Une centrale électrique virtuelle de la Manche

Publié le 26/06/2026. Le Syndicat Départemental d’Énergies de la Manche (SDEM50) et Voltalis ont inauguré la première « centrale électrique virtuelle » du département en connectant le siège du SDEM50, à Agneaux (Manche), à la plateforme de flexibilité de Voltalis. Livré en 2023, ce bâtiment à énergie positive de 1 950 m² est équipé de 323 panneaux photovoltaïques, de pompes à chaleur géothermiques, d’un système de rafraîchissement innovant, de bornes de recharge pour véhicules électriques et d’une batterie de stockage. Grâce à cette centrale virtuelle, la batterie peut ajuster son fonctionnement en fonction des besoins du réseau électrique et restituer l’énergie stockée lors des périodes de forte consommation. Cette solution permet de valoriser la production solaire locale tout en contribuant à l’équilibre du réseau et à l’intégration des énergies renouvelables. Pour Voltalis, cette technologie de flexibilité est désormais mature et peut être déployée à grande échelle sur les bâtiments équipés de chauffage électrique ou de batteries.

Étude : solaire thermique dans le collectif et les grandes installations

Publié le 26/06/2026. Observ’ER vient de publier son étude 2026 consacrée au suivi du marché du solaire thermique dans les bâtiments collectifs et pour les installations de grande taille. Réalisée tous les deux ans, cette analyse combine un état des lieux quantitatif des ventes de capteurs solaires avec une enquête qualitative fondée sur des entretiens menés auprès des principaux acteurs du secteur. Le constat est préoccupant pour le segment des bâtiments collectifs. En 2025, moins de 9 000 m² de capteurs solaires thermiques ont été commercialisés (8 750 m2), un niveau historiquement bas. La raréfaction des nouveaux projets portés par les bailleurs sociaux, les promoteurs immobiliers et les collectivités locales explique en grande partie ce recul de l’activité. Malgré ce contexte difficile, les professionnels de la filière restent mobilisés. Les acteurs du secteur concentrent désormais leurs efforts sur des applications jugées plus porteuses, notamment dans les domaines du tourisme et du médico-social. Cette évolution s’accompagne de l’émergence de nouveaux modèles économiques, fondés sur des offres de tiers-investissement, qui facilitent le financement des installations. L’étude souligne également le rôle déterminant du Fonds Chaleur, qui demeure un levier essentiel pour concrétiser les projets, ainsi que l’efficacité des réseaux régionaux d’animateurs. Leurs actions contribuent à faire émerger de nouvelles opérations grâce à des missions de sensibilisation, de formation et d’accompagnement des maîtres d’ouvrage. Les régions Bretagne, Pays-de-la-Loire et Hauts-de-France apparaissent aujourd’hui comme les plus avancées dans ce domaine. Du côté des grandes installations, le bilan est plus contrasté. Bien que les volumes annuels mis en service restent très variables, le segment a enregistré plus de 71 500 m² de capteurs installés depuis 2025, dont 12 545 m² au cours de la seule année passée. Ces projets se développent principalement dans l’industrie agroalimentaire, les serres agricoles et les réseaux de chaleur. La filière estime que ce marché dispose d’un potentiel de croissance important. Toutefois, son développement se heurte à plusieurs freins réglementaires. L’étude pointe notamment les effets de la politique de zéro artificialisation nette (ZAN), qui pénalise les projets de solaire thermique alors que les installations photovoltaïques ne sont pas soumises aux mêmes contraintes. Les professionnels dénoncent également un manque de visibilité sur la disponibilité du foncier dans les appels d’offres, un facteur qui complique la planification des futurs projets. L’étude est disponible en libre téléchargement sur le site de l’Observatoire des énergies renouvelables. Elle s’accompagne d’une courte vidéo dans laquelle Frédéric Tuillé, responsable des études chez Observ’ER, revient sur les principaux enseignements.

