon, ont annoncé le lancement de nouveaux appels d’offres pour reprendre le développement des énergies renouvelables et réduire la dépendance aux importations d’énergies fossiles. Au programme : éolien, terrestre ou en mer, et photovoltaïque. Pour l’éolien en mer, l’objectif est d’atteindre les 15 GW prévus par la PPE à fin 2035, contre un peu plus de 2 GW actuellement en service et 5,6 GW en développement. Pour y parvenir, une procédure portant sur 10  GW sera prochainement lancée, un volume inédit en France. Les premières désignations de lauréats sont attendues entre fin 2026 et début 2027, soit avant la prochaine élection présidentielle. Les futurs parcs seront répartis sur l’ensemble des façades maritimes : Fécamp-Grand Large, Bretagne Nord-Ouest, Bretagne Sud, Oléron, Narbonnaise Sud Hérault, golfe du Lion Centre et golfe de Fos. La conception de cet appel d’offres visera également à optimiser le coût des projets, les mesures prévues par le gouvernement ayant ainsi pour objectif d’atteindre un tarif moyen d’attribution inférieur à 100 €/MWh.  Pour le photovoltaïque, la France vise 48 GW installés d’ici à 2030, contre 30 GW aujourd’hui. Seuls 2,9 GW de projets seront ainsi appelés par appels d’offres en 2026. Le rythme est ralenti pour l’éolien terrestre : 800 MW seront mis en jeu en 2026, contre 925 MW appelés les années précédentes. Ce coup de frein assumé s’inscrit dans la logique de la PPE3 : face à une consommation d’électricité qui peine à décoller le gouvernement ajuste le tempo du développement des renouvelables.

Ventes des appareils de chauffage 2025 : peut mieux faire

Publié le 26/03/2026. Observ’ER vient de mettre en ligne son étude annuelle de suivi du marché des appareils de chauffage domestique au bois, et les chiffres sont contrastés selon les segments d’appareils. Avec un volume de 290 510  pièces en 2025 contre 297 430 un an auparavant, le marché dans son ensemble enregistre un recul de 2,3 %, mais les fortes baisses de 2023  (-18 %) et 2024 (-29,5 %) sont enrayées. Ce moment de répit est le bienvenu, mais il inscrit le marché à son niveau le plus bas observé au cours des 14 dernières années. Si l’on regarde plus en détail les différentes dynamiques, 2025 a été marquée par une nouvelle baisse sensible des ventes d’appareils à bûches. Quasiment tous les types d’appareils sont concernés : inserts et foyers fermés (-16 %), poêles manuels (-23 %), chaudières (-28 %) ou cuisinières (-47 %). Seule la niche des poêles de masse tire son épingle du jeu (+14 %), mais sur un marché minuscule (1 140 appareils). Ce mouvement, déjà amorcé en 2024, s’est poursuivi en 2025. Le constat est totalement opposé dans le camp des appareils automatiques à granulés, qui confirme son rebond pour tenter d’oublier le crash de 2023 (-63 % des ventes). Les poêles à granulés ont progressé de 35 % (118 000 ventes en 2025) et les chaudières automatiques de 18 % (8 060 unités). Les segments des appareils à bûches paient plus durement les frais d’une année 2025  agitée par les réductions des aides de MaPrimeRénov’ et par un contexte économique national tendu. Pourtant, le chauffage au bois conserve tous ses avantages. Les combustibles bois restent la solution énergétique la moins chère en centimes d’euro par kWh parmi les principales utilisées par les particuliers en France, notamment vis-à-vis du gaz naturel, qui repart actuellement à la hausse.

Un centre d’expertise pour les pompes à chaleur

Publié le 19/03/26. Le Centre d’expertise pour les pompes à chaleur (Cepac), a été lancé le 11 mars par l’Association française pour les pompes à chaleur (Afpac) dans le cadre du plan gouvernemental en faveur de cette technologie. Cette nouvelle structure vise à accélérer le déploiement des PAC en France. Elle rassemble des acteurs engagés dans la décarbonation du bâtiment. Sa gouvernance réunit plusieurs acteurs clés du secteur énergétique et industriel : le Centre technique des industries aérauliques et thermiques (Cetiat), Domofinance, EDF et Uniclima. Sa mission est de produire et diffuser des ressources fiables et des bonnes pratiques. Il s’appuie sur des données vérifiées et des retours d’expérience terrain. Le centre couvre toutes les technologies, aérothermiques et géothermiques. Il apportera un soutien opérationnel aux prescripteurs, installateurs et exploitants. Il agit en complément de l’Afpac, qui représente la filière auprès des pouvoirs publics. L’objectif est de faciliter un déploiement massif des pompes à chaleur. Le Cepac contribuera à la décarbonation des bâtiments et à la souveraineté énergétique. Il vise aussi à renforcer la crédibilité et la performance de la filière. Soutenu par l’Ademe, le centre sera officiellement présenté le 20 mai lors de la Journée de la PAC à Paris.

Chaudière biomasse sur site industriel dans l’Yonne

Publié le 19/03/26. Syensqo, multinationale belge spécialisée dans la chimie et les matériaux, annonce un partenariat avec Engie Solutions pour installer une chaudière biomasse sur son site de Clamecy (Yonne). Ce projet vise à réduire les émissions de CO2 jusqu’à 7 000 tonnes par an, soit environ 70 % des émissions du site. La mise en service de la chaudière biomasse est prévue pour mi-2027 avec le soutien de l’Ademe. Elle remplacera le gaz fossile utilisé pour la production de vapeur. Engie Solutions prendra en charge la conception, le financement, l’exploitation et la maintenance de l’installation. Le projet s’inscrit dans une stratégie globale de décarbonation déjà engagée. En 2024, un système de récupération de condensats a permis de réduire les émissions de CO2 jusqu’à 1 000 tonnes par an et en 2025, un parc solaire de 17,9 MW a été mis en service sur 25 hectares.