À Montpellier, une station d’épuration produit du biogaz

Publié 18/06/2026. Le 4 juin 2026, a été inaugurée le dispositif la production de biométhane lié à la station d’épuration Marea de Lattes, située au sud de Montpellier. Ce projet transforme les eaux usées en énergie renouvelable locale injectée directement dans le réseau de gaz. À terme, la production permettra d’alimenter l’équivalent de 9 000 logements basse consommation (BBC), 3  000 logements en chauffage et eau chaude, ainsi que l’équivalent de 124  bus. Soutenu à hauteur de 3 millions d’euros par l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse, le projet s’inscrit dans la stratégie de transition énergétique de la métropole. La production de biométhane augmentera progressivement jusqu’à atteindre près de 32 GWh par an en 2029. Le projet comprend également la valorisation énergétique des boues et l’installation de panneaux photovoltaïques. Avec un investissement de 165 millions d’euros, les travaux engagés depuis 2023 doivent s’achever en 2027.

Qualit’EnR a fêté ses 20 ans !

Publié 18/06/2026. Pour célébrer ce cap symbolique, l’association, en charge de qualifier les installateurs d’énergies renouvelables et dont Observ’ER est membre, a convié, en ouverture de sa soirée d’anniversaire, François Gemenne. Le politologue a démonté les trois arguments favoris des détracteurs des énergies renouvelables : leur supposé coût, le risque de perte de compétitivité et la dépendance envers des approvisionnement étrangers. Loin d’être trop chères, elles permettent de baisser le budget colossal (60 milliards d’euros) consacré chaque année à l’importation d’énergie fossile. Les filières renouvelables ne freinent pas non plus la compétitivité des entreprises, bien au contraire, car elles leur permettront de se mettre à l’abri des fluctuations des prix de l’énergie et de se développer sur la base d’une énergie abondante, locale et bon marché. Enfin, elles ne nous engagent pas dans une nouvelle dépendance mais permettent de regagner en souveraineté géopolitique, pour peu que nous arrivions à étendre les installations dans les territoires. Ceci ne sera possible, selon François Gemenne, que si la population accorde sa confiance à ces secteurs. Et c’est précisément la mission que s’est donnée Qualit’EnR il y a 20 ans : faire monter les installateurs en compétence, les accompagner pour les former et faire progresser leur pratique, afin que l’ensemble de leurs clients puissent avoir confiance dans les entreprises qualifiées. Les tables rondes, regroupant institutionnels et organismes représentant les filières, ont montré tout le chemin parcouru depuis sa création. Qualit’EnR est aujourd’hui une association fonctionnant sur la base de processus normés et industrialisés, qui revendique 500 000 demandes de qualifications traitées et 130 000 audits réalisés depuis 2006. Il y a encore du chemin à parcourir pour amener l’ensemble des entreprises œuvrant dans les filières à l’excellence, mais 98 % des particuliers passant par un installateur qualifié par Qualit’EnR se disent satisfaits. Un bon socle pour installer la confiance.

Une filière qui avance peu mais qui fourmille d’idées

Comme chaque année à la même période, les acteurs de la filière se réunissent à l’occasion des États généraux de la chaleur solaire. Un rendez-vous qui s’est ouvert, comme de coutume, par un état des lieux du secteur. Et force est de constater que les constats évoluent peu d’une édition à l’autre. La filière continue de faire valoir ses solides arguments : une technologie désormais éprouvée, capable de répondre à des besoins variés – du logement individuel à l’industrie, en passant par le secteur médico-social ou le tourisme –, des équipements largement fabriqués en France ou en Europe, ainsi que des emplois locaux et non délocalisables pour la mise en œuvre des installations. Pourtant, le solaire thermique demeure un marché de niche. En 2025, moins de 60 000  m² de capteurs ont été installés en métropole, toutes applications confondues (chiffres Observ’ER issus du suivi de l’individuel et du collectif). Une situation qui traduit à la fois un déficit de notoriété auprès des porteurs de projets et une difficulté persistante à trouver sa place dans une politique énergétique gouvernementale largement tournée vers l’électrification des usages et le déploiement massif des pompes à chaleur. Autre immobilisme regretté par les professionnels : la filière n’a toujours pas son plan de relance officiel, alors qu’il a été co-construit avec les services de l’État depuis plus d’un an. Toujours dans l’attente de sa publication, les acteurs y verraient un soutien politique fort et un coup d’éclairage bienvenu. Toutefois, si les grandes lignes du paysage restent inchangées, la filière ne manque pour autant pas d’initiatives. Parmi les orientations mises en avant figure le développement de solutions hybrides associant le solaire thermique à d’autres technologies, notamment le bois-énergie ou les pompes à chaleur. Une voie régulièrement évoquée, même si les réalisations concrètes restent encore peu nombreuses. Autre piste, la possibilité de réaliser des projets solaires thermiques à gouvernance partagée où les utilisateurs seraient fortement associés à l’exploitation des sites, assurant ainsi leur bon fonctionnement. Dans le segment du petit collectif, l’innovation prend la forme du projet Timothé. Ce modèle de tiers-investissement est porté par le bureau d’études Planair, en partenariat avec l’industriel SIRIUS et Forestener, développeur de projets renouvelables à gouvernance partagée, avec le soutien de l’Ademe. Son principe : un investisseur finance et exploite l’installation avant de vendre la chaleur produite à l’établissement bénéficiaire dans le cadre d’un contrat de long terme. Le dispositif cible en priorité des secteurs tels que le tourisme ou le médico-social. Reste une condition indispensable à son déploiement : la pérennisation du Fonds Chaleur. Au-delà des annonces de la filière, ces États généraux ont également mis en lumière la volonté croissante des territoires de renforcer leur autonomie énergétique. Plusieurs régions, dont la Bretagne, les Pays de la Loire et les Hauts-de-France, ont ainsi structuré des réseaux d’opérateurs de Contrat Chaleur Renouvelable Territorial (CCRT) spécialisés dans le solaire thermique. Leur mission : repérer les opportunités, accompagner les porteurs de projets et accélérer le déploiement des installations. Une dynamique qui a déjà démontré son efficacité et qui devrait, à terme, essaimer dans l’ensemble des régions françaises.

Stockage hydraulique en Corse

Publié le 12/06/2026. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a retenu le projet de station de transfert d’énergie par pompage (STEP) porté par Next Step Energy à Ajaccio, en Corse. Cette décision marque un tournant pour le stockage d’électricité en France, puisqu’il s’agit de la première nouvelle STEP construite dans le pays depuis plus de quarante ans. Implantée sur le site de Saint-Antoine, cette infrastructure de 12 MW permettra de stocker l’électricité excédentaire et de la restituer lors des pics de consommation. Elle contribuera également à renforcer la stabilité du réseau électrique corse grâce à des services d’inertie et de réglage de fréquence. Le projet sera développé en moins de 18 mois en partenariat avec la Ville d’Ajaccio et de nombreux acteurs locaux. Les STEP constituent aujourd’hui le principal moyen de stockage d’électricité en France avec près de 5 GW installés. Les projections nationales estiment les besoins futurs entre 20 et 30 GW de capacités de stockage. Le projet corse illustre ainsi le rôle stratégique des STEP dans la transition énergétique et la sécurisation de l’approvisionnement électrique.

Année 2025 mitigée pour le solaire thermique français

Publié le 12/06/2026. Observ’ER vient de publier son suivi annuel du marché 2025 solaire thermique chez les particuliers et les résultats sont mitigés. Pour le segment principal, celui des chauffe-eaux solaires individuels (CESI), les chiffres de marché font état de 18 100 m², soit un niveau très proche de l’activité de 2024 (18 500 m²). Après l’embellie des années 2021-2023, où les ventes annuelles se sont situées entre 28 150 et 30 500 m², les CESI ont perdu environ 35 % de leur activité pour revenir à un rythme proche de celui des années pré-Covid 19. Pour les systèmes solaires combinés (qui associent production de chaleur et d’eau chaude sanitaire), le recul enregistré en 2025 est plus net avec 10 465 m² vendus, soit -42,7 %. Les professionnels de ce segment dénoncent l’impact de la suspension du parcours accompagné du dispositif MaPrimeRénov’ entre le 23 juin et le 30 septembre comme l’une des causes de ces mauvais résultats. Plus globalement, dans un contexte général d’incertitude économique, les ménages ont restreint leurs investissements. Une situation qui a été observée dans d’autres secteurs comme les pompes à chaleur ou les appareils de chauffage domestique au bois. L’enjeu pour la filière solaire thermique est de trouver sa place dans la transition énergétique française dont le crédo actuel est celui de l’électrification des usages avec les pompes à chaleur comme équipement phare. Pour cela, les professionnels du secteur attendent, notamment, l’annonce d’un programme national d’actions de relance du solaire thermique, un plan plusieurs fois repoussé mais qui pourrait être officiellement lancé le 17 juin prochain à l’occasion des États généraux de la chaleur solaire.

240 MW de batteries en soutien du réseau dans la Marne

Publié le 04/06/2026. TagEnergy a annoncé le 27 mai la mise en service d’un système de stockage d’électricité par batteries à Cernay-lès-Reims, dans la Marne. D’une puissance de 240 MW pour une capacité de 480 MWh, ce parc de batteries serait le plus grand équipement de ce type en France à ce jour. Le projet a été développé avec plusieurs partenaires, dont RTE, la société d’intérêt collectif agricole d’électricité (Sicae) de la Somme et du Cambraisis, ainsi que des acteurs locaux, parmi lesquels la commune de Cernay-lès-Reims et la communauté urbaine du Grand Reims. L’installation est par ailleurs détenue conjointement avec la Banque des Territoires. Sa mise en service intervient dans un contexte de développement du stockage par batteries en France, dont la puissance installée est passée de moins de 50 MW il y a cinq ans à environ 1,5 GW début 2026.

Essais en mer pour un prototype d’hydrolienne

Publié le 04/06/2026. La startup néerlandaise Equinox Ocean Turbines franchit une étape majeure dans le développement de l’énergie marémotrice avec les essais en mer de son prototype d’hydrolienne Mobula 5 à échelle réduite. Soutenue par InnoEnergy, l’entreprise lance également une nouvelle levée de fonds pour préparer un démonstrateur de 2 MW d’ici 2028 et un déploiement commercial à partir de 2030. Son ambition est d’exploiter les courants océaniques continus afin de produire une électricité renouvelable, prévisible et compétitive. Les tests prévus fin juin 2026 doivent permettre d’atteindre le niveau TRL 6, une étape clé vers la maturité industrielle. Equinox cible notamment le Japon, l’Afrique du Sud et la côte est des États-Unis, où les conditions sont particulièrement favorables. Avec un potentiel mondial estimé à plus de 700 GW, cette filière pourrait devenir un pilier du mix énergétique, estime la start-up. InnoEnergy accompagne activement cette montée en puissance en apportant financement, expertise industrielle et accès au marché.

Pompes à chaleur industrielles : un deuxième appel d’offres européen

Publié le 28/05/2026. L’Union européenne a confirmé le lancement d’un deuxième appel d’offres dédié à la chaleur décarbonée après la demande formulée par l’Association européenne des pompes à chaleur (EHPA) et plusieurs partenaires industriels. Cette initiative vise à accélérer l’électrification des procédés industriels grâce aux pompes à chaleur. Le programme est financé par les revenus du marché carbone européen. L’annonce a été faite lors de la conférence européenne Cleantech, qui s’est tenue à Bruxelles le 19 mai et qui était organisée par l’Agence exécutive européenne pour le climat, les infrastructures et l’environnement (Cinea) et la Direction générale de l’Action pour le climat de la Commission européenne. La Commission considère désormais les pompes à chaleur comme une technologie stratégique pour la compétitivité et la sécurité énergétique. Sa présidente, Ursula von der Leyen, a rappelé que deux tiers des pompes à chaleur européennes sont fabriquées en Europe. L’EHPA salue cette décision mais demande un système plus simple et plus prévisible pour les industriels. L’association souhaite aussi un budget plus important et des critères plus accessibles pour les petits projets. Les grandes pompes à chaleur permettent de réduire la dépendance aux énergies fossiles dans l’industrie et les réseaux de chaleur. L’Europe veut désormais accélérer le développement et la fabrication de ces technologies propres sur son territoire